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Me Myself and I

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Les années se suivent…

Courber

… et se ressemblent.
Les débuts d’année en tout cas.

Puisque je suis sur le point de m’envoler pour me faire dorer la pilule – comme je l’ai fait à peu près à la même époque l’an dernier – et que le mois d’avril s’achemine tranquillement vers sa fin, je crois que je peux tirer un bilan de ce début d’année. Un bilan croisé avec le début de l’année dernière.

Je l’avais écrit – difficilement – , mais avec le début de l’année, la Fatigue a fait son retour. Différente de l’année dernière. L’année dernière je la qualifiais de tsunami, dévastatrice, cette année elle était serpent enroulé autour de ma colonne vertébrale qui s’amusait à resserrer ses anneaux pour me rappeler qu’elle était bien là.

En février j’écrivais qu’elle desserrait son étreinte. Oui elle avait un peu relâché la pression … mais c’est maintenant qu’elle vient de me laisser, de vraiment me laisser, que je respire à nouveau librement – à peu près à la même période où le tsunami s’est retiré l’an dernier – malgré mon bon gros rhume de 8 jours qui m’a pourtant bien lessivé, que je réalise à quel point j’en étais encore loin.
A quel point elle a entravé mes mouvements et alourdit mes membres, combien elle s’est installée insidieusement en me faisant finir mes journées effondrée sur le canapé, les muscles du dos douloureux d’avoir résisté.

Deux années successives mais une même temporalité …
La différence d’intensité c’est aux médicaments que je l’attribue. Pour le reste … je crois qu’il faut que je me résigne à ce que les débuts d’année prennent cet aspect. J’attends une année supplémentaire pour en avoir la certitude. J’ai demandé à ma médecin s’il y avait une raison à cette récurrence, une explication liée au froid et à l’hiver. Elle n’a pas su me dire, mais je n’attends pas d’elle qu’elle puisse tout m’expliquer.

Néanmoins, elle a décidé que désormais nous nous verrions en début d’année, histoire de m’obliger à prendre cet arrêt qu’elle juge nécessaire dans cette situation et qui me laisse moi dubitative parce que le repos n’améliore rien de mon point de vue mais elle dit que ça me permettra de souffler même si ça ne règle pas le fond.

En attendant la crise semble être passée, ça me laisserait 8 mois pour me préparer. On va en profiter.

La solitude du malade

Seule

Il y a quelques jours de cela, j’ai passé mon contrôle technique trimestriel à l’hôpital. Même s’il y a toujours un fond d’appréhension à ces rdv (quelles mauvaises nouvelles pourraient tomber ?), j’ai toujours plaisir à retrouver mes médecins. J’ai conscience de la chance que j’ai d’avoir crée une chouette relation de confiance avec elle. A double sens puisque j’ai confiance en elles mais je leur ai montré qu’elles pouvaient avoir confiance en moi également, que j’étais concernée par ce qui se passait et que j’étais capable d’interroger ce qu’elles me disaient mais aussi de comprendre leurs arguments et leur raisonnement et de suivre leurs recommandations et les traitements prescrits sans pour autant me prendre pour une spécialiste du sujet … Preuve en est puisque j’arrive à chaque consultation avec ma petite liste de questions et que j’ai eu un grand moment de solitude à l’automne lors de la vaccination contre la grippe.

C’était une visite sans enjeux. Pour moi tout du moins puisque aucun changement ne s’était profilé depuis la dernière fois et que les résultats des analyses de sang faites en amont indiquaient que tout allait bien (et que je sais les lire). Pour mes médecins il en allait un peu autrement.

Néanmoins ces visites me laissent toujours un goût …. un peu acide. Pas à cause de mes médecins. Mais parce que ça me renvoie violemment au fait que je sois seule face à la maladie. Il y a bien des personnes qui étaient au courant que j’avais ces rdv et qui m’ont demandé comment ça s’était passé mais c’était difficile pour plein de raisons de débriefer avec elles. Et j’aurais vraiment besoin de pouvoir débriefer ces rdv avec quelqu’un. J’aurais besoin d’en parler, d’avoir l’avis de quelqu’un d’autre dessus, de repasser la conversation pour revoir ce que j’aurais pu rater ou mettre en avant les éléments importants selon moi mais en ayant le garde-fou d’un avis extérieur pour ne pas m’emballer pour rien. Après j’ai bien conscience que je demande la lune parce qu’il me faudrait quelqu’un qui connaisse suffisamment les enjeux et l’historique pour suivre ce qui se dit, qui ait suffisamment de connaissances médicales et physiologiques pour être capable de rebondir sur tout ça sans que j’ai à tout réexpliquer et qui se sente un minimum concerné par tout ça.

Quand je suis sortie de mon rdv, j’ai appelé ma mère, qui m’a écouté poliment pendant 5mn sans jamais avoir la moindre réaction, comme si ceci était somme toute très anecdotique. Alors j’ai laissé tomber et j’ai raccroché. Mon père aussi était au courant de ces rdv aussi, il ne m’en a pas touché un mot jusqu’à ce qu’après Noel on s’appelle et qu’il s’étonne que je me sois couchée si tôt le soir du Réveillon et que je lui rappelle que je n’avais pas beaucoup de marge au niveau de la fatigue et pas les moyens de m’offrir une nuit écourtée. Là il a osé me demander comment mes rdv s’étaient déroulés … Je n’ai évidemment pas envie d’être résumée à la Maladie et qu’on m’en parle du soir au matin. Il y a même des jours où on pourrait m’en parler et que je m’y refuse parce que ça ne serait pas le bon moment. Mais qu’on ne m’en parle jamais ça me donne juste l’impression que c’est nié par tout le monde et complètement tabou …


Il y a quelques semaines, longtemps après tout le monde, j’ai enfin lu « Le lambeau » de Philippe Lançon. J’avais tergiversé longtemps avant d’oser me lancer, peu sûre de réussir à encaisser ce qu’il y aurait forcément dans ces pages.
J’avais tort. 

J’ai trouvé ce livre absolument sublime (peut-on vraiment dire cela quand on sait le sujet traité ?), j’ai été envoûtée par l’élégance de l’écriture de Philippe Lançon, par sa finesse, par sa pudeur. Par l’absence de larmoyance (ça ne se dit pas ? Je l’invente!) dans ce récit qui aurait pourtant eu bien des raisons d’en contenir. J’ai admiré le recul qu’il lui a fallu pour écrire ce livre, j’ai aimé ses digressions et ses aller-retours entre l’avant attentat et l’après, les liens qu’il tisse au travers de sa vie.

J’ai dévoré son livre en quelques jours et pourtant j’ai cru à un moment, vers les 3/4, que je n’arriverai pas à le finir. Philippe Lançon y parle très justement tout au long de ces pages de la temporalité du malade au long cours et de cette réalité en marge qui l’habite pleinement et qu’on lui reproche souvent : ne pas se préoccuper de ce qui préoccupe le reste du monde, de son égoïsme/égocentrisme autour de ce sujet – la maladie et les soins qui l’accompagnent – qui dans le fond n’est vraiment important que pour lui, de se complaire dans ce statut, de ne pas vouloir tourner la page (mais comment pourrait-on la tourner quand la maladie ne vous oublie jamais et s’arrange bien souvent pour que vous non plus vous ne puissiez pas l’oublier en constituant vos matins, vos midis, vos soirs et parfois vos nuits ?) …

De manière totalement inattendue, assez désagréable, et déroutante, ce livre me renvoyait à ma propre histoire et à la Maladie. Et me rappelait que dans le fond on est toujours rapidement seul face à celle-ci.

Le casse-tête de Noel

Prendre son envol

 

A moins que vous me lisiez depuis peu ou pour la première fois, vous le savez sans doute : j’adooooore Noel et la période des fêtes de fin d’année!

Je sens d’ailleurs que l’excitation qui marque pour moi cette période de l’année commence doucement à monter, probablement parce que je commence à mettre en place des choses en rapport avec cette période, que je commence à penser aux cadeaux que je vais faire et à qui.

D’ailleurs rien que de l’écrire là je commence à pousser un « hiiiiii » intérieur et je me contiens pour ne pas me mettre à applaudir des mains de joie.

 

Mais il y a un truc qui me gâche toujours un peu cette période. Ce sont les tiraillements familiaux.

A partir du moment où j’ai eu 18 ans et où la gestion des vacances n’a plus été réglée par le jugement de divorce, ça a toujours été un déchirement de choisir entre mes parents. Mon père l’a bien compris et a décidé d’inviter systématiquement ma mère pour Noel afin de m’épargner ce choix.

Ça aurait dû régler toutes les tensions autour de cette période.

 

Ça l’aurait fait si … s’il n’y avait pas eu la Maladie. S’il n’y avait pas la Maladie.

Peut-être que ça changera avec le temps si tout se passe bien, peut-être que c’est encore frais dans ma tête parce que ça ne date que des dernières fêtes de fin d’année, mais j’ai de plus en plus de mal à m’éloigner de chez moi. Parce qu’en 2015, la première attaque de la Maladie a eu lieu en novembre et elle m’a laissée complètement à bout de force pour les fêtes de fin d’année et il m’a fallu bien ces 15j de congés tranquilles pour m’en remettre. 

Parce qu’en 2017, la deuxième attaque de la Maladie a eu lieu en décembre, une semaine avant mes vacances de Noel et que j’ai bien cru que ces 15j ne suffiraient pas à m’en remettre suffisamment pour reprendre le boulot.

Alors oui, pour moi, la fin de l’année c’est une période que j’adore ET un moment où je sais que je vais être probablement à bout de fatigue et où j’ai immensément besoin de repos. Alors que les fêtes de fin d’année loin de chez moi, surtout quand je dois traverser la France (littéralement) pour aller voir ma famille, c’est surtout beaucoup de fatigue. Ce sont des mauvaises nuits, des moments sans tranquillité et sans repos, des contraintes, du stress. Et je ne peux plus me le permettre. Pas sans le payer au prix fort après. En tout cas c’est l’impression que j’en ai et le besoin de rester au plus près de mon cocon pour limiter les dégâts.

Tout serait tellement plus facile s’ils n’étaient pas aussi loin …

 

Et ça j’ai beaucoup de mal à le faire entendre à mon père.

J’ai aussi beaucoup de mal à le lui dire probablement. D’autant plus quand par ailleurs je n’hésite pas à prévoir de partir 4j en Italie en Novembre et en Janvier… (mais aller en Italie et dans ma famille, c’est pas pareil)

Si bien que plus Noel approche et plus ses demandes se font pressantes pour que je vienne les voir à cette période et plus moi je freine des quatre fers.

Parce qu’on n’est même pas en novembre encore et que je me sens déjà très fatiguée, parce que je sais l’automne toujours très compliqué et chargé professionnellement, parce que je n’aurai pas de vacances avant Noel et que le froid et les épidémies hivernales n’ont même pas encore commencé.

 

Et ça m’agace de sentir cette tension augmenter au fur et à mesure que Noel approche, et mon incapacité à répondre aux attentes de mon père et à assumer clairement de ne pas pouvoir.

L’eau a coulé sous les ponts

Bientôt

 

Quand je me regarde l’année écoulée (oui je sais, qui fait un bilan un 6 octobre ?) (moi) je me dis que j’ai drôlement changé en une année. En même temps, j’ai une impression de continuité, je n’ai pas de sensation de rupture. C’est assez étrange cette sensation contradictoire.

En ce moment je fais des choses que je n’aurais jamais fait avant, au point de ne pas me reconnaître par moment. En même temps, j’étais bien bête de ne pas les faire avant …

Et j’aime que les choses bougent, qu’elles avancent dans un sens ou dans un autre. Là dessus cette année n’aura pas démérité.

 

J’ai l’impression d’être devenue plus dure, plus rugueuse dans mes relations aux autres, plus détachée aussi.

Et d’avoir pris de l’assurance également. Tout ça.

J’ai l’impression de m’élaguer au fil des mois. De me défaire de tout le superflu, tout ce qui n’est pas vraiment important, pour ne garder que l’essentiel.

Peut-être que cette sensation de changement et de flottement me vient aussi de ces kilos perdus – à la fois peu et beaucoup – en ayant l’impression de n’avoir rien fait pour ça, de cette sensation de réappropriation de certains aspects de mon corps, il y a quelques années que je n’ai pas fait ce poids là, je ne sais même plus bien dans quelle taille m’habiller.

 

Je ne pensais pas que je me dirais, en repensant à ces 365 jours écoulés, que cette année était bien. Pourtant aujourd’hui c’est ce que j’en retiens.

Oh oui elle a été rude, terriblement même, j’imagine que c’est probablement ce qui m’a rendue plus dure.

Elle a été étonnante, pleine d’inattendus, de surprises et de rebondissements, pleine de défis aussi. Ou surtout. 

 

Voyons ce que la suite nous réserve … 

Les journées décadentes

Secret spot <3

 

J’ai bu une bière en mangeant une pizza brûlante assise sur l’une des chaises au bord du lac qui le lendemain soir accueilleraient les spectateurs de la fête du lac.

J’ai passé une après-midi à la plage, dans la fraîcheur de l’ombre d’un arbre et j’ai pique-niqué le soir pendant que le soleil se couchait derrière les montagnes.

Je me suis sauvée une journée entière dans un coin secret, loin de tout, au bord d’un petit lac d’altitude frais.

 

J’aime ces journées d’été, atypiques, décadentes, où je ne fais rien de ce que je fais habituellement alors même que je travaille pourtant. A fortiori en période de canicule.

Oublié le ménage, les courses, les papiers administratifs, le repassage, la cuisine, le blog …

C’est furtif, éphémère, tellement doux et j’en profite. Malgré la chaleur.

Aujourd’hui ……….

Happy day

 

Aujourd’hui ………. j’ai déambulé en tee-shirt à manches courtes orné de dent-de-lion – celui que je désespérais d’exhiber un jour – et en pantacourt, tout en goûtant la douceur des températures et du soleil sur ma peau. 

 

Aujourd’hui ………. j’ai couru, beaucoup, trop probablement, et puis j’ai pris le temps de ralentir, de m’arrêter, de respirer, de regarder le vent qui remuait doucement les branches.

 

Aujourd’hui ………. j’ai remué mes orteils vernis dans des tons rouge-orangés dans mes sandales ouvertes et j’ai goûté leur liberté.

 

Aujourd’hui ………. j’ai fait mon métier, peut-être pas tout à fait dans les règles de l’art mais peut-être encore plus comme il devait être fait à ce moment là et j’adore ça.

 

Aujourd’hui ………. je me suis interrogée – comme depuis 4j – sur ce regain d’énergie, surprenant, inattendu dans ces journées si denses. Moi qui ai vécu ces derniers mois en sachant que je n’aurai jamais assez de cuillères pour tenir la journée – et qui ne m’en rend vraiment compte que maintenant que je respire -, voilà que soudain j’ai de nouveau l’impression d’en avoir presque un stock illimité. Très étrange sensation. Je me demande d’où ça vient et surtout jusqu’à quand la trêve va durer. Il ne faudrait pas que je me réhabitue trop à ne plus finir mes journées à la limite de la rupture.

 

Aujourd’hui ………. j’ai contemplé les étoiles qui scintillaient fort dans ce ciel de nuit si clair et ce petit croissant de lune qui suggérait tant la forme de la pleine lune. Et puis cette planète qui brillait tant au dessus de l’immeuble d’en face, je me demande bien laquelle c’était. Jupiter peut-être ? 

 

Aujourd’hui ………. 

C’était une journée dure et douce à la fois. Une respiration, une pause, un sprint, une chevauchée sur un cheval fougueux.

Du temps

Beau

J’ai pris du temps aujourd’hui et ça a fait du bien.

C’était un objectif du jour – oui j’en suis à me fixer comme objectif de « prendre du temps » – et même s’il le fallait, s’il le fallait physiquement,  ça n’était pourtant pas gagné.

D’une part à cause du changement d’heure. Je déteste le passage à l’heure d’été. Particulièrement ce dimanche de bascule où on me vole une heure et où je passe généralement mon temps à courir … après le temps. Cette heure disparue qui me manque et me donne l’impression d’être le lapin blanc d’Alice toute cette journée.

D’autre part parce qu’il se noue pour moi quelque chose autour du temps actuellement. Autour de sa gestion, autour de sa demande … à l’échelle d’une journée oui mais aussi à l’échelle d’un mois, voire de plusieurs mois.

Pas que pour moi d’ailleurs il me semble, j’ai l’impression qu’il y a dans mon entourage des personnes aussi qui se débattent avec le temps.

 

J’ai médité sur ma gestion du temps, l’occasion de prendre conscience d’un certain nombre de choses mais il me faudra me replonger dedans pour approfondir et retravailler ça.

A l’échelle d’une journée … j’ai besoin de ralentir le rythme de mes journées, de libérer du temps pour du repos ou tout du moins de libérer du temps pour plus de repos. La semaine mais aussi, ou surtout, le week-end.

A l’échelle des mois … j’ai besoin de m’accorder le temps de tourner en rond sur certains sujets, le temps d’avancer et que ça ne se fasse pas en un jour justement

 

L’énorme épisode de fatigue de la fin de l’année dernière qui s’est prolongé au début de cette année a laissé des traces. La fatigue reste un sujet prégnant sur lequel je tourne en rond (si je m’écoutais je n’écrirais que sur ça ici). Il me faut du temps pour accepter sa présence permanente à bas bruit, il me faut du temps pour faire des choix conscients et forts pour réorganiser mes journées en intégrant cette donnée impérative, il me faut du temps pour arrêter de ronger cet os, il me faut du temps pour réajuster mes exigences à mon encontre.

Et je me rends compte que je suis assez peu tolérante avec moi-même sur cette nécessité de temps et même de temps long parfois.

Mon entourage fait probablement preuve de plus de tolérance que moi, j’ai l’impression d’embêter tout le monde tout le temps avec cette récurrence de la fatigue dans ma vie et donc dans mon discours. Pourtant personne n’a jamais manifesté le moindre agacement pour l’instant. Je suis la seule qui s’agace de tourner en rond la dessus. La seule en fait à imaginer que mon entourage en souffre parce que mon entourage n’en dit rien (peut-être qu’il n’ose pas…).

Mon entourage aussi a eu besoin de temps. Du temps pour assimiler, du temps pour procéder à quelques ajustements subtiles pour me ménager sans que j’en ai forcément conscience …

 

Alors d’accord, laissons-nous du temps. Accordons-nous le. Prenons le.

On arrêtera de tourner en rond, on passera à autre chose, quand il sera temps de le faire.

Et si le temps n’est pas encore venu ….

La douceur de l’automne

Color of fall (1)

Ces derniers jours je me demande si l’automne n’est pas ma saison préférée. Encore que, j’aime vraiment beaucoup l’hiver. Le printemps et l’été … moins. J’aime bien alléger mes tenues et qu’il fasse plus doux mais la chaleur ne me convient vraiment pas. Sans compter que l’allergie me gâche franchement le plaisir.

 

Color of Fall (2)

 

Mais je ne boude pas mon plaisir de ce début d’automne qui a tout ce qu’il faut pour me plaire.

A chaque fois que je me déplace, j’ouvre grand les yeux, émerveillée par les couleurs que prennent les arbres. Je m’esbaudis de la multitude de ces tons jaunes, orangés, rouges qui fusent et se mêlent encore au vert parfois dans des arbres bicolores.

Il fait doux encore l’après-midi, mais les matins sont frais et il a fallu renfiler un petit pull oui c’est vrai, et se méfier de ne pas prendre froid par imprudence. Mais ça me va tellement mieux que la chaleur écrasante qui bouffe toute énergie, j’ai l’impression de respirer, de revivre.

Color of Fall (3)

 

Et la lumière ! Vous avez vu comme la lumière a changé ? Comme elle est plus douce ? J’ai l’impression qu’elle s’est faite caressante là où la lumière d’été est plus crue, plus dure. Je le vois quand je fais des photos et j’adore vraiment la lumière qui baigne toutes ses journées, je voudrais les passer à faire des photos et rien que ça.

Et puis voir les courges apparaître sur les étals des marchands me réjouit bien fort aussi. Parce que j’adore ça, le potimarron, le potiron, le butternut, les jack be little … youpiiiii ! D’autant plus que je n’ai strictement aucunes restrictions dans cette catégorie d’aliment ce qui est désormais suffisamment rare pour être noté 😀

 

Color of Fall (4)

 

Bref ya de la joie dans cet automne, espérons que cela dure !

 

Color of Fall (5)

 

(L’article juste prétexte à vous coller plein de photos)

L’effet miroir

Le défi c’était aussi l’absence de moments à moi et de calme

 

Il y a quelques semaines de ça, c’était fête de famille pour moi.

C’était surtout à la fois la première fois que je m’éloignais de chez moi depuis que je sais que j’ai cette maladie et la première fois que j’allais revoir les membres de ma famille.

Je m’étais préparée à ce que ça ne soit pas évident, mais je ne m’étais pas préparée à ce que ça le soit … comme ça.

 

Il a fallu gérer l’anxiété de mes parents déjà.

De ma mère qui n’était pas sereine de me voir m’éloigner géographiquement d’elle pour la première fois depuis que je suis sortie de l’hôpital en l’appelant pour lui dire « maman il faut que je te dise …. j’ai ça ». Comme si à l’autre bout de la France si jamais quelque chose se passait ils ne seraient pas capables de s’occuper de moi.

De mon père ensuite, qui n’a trop rien dit quand je lui ai annoncé à son tour cette maladie mais qui n’en a pas pensé moins. Ainsi la veille de mon arrivée, je l’ai eu paniqué au téléphone, ne se souvenant plus ce que je prenais au petit déjeuner … Comme si c’était important … moi qui n’ai pour indispensable à ce repas là qu’un thé et un jus d’orange, faisant feu de tout bois pour le reste.

 

Il a fallu gérer les autres aussi.

J’ai passé le week-end à regretter d’avoir parlé de cette fichue maladie à ma famille. Je suis plutôt taiseuse sur ce genre de choses et si j’avais écouté ma nature je ne leur en aurais pas touché un mot, je me suis fait violence pour aller contre ça. Parce qu’il ne fallait pas, parce que ça n’aurait pas été correct envers eux, parce que ça aurait fait un obstacle entre nous.

J’avais juste pas prévu qu’eux, iraient en parler aux gens qui leur sont proches. Et ça fait beaucoup de monde. Qui se sont donc jetés sur moi pour prendre de mes nouvelles. D’un côté c’était « mignon », ça m’a montré indirectement que ma famille se faisait beaucoup de souci pour moi. Mais en vérité c’était surtout …. comme si on me mettait une petite claque chaque fois. C’était un week-end de fête, d’insouciance et les autres me renvoyaient encore et encore à ça, comme si c’était la seule chose qu’on avait à me dire ou à me demander sur ma vie actuelle.

 

Et je n’avais vraiment pas besoin de ça.

Parce que le plus compliqué ces jours-là à gérer ça a été …. moi.

J’ai inventé un mot qui m’existe pas, j’appelle ça « la souciance » qui n’est ni plus ni moins que le contraire de l’insouciance.

Avant quand je partais en voyage ou en week-end, je n’étais qu’euphorie anticipatrice « gniiiiii je paaaaars (loin) de chez moiiiiii gniiiiiiiiiiiiii ! » … eh bien je me demande si je retrouverai cette état d’esprit un jour. Bien sûr qu’avant je gérais l’organisation et la valise et le reste mais j’avais juste hâte de partir. Maintenant j’ai peur, et je pense à toute l’organisation que ça demande, les médicaments à ne surtout pas oublier et ça signifie aussi ne pas oublier de les prendre aux heures où ils doivent l’être, les laboratoires d’analyse à trouver pour faire les prises de sang nécessaires, le médecin à appeler pour lui donner les résultats, et j’en passe et des meilleurs. La souciance. Ne plus jamais partir l’esprit libre, ne plus jamais profiter intégralement d’une journée sans se dire qu’il ne faudra pas oublier le médicament à 19h45 (ou sans que le téléphone le rappelle), etc.

Mon conte préféré quand j’étais petite c’était la princesse aux petits pois, je l’aime toujours beaucoup d’ailleurs (ne me demandez pas pourquoi). Sauf que loin de chez moi, mes exigences et moi m’ont vraiment fait l’effet d’être une princesse capricieuse. Et vas-y que j’ai besoin d’un 2e oreiller pour surélever mes pieds pour dormir, et vas-y que « non je peux pas manger de carotte crue et puis vraiment pas trop de salade verte/haricots verts/tomates/épinard/blettes/fèves et puis je vais m’arrêter là sinon on en a pour la nuit »

J’en hurlerais de rage, de frustration, de me voir ainsi demander parce qu’il me faut plus désormais que ce qu’il faut à n’importe qui et que si chez moi tout a été aménagé depuis longtemps et que je n’y pense plus, chaque fois que je suis loin de chez moi me rappelle à ça.

 

C’est ça finalement qui a été le plus difficile ces jours là, me voir dans les yeux des autres. Cet effet miroir.

Il va me falloir un peu de temps encore pour le digérer.

Mon pire défaut

Moi en y repensant

C’est un message reçu pour la nouvelle année (un message très positif hein) qui m’a amenée à me demander quel était mon pire défaut. On s’interroge souvent sur les qualités, les siennes ou celles des autres, mais assez peu sur les défauts. Pourtant ils sont au moins aussi importants, il est rare de rencontrer une personne dénuée de toute qualité mais ce sont les défauts qui nous font/feront fuir.

J’en ai tout un tas hein on ne va pas se mentir; je suis teigneuse, impatiente, autoritaire et rigide et intransigeante et obtuse (tu sens le gros gros défaut ?), abrupte voire acerbe, arrogante, trop souvent intolérante et peu compréhensive, compliquée, frondeuse, orgueilleuse, râleuse, rancunière quand ça me prend, soupçonneuse, susceptible, je doute tellement des autres … et j’en passe. Il faudrait sans doute un bon moment pour tout lister et je suis honteuse de la plupart de mes défauts mais s’il y en a vraiment vraiment un dont je ne suis pas fière (et donc le pire), c’est de très souvent ne pas aller vers les autres.

 

Je disais donc au début que c’est un message le soir de la St Sylvestre qui m’a amené à penser à tout ça.

Pour des histoires de famille et d’héritage, ma mère et ma tante sont brouillées depuis plusieurs années et j’ai moi même perdu tout contact avec ma tante et mes cousins. Or il se trouve que pour la première fois depuis des années ma tante m’a envoyé un message de bonne année, évidemment je me suis demandée mille fois si c’était fait exprès ou une erreur j’y ai même pensé toute la nuit et je me suis rendue compte que je n’aurais jamais fait la démarche inverse. On peut faire toute la psychologie de comptoir qu’on veut sur le pourquoi du comment mais le fait est que si je rebondis toujours quand on me sollicite, je vais peu vers les autres. Je vais rarement lancer la conversation, je ne vais pas chercher à renouer le contact quand il est rompu même quand j’en aurais envie. Et même quand il n’est pas rompu je ne vais pas forcément être celle qui envoie un petit message pour prendre des nouvelles en premier. Et objectivement je trouve ça parfois hyper nul. Typiquement, pour ma tante qu’est-ce que ça m’aurait coûté de lui envoyer moi un petit message il y a déjà plusieurs mois ?

Alors oui parfois je force ma nature, j’ai ainsi renoué avec un ami perdu de vue en osant lui envoyer un sms – en espérant qu’il n’ait pas changé de numéro – après avoir reçu force encouragement de ma meilleure amie … c’est pour dire. Envoyer ce sms m’a donné l’impression de me jeter dans le vide … et pourtant je ne l’ai jamais regretté. Ce n’est pas pour autant que je vais plus facilement vers les autres.

 

Et je n’ai, je l’avoue, à l’heure actuelle aucune envie de changer ça, histoire d’en rajouter dans la honte.

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