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bibliothèque remplie de livres

Bilan des livres 2019

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La flemme c’est quand tu reprends la même image que l’an dernier ^^’

J’avais pris un plaisir fou à écrire mon bilan des livres de l’année 2018, c’est donc en toute logique que j’ai décidé de remettre ça cette année.

2019 a été une année riche et réjouissante au niveau lecture.
J’avais un peu l’impression de tourner en rond niveau lecture, de rester sur la même liste d’auteurs, de ne rien découvrir de nouveau qui soit vraiment enthousiasmant, et que les écrans me prenaient trop de temps et d’énergie au détriment de la lecture.
J’avais amorcé une sortie de tout ça en 2018, qui ne s’est pas démentie en 2019. Je suis sortie de ma zone de confort de lecture, j’ai renoué avec les bibliothèques de mon agglomération dont je m’étais un peu lassée (aussi parce qu’elles ont beaucoup évolué dans leur fonctionnement), j’ai prêté des livres et on m’en a prêté, j’ai parlé de livres avec une foule de personne, je me suis laissée tenter par les conseils de lecture de Causette ou de My Little Book Club.

Ceux qui me suivent sur Instagram ont pu suivre tout au long de l’année mes lectures (mais pas forcément bien mises en valeur) mais là il s’agit de faire ressortir mes grands coups de cœur de cette année !
En pages Marcel !

1_ Journal d’un vampire en pyjama de Matthias Malzieu

Il était dans ma liste de livres à lire depuis longtemps. Sans que je saute jamais le pas. Et puis c’est Lizly qui m’en a reparlé et je me suis dit que vraiment il fallait que je le lise. J’y suis allée en toute légèreté, je savais que ça parlait de maladie mais ça n’est vraiment pas un sujet qui me fait peur. Finalement ça a plutôt été une grosse claque. Je n’imaginais pas me projeter autant dans ce que l’auteur écrit de la maladie, des soins, de l’entourage.

2_ Mistral perdu ou les évènements d’Isabelle Monin

C’est un de ces livres dont je me demande après coup comment ils ont pu m’arriver dans les mains et comme ma vie aurait été moins belle si ça n’avait pas été le cas. Ce livre est magnifique. Magnifique de par la façon dont l’auteure manie les mots, manie le Verbe. Magnifique par la délicatesse de cette histoire qui raconte l’absence, le vide, la trace indélébile de cette sœur avec qui on a tant partagé et qu’on a un jour perdu, de comment on continue à vivre avec ça, malgré ça.

3_ Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman (et tous les suivants de la série « les détectives du Yorshire »)

Attention ces romans policiers sont terriblement british ! Et terriblement bons et addictifs ! On y rit beaucoup malgré les tentatives d’assassinat et les empoisonnements. Il y a de l’humour et de l’Agatha Christie dans ces enquêtes. Et surtout les personnages, et l’environnement du Yorkshire, sont terriblement bien construits et attachants. Je n’ai pas encore lu le tome 5 mais j’ai tellement hâte de retrouver Samson et Delilah !

4_ L’aile des vierges de Laurence Peyrin

Fans de Downton Abbey, ce livre est fait pour vous ! On y renoue avec ces grandes familles aristocratiques anglaises (sur le déclin) et leur domesticité : les intrigues, les luttes de pouvoir, les rumeurs. Un vrai bonheur. Mais ce livre va bien au delà de cette ambiance Downton Abbey, il parle des convictions (fortes parfois) dans lesquels on élève des enfants et comment ils se les approprient ou les rejettent. Il parle aussi de la condition des femmes en ce milieu du 20e siècle, des choix qu’on fait et du prix à payer pour ça.

Du coup, emballée par la plume de l’auteure et l’histoire, j’ai lu tous les autres livres de cette auteure que j’ai pu trouver. Avec plus ou moins de bonheur. J’ai adoré « Ma chérie » en y retrouvant tout le sel de l’Aile des vierges. J’ai détesté « La drôle de vie de Zelda Zonk » et sa suite « Hanna » dont l’héroïne capricieuse m’a paru absolument insupportable (je n’avais pas eu autant envie de tarter une héroïne de livre depuis « Une vie » de Maupassant).

5_ La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya

Ouh quelle énorme claque que ce livre. Enorme. Enorme. Enorme.
Et c’est loin d’être agréable la plupart du temps.
On est loin du récit habituel du survivant à un génocide. Plein de résilience, d’espoir, de belles rencontres et de pardon. Celui là est plein de colère, de fureur, de haine même. Il remet en cause l’action des humanitaires lors des conflits, il dit l’immense difficulté de se construire après un pareil traumatisme, il dit les liens irrémédiablement brisés, il dit la rancœur qui ne s’éteint pas.
Il dit. Crûment. Violemment. On n’en sort pas indemne. Mais c’est nécessaire.

6_ Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez

J’ai déjà parlé de Franck Thilliez l’an dernier. Cet auteur et ses polars ne m’ont jamais déçue pour le moment et cette fois encore il m’a épaté par sa capacité à se réinventer dans ce genre littéraire et par son système de poupées russes.
Même si je l’ai beaucoup détesté pour la fin de ce livre. L’auteur que j’adore détester.

7_ Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi

J’ai aussi parlé de Virginie Grimaldi l’an dernier mais elle mérite une fois encore de figurer dans cette liste. Comme les précédents, son livre est drôle tout en traitant de sujets très sérieux et terriblement émouvant, les personnages sont attachants et l’histoire très originale. Il y a dans celui-là un petit truc en plus qui me l’a rendu particulier sans que je sache bien pourquoi, peut-être parce que ça parle de voyage et d’aurores boréales ?

8_ La vie qui m’attendait de Julien Sandrel

Un peu dans la même veine que le livre d’avant (et dans celle du livre suivant) c’est ce qu’on qualifie de feel-good book. Je n’aime d’ailleurs pas trop cette expression qui a une connotation péjorative alors qu’on peut évoquer des sujets très sérieux tout en ayant un livre qui nous fait du bien. Celui-ci évoque la maladie, le mensonge, le deuil, la vie qu’on se gâche soi-même. Et pourtant on en ressort ému et heureux.
Une vraie douceur.

Cette année j’ai aussi lu La chambre des merveilles du même auteur et pareil : courez-y !

9_ Toutes les couleurs de la nuit de Karine Lambert

Que fait-on quand on apprend que dans 3 semaines on aura perdu la vue ? Comment affronte-t-on cela ? Comment affronte-t-on la réaction de notre entourage ? Comment envisage-t-on son avenir ?
C’est le sujet de ce superbe livre à l’écriture toute en délicatesse.

10_ Un tout petit rien de Camille Anseaume

J’ai enfin lu ce livre environ 1000 ans après tout le monde. Si comme moi vous l’avez manqué, vous devez rattraper ça de toute urgence !
L’auteure écrit – décrit – tout en subtilité et en délicatesse (encore ! Je crois que c’est le mot de mes lectures 2019 « la délicatesse) ce moment où l’inattendu s’invite, où il faut faire un choix, seule mais pas vraiment, tout le monde ayant un avis et ne se privant pas de le faire savoir.

11_ La goûteuse d’Hitler de Rosella Postorino

Ah ce livre …
Inspiré d’une histoire vraie, il raconte la nécessité de survivre dans l’Allemagne nazie, l’absence de choix, la violence omniprésente et la peur. Il raconte aussi les manques, l’absence, l’amitié qui naît dans n’importe quelles conditions, les élans qu’on ne maîtrise pas ou qu’on ne veut pas maîtriser. C’est un livre magnifique et encensé. A raison.

12_ Timbré de Terry Pratchett

L’an dernier j’écrivais que j’avais lu le dernier livre à jamais écrit par Terry Pratchett. Et c’était très triste. Heureusement le hasard de ce livre que je voulais prêter à un ami m’a rappelé que si Terry Pratchett ne publierait plus jamais de nouveau livre il en avait laissé pas mal derrière lui qui pouvait être relu. Au départ je voulais juste en lire quelque page, pour m’assurer qu’il serait bien le candidat idéal dans la littérature pratchettienne pour séduire Dr Chouchou. Finalement une fois démarré, je n’ai pas pu m’arrêter et je l’ai relu entièrement. A ma plus grande joie. Terry Pratchett n’écrira plus de nouveau livre mais manifestement je pourrai relire l’ensemble de son oeuvre avec autant de jubilation que lors de ma toute première lecture. Bonheur infini.

13_ Retour à Birkenau de Ginette Kolinka

C’est un tout petit livre. 162 pages. Un tout petit livre mais d’une puissance incroyable. Comme une claque sèchement reçue. Ginette Kolinka fait là le récit cru de sa déportation et sa survie dans le camp de Birkenau quand elle avait 19 ans. De sa chance d’en revenir, de ce qu’on fait de ça après.
Ce n’est pas forcément agréable mais c’est assurément une lecture nécessaire.

14_ La fuite en héritage de Paula McGrath

Dernier livre que j’aurais réussi à lire en 2019 (difficilement pour cause de Tsunami et ce livre aurait mérité mieux que la lecture coupée que j’ai réussi à lui accorder) et quel livre !
2012, une gynécologue dublinoise hésite à quitter l’Irlande pour Londres face aux tensions qui agitent son pays autour de l’avortement.
2012, une adolescente dont la mère vient de mourir décide de fuguer pour échapper à la tutelle de ses grands parents dont elle ignorait l’existence jusque là.
1982, une adolescente rejoint Londres avec l’espoir d’intégrer une troupe de danse.
Quel est le lien entre ces histoires ? Parfois pour survivre, la seule chose à faire c’est fuir. Mais il y a un prix à payer aussi pour ça. Et parfois en fuyant on se retrouve.

Et puis il y a le livre de 2019 que je n’aurai pas réussi à finir : Archives des enfants perdus de Valeria Luiselli
Car oui, très exceptionnellement, cette année j’ai décidé de ne pas finir un livre ce qui ne m’était pas arrivé depuis 10 ans je crois. Mais je n’ai pas bien accroché avec l’écriture de ce road trip à travers les Etats-Unis, ce qui n’aurait pas dû m’empêcher de le lire si je n’avais pas été en plein Tsunami, écrasée de fatigue, et si – par ailleurs – j’avais pu renouveler mon prêt à la bibliothèque.
Tant pis !

Ça aura été une année riche en lecture comme je le disais, essentiellement des auteurEs (autrices ? Je ne m’y fais pas) à ma grande joie et je me souhaite que 2020 le soit tout autant et même plus encore ! Et je vous le souhaite !
Personnellement … ça s’annonce bien !
Bon réveillon à tous !

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Bilan des livres 2018 !

2018 touche à sa fin et il y a eu des livres en 2018 heureusement. Pas assez malheureusement. Jamais assez si vous voulez mon avis …
Mais enfin j’ai été bouleversée par quelques uns de ces livres, dans tous les sens du terme, et j’ai décidé qu’à défaut d’avoir eu le courage d’en parler au long de l’année, j’allais vous en parler maintenant.

(Merci le bullet journal qui permet de retracer tous les livres de l’année)

1_ La Passe-Miroir de Christelle Dabos

(Et je balance que pour le coup c’est la faute à Lizly) (merci ma douce <3)

En plus bim direct je commence à tricher ! Parce qu’en fait c’est une série de livre, et non un seul, que les 3 premiers ont été publiés pour le moment et que j’ai dévoré ces 3 premiers tomes sur le mois de janvier 2018 : Les fiancés de l’hiver, Les disparus de Clairdelune et La mémoire de Babel.
Et je ne vous cache pas que je languis de lire la suite … Je suis éminemment sensible à tout ce qui est du domaine de la fantasy, grande fan de Terry Pratchett et de Harry Potter mais les séries sont souvent décevantes … et celle-ci ne l’est pas.
Je suis toujours très très admirative de ces auteurs qui arrivent à imaginer de toutes pièces tout un univers, qu’il soit à la fois si loin du nôtre et parfaitement cohérent. J’aime en plus les personnages que l’auteure y déploie, leur complexité, leur richesse.

2_ Nuit de Bernard Minier

Je suis une grosse lectrice de polar aussi en plus de la fantasy. Je suis aussi très difficile dans ce domaine. Surtout pour les auteurs qui restent avec des personnages récurrents, je trouve qu’il y a trop souvent une facilité dans la construction de l’intrigue ou des incohérences.
J’avais beaucoup aimé les précédents livres de Bernard Minier (« N’éteins pas la lumière » m’a donné des cauchemars) mais j’ai trouvé « Nuit » vraiment formidable. Je n’ai pas vu arriver les choses jusqu’aux dernières pages (comme avec « Une putain d’histoire »), ce que j’attends d’un bon polar; j’ai adoré retrouver Servaz et changer de pays pour l’enquête; j’ai aimé me faire balader par le bout du nez au fil des pages.

Et du coup pour équilibrer les choses, en fin d’année j’ai lu « Soeurs » du même auteur … qui pour le coup a été une vraie déception. J’ai trouvé la construction de l’histoire fouillis, et pas suffisamment aboutie.

3_ La servante écarlate de Margaret Atwood

Ça faisait un moment que je me tâtais à regarder la série, comme des milliers d’autres personnes et j’ai fini par aborder tout ça par le livre. Et quel livre … je l’ai trouvé suffocant – peut-être parce que je suis une femme et que tout ce qu’elle y écrit est beaucoup trop réaliste pour ne pas me faire peur, peut-être parce que la construction du livre qui tait longtemps ce qu’il veut montrer fait monter l’anxiété – au point de parfois devoir poser le livre quelques heures, quelques jours avant de m’y replonger. J’ai d’ailleurs trouvé le livre beaucoup plus suffocant que la série, que j’ai fini par voir quelques mois après. C’est une véritable claque, un livre puissant.

4_ La couronne du berger de Terry Pratchett

On ne va pas se mentir, ce n’est pas le meilleur des Pratchett. Très probablement parce qu’il n’a pas eu le temps de finir de le retravailler, de le dégrossir complètement, de le polir pour n’en garder que le plus mordant et le plus drôle. Mais si ce n’est pas le meilleur, c’est le dernier et on retrouve bien sa patte si particulière dedans.
A jamais le dernier donc et ça le rend forcément spécial.

5_ Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie de Virginie Grimaldi

Je lisais déjà Virginie quand elle n’était pas encore écrivain et qu’elle me faisait hurler de rire sur son blog. Et quand elle m’a fait pleurer comme rarement un texte m’a fait pleurer aussi.
Depuis qu’elle est publiée je me jette sur chacun de ses livres avec toujours un immense bonheur … sauf celui là. J’ai mis longtemps à le lire, plus d’un an après sa sortie. Car je savais que ce livre là me ferait pleurer comme aucun autre qu’elle avait écrit jusque là. Et j’avais raison, j’ai pleuré comme rarement je l’ai fait en lisant un livre. Mais de tous ceux qu’elle a écrit jusqu’à présent, je crois que c’est vraiment le plus beau. Et assurément l’une de mes plus belles lectures de l’année.

6_ Rêver de Franck Thilliez

Encore un maître du polar que j’aime tant … Et qui ne m’a pas déçue cette fois encore.
Un des trucs que j’aime tellement dans les livres de Thilliez ce sont ces éléments médicaux qui se mêlent, quand il part d’une maladie bien précise et qu’il tisse son intrigue autour de ça. C’est ce qui se passe cette fois encore, et Thilliez qui emmêle le temps et s’amuse à perdre son lecteur dans le temps mais aussi à la frontière entre le réel et l’imaginaire …

7_ La pluie avant qu’elle tombe de Jonathan Coe

J’avais renoué quelques semaines avant avec Jonathan Coe grâce à « La vie très très privé de Mr Sim ». J’avais tellement aimé (et le mot est faible) « Bienvenue au club » et « Le cercle fermé ». Je piaffais donc d’impatience de retrouver sa plume … et quelle déception ça a été que « La vie très très privé de Mr Sim » … je n’y ai rien retrouvé de ce qui me faisait tant aimer Jonathan Coe. Mais j’ai persisté avec « La pluie avant qu’elle tombe » et heu-reu-se-ment. Là j’ai retrouvé le Jonathan Coe que j’aime ! C’est drôle, c’est doux, c’est puissant, c’est mystérieux. Il faut accepter de se laisser emmener sans savoir où. C’est génial.

8_ Le mythe de la virilité d’Olivia Gazalé

Le livre le plus « sérieux » de ma sélection 2018. Et le plus féministe aussi. Mais je l’ai trouvé tellement formidable, précis, éclairant que j’ai failli l’offrir à tout mon entourage pour Noel. (Mais je me suis abstenue, je n’étais pas certaine qu’ils apprécient … et pourtant)
Cette promenade dans l’histoire de la virilité, de la domination masculine sur les femmes et sur les conséquences négatives que ça a autant pour les femmes … que pour les hommes. La plume est vive, drôle, précise.

9_ Le lambeau de Philippe Lançon

J’ai failli mettre ce livre sur ma liste d’envies pour Noel. Et puis ça m’a paru vraiment bizarre vu le sujet …
En plus les louanges innombrables que j’avais lu et entendu autour de ce livre me faisaient craindre qu’elles soient plus dû à notre culpabilité face aux victimes du terrorisme qu’à la qualité du livre. Evidemment il n’en était rien … C’est un livre sublime, une claque immense et une caresse. C’est tout en élégance, en finesse, en pudeur.
Je pense que c’est le livre le plus beau, le plus envoûtant et le plus marquant qu’il m’ait été donné de lire cette année.

10_ Anatomie d’un soldat d’Harry Parker

Je triche un peu pour finir (après avoir triché au début ^^) puisqu’au moment où j’écris je n’ai pas encore tout a fait fini de le lire, il me reste encore une petite centaine de pages (mais que d’ici le 31 à minuit ça devrait être fait).
Ça pourrait être un livre banal ou un livre larmoyant. L’histoire d’un soldat amputé des deux jambes après avoir été blessé par une bombe artisanal lors d’un déploiement dans un pays jamais nommé mais qui ressemble furieusement à l’Afghanistan. Mais l’histoire est racontée par petits bouts par les objets qui croisent la route de ce soldat, le fauteuil roulant sur lequel il entame sa rééducation, le garrot qui sert aux premiers secours, le respirateur qui le maintient en vie, la lettre envoyée par une amie etc… C’est prenant, percutant et formidable.


Eh ben je dois dire que j’ai la lecture éclectique et que ça me réjouit de le constater dans ce billet de blog !

Americanah – Chimamanda Ngozi Adichie

Amour, amour, amour !

 

Ça m’amuse toujours beaucoup de retracer a posteriori le parcours d’un livre qui m’a tellement marquée et comment il a atterri un jour dans mes mains pour mon plus grand bonheur.

Pour la 2e fois de manière très improbable, après l’Art de la Joie de Goliarda Sapienza, c’est au détour d’une chronique littéraire complètement enthousiaste (et étrangement enthousiaste, c’est si rare de lire une chronique où l’auteur semble sincèrement euphorique à propos d’un livre) que m’est venue l’envie de lire un livre qui est instantanément rentré dans mon panthéon littéraire personnel (finalement pas si fourni que ça proportionnellement au nombre de livres lus, je lis quand même pas mal en quantité depuis 25 ans et quand j’y réfléchi des livres ou des auteurs qui m’ont marquée durablement il y en a peu).

Pourtant je n’ai pas osé aborder l’oeuvre de Chimamanda Ngozi Adichie par le livre qu’on me vantait avec tant d’ardeur et je me suis d’abord attelée à lire son premier livre, comme si je craignais que derrière cette critique dithyrambique ne se cache qu’une coquille vide.

C’est donc avec l’Hibiscus pourpre que j’ai découvert la plume ciselée de Chimamanda Ngozi Adichie …. et que j’en suis résolument tombée amoureuse. Mais au delà de la plume de l’auteur, l’Hibiscus pourpre a été un livre saisissant. Sous la délicatesse des mots, la violence de cette histoire et sa malheureuse universalité. Un livre riche – pas complètement mature -, des personnages complexes et fouillés, il ne m’en fallait pas plus pour me décider à me lancer enfin dans Americanah. Avec gourmandise qui plus est.

 

Et je n’ai pas été déçue.

Si l’Hibiscus pourpre a été saisissant, Americanah s’est révélé réjouissant, lumineux, foisonnant. Et impossible à résumer sans le trahir je crois bien.

On y dissèque avec précision la question du racisme aux USA et ce mépris condescendant de l’Occident pour l’Afrique vu comme un territoire arriéré et sans talent, on y affronte pleinement la difficulté de l’expatriation et de la solitude dans un pays dont on ne maîtrise pas (encore) les codes, on y parcourt tout à la fois le Nigeria, les USA et l’Angleterre, on y réfléchit, on y ressent, on y aime, on y voyage.

 

J’ai refermé ce livre en me sentant plus riche et plus intelligente, plus ouverte au monde aussi. Nourrie.

Bref, si vous n’aviez qu’un livre à découvrir ces prochaines semaines, ça serait celui-là; et si vous n’aviez qu’une seule auteure – féministe qui plus est puisqu’il y a quelque temps on m’a demandé si je connaissais des auteurs féministes – à découvrir ces prochains mois, ce serait celle-là.

La petite communiste qui ne souriait jamais – Lola Lafon

Qu’est-ce qui m’a donné envie il y a des semaines de lire ce livre au point de l’avoir réservé à la bibliothèque dans la foulée ?

Mystère …

 

Il y a longtemps que je ne suis que de loin l’actualité des sorties littéraires. Que je laisse le temps faire son œuvre pour séparer le bon grain de l’ivraie comme l’orpailleur sépare les pépites du reste.

Il se trouve aussi que je cherchais depuis quelques jours ma prochaine lecture.

J’avais enquillé à la suite les 6 tomes des Rois Maudits, pas question d’attaquer un autre roman historique dans la foulée malgré ceux conseillés, j’étais à saturation. Pas envie non plus d’un polar ou d’un thriller. Ni de science-fiction.

J’avais envie d’un roman. Un roman puissant. Qui me donnerait l’impression d’être passée à la lessiveuse. Un roman comme fut « L’art de la joie« .

 

Je lis peu de romans. Je n’ai jamais été autant déçue que par ce genre littéraire, trop de livres fades, ennuyeux ou à demi-ratés. Mais des fois, ça me prend comme une envie de pisser j’ai des envies de romans.

 

J’en étais là de mes recherches infructueuses quand le mail de la bibliothèque arrive m’informant que « la petite communiste qui ne souriait jamais »  – que j’avais quasiment oublié – était enfin disponible (oh oui presque 2 mois après que je l’ai réservé).

Femme de peu de foi je me suis dit qu’à défaut d’un roman puissant ça serait … un roman.

 

Ce qui est bien avec les livres dont on n’attend rien c’est qu’ils ne peuvent que nous surprendre.

Ce livre-ci au départ m’a surtout laissée … perplexe. Des chapitres courts, une narration à deux voix mais avec un dialogue chaotique, conflictuel. Un récit qui se dit chronologique mais ne l’est pas tant que ça. Et ce que je déteste par dessus tout : pendant bien un bon tiers du livre absolument aucune idée de là où l’auteur veut m’emmener. (J’ai horreur de suivre quelqu’un les yeux fermés)

Pourtant en refermant ce livre je n’ai pu que me féliciter de l’avoir lu. Et cerise sur le gâteau, l’effet inespéré : l’impression d’avoir reçu une de ces claques salvatrices qui dit qu’un livre a modifié la façon de voir les choses.

C’est un livre protéiforme.

Le récit imagé d’un morceau de la vie d’une gymnaste roumaine dans lequel se cache aussi bien une vision plus nuancée – mais pas idyllique – du communisme que celle qu’on nous sert habituellement dans les pays de l’Ouest, qu’une remise en question des pratiques d’entraînement de ces jeunes filles, qu’une mise en perspective de notre monde capitaliste et de ses pratiques.

Qu’une critique à la virulence cachée envers nous tous surtout. Nous tous en tant que spectateurs qui cautionnons, en tant que juges qui assistons la bave aux lèvres au grand cirque médiatique qui déchiquette, nous tous qui portons aux nues pour mieux enterrer ce qu’on a adoré à la première occasion, nous tous qui ne voyons et comprenons que ce que nous voulons voir et comprendre.

 

Peut-être pas un roman « puissant » comme j’en réclamais un mais assurément remuant.

Books Academy (votez @laflote!)

Oyez! Oyez!

Je suis en vacances (youhouuuuuu ! Court avec son tee-shirt sur la tête!) et je pars dès l’heure où la campagne blanchit (en fait je suis déjà partie là) pour l’autre bout de la France manger des crêpes, des huitres, du cidre et du kouign amann chez l’ennemi breton ! (oups mes origines normandes)

Il y aura de l’instagram, il y aura du tweets mais il n’y aura sans doute pas du blog. Parce que j’ai envie d’une coupure et que j’ai fait la gueule à l’idée de devoir prendre l’ordi.

 

BREF!

Avant de partir j’avais envie de vous parler d’un truc.

Oui je sais tu te remets à peine des élections municipales, tu vois se profiler les élections européennes avec angoisse, bref les appels au vote tu n’en peux plus.

OUI MAIS!

Twitter est un lieu (si tant est qu’un site internet soit un lieu) de rencontres. Bonnes ou mauvaises, ma foi cela dépend, mais des rencontres à la pelle ça oui qui mène parfois nul part, parfois à une vraie amitié, parfois à un entre deux.

Et je me souviens très bien de comment j’ai rencontré @laflote (Anne Flo de son petit prénom mais dans ma tête c’est @laflote) : il y avait une histoire de 95D …

Heureusement on ne s’est pas arrêtées à une histoire de tour de poitrine, nous ne sommes pas qu’un physique voyez-vous !

 

Et depuis quelques temps @laflote participe à un projet – littéraire – que je trouve très original et intéressant.

En effet elle s’est inscrite à l’Académie Balzac. Le principe ? Ben tu cliques et tu auras toutes les explications C’est un peu comme la Star Ac’. Mais sans télé. Et pour écrire un livre. A 20 ! J’ai une expérience tellement individuelle (et faible) de l’écriture que je me demande déjà bien comment on peut écrire à 20 personnes! (même 10!)

Bon ok ce n’est pas vraiment comme la Star Ac’.

Toujours est-il que @laflote, qui est quelqu’un que j’apprécie et que je trouve drôle, et qui a déjà publié deux livres jeunesse, est candidate pour faire partie des 20 derniers sélectionnés (je t’avais dit qu’il n’y avait pas qu’un physique) qui rejoindront le chateau et depuis plusieurs semaines elle mobilise ses troupes pour ramasser le maximum de votes afin d’intégrer cette fameuse phase finale.

Et oui j’avoue l’idée est bien de t’inciter à voter un peu toi aussi (parce que moi je serai en vacances, du coup je pourrais pas). Au moins de t’intéresser au projet qui est je trouve une belle expérience alors qu’on nous annonce sans fin la mort des livres.

Pour consulter le profil de l’académie Balzac de @laflote (et voter pour elle chaque jour – OUI CHAQUE JOUR – sous sa photo) : clic

Tu retrouveras la fiche de ses livres ici et (et tu peux cliquer chaque jour – OUI CHAQUE JOUR – à droite sous la photo du livre, ça compte double par rapport à un vote sur son profil)

Sinon tu peux follower @laflote sur Twitter, elle est drôle et cool. Vraiment.

(et elle fait du 95D comme moi #TeamGrosNichons)

 

 

 Kenavo les aminches !

 

 

La preuve qu’elle est drôle :

 

 

Billet absolument non sponsorisé (j’ai même pas essayé de gratter une place pour un match de rugby alors que bon … y avait moyen p’tet)

Ménage par le vide

 

Waiting for departure

Waiting for departure

 

J’ai trié ma bibliothèque hier. Un déménagement se profile (assez loin) à l’horizon.

22 livres ont été déclaré aptes à la donation ou à la vente sur internet.

 

Je suis toujours fascinée par le fait de n’avoir aucun problème à trier ce qui est pourtant si important pour moi : les livres.

Je le fais régulièrement il faut dire, les contraintes de vie sont là, l’espace alloué à mes livres est restreint et non extensible alors régulièrement … il faut trier !

Et je n’ai donc aucun problème à le faire. Le temps fait bien son oeuvre il faut dire aussi : humm mais de quoi parle ce livre déjà ? Même en lisant le 4e de couverture ça ne me rappelle rien …

Si ça ne me rappelle rien, ça dégage. Un livre qui ne m’a pas marquée est un livre qui ne mérite pas de rester.

Si ça me rappelle quelque chose et que ce quelque chose contient un vague ennui, une difficulté à venir à bout du livre ou une lecture polie … ça dégage.

 

Je ne garde que les livres qui m’ont touchée au coeur. Les seuls que je pourrais avoir envie de relire un jour.

Le reste retombe dans une vague indifférence. Et le reste représente beaucoup de livres en fait.

 

Ce qui m’a en fait vraiment étonnée hier, c’est qu’en me promenant dans mes livres que je regroupe par genre et par auteur, je me suis rendue compte qu’il y avait un petit ilot de 5 livres un peu à part.

Il y a des indéboulonnables de ma bibliothèque. Des indéboulonnables non négociables : mes Terry Pratchett, mes Harry Potter, mes Trône de Fer, mes Marion Zimmer Bradley et mes Robert Jordan, mes Philip Kerr et mes Franck Thilliez.

(J’entends vos dents grincer Monsieur Goux 😉 )

Il y a mes guides de voyage aussi, souvenirs physiques souvent les plus tangibles qu’il m’en reste.

Pourtant … pourtant si je ne devais prendre que 5 livres, il n’y aurait aucun de ceux là. Et aucun qui aurait quoi que ce soit à voir avec ceux-là. Comme quoi …

 

Si je ne devais garder que 5 livres de ma bibliothèque il y aurait :

L’art de la joie de Goliarda Sapienza

– Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini

– Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan

– Un autre amour de Kate O’Riordan

– La vie est brève et le désir sans fin de Patrick Lapeyre

– Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson

(Comme vous avez tous un master de mathématiques vous avez vu que ça faisait 6 en fait)

 

Sans doute parce que ce sont ceux qui m’ont fait l’effet d’une claque dans la figure, d’une révélation, d’un bouleversement, d’une remise en question, d’une résonnance.

Sans doute parce que ce sont ceux qui ont le plus modifié ma vision du monde.

Y revenir encore et encore

En ce moment je lis avec un immense plaisir la Trilogie des Joyaux de David et Leigh Eddings.

Je relis devrais-je dire. Je re-relis même. Et je re-relirais aussi la suite, la Trilogie des Périls.

Il est étonnant que je revienne sur ces livres. Que j’y revienne avec plaisir. Je ne relis jamais un livre en général. De même que je ne regarde jamais un film déjà vu.Connaître la fin me gâche tout le plaisir, autant que de me souvenir des ressorts qui composent l’intrigue. Pas de surprises, pas de risques d’être renversée par l’auteur puisque je l’ai déjà été.

 

Mais cette règle connait quelques exceptions.

Adolescente j’ai du regarder une bonne centaine de fois sans lassitude … le 5e élément. Film absolument cultissime pour moi, aujourd’hui encore, même si je ne l’ai plus vu depuis des lustres.

Et donc certains livres. Mes conforts books en quelque sorte. J’ai beau les connaitre, si ce n’est par coeur, au moins très bien et pourtant j’ai toujours autant de plaisir à les lire de temps à autre. Toujours autant de plaisir à me laisser emporter par une histoire que je connais déjà, toujours autant de plaisir à rire des blagues glissées par l’auteur.

 

Comme une couverture chaude dans laquelle s’enrouler pour affronter les froides journées qui s’annoncent.

Je crois que c’est ça le signe d’un livre réussi. C’est quand on y revient toujours avec autant de gourmandise.

Un vrai bonheur.

La liseuse : le bilan

Après vous avoir largement parlé en long en large et en travers de mes interrogations autour de l’achat d’une liseuse l’année dernière, il me parait relativement logique d’en faire un bilan à distance relativement raisonnable d’usage.

 J’avoue c’est lors de mon dernier voyage en train, que s’est rappelé l’idée de ce billet. Quand mon voisin manifestement intrigué par ma liseuse n’a pu s’empêcher d’engager la conversation pour me poser des questions dessus.

 

Je n’ai pas compté – et je n’en ai pas envie – combien de livres j’ai lu sur ma liseuse et combien j’en ai lu en format papier. Je trouve que cela a peu d’importance.

Le fait est que j’ai relativement peu utilisé ma liseuse les premiers mois où je l’ai possédée. Oh je l’ai utilisée mais pas autant que ces derniers mois.

Je vais régulièrement au travail en bus et je profite du temps de trajet pour lire mais en hiver (et au printemps vu le printemps qu’on a eu) j’ai préféré prendre des livres papiers dans mon sac à main que ma liseuse car je mets très souvent dans ce même sac à main mon parapluie encore mouillé.

Plus tard, en Guadeloupe, même si j’avais pris ma liseuse, ce sont surtout des livres papiers qui m’ont occupée. Je ne voulais pas l’exposer au sable, à l’humidité et à la chaleur. C’est presque mon petit frère qui s’en est le plus servi dans l’avion, j’avais trouvé à l’occuper en lui laissant lire Harry Potter dessus.

 

Mais si les démarrages ont été lents je me suis bien rattrapée depuis.

Particulièrement ces dernières semaines puisque j’ai passé beaucoup de temps dans les transports avec la contrainte n’avoir que peu de bagages. Et forcément ne pas avoir 5 livres dans la valise ça aide à avoir peu de bagages.

 

J’avais vraiment énormément hésité avant de me lancer dans cet achat, beaucoup réfléchi, beaucoup pesé le pour et le contre. Et au final j’en suis ravie. Pendant mes vacances j’ai joyeusement pu lire une trilogie d’une traite sans me dire « haaaan noooon j’ai laissé le 3e à la maison ».

Ce qui m’a vraiment le plus frappée d’ailleurs depuis que j’ai ma liseuse c’est l’opposition quasi systématique qu’on me fait entre liseuse et livres papiers. On ne peut pas être les deux, si on a une liseuse on ne lit FORCEMENT que des e-books.

Ben non. J’achète toujours des livres papiers, et même à priori toujours autant qu’avant. Je crois que je lis plus surtout (encore plus devrais-je dire, je suis une grosse lectrice à la base) et des livres que je n’aurais pas forcément acheté si je n’avais pas eu l’opportunité de la liseuse et qu’ils n’encombrent pas ma bibliothèque.

Mais je ne suis pas que livres numériques … la preuve en est de ma table de nuit ….

 

Ah ouais ...

Ah ouais …

 

 

Cela dit puisque je vous parle de livre numérique, j’en profite pour vous signaler un petit recueil de textes érotiques « Cahier d’exercices pratiques » très chouette édité au format epub que vous pouvez télécharger gratuitement si vous avez une liseuse ou une tablette. (Une version audiobook existe aussi je crois)

Il fait environ 80 pages et on est très loin de 50 shades of grey (permettez moi d’être désolée que cette bouse soit devenue la référence littéraire érotique en France et dans le monde …).

Je ne peux que vous encourager vraiment à le déguster.

Vendredi c’est lecture

En ce vendredi froid et neigeoteux (chez moi tout du moins), parlons un peu de littérature. Ok peut-être pas de littérature mais tout au moins de lecture avec deux livres étonnants que j’ai lu dernièrement et dont je voulais vous parler.

 

ω Un employé modèle de Paul Cleave

Je suis dans une période de lecture très polar/policier/thriller et j’en ingurgite donc pas mal. J’ai toujours aimé ces genres (ce genre?) qui a tendance à me détendre le neurone (oui je sais je suis étrange) mais le fait est qu’il a tant été écrit et réécrit – avec plus ou moins de bonheur – qu’il est difficile de trouver des livres vraiment originaux tout du moins dans la façon d’aborder le sujet car on trouve encore des auteurs pour nous surprendre par les rebondissements qu’ils imaginent.

Des livres qui nous déroulent l’histoire du point de vue du tueur en série même si c’est plus rare on en a vu aussi mais Paul Cleave le fait avec une certaine originalité et un certain brio en nous décrivant toute l’horreur de son personnage – sans faire excès de détails répugnants – mais en le rendant presque sympathique.

Loin d’être froid et distancié le récit se fait depuis l’intérieur de la tête du serial killer et l’auteur dépeint aussi toute son anomalie psychique : ambiguïté des liens avec sa mère dans un rapport amour-haine insupportable, dénis multiples (de ce qu’il fait, de pourquoi il le fait), grande intelligence sur certains points et inaptitude sociale totale à côté etc…

Pour couronner le tout, Paul Cleave introduit des éléments à son histoire vraiment originaux, faisant par exemple passer à un moment son personnage principal du statut de chasseur à celui de proie.

Pour moi une vraie bonne surprise dans un genre où elles sont de moins en moins fréquentes.

 

ω Saignant ou à point? de Cédric Dassas

J’ai ingurgité un paquet de récits-témoignages de médecins ou de soignants sur leur expérience au contact des patients à l’hôpital ou en libéral. Pas qu’en format livre d’ailleurs puisqu’internet regorge de blogs plus ou moins bien écrits qui en sont remplis.

Celui-ci écrit pas un urgentiste fait partie des deux seuls que je recommanderai.

Parce qu’il y a un courage certain dans ce qui est écrit – autant dans les histoires racontées, je sais à quel point il peut être dur d’écrire ce genre d’histoire, que dans ce qui est dit … il faut un certain courage pour écrire explicitement qu’on a déjà pratiqué l’euthanasie -, parce que son humour cynique est irrésistible mais aussi démontre à quel point il peut être une question de survie, parce que contrairement à ce que je lis souvent il ne se place pas en posture de super-héros et montre toute la difficulté de ce métier où il faut gérer l’urgence/rassurer/expliquer sans connaître les gens en face ni avoir le temps d’évaluer ce qu’ils peuvent entendre.

Surtout parce que derrière les termes techniques (peut-être un poil trop pour les néophytes même s’ils sont bien expliqué en général), les blagues, il y a des hommes et des femmes, des soignants et des soignés. Des sentiments. Et surtout de l’humain.

Une belle humanité et un humour décapant qui fait rire même quand objectivement c’est tragique.

Un mois de liseuse numérique et autres geekeries

Nous sommes le 25 janvier, ce qui signifie qu’il y a un mois c’était Noel (beuuuuh) et que j’ai donc ma liseuse depuis un peu moins d’un mois.

Le temps d’un bilan non?

Oui.

 

Or donc on nous apprend que la liseuse numérique a vécu et que la tablette gagnera sur elle.

En ce qui me concerne les deux ne font pas double emploi et chacune trouve parfaitement son utilité dans des moments différents.

Je ne doute pas que cela soit possible voire probable mais il se trouve que je m’avère ma foi assez peu convaincue par ce fameux intérêt du multi-tache.

La preuve en est que j’adhère totalement à cette déclaration de Chouyo (que je m’étais jurée de placer un jour sur ce blog!) lancée un jour que nous visitions un temple thaïlandais en ricanant derrière un touristique crétin qui prenait des photos dudit temple à l’aide de sa tablette « les gens qui disent qu’ils n’ont pas besoin d’un APN parce qu’ils ont une tablette c’est comme si je disais que moi je n’ai pas besoin de PQ puisque j’ai une bibliothèque ». (♥)

 

Donc, bilan d’un mois de liseuse :

♦ 4 livres lus sur elle. Non, dévorés. J’avais lu – un peu péniblement – deux livres sur ma tablette et je reconnais que la qualité de lecture n’a absolument rien à voir. Tant au niveau de l’éclairage (pourtant je règle toujours ma tablette sur le minimum) que de la prise en main. Je n’ai ressenti aucune fatigue oculaire pendant les longues heures de lecture, le plaisir a été identique à celui éprouvé lors de la lecture d’un livre papier.

Sauf sur un point : j’ai littéralement été envoûtée par Hunger Games, de ces envoûtements qui rendent difficile d’arrêter la lecture. Quand ça m’arrive avec un livre papier, je mesure d’un coup d’œil et d’un coup de main ce qu’il me reste à lire et je me raisonne ainsi en me disant qu’il reste trop de pages à lire pour terminer ce soir (ou que justement je peux le faire!). Sur la liseuse, j’ai beau avoir activé la numérotation des pages, ça ne me frappe pas l’esprit comme de voir visuellement ce qu’il reste.

 

♦ Depuis que j’ai ma liseuse j’ai donc lu 4 livres sur elle. Mais aussi 4 livres papier. Egalité. J’ai emprunté 3 livres à la bibliothèque, j’en ai acheté 3 à ma librairie et aucun en numérique encore (parce que vous m’en avez offert plein) (d’ailleurs l’un(e) d’entre vous m’avez proposé de me faire passer Home de Morrisson mais je ne sais plus qui, si jamais cette personne repasse ici je voudrais toujours le lire ^^). Je n’ai pas abandonné le papier et je pense ne jamais le faire, les deux ont trouvé leur équilibre en fait.

Actuellement je lis en parallèle un livre papier, un livre numérique et un livre emprunté à la bibliothèque. Je varie en fonction des envies mais jamais le support ne conditionne les choses… Sauf dans le bus. Pour l’instant je n’ai jamais pris ma liseuse dans le bus pour la simple et bonne raison que nous sommes en hiver, qu’il fait parfois facilement – 10 le matin ou qu’il neige. Avec un peu de chance il se contente de pleuvoir. Bref froid et/ou humide et je marche facilement 15 mn pour rejoindre le bus, je n’ai pas spécialement envie que ma liseuse souffre de ces conditions climatiques alors pour l’instant je garde le papier pour le bus et en fait c’est pas mal.

 

♦ Je pense expérimenter tout l’intérêt de ma liseuse lors de mon voyage en Guadeloupe tant pendant les 8h de vol que pour le gain de place dans la valise. Néanmoins je me demande si je ne devrais pas glisser un livre papier ou deux pour les expéditions plage du séjour, je me demande si la liseuse supporterait mieux le sable, la chaleur et le soleil que la neige et le froid ? (j’en doute mais votre avis m’intéresse)

J’ai déjà pu constater l’intérêt de ma liseuse lors de mon week-end à Venise et surtout je bénis la norme mini-usb universelle. Un seul chargeur pour ma liseuse, mon smartphone etc… Je trouve que c’est vraiment le pied!

 

♦ Je me pose toujours beaucoup de question par rapport à « l’objet » livre-liseuse et au sentiment d’être « déproprié » de mon livre dans le sens où je ne fais pas ce que je veux de la version numérique. Je n’ai trouvé aucune réponse pour l’instant mais les questions sont bien présentes.

 

Et sinon?

Il se trouve en fait que ma liseuse est arrivée pile au bon moment.

Je trouvais qu’internet avait trop envahi ma vie et empiété sur mon temps de lecture. La tablette ne permet pas de lire aussi parce que connectée elle est source de distraction permanente. C’est aussi ce qui me gêne dans le multi-tache.

J’avais déjà repris d’avantage mes livres, prenant un peu mes distances avec l’instantané et le néant (twitter/facebook etc) pour renouer à la fois avec l’écriture – ici ou ailleurs – et la lecture.

Je le vois lors de mon trajet en bus, je passais perdais beaucoup de temps à consulter ce qui se disait sur les réseaux sociaux pour m’apercevoir qu’il n’y avait rien eu d’intéressant mais que j’y avais passé trop de temps pour pouvoir lire. Depuis que je n’y fais que lire, j’ai vraiment l’impression de décompresser pendant ce temps là, si bien que les trajets en voiture me font regretter mon moment lecture.

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