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Dans ma valise

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Cigares et mojito

J’arrive !

« Ça fait longtemps que vous n’êtes pas partie à l’étranger ! » m’ont dit mes « vieux » patients. Ceux qui me connaissent depuis assez longtemps pour se souvenir de la dernière fois où je suis partie donc. Et un peu des fois d’avant.
Enfin « longtemps » …
Techniquement la dernière fois que je suis allée à l’étranger c’était en janvier de cette année mais j’imagine que Venise et l’Italie c’est presque la France et en tout cas pas suffisamment loin dans la tête de mes patients. Je les ai trop habitués à plus loin que ça ;).

Donc d’après leurs standards c’est le Pérou mon dernier voyage à l’étranger. Et longtemps c’était ……… il y a 3 ans.
C’était hier …
C’était dans une autre vie … (bref…)

J’ai hâte de ce voyage. Encore plus depuis que je suis justement passée en mode « voyage » : préparant ma valise et épluchant mon guide pour l’apprendre par cœur. Mon corps et encore là mais ma tête est ailleurs …

J’ai besoin de ce voyage aussi. Besoin de partir loin, de couper avec le quotidien, avec les gens, de ne m’occuper que de moi et d’oublier les problèmes des autres. Besoin de changer de culture, de langue, de climat. La promesse de température autour de 30° et d’enfiler shorts et débardeurs en avance sur la France étant une cerise supplémentaire (même si au bout de 2 jours je râlerai d’avoir chaud).

Mon corps a besoin de ce voyage. En deux semaines, j’aurai enchaîné la gastro et une méga crève. Signe que je suis crevée et que mes défenses immunitaires sont à la traîne. Que j’ai besoin d’ailleurs.
(Et de m’asseoir sur le mépris de ceux qui ne bougent jamais envers ceux qui voyagent)

Besoin de déconnexion aussi et ça tombe bien pour le coup Cuba s’avérera parfaite, internet y étant rare, cher et (très) lent.
La seule frustration sera probablement de ne pas pouvoir partager mes photos au fil de mon séjour. Je pourrai le faire après comme on m’a dit … certes mais je me connais, je n’aurai pas le même élan, il n’y aura pas cette spontanéité comme quand je mets le soir les photos des lieux qui m’ont émerveillée dans la journée. C’est rigolo les habitudes qu’on se crée même en voyage.
Je reprends toujours mes photos de voyage après … pour constituer mes livres photo et là c’est complètement différent dans la façon de faire, de trier et d’analyser. Plus intime.
Alors peut-être que ce voyage sera tout simplement ainsi, plus intime.
Mais j’ai quand même trouvé le # pour symboliser ce voyage, des fois que … Ce sera donc #CigaresEtMojito !

Cuba on m’a dit beaucoup de toi, on m’a promis beaucoup de toi, j’attends beaucoup de toi.
Dans tous les cas … j’arrive bientôt !

Jolie Turin

Symbole de la ville

 

« Mais … pourquoi vous allez à Turin? » m’a-t-on demandé, manifestement stupéfait par ma destination de long week-end.

J’ai ricané, oui c’est vrai, pourquoi ? Mais en vérité je suis assez mal placée pour le faire puisqu’il n’y a pas si longtemps de ça, à peine plus de 6 mois, j’avais moi-même de Turin, la vision d’une ville industrielle et sans charme.

A tort …

Enfin, pas complètement, industrielle elle l’est mais assurément pas dans son centre ville historique.

 

Personnellement, j’ai trouvé l’architecture de Turin magnifique. Douce. Cohérente.

Le castello

 

Le palais royal

 

L’ (ancienne) université

Une sensation de grande harmonie au sein du centre ville mais aussi une absence de sensation d’écrasement (ce qui est souvent le cas dans les grandes villes je trouve) et d’une ville très aérée et « verte » grâce à ses parcs.

Surannée également avec ses vieux trams, ses immeubles défraîchis …

#Défraichi (un peu quand même)

 

Je l’ai trouvé un peu déroutante aussi. Je m’attendais à une architecture proche de celle de ma région, une idée confuse née de cette histoire commune avec la Savoie. J’avais d’ailleurs une foule d’idées fausses concernant Turin. Je pensais entendre parler du Saint Suaire à tous les coins de rue par exemple, il n’en a rien été. Et je pensais adorer le chocolat chaud et le bicerin, et il n’en a rien été non plus ^^’.

Une certaine idée du bicerin (version évoluée avec des morceaux de chocolat à la pistache sur la crème fouettée) (me suis contentée des cappuccino après)

 

J’ai adoré la ville de Turin, son ambiance, sa vivacité.

Son histoire aussi avec ses vestiges romains, ses palais royaux et ses églises baroques.

La cathédrale

La porte Palatine (vestige romain)

Son côté pratique avec ses kilomètres (18 quand même) de rues en arcade qui permettent de déambuler au sec les jours de pluie.

Celles-ci n’étant pas les plus belles (mais les plus belles j’ai oublié de les photographier)

 

Dans le pilier une « boutique »

 

Et des bouquinistes

 

Et puis son musée égyptien … Ah son musée égyptien.

*soupirs*

On m’avait dit « si tu ne dois visiter qu’un seul musée à Turin, tu DOIS visiter le musée égyptien », ce à quoi j’avais répondu vaguement « mouais … » tant les collections égyptiennes des grands musées me laissent sur ma faim. Et j’ai compris pourquoi en visitant ce musée égyptien : une vraie muséographie, pas juste une exposition d’un tas de pièces, une mise en relation de l’évolution des pratiques funéraires et de l’art à travers le temps grâce à quelques pièces magnifiques et fort bien choisi, un audioguide formidablement fait (inclus dans le billet) … j’ai passé 2h30 dans ce musée absolument magique et j’en suis ressortie amoureuse.

Si vous ne devez visiter qu’un seul musée à Turin, vous DEVEZ visiter le musée égyptien ! 😀

(Par contre je vous conseille VRAIMENT d’acheter vos billets à l’avance par internet, vous payerez 2€ de plus mais vous vous éviterez 1h30 à 2h de queue, moi pour 2€ j’achète)

 

Ramses II !

Le Bullet Journal … la suite

Je m’étais promis de ne pas reparler sans cesse de mon Bullet Journal après en avoir déjà fait 2 billets. Même si j’adore en parler quand on m’interroge dessus et en expliquer le fonctionnement, que j’adore chercher des solutions pour ceux qui n’arrivent pas à l’adapter au mieux, je n’avais pas envie de tourner en boucle dessus et de faire un billet de blog tous les mois. Mais … mais à l’aube du démarrage de mon 3e Bullet Journal j’ai terriblement envie de refaire un point.

Parce qu’à deux ans d’utilisation, mon Bullet Journal continue d’évoluer et de s’adapter à mes besoins, et que ma foi si ça peut donner des idées à certaines personnes …

Parce que ces derniers mois les billets de blog se sont multipliés sur le sujet et que plus un sujet devient visible plus il attire les critiques et j’avais envie de remettre quelques points sur les i.

 

[S’il y en a qui n’ont pas lu mon/mes premier(s) billet(s) sur le sujet ou qui ne savent pas ce qu’est un bullet journal je les invite vivement à lire les liens ci dessus sous peine de ne strictement rien piger à la suite ou tout du moins de ne pas pouvoir comparer]

Déjà et avant toute chose : est-ce qu’on peut arrêter de raccourcir Bullet Journal en BuJo svp ???? C’est absolument atroce et stupide comme terme ! J’ai l’impression d’avoir des enfants de 10 ans en face « hi hi hi regarde mon BuJo! Je lui ai peigné sa crinière arc-en-ciel et j’ai remis des paillettes ». Déjà que Bullet Journal c’est assez cryptique comme terme si en plus on parle de BuJo … Ou alors c’est pour se comprendre entre initié et laisser les autres à l’écart ? Quand je veux vraiment raccourcir à l’écrit, j’écris BuJ. A l’oral je dis « Bullet journal » en entier ça n’est pas un effort démentiel. Bref ça n’a strictement aucun intérêt, ARRÊTEZ PUTAIN !

(Punaise j’ai été obligée d’écrire trois fois BuJo (quatre maintenant) je suis à deux doigts de la crise de tétanie tellement je déteste ce terme) (la dernière fois que j’ai autant détesté un truc c’était Shakira qui se trémoussait dans la boue)

 

Alors qu’est-ce que j’ai changé en 2016 à mon Bullet Journal ?

Déjà le format. En 2015 j’utilisais un carnet A6, en 2016 j’étais passée en A5 et je réédite ce format là pour 2017. Il me convient mieux, plus de place pour écrire. L’inconvénient c’est que du coup le carnet est plus gros, plus lourd à trimballer mais comme il m’accompagne rarement dans mon sac à mains, m’attendant sagement à la maison, personnellement ça ne me dérange pas. Si je l’avais sur moi par contre quotidiennement, ça serait un vrai problème et j’aurais rebasculé sur du A6 je pense.

L’organisation de mes pages de début de mois a été pas mal modifiée. Dès le début, l’organisation de base proposée pour le Bullet Journal ne me convenait pas et j’avais réorganisé les choses rapidement. J’ai continué. Désormais j’ai une double page avec mes tâches du mois à faire, un mini section où je note les rdv du mois – j’ai toujours mon agenda mais renoter ces rdv dans mon Bullet Journal me permet de me les remémorer -, une autre mini section où je note les livres lus pendant le mois, une section achat à faire et une autre où je note les dépenses du mois.

Première double page mensuel (cliquer pour agrandir)

Ensuite, sur la double page suivante, j’ai fait une page un peu fouillie sur les pensées/gratitudes et autres du mois et une sur les idées/choses à noter du mois. Je me suis rendue compte que les notes disséminées au fil des jours ne me convenaient pas mais que faire une entrée pour chacune d’entre elles dans mon index non plus. J’ai une mémoire, comment dire, calendaire (?) c’est à dire que je me souviens en général à quelle période j’ai eu telle idée ou j’ai croisé telle information, c’est du coup plus facile pour moi de regarder dans la page du mois (ou des mois de printemps) pour retrouver une information.

Pensées, gratitudes, idées, notes etc …

Par ailleurs au cours de l’année je me suis rendue compte que j’avais besoin d’un espèce de « calendrier à l’année ». Pas pour y noter les futurs rdv – comme beaucoup de gens le font puisque c’est la grosse limite du Bullet journal – étant donné que j’ai toujours mon agenda et que je ne compte pas m’en passer, mais parce que de temps à autre je me retrouve avec des choses futures à faire et nul part où les noter. Par exemple en octobre j’ai vu mon allergologue, il m’a demandé de revenir le voir en mars et pour se faire la secrétaire m’a dit d’appeler en décembre pour prendre le rdv … où est-ce que je pouvais bien noter ça ? Et ça arrive quand même régulièrement. Du coup au début de mon bullet journal de 2017, j’ai crée une double page que j’ai organisé par mois pour y noter ce genre de choses.

(Oh oui choses palpitantes à venir 😉 )

 

 

Enfin – révolution majeure ! – après avoir longtemps infusé cérébralement sur le sujet, j’ai soudain (et enfin) su comment me faire un Bullet Journal professionnel. Qui est complètement différent de mon Bullet Journal personnel. C’est un petit carnet pour l’instant, plus petit qu’un format A6, justement pour pouvoir le trimballer aisément lui pour le coup.

Oui c’est mon Bullet journal professionnel … ^^’

Dedans j’y ai un index et une page de tâches à faire … par mois. Pas de tâches journalières, j’en ai personnellement peu l’usage. Par contre j’ai récupéré de mon Bullet Journal personnel de faire mes listes en partant de la fin de mon Bullet Journal et en les numérotant en chiffres romains. J’ai ainsi noté tous mes projets en cours, pour leur suivi je sais déjà que je vais me régaler.

Donc depuis quelques mois maintenant j’ai deux Bullet Journal : un pro et un perso. J’avais peur de les multiplier, j’avais peur d’y perdre l’intérêt du Bullet Journal. Finalement c’est tout le contraire. Avant j’inscrivais régulièrement des tâches professionnelles dans mon  Bullet Journal majoritairement personnel et ça me donnait l’impression que mon travail s’invitait dans mon temps personnel … et c’est déjà assez souvent le cas sans que je l’y invite via mon Bullet Journal. Là mes tâches pro restent sagement dans leur petit carnet que je ne consulte pas le week-end, pas le soir etc. Génial !

 

Et sinon haters gonna hate ?

Donc depuis quelques mois les billets enthousiasmés sur le Bullet Journal se multiplient sur les blogs francophones. Je peux difficilement jeter la pierre, j’en ai moi-même commis un et en vérité je suis toujours aussi enthousiasmée par le Bullet Journal. La corollaire c’est qu’un beau matin d’automne en ouvrant mon facebook j’ai appris que « le Bullet Journal c’était juste un agenda pour nana qui n’ont que ça à foutre faire de jolis dessins », ça m’a un tout petit peu énervée (un euphémisme c’est glissé dans cette phrase sauras-tu le reconnaître?) de me faire insulter gratuitement par quelqu’un qui manifestement n’avait même pas cherché à comprendre le principe du Bullet Journal.

Alors je suis la première à reconnaître que parfois je trouve le comportement de certains utilisateurs de Bullet Journal … franchement flippant. Que ce soit l’investissement qu’ils mettent dedans ou les tracking hyper pointus utilisés (genre les nanas qui cochent le nombre de verre d’eau qu’elles boivent par jour). Néanmoins si je ne partage pas du tout cette passion d’enjoliver à mort son Bullet Journal, par manque de temps et clairement par manque total de talent artistique, je comprends celles qui le font. Peut-être que si je savais en faire, moi aussi j’écrirais mon titre en faisant du lettering. Parce que visuellement c’est agréable et qu’un visuel agréable ça compte dans l’usage répété d’un Bullet Journal. Même si moi je le limite à utiliser un stylo 4 couleurs et des stabilos pour casser la monotonie d’un truc écrit uniquement en noir. Ah et cette année acheter un joli carnet pour en faire mon Bullet Journal (notons d’ailleurs que la 1ere fois je l’avais recouvert de masking tape pour l’enjoliver, j’en déduis que je suis une nana qui n’a que ça a foutre de coller du masking tape sur une couverture) (d’ailleurs vous noterez sur la photo de la double page du mois de janvier que j’utilise toujours du masking tape pour souligner la tranche de chaque 1ere page du mois) (je suis TROP une meuf vraiment superficielle et qui a du temps à perdre ouhlalala). Au delà de ça, ma foi, j’imagine que ceux qui se font un beau bullet journal sont plus près à le montrer que ceux comme moi qui en ont un moche. Je me souviens très bien quand j’ai pris les photos pour faire mon 1er billet sur le sujet de m’être dit « pffff je peux pas montrer ça c’est moooooche ». Du coup on voit sans doute plus ceux qui dessinent que les autres …

 

Bref intéressez vous au fond plutôt qu’à la forme et on en reparlera.

 

Et au risque de me répéter, personne n’a jamais dit que tout le monde devait adopter le Bullet Journal. Ce n’est pas forcément pour vous, ou pas le moment pour, ou plus le moment pour. C’est juste un outil parmi les autres.

Ce camp de concentration en France : Struthof-Natzwiller

« Il est des coins du monde dont on se dit qu’ils sont maudits à jamais, quelque soit la beauté de la nature qui l’entoure et le soleil qui brille, tant la haine et l’horreur l’ont souillé »

 

 

 

 

 

C’est ainsi que j’ai commencé la légende de la première photo du camp de concentration du Struthof que j’ai décidé de poster sur instagram parce que c’était vraiment ce que je ressentais dans cet endroit méconnu – et un peu du bout du monde – qui se situe pourtant en France 1.

 

Car oui, peu de monde le sait mais la France a accueilli sur son territoire l’un de ces terribles endroits et même si l’on est bien loin de la terrifiante machine à tuer qu’a été Auschwitz, il y a eu à cet endroit de 20 000 à 22 000 morts ………

...

 

Je comprends bien qu’on ne se vante pas d’abriter sur son territoire un tel endroit, il n’y a vraiment pas de quoi s’en vanter, mais je regrette néanmoins qu’un tel silence l’entoure – un silence presque assourdissant – et qu’on n’en parle pas plus, surtout qu’il se visite et que cette visite justement me parait des plus importantes, a fortiori en cette période. On pourrait *presque* oublier ce qui s’est passé là, dans ce paysage magnifique où la nature verdoyante et préservée resplendit autour. Et pourtant …

...

Pourtant on touche bien là bas, l’horreur/l’inhumanité/la folie organisée/la haine dont l’homme est capable. Contrairement à ce qu’on veut parfois nous faire croire, il serait faux de croire que le Struthof était un camp de concentration « mineur » du IIIe Reich, une toute petite verrue sur le territoire français, pour donner un ordre d’idée, il y aurait eu à Dachau – qui est 100 fois plus connu – environ 30 000 morts ………

...

 

Alors oui il faut y aller, même si j’ai hésité en ce 16 juillet – 2j à peine après l’attentat de Nice, y aller et se confronter aux miradors, aux fils barbelés, à la potence et surtout à la chambre à gaz et au four crématoire, tous deux vraiment particulièrement difficile à affronter 2. Rendre l’existence de tout ça tangible, physique, je sais bien que ça a existé mais voir les choses de ses yeux … c’est bien différent 3. Et surtout je fais partie de ces gens qui pensent que nous devons nous confronter frontalement au pire de notre histoire, à ce que nous avons fait de plus sordide et de plus horrible pour comprendre, analyser et nous souvenir comment nous avons pu un jour en arriver là et peut-être 4 en tirer les leçons qui éviteront que cela se reproduise.

...

 

Cette visite m’a bouleversée, remuée, m’a mis les tripes à l’envers et m’a fait beaucoup réfléchir.

Et pour commencer je me suis demandée comment on entretenait un tel lieu. Parce que si ce n’est pas entretenu, les bâtiments se dégradent et risquent de disparaître … mais en même temps ça ne peut pas avoir l’air trop propret et neuf, comme si ce lieu était un centre de vacances convivial en pleine nature. C’est d’ailleurs un peu le cas de deux bâtiments du camp et je leur reproche leur parquet neuf qui sent bon et leurs murs bien blancs alors que dans ces lieux des hommes ont été frappés à mort, torturés, utilisés pour des expériences 5, assassinés et finalement … réduit en cendres.

A ce titre, le batiment de la chambre à gaz, situé à distance du camp est vraiment sordide, suintant et glauque. Une véritable plongée en enfer. Je plains d’ailleurs beaucoup la personne chargée de rester là toute la journée pour gérer l’accueil des visiteurs (et je comprends que le monsieur chargé ce jour là de cette tâche ait été plus souvent dehors au soleil pendant ma visite que dedans).

Se voir dans les reflets du passé

Se voir dans les reflets du passé

 

Mais surtout ma grande réflexion a porté sur les photos. Est-ce qu’on photographie un lieu pareil et comment ?

Oui après beaucoup d’hésitation j’ai photographié, on me l’a reproché d’ailleurs, mais je tenais à le faire. J’ai abandonné mon parti pris habituel « que ce soit beau », pas question de le magnifier, de faire de cet endroit un bel endroit malgré le grand ciel bleu et l’herbe verte, au contraire je voulais fixer l’essence de ce qu’il était sans non plus tomber dans le sordide, le sensationnaliste et le voyeuriste 6 et aussi garder une trace physique de l’existence de ce lieu. Pas seulement dans ma mémoire. Ce ne sont certainement pas des photos que je vais montrer à des amis autour d’un apéro mais si un jour j’arrive à douter de la réalité de ce lieu, il me suffira d’aller voir ses photos pour me rappeler que si, ce lieu existe bien.

Mais je comprends que la prise de photo puisse choquer. J’ai moi-même été choquée de voir un certain nombre de personnes face au four crématoire (dont la mise en scène est particulièrement claire et donc sordide) dégainer leur smartphone pour prendre une photo en mode « hi hi je vais montrer ça aux potes sur facebook/instagram ça va trop les faire halluciner » sans la moindre minute de réflexion sur le sujet de leur photo. Moi je suis partie du bâtiment, j’en suis revenue, j’en ai fait 3 fois le tour en me demandant si j’allais le prendre en photo ou pas avant de me décider à en faire une rapide tout en m’excusant mentalement auprès des victimes et en leur promettant qu’elle ne serait pas diffusée mais qu’il fallait que je la prenne sinon j’avais l’impression de ne pas complètement me confronter à l’horreur de la chose et de la fuir un peu.

Et puis surtout je voulais des photos de ce lieu pour … en parler. Car je sais que beaucoup de personnes ignorent l’existence de cet endroit en France, je l’ignorais moi même jusqu’à il y a 2 ans quand au hasard d’un reportage sur les déportés je suis tombée de mon siège en découvrant qu’il y avait un camp de concentration en France. Et après l’avoir vu de mes propres yeux, je me DEVAIS d’en parler.

...

 

C’est désormais chose faite.

Des hommes et des femmes sont morts dans des conditions atroces ici et nous devons vivre à jamais avec ça.

...

 

 

 

 

Informations pratiques :

– Le camp de concentration de Struthof-Natwiller est situé à une petite soixantaine de kilomètres à l’ouest de Strasbourg, il est plus facile d’y accéder par la route de Rothau que par le Mont Ste Odile (j’ai fait les 2, je confirme). C’est indiqué à partir de Schirmeck, toutefois n’espérez aucune « publicité » autre ailleurs, on se contente d’un simple « Struthof » il faut vraiment savoir à l’avance qu’on veut y aller.

– Si vous montez par la route de Rothau, en route vous verrez indiqué « chambre à gaz ». Elle est effectivement un peu en contrebas du camp. Je vous conseille de vous y arrêtez plutôt après la visite du camp, toutefois elle est fermée entre 12h30 et 14h si je ne dis pas de bêtise (enfin les horaires donnés sur le site ne sont pas les mêmes donc appelez avant c’est mieux) suivant l’heure vous devrez peut-être vous y arrêtez avant (et il n’y a pas vraiment de quoi stationner c’est assez mal fichu).

– L’accès au camp même est gratuit, il vous faudra néanmoins demandé un billet à la billeterie du centre européen des résistants déportés (à côté du parking pour pour pouvoir y accéder). Les 6€ de droit d’entrée concernent le centre européen des résistants déportés (à l’extérieur) et le musée du KL Struthof-Natzwiller (le 1er baraquement en rentrant dans le camp), j’ai fait le choix de ne pas les faire (trop rude pour cette journée) je ne peux donc pas vous dire s’ils valent le coup.

– Le site internet est très bien fait, et plein d’infos je vous conseille vraiment de le consulter. Par contre sur place ça manque vraiment d’indications, ainsi on peut apercevoir la maison du commandant du camp en contrebas de l’entrée de celui-ci mais on ne la voit pas de loin et ce n’est pas indiqué. De même vous pouvez monter à proximité de la carrière où les prisonniers extrayaient du granit etc …

– Je vous recommande également la lecture de la fiche wikipédia sur le camp …

– Enfin … ce n’est pas vraiment une recommandation mais j’y suis allée un jour d’été par grand beau temps sous le soleil et je n’ai pas regretté. Si je dois y retourner, j’essayerai sans doute d’y aller un jour de pluie/automne/hiver parce qu’on doit être encore plus dans la réalité de ce que ce lieu a été. Mais en première visite j’aurais trouvé ça difficile.

– Enfin (bis) c’est bête mais même si tous les gens que j’ai croisé dans le camp se comportait hyper bien, et que naturellement dans les bâtiments tout le monde chuchotait, moi j’ai été choqué par la tenue des gens venus visités. Je sais bien que c’est l’été et qu’il fait beau mais les petites robes rouges, les shorts jaunes, les tee shirts bleus flash … j’ai trouvé ça tellement incongru (et déplacé en fait) dans ce lieu. Moi j’avais pas réussi à enfiler plus que du blanc et du noir pour venir là.

Idem pour les gens qui mangeaient leur sandwich face à la porte d’entrée du camp … ya des bancs et c’est pas interdit mais … j’aurais bien été incapable d’avaler la moindre bouchée là.

 

 

Notes:

  1. qui plus est à seulement quelques kilomètres à vol d’oiseau du Mont Ste Odile … (endroit par ailleurs proprement hallucinant : abbaye disneyland et aucune référence nul part à la catastrophe aérienne de 1992)
  2. je ne suis pas prête à aller à Auschwitz, j’ai failli me trouver mal devant la chambre à gaz et le four crématoire
  3. d’ailleurs on devrait y emmener tous les négationnistes
  4. je dis bien « peut-être » …
  5. la table de dissection en est d’ailleurs le rappel terrible
  6. je ne sais pas si j’ai réussi – vous me direz – mais ça c’est encore un autre débat

Incas et lac Titicaca : le récapitulatif

Allez il est temps de clore ce chapitre péruvien (soupir) avec tout ce que vous devez savoir sur le Pérou (sans savoir encore que vous devez le savoir!) (même si je vous en ai déjà dit pas mal en préambule), avant que vous ne réserviez votre billet d’avion !

 

[Pour ceux qui auraient été sur la lune dernièrement et qui auraient raté les épisodes précédents : le préambule, les super tops, les tops, les flops et les regrets du voyage]

 

Mais pour commencer une petite carte du périple comme on me l’a demandé afin que vous visualisiez mieux les choses …

 

Alors ça y est vous rêvez d’aller au Pérou et surtout au Macchu Picchu, vous êtes prêts à faire chauffer la carte bleue pour réserver, mais quand même …

 

Pour qui le Pérou n’est vraiment pas fait ? (ou avec conditions/aménagements)

√ Assurément pas pour les gens qui ont des maladies pulmonaires. Parce qu’au risque de me répéter – mais je préfère le faire tant dans mon groupe il y avait de gens manifestement pas au courant – faire le Pérou, faire le sud du Pérou mais n’en faire que le nord ne vaut pas le coup, c’est monter à au moins 4500m d’altitude. Et donc avoir nettement moins d’oxygène dans le sang (puisqu’il y en a moins dans l’air). Pour vous donner une idée, à 4500m d’altitude j’étais à 80% de saturation en oxygène. La normale c’est 99-100%. Schématiquement, en dessous de 90% en France on vous colle sous oxygène, voire même avant. Donc si à la base vous avez déjà une insuffisance respiratoire chronique, vous renoncez au Pérou. Désolée.

√ Si vous avez une maladie cardiaque … au minimum parlez en à votre médecin. Et dans tous les cas, ne jouez pas au con. Le système de santé péruvien est … médiocre, le nombre de centre de santé qualifié pour ce type de problème est réduit. Le guide me racontait qu’un de ses clients d’un groupe précédent avait fait un infarctus lors de son séjour au Pérou … ce monsieur était appareillé pour de l’apnée du sommeil et il était venu au Pérou SANS son appareil ! *se prend la tête dans les mains*

√ Réfléchissez y sérieusement si vous avez le mal des transports. Je ne sais pas à quel point la carte ci-dessus va vous parler en terme de kilomètres, et elle ne dit rien de l’état des routes (médiocres). Mais nous avons fait le trajet Lima-Arequipa en 2j et ça représente 1000kms. Et comme la Panamerica n’a rien de nos autoroutes français (même si elle est assez droite, quand vous quittez la côte pour monter sur Arequipa c’est de la montagne et je n’exagère pas) j’ai calculé que nous avions fait environ 20h de car en deux jours … Donc comment vous dire si vous êtes malade au bout de 30mn de voiture ? Par ailleurs ça s’allège un peu après mais on fait quand même beaucoup de car.

Une des solutions possibles c’est de faire ce trajet Lima-Arequipa en avion, un certain nombre de circuit le propose ainsi. Mais ça oblige à renoncer aux îles Ballestas et à Nazca. A vous de voir ….

√ Je l’ai déjà évoqué en parlant du Macchu Picchu mais si vous avez le vertige, vous devez réfléchir avant de vous engager dans ce voyage. Je ne vais pas vous dire de renoncer parce que je pense possible de le faire avec quelques précautions et adaptations mais je ne souffre pas moi-même de vertige donc vous devez y réfléchir au préalable, ça serait dommage vu que c’est le point d’orgue du voyage !

Ce n’est marqué nul part dans aucun guide que j’ai consulté ni aucun descriptif de voyage, personne ne vous mettra en garde et j’ai réellement engueulé mon guide de ça en lui demandant s’ils n’avaient jamais de problème et il m’a dit que « ah oui oups ça arrive fréquemment de devoir évacuer des gens sur civière parce qu’ils ont fait des malaises hi hi », et pourtant le Macchu Picchu est particulièrement vertigineux. Déjà pour y accéder. Même si ce n’est plus l’aventure comme me le racontait quelqu’un qui y est allé il y a 30 ans, qui avait dû sauter du train à un certain kilomètre puis marcher toute une journée et dormir là bas … ben c’est quand même encore bien l’aventure. Au delà du train de luxe qui vous emmène dans la ville au pied du Macchu Picchu (Aguas Calientes) il faut prendre une navette et c’est parti pour 20mn de grimpette acrobatique sur une route … en terre, hyper étroite (même moi j’ai serré les fesses quand on croisait une navette qui redescendait) et littéralement à flan de précipice puisque vous prenez 600m d’altitude en 20mn et n’espérez pas la moindre rambarde de protection. Néanmoins je pense que ça peut se faire en ayant le vertige pour peu qu’on soit prévenu et qu’on s’asseye côté couloir et non pas côté fenêtre et qu’on regarde devant soi. De même sur le site même du Macchu Picchu, vous prendrez forcément un guide (enfin je vous le conseille si vous y allez par vous même sinon vous n’aurez aucune explication), prevenez le ! Ils connaissent parfaitement le site (c’est impressionnant), sauront vous éviter les endroits particulièrement vertigineux comme le mirador qui domine le site et où on voit jusqu’en bas de la vallée là où coule la rivière. Parce que dans le site même du Macchu Picchu, malgré les montagnes environnantes, l’impression de vertige est vraiment moindre.

Et évidemment vous renoncez à toute idée de grimper le Wayna Picchu et sa pente à 60% (et si vous avez besoin d’une piqûre de rappel vous retournez voir mes photos).

 

Qu’est-ce qu’on met dans sa valise ?

Aaaahhhh c’est un petit peu compliqué là. On m’a souvent demandé depuis mon retour quel temps j’avais eu. Le problème c’est que la météo à Lima, à Arequipa, à Puno et à Cusco est assez différente à chaque fois, aussi à cause de l’altitude qui joue énormément sur les températures. Sans compter l’effet El Nino qui touche sévèrement le Pérou. Ca a été le cas depuis l’automne 2015 et la météo était seulement de retour à la normale en mai quand j’y suis allée. Moi je voulais partir plus tôt au Pérou, heureusement un ami météorologue m’a hurlé « naaaan pas trop tôt, pas avant mai, ya El Ninoooo ». Et puis il ne faut pas penser que les saisons soient les mêmes que les nôtres – loin de là – ainsi l’été est humide/pluvieux et l’hiver sec. Mais là encore renseignez vous bien avant de partir, ça change beaucoup d’une ville à l’autre.

Néanmoins pour vous donner une idée, à Lima (niveau de la mer) nous avons eu un temps chaud et humide, à Nazca un temps très chaud (35°) et très sec, à Arequipa (2400m d’altitude) beau et chaud, à Puno (3800m) beau mais froid le soir/la nuit, à Cusco (3400m) orageux et froid le soir. Nous avons ainsi eu de 35° sur la côte pacifique en journée à -5° la nuit au lac Titicaca … Mais nous avons toujours atteint au moins les 18-20° la journée en fait. En conséquence de quoi dans votre valise il vous faut du petit tee shirt et short léger à la polaire et l’imperméable. Voire si vous dormez dans une communauté du lac Titicaca de quoi empiler les épaisseurs pour avoir chaud la nuit.

Et prenez de vraies bonnes chaussures de marche. Les trottoirs – quand ils existent – sont généralement défoncés et dangereux, l’éclairage public chiche ou inexistant, les rues pas forcément mieux que les trottoirs.

 

Quelles sont les surprises ? (bonnes ou mauvaises)

⇒ Quand j’ai dit autour de moi que je partais au Pérou, une des inquiétudes majeures ça a été « mais vous allez manger quoi là bas? » (très français ça :D). Je m’étais préparée à manger poulet-patates pendant 15j comme c’est à priori LE plat péruvien. Et bien en fait je n’en ai pas mangé une seule fois et j’ai surtout HYPER BIEN MANGE !!!! Mais vraiment ! J’ai trouvé la cuisine péruvienne très fine et délicate. Avec quelques coutumes rigolotes comme le fait qu’au plat chaud quasi systématiquement en accompagnement de la viande vous avez droit à féculent + féculent. Donc riz + pomme de terre ou riz + fève ou pomme de terre + fève etc… j’ai d’ailleurs eu plus souvent droit au riz qu’aux pommes de terre alors qu’ils ont 300 variétés de pommes de terre (déception). Ils mangent assez peu épicé, il n’y a que dans le Papa à la huancaina qu’il y avait du piment mais il est très doux et franchement allez y les yeux fermés. Quelque fois il y a des petits pots sur les tables avec un mélange de … trucs coupés en brunoise, là par contre c’est fort, goûtez avant d’en mélanger à vos plats.

Sinon vous devez AB-SO-LU-MENT manger du ceviche !!! Bien préparé c’est une tuerie absolue !!!

On a mangé aussi du cochon d’inde, personnellement j’ai trouvé ça très bon et je n’ai absolument pas été traumatisée d’en manger n’ayant personnellement jamais eu de cochon d’inde (et ayant mangé des criquets en Thaïlande). En plus il était coupé, ça m’a fait plus bizarre de les voir entier en brochettes ^^.

Dans les trucs que j’ai adoré il y a également l’alpaga, un « cousin » du lama qui a une viande très délicate et qu’ils savent fort bien préparé en sauce.

Par contre à ma grande déception … j’ai très peu mangé de quinoa alors que je pensais en manger nettement plus (j’adore ça), sans compter que j’ai constaté avec horreur que la plupart des gens du groupe ne savait absolument pas ce que c’était. Qu’ils n’en aient jamais mangé, encore … j’aurais pu comprendre mais qu’ils me regardent comme un poulpe mort en me demandant ce que c’est parce qu’ils n’en ont jamais entendu parler, ça m’a tué. De même je pensais manger des mangues et il n’en a rien été (sniiiiif) et j’ai eu un mal de chien à trouver du chocolat (mais miam miam il était boooon!).

Niveau boisson alors le Pérou à son coca cola local (enfin racheté par la marque américaine désormais) qui n’a rien à voir avec le Coca auquel nous sommes habitués : il est jaune fluo et il a un goût de bubble gum. Personnellement j’ai détesté mais faites vous votre idée. De même la chicha est à goûter mais je n’ai pas vraiment aimé non plus 😉 Je vous souhaite par contre d’avoir l’occasion de boire à l’apéro un vrai bon pisco sour bien frais et bien dosé, une merveille (piégeuse mais tellement bonne).

Bref ne vous inquiétez pas, on mange très très bien au Pérou !

⇒ Dans les éventuelles mauvaises surprises il y a que souvent dans les hôtels, même d’un certain standing puisque nous avons toujours dormi dans au moins des 3 étoiles, l’eau chaude est parfois … aléatoire. Ainsi nous sommes arrivés à Arequipa très tard après une journée éprouvante de car et pas la moindre goutte d’eau chaude … le lendemain à 8h il y en avait par contre. Mais à 12h il n’y en avait plus. Etc … Bref c’est l’eau chaude de Schrödinger, surtout que si vous êtes en voyage organisé vous avez peu la main sur vos horaires donc peu de flexibilité pour vous doucher. Alors quand il fait 35° je n’ai pas trop de mal à me prendre une douche froide mais quand il fait plus froid ou pour me laver les cheveux, c’est plus compliqué. Mon conseil c’est de prévoir dans sa valise un gant de toilette pour les jours où la douche chaude est inexistante et la douche froide inenvisageable, et de se laver les cheveux dès qu’on a un créneau eau chaude (et un sèche cheveux … autre problème :D)

⇒ Le Pérou est un pays riche d’artisanat et peu cher pour nous autres européens (1 sol = 0,30€) mais on a jamais la garantie absolue de ce qu’on achète. Que ce soit pour l’argent ou la laine d’alpaga par exemple. Malgré les affirmations des vendeurs et les étiquettes/logos à l’air très officiel estampillant les objets. (nb : dans un centre sur les lamas et autres camélidés on nous a dit que les tissus très colorés qu’on voit partout au Pérou ne pouvait être en aucun cas en laine d’alpaga – donc encore moins en laine de bébé alpaga – la laine d’alpage ne prenant jamais la couleur de cette manière)

 

En vrac

§ Le Dollar est la monnaie de référence. Même si quand j’y suis allée, le pays était stable y compris sa monnaie (le sol), ça n’était pas le cas il n’y a pas si longtemps et j’ai vraiment senti la fébrilité du pays en y étant en pleine élection présidentielle. Par ailleurs, le Pérou observait avec inquiétude ce qui se passait au Venezuela, craignant la contagion. Il est possible qu’on vous demande de régler certaines choses en dollar (les vols par dessus les lignes de Nazca par exemple) mais il arrive aussi que les euros soient parfaitement acceptés (ça a été le cas quand j’ai acheté mes bijoux en argent). 

§ C’est « rigolo » comme quand j’ai parlé du Pérou, on m’a énormément renvoyé au lama (comme en Thaïlande à la prostitution …) . Pourtant le lama est loin d’être l’animal emblématique du Pérou. C’est la vigogne, qui est un animal superbe d’ailleurs. Je n’ai donc vu aucun lama cracher sur qui que ce soit (par contre j’en ai vu un foutre un coup de boule). Néanmoins le lama est un animal très stressé (d’où les crachouillis) et donc quand il couche ses oreilles vers l’arrière, c’est qu’il vaut mieux vous éloigner et le laisser tranquille.

§ Le Pérou c’est juste en dessous de l’équateur (la ligne et le pays mais je parle de la ligne là). L’une des conséquences de ça (en plus de « l’inversion des saisons » qui est bien différent de ça au Pérou) c’est que de même que si vous êtes allés aux Antilles un jour, eh bien à 5h soudain le soleil se couche brutalement. Pouf. Ça fait bizarre, je ne m’y fais jamais ^^’

Mais quand même le lama rasta c'est trop cool !!!

Mais quand même le lama rasta c’est trop cool !!!

 

 

Voilà j’ai probablement oublié des choses alors n’hésitez pas à me les demander en commentaires !

Alors prêts à partir ?

Incas et lac Titicaca : les bofs, les flops et les regrets …

Comme pour tous les voyages, il y a eu des ratés au Pérou. Des déceptions, des frustrations. Des choix qu’il a fallu faire ou qu’on a fait pour moi, des trucs que j’avais imaginé et qui se sont avérés bien loin de ce que j’avais imaginé etc … Mais finalement quand je fais la liste, je me dis qu’il n’y en a pas eu tant que ça.

Alors après les supers tops et les tops, il faut quand même que j’aborde ce qui m’a déçue.

Et puis après je vous ferai un billet récapitulatif avec tout plein de conseils pour boucler ce chapitre péruvien.

 

Les regrets

♠ Cusco

J’aurais dû mettre Cusco au minimum dans les tops. Voire dans les super tops. Et pourtant elle se retrouve dans les regrets.

J’ai eu un véritable coup de coeur pour cette ville que j’ai trouvé magnifique … ce qui est pour le coup vraiment rare au Pérou tant la plupart des villes se sont avérées vraiment moches à mes yeux d’européenne. Bien souvent, à Lima, à Arequipa, à Puno, vous n’avez guère que la Plaza des Armas, héritage de la colonisation espagnole, qui soit architecturalement intéressante. Le reste de la ville étant constitué de maisons en brique, pas finie, construite au petit bonheur et de rues cabossées pas entretenues. En fait on nous a expliqué que les péruviens investissaient vraiment peu l’extérieur de leur maison et en plus ils construisent en fonction de leurs besoins/argent donc ils font le rdc en prévoyant déjà le 1er étage mais concrètement celui-ci reste à l’état de projet pendant des années avec les poteaux et les barres d’acier qui sortent en tout sens. En tant qu’européenne, habituée à une architecture plutôt léchée, ça m’a vraiment fait bizarre. Après, je le comprends aussi parce que le Pérou est très souvent soumis à des gros séismes qui détruisent massivement, alors si tous les 10 ans il faut reconstruire sa maison, on n’a pas trop envie d’en faire des tonnes pour qu’elle soit belle extérieurement.

Mais Cusco diffère beaucoup de ça. Ancienne capitale de l’empire Inca, il en reste énormément de vestiges dans la ville et aux alentours. Les espagnols ont réutilisé ces bâtiments incas, leurs rues etc en imprimant bien sûr leur propre trace de manière harmonieuse. Evidemment, quand on sort de l’hypercentre on retrouve les maisons péruviennes classiques mais le centre architectural est bien plus important que je ne l’ai vu ailleurs. Et il est beau. Vraiment.

Mais …

Mais je n’ai fait que survoler Cusco. Je n’y suis restée que 2j et en plus c’était la fin du voyage, la fatigue se faisait sentir et je n’ai rien vu de ses richesses. J’ai vu sa beauté mais j’aurais voulu visiter la cathédrale et pas juste en voir l’extérieur. J’aurais voulu visiter l’église de la compagnie de Jésus et pas juste en voir l’extérieur. J’aurais voulu par dessus tout visiter le couvent St Dominique construit sur le plus célèbre temple inca : le temple du soleil, et pas juste en voir l’extérieur sans en plus en comprendre l’importance sur le moment. J’aurais tué toute ma famille pour visiter le Sacsayhuaman.

De tout ça je n’ai rien vu ou alors juste l’extérieur et j’en garde un goût de regrets amers malgré l’amour fou que je porte désormais à cette ville. (insérer ici des coeurs dans les yeux)

La iglesia de la compania de Jesus

La iglesia de la compania de Jesus

 

Un bout de la plaza de Armas

Un bout de la plaza de Armas

 

El convento Santo Domingo que j'aurais tant voulu visiter :(

El convento Santo Domingo que j’aurais tant voulu visiter 🙁 (on voit très bien le mur inca en pierre noire sans mortier)

 

Les beaux balcons de bois

Les beaux balcons de bois

 

Un autre bout de la Plaza de Armas

Un autre bout de la Plaza de Armas

 

Rue made in inca avec ces murs inclinés de part et d'autre en pierre sans mortier

Rue made in inca avec ces murs inclinés de part et d’autre en pierre sans mortier

 

Une des collines qui entourent Cusco

Une des collines qui entourent Cusco

 

Le bel arc-en-ciel au dessus de la cathédrale (à gauche) et l'église des compagnons de Jésus (à droite)

Le bel arc-en-ciel au dessus de la cathédrale (à gauche) et l’église des compagnons de Jésus (à droite)

 

♠ La Bolivie

C’est mon 2e gros / énorme / gigantesque regret mais pour le coup je le savais depuis le départ.

Dans l’idéal j’aurais fait Pérou ET Bolivie. Pas forcément toute la Bolivie mais au moins le salar d’Uyuni. C’est un rêve … absolu, oui écrivons-le, que de voir ça un jour. Mais ça n’était pas possible sur ce voyage-là, ni en temps ni en finance. Mais le lac Titicaca est commun au Pérou et à la Bolivie et apercevoir les montagnes enneigées de la Bolivie, ça m’a quand même bien bien tordu le bide.

J’aurai ma revanche !

 

Les bofs/flops

♠ Les communautés du lac Titicaca

Je savais que je n’allais pas aimer, je me connais ça fait 30 ans que je vis avec moi-même. Et donc je n’ai pas aimé. J’irai même jusqu’à dire que j’ai détesté. J’ai un vrai problème avec ce type de … d’excursions, on va dire ça ainsi. Une certaine ambivalence. Parce que vraiment je déteste. Je déteste cette intrusion chez les gens, je déteste ce côté Disneyland folklorique avec le petit spectacle et puis après on passe au magasin de souvenirs. En même temps j’ai bien conscience de l’apport financier que ça représente pour ces familles. Alors j’ai serré les dents et j’ai essayé de profiter quand mon cynisme me le permettait et de ne pas gâcher le plaisir de tout le monde ….

Les femmes de la presqu'île de Llachon

Les femmes de la presqu’île de Llachon

 

De la couleur beaucoup :D

De la couleur beaucoup 😀

 

Une petite fille de la communauté Uros

Une petite fille de la communauté Uros

 

Une famille de la communauté Uros

Une famille de la communauté Uros

 

♠ Les dîners touristiques

Ca aussi je savais que j’allais détester et il faut bien reconnaitre que j’ai été extraordinairement préservée quand même sur ce voyage là mais j’y ai quand même eu droit DEUX FOIS.

Et à chaque fois … j’ai dû lutter contre un incoercible fou rire devant le ridicule du truc (parce que vous ne croisez déjà aucun péruvien en poncho alors un péruvien en poncho qui danse c’est … très très wtf) pour ne pas gâcher la soirée des autres qui eux avaient des étoiles plein les yeux. L’alcool aide beaucoup dans ces moments là.

 

♠ Arequipa

Arf quelle déception cette ville qu’on m’avait tant fait miroiter. Arequipa la blanche, Arequipa la magnifique … ben moi je suis restée sur ma faim concernant cette ville. Blanche la plaza de Armas oui mais le reste de la ville … non. Magnifique ? Ben …….. belle oui mais magnifique pas tant que ça. Il y a quelque chose que je ne saurais expliquer qui n’a pas collé entre cette ville et moi.

Il y a des retours plus difficiles que d’autres …

Dans l'avion pour rentrer d'Islande

Dans l’avion pour rentrer d’Islande

 

♣  Quand je suis rentrée d’Inde …

j’ai oublié mon portable à Bombay dans la chambre de l’amie qui m’hébergeait. Acte manqué qui prolongeait mon « injoignabilité » au reste du monde malgré mon retour en France. Pourtant j’avais envie de rentrer, terriblement envie de respirer de l’air frais après la lourdeur indienne. J’ai décollé de Bombay, c’était la mousson, il faisait 35° et 90% d’humidité. J’ai atterri à Bruxelles, nous étions fin juin, il faisait 10° et il pleuvait. Et j’étais en tongs. Choc thermique/culturel/neuronal.

Mais les 40° de fièvre que j’ai eu les 4 jours suivants m’ont bien aidé à ne pas trop mal vivre ce retour. Et même si j’ai cherché pendant longtemps le chaïwalla dans le train, j’étais heureuse de retrouver la France, ma ville, mon lit, le silence, la tranquillité et le calme. Et ce portable laissé en route m’a permis de gagner les quelques jours dont j’avais besoin pour atterrir sur mes pieds sans être malmenée.

Ca avait été un retour plutôt doux.

 

♣ Quand je suis rentrée de Thaïlande …

A 7h du matin, après 12h de vol et 3 semaines passées là bas dans une douceur absolue des thaïlandais dans leur comportement envers moi, une nana de l’aéroport de Roissy s’est mise à me hurler littéralement dessus parce que je ne prenais pas la bonne file pour passer la frontière. J’ai hésité entre lui coller la beigne de sa vie et retourner me terrer dans l’avion en pleurant et en suppliant qu’on me laisse repartir immédiatement en Thaïlande.

Après ça, il a fallu affronter le RER à l’heure de pointe rempli de parisiens naturellement désagréables mais là encore un peu plus car j’avais un gros sac à dos. Je me suis vraiment demandée ce que je faisais là et ce que j’avais fait pour qu’on m’inflige ça comme punition. Et puis en prime je me suis faite larguée.

Ca avait été un retour vraiment rude.

 

♣ Quand je suis rentrée de Guadeloupe …

Malgré le charme absolu de cette île et sa beauté sublime, je n’avais qu’une hâte : rentrer. Le huis-clos familial avait été étouffant, me menant bien prêt d’une rupture définitive, brutale et sanglante avec mon père malgré le soutien de mes frères et sœurs.

Pour dire, il faisait 30° en Guadeloupe et grand soleil, je suis arrivée à Paris il devait difficilement faire 12° un mi-mai et il pleuvait, il n’y avait aucun train pour Annecy ce week-end là, la SNCF me proposant un improbable et interminable voyage via la Suisse et pourtant j’étais tellement heureuse de rentrer chez moi et de retrouver un peu de sérénité. Et très frustrée de n’avoir pas pu découvrir la Guadeloupe comme je l’aurais voulu.

Mais ça avait été un retour très doux.

 

♣ Quand je suis rentrée d’Islande …

Bien que le décalage horaire et culturel paraissent plus faible qu’avec d’autres pays … le retour d’Islande a été une claque immense. Au niveau du bruit et de la promiscuité déjà. En Islande c’est l’immensité du pays qui écrase mais tout est d’une telle sérénité … on est plus confronté au silence, à la solitude et à la Nature grandiose qu’au bruit, à la foule et à la ville sale. Alors l’arrivée en France a été très difficile. Cet espèce de hangar dans lequel nous avons attendu les bagages avec même pas de toilettes pour faire pipi, la puanteur des quais du RER, la virulence des gens dans ledit RER contre les voyageurs et leurs bagages … j’ai eu énormément de mal à encaisser tout ça après que l’Islande ait tant parlé à ma nature. Réaction de rejet immense envers mon pays qui m’accueillait si mal après 15j d’absence.

Ca a été un retour très difficile.

 

♣ Quand je suis rentrée du Pérou …

J’ai eu l’impression d’être malmenée, bousculée, agressée. Pourtant … pourtant le Pérou est un pays sale et bruyant. J’ai trouvé Paris rutilante et calme en comparaison c’est dire. Et puis on apprend de ces voyages précédents, alors je m’étais préparée psychologiquement dans l’avion à la confrontration avec les agents de la police des frontières aussi aimables qu’une porte de congélateur et j’avais décrété qu’il n’était pas question que je passe plus de 2h dans la capitale.

Mais c’est ailleurs que le mal s’est fait cette fois-ci …

J’ai eu un mal fou à reprendre le fil du quotidien, à réintégrer le train train, à retrouver mes marques. Décalage énorme entre ces 15j au Pérou et ma vie en France. Jet lag évident quand je suis allée faire les courses un fois rentrée et qu’à l’entrée du supermarché je me suis demandée comment on faisait déjà.

Je n’avais pas envie aussi de reprendre ce quotidien, j’avais envie de prolonger un peu cette coupure, résistance mentale amplifiée par la brutalité de ma reprise de travail. J’étais là – j’étais physiquement là tout du moins – il était évident que je me devais d’être pleinement opérationnelle immédiatement. Le jour de ma reprise on m’a collé une réunion à 17h (heure à laquelle je finis théoriquement). Qui a duré jusqu’à 19h. Sans se soucier le moins du monde alors que l’organisatrice le savait parfaitement que c’était mon jour de reprise, sans se dire que je n’aurais peut-être pas le temps de la préparer. Sans me demander si j’étais disponible de fait.

Toute la semaine qui a suivi a été à l’avenant. On m’a demandé de régler des trucs de manière immédiate alors qu’il n’y avait aucun caractère d’urgence et que je n’étais au courant de rien après 15j d’absence, on m’a sollicité sur des trucs qui auraient pu attendre une semaine de plus.

Et j’étais fatiguée. Ca ne se fait pas de le dire quand on rentre de vacances alors j’ai serré les dents, mais je suis rentrée fatiguée comme jamais sans doute en payant la densité du voyage, la fatigue liée à l’altitude subie, les 12h de vol, les 7h de décalage horaire.

C’est passé, mais ça a été un retour vraiment vraiment rude …

Incas et lac Titicaca : les tops !

Pérou épisode 2!

Après vous avoir donné mes supers tops du voyage, on va passer aux tops. Ces choses qui m’ont enthousiasmée pendant le voyage … mais un peu moins que ceux du billet d’avant. Parfois parce que c’était moins un sujet qui m’intéressait, parfois tout simplement parce qu’on ne peut pas vivre dans l’émerveillement absolu en permanence.

Et puis contrairement à la liste faite précédemment, dans celle-ci il y a des moments, des choses intangibles, impossibles à photographier ou à rendre viseullement mais gravés dans ma mémoire et que je vais essayer de retranscrire en mots.

 

♦ Dormir sur le lac Tititcaca

Je vous ai parlé du lac Titicaca dans les supers tops du voyage mais j’évoquais alors le lieu. J’ai eu la chance de passer une nuit dans une communauté du lac Titicaca et si j’ai détesté le côté disneyland de notre intrusion dans cette communauté (j’en reparlerai dans mon prochain billet), j’ai adoré avoir la chance de dormir sur le lac.

A priori peu de touristes le font, la plupart se contentant d’un tour sur le lac (la visite de l’île de Taquile, à fuir d’après les retours) et puis s’en vont. Mais moi vraiment je garde un souvenir incroyable de ma nuit sur le lac, pour l’avoir vu sous d’autres lumières déjà comme je le disais mais aussi (et beaucoup) pour l’expérience. Parce que cette nuit là (et pas que cette nuit là) il a fait – 5°, on a dormi dans des maisons en torchis (mais attention avec un intérieur doublé en roseau!), sans chauffage ni eau chaude, avec 5 couvertures sur le lit qui pesaient 1 tonne chacune et des bouteilles en plastique remplies d’eau bouillante au pied* (et 10 couches de fringue sur le dos). Et oui ça reste un sacré souvenir … bien bien bien loin des hôtels 3 étoiles.

Voilà le genre de maison dans laquelle j'ai dormi sur le lac Titicaca

Voilà le genre de maison dans laquelle j’ai dormi sur le lac Titicaca

 

* (nb : si vous dormez comme nous dans une communauté du lac Titicaca et qu’on vous donne une bouteille d’eau chaude le soir ce n’est pas pour que vous vous laviez les pieds mais pour faire bouillotte) (nb 2 : expérience à ne pas reproduire chez vous, leur plastique est différent du notre, nos bouteilles fondraient)

 

♦ les îles Ballestas

Ahlalalala quel moment aussi que celui de la visite des îles Ballestas. D’autant plus que c’est la 1ere vraie visite que j’ai fait au Pérou. Alors ce lieu vraiment spécial, un peu hors du temps et fantomatique, les espèces animales observées de si près, la lumière de ce site et la couleur du Pacifique … c’était vraiment un moment mémorable.

Et puis ce géoglyphe de cactus/chandelier dessiné dans le sable, qui daterait de 200 ans avant J.C, dessiné par la civilisation de Paracas, qu’on aperçoit si bien, c’est complètement fou.

Les piafs squattent

Les piafs squattent

 

Le désert de Paracas et le Pacifique

Le désert de Paracas et le Pacifique

 

Il y a le ciel, le soleil et la mer (et le fameux cactus)

Il y a le ciel, le soleil et la mer (et le fameux cactus)

 

Allez je vous le mets en plus grand :D

Allez je vous le mets en plus grand 😀

 

Un petit bout des îles Ballestas. Le blanc c'est le guano des oiseaux qui sont ici chez eux

Un petit bout des îles Ballestas. Le blanc c’est le guano des oiseaux qui sont ici chez eux

 

Le paradis des oiseaux ... et des manchots de Humbolt <3

Le paradis des oiseaux … et des manchots de Humbolt <3

 

Et des otaries manifestement très très stressées

Et des otaries manifestement très très stressées

 

♦ le musée archéologique de Lima

Je suis trèèèèès musée ! Très très très très musée ! J’adooooore les musées je pourrais y passer ma vie ! Pourtant celui là, j’y suis allée un peu à reculons. A tort.

Alors oui évidemment c’est un musée hein, pas un parc d’animation. Mais celui là vraiment il est super, surtout quand comme moi on a la chance d’avoir un guide en français pour expliquer les collections. L’intérêt le plus évident de ce musée c’est de nous ouvrir les yeux sur l’histoire du Pérou, sa richesse et surtout les différentes civilisations – franchement méconnues en Europe – qui se sont succédées avant les Incas (ça techniquement vous devriez connaître quand même) : Nazca, Chavin, Paracas, etc…

Les riches tissus des civilisations Nazca et Paracas

Les riches tissus des civilisations Nazca et Paracas (1)

 

Les riches tissus des civilisations Nazca et Paracas (2)

Les riches tissus des civilisations Nazca et Paracas (2)

 

♦ couvent Santa Catalina d’Arequipa

C’est un lieu vraiment … à part que ce couvent de plus de 20 000 m2, village au coeur de la ville d’Arequipa. Une architecture bien à part également, chose bien rare au Pérou. Une histoire aussi qui à titre très personnel me fait frémir, hop ma fille au couvent et tu n’en sortiras plus jamais.

Je crois que la traduction n'est pas nécessaire ?

Je crois que la traduction n’est pas nécessaire ?

 

Une ruelle de ce village dans la ville

Une ruelle de ce village dans la ville

 

Des cloitres de toutes les couleurs

Des cloitres de toutes les couleurs

 

Des cloitres partout des cloitres

Des cloitres partout des cloitres

 

Le cloitre des orangers, perspective

Le cloitre des orangers, perspective

 

Les peintures religieuses dans le déambuloire

Les peintures religieuses dans le déambuloire

 

Le cloître des orangers

Le cloître des orangers

 

La vue sur le Picchu Picchu et le Chichina, volcans dominants Arequipa, depuis une terrasse du couvent

La vue sur le Picchu Picchu et le Chichina, volcans dominants Arequipa, depuis une terrasse du couvent

 

♦ La Pachamama et le Pachatata : l’île d’Amantani

Le Pérou comme beaucoup de pays d’Amérique du sud est très catholique. Très très TRES catholique (à 98%). Et j’ai été très impressionnée personnellement de les voir exprimer intensément leur ferveur les 2 dimanches où j’ai été présente mais aussi en pleine semaine lors d’une quelconque fête religieuse.

Cependant … malgré ce catholicisme omniprésent on sent partout le parfum des anciennes croyances, y compris dans un syncrétisme amusant et surprenant.

Et l’une des anciennes croyances les plus vénérées encore au Pérou c’est la Pachamama, la Terre-mère (et son corollaire : le Pachatata).

J’ai eu la chance d’aller sur l’île d’Amantani – sur le lac Titicaca – qui est une île sacrée puisque s’y trouve le temple de la Pachamama et de la Pachatata. Les temples en eux-mêmes ne sont pas du tout impressionnants (on est loin du Parthénon) mais la spiritualité vibre dans l’air et l’île est vraiment très très belle et reposante, préservée aussi, on voit beaucoup moins qu’ailleurs la pollution et le côté Disneyland que j’ai fortement ressenti dans les autres communautés du lac. Et la vue sur le lac depuis les deux temples est vraiment superbe.

(Bon … par contre pour monter c’est vraiment chaud, on part de 3800m d’altitude pour atteindre 4300m et croyez moi qu’à cette altitude ces 500m de dénivelé vous les sentez bien bien passer, dès que la pente se fait un tout petit peu plus raide c’est pow pow pow)

Le temple de la Pachamama pris depuis le Pachatata

Le temple du Pachatata pris depuis la Pachamama

 

La "montagne" Pachamama

La « montagne » Pachatata

 

L'une des vues sur le lac

L’une des vues sur le lac

 

Et une autre depuis la Pachamama

Et une autre depuis la Pachamama

 

♦ L’église St Pierre-Apôtre d’Andahuaylillas (à mes souhaits oui. Après l’Islande je ne pensais pas retrouver des noms compliqués comme ça :D)

Je n’ai pas de photo de l’intérieur de cette église considérée comme « la chapelle sixtine des andes » car il était purement interdit de prendre des photos de son intérieur, les touristes étant indisciplinés et prenant des photos avec flash alors que ça abime les oeuvres. (Et bon sang ce que ça m’agaaaaaace ce type de comportement)

Cette église est vraiment magnifique et resplendissante, baroque mais pas ce baroque d’Europe que nous connaissons si bien, toutefois je n’approuve pas du tout la comparaison avec la chapelle sixtine personnellement, ça m’a même heurtée de l’entendre en fait tant la peinture m’a paru nettement plus grossière.

A defaut d'en avoir l'intérieur j'ai au moins la facade dans le soleil couchant

A defaut d’en avoir l’intérieur j’ai au moins la facade dans le soleil couchant

 

Ollantaytambo

Ville connue surtout pour être un point de départ du train pour le Macchu Picchu et c’est bien dommage. Elle mérite bien plus que ça et en tout cas plus qu’une simple traversée express vers la gare car c’est une magnifique ville inca qui en porte encore énormément de vestiges qui permettent de bien se rendre compte du talent de batisseurs des incas.

Oh les beaux canaux pour draîner l'eau et les beaux murs parfaitement ajustés typiques des incas

Oh les beaux canaux pour draîner l’eau et les beaux murs parfaitement ajustés typiques des incas

 

Les incas et leur passion des terrasse ;-)

Les incas et leur passion des terrasse 😉

 

Les murs incas

Les murs incas encore

 

Les rues incas et les murs inclinés vers l'intérieur

Les rues incas et les murs inclinés vers l’intérieur

 

Ne me demandez pas ce que ça fait là mais je trouvais ça trop cool :D

Ne me demandez pas ce que ça fait là mais je trouvais ça trop cool 😀

 

♦ décoller en avion de Cusco

Vous allez trouver sans doute étrange comme dernier top de ce voyage. Et pourtant ça va rester comme un de mes souvenirs forts de ce voyage même si je suis probablement la seule à l’avoir ressenti ainsi. Peut-être parce que j’ai très souvent pris l’avion. Peut-être parce que j’étais la seule assez concentrée pour le ressentir. Va savoir …

Cusco est une ville située à 3400m d’altitude et pour en repartir et rejoindre Lima nous avons pris l’avion. Jusque là rien d’étonnant. Sauf qu’à 3400m d’altitude la portance de l’air est moindre par rapport aux altitudes habituelles. Et que lors du décollage je l’ai vraiment ressenti, notre course d’élan a été longue … longue … longue pour un Boeing 747 à pleine puissance et je me demandais si un jour nous allions décoller (ce que nous avons finalement fait). C’était flippant même si manifestement la piste de décollage est conçue en conséquence et excitant en même temps de comprendre ce qui se passait et de savoir que je n’étais pas prête de le revivre. Surtout que derrière il a fallu prendre très rapidement de l’altitude pour dépasser les hautes montagnes qui entourent la ville. Un souvenir vraiment vivace. Mais je ne suis clairement pas prête à décoller de la Paz qui est encore un peu plus haut, à 3660m d’altitude.

Incas et lac Titicaca : les super tops!

Je me suis bien demandée comment vous raconter le Pérou.

Et puis finalement j’ai demandé sur Twitter si je racontais plutôt ce voyage de manière chronologique ou en vrac. Et c’est le vrac qui l’a emporté. Ce qui me va pas plus mal. Je vais donc faire un article sur mes super tops du voyage, un sur mes tops, un sur mes bofs et mes flops/regrets/déceptions. Et un dernier billet récapitulatif avec les conseils et autres infos pratiques. Néanmoins pour ceux qui voudraient une carte avec les différentes étapes pour se rendre compte du périple que ça a fait, dites le en commentaire et je l’incluerai dans le billet récapitulatif.

Ca vous va ? (Si ça ne vous va pas, c’est pareil)

 

Et comme je ne suis pas vache je vais démarrer par mes supers méga tops de ce voyage ! Ces trucs absolument démentiels qu’il ne faut rater pour rien au monde et qui m’ont donnée l’impression que mon voyage avait duré 1 mois tant c’était dense alors que quand je relis mon carnet de voyage je me dis « ah oui c’est passé vite en fait ».

Ils ne sont pas classés par ordre d’importance parce que c’est rigoureusement impossible pour moi de vous dire lequel je préfère entre tous …. (bon … OK petite mention spéciale pour le Macchu Picchu quand même, vrai gros coup de coeur (hiiiiiiii))

Attachez vos ceintures, prenez un cocktail à boire et échauffez les poignets, va falloir scroller pour rejoindre le Pérou !!!

 

les paysages péruviens: l’altiplano, le lac Titicaca, la côte pacifique

Après l’Islande, il y a un peu plus d’un an et demi, et ses paysages fabuleux et grandioses, je m’étais raisonnée qu’il me serait très difficile désormais lors de mes voyages d’être autant confrontrée à la Nature dans toute sa force, sa beauté et sa grandeur. Et je ne suis pas partie au Pérou en recherchant cela (contrairement à l’Islande). Le Pérou m’attirait pour son histoire et ses civilisations (Inca mais pas seulement), parce que c’était l’Amérique du Sud et que je n’y avais jamais mis les pieds et si je me doutais bien que l’Altiplano offrirait sans doute des spectacles grandioses, je ne pensais pas que le pays en lui-même en offrirait autant. Et surtout si variés.

Parce que le premier choc c’est en quittant Lima et en longeant la côte Pacifique que je l’ai eu.

Naïvement, je m’attendais à une côte … verdoyante. Bon ben pas du tout …

Ah oui dis donc c'est un peu ... enfin pas trop ...

Ah oui dis donc c’est un peu … enfin pas trop …

La côte Pacifique au sud de Lima c’est désert. Implacablement désert. 1000 kms de désert de sable plat, montagneux ou dunaire entre Lima et Arequipa, seulement entrecoupés de quelques oasis liées à l’eau descendant de la cordillère des Andes.

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Une dune de chaque côté et entre un mini plan d’eau

 

Des montagnes de sable

Des montagnes de sable

 

Au bout d'un moment, ça lasse tout ce désert quand même non ?

Au bout d’un moment, ça lasse tout ce désert quand même non ?

 

Et au milieu coule une rivière (et un peu de vert dans tout ce désert)

Et au milieu coule une rivière (et un peu de vert dans tout ce désert)

 

C'est quand même putain de beau non ? (si!)

C’est quand même putain de beau non ? (si!)

Mais si c’est la première claque que j’ai pris, ça n’a pas été la dernière.

 

Et la suivante dans mon circuit a été la plus grande : l’altiplano.

Un lieu … absolument incroyable, auquel mes photos ne rendront jamais justice. La lumière y est … pfiouuu incroyable! L’air d’une pureté incroyable (et d’une rareté) et cette immensité face à soi … Tout y est plus vaste, plus lumineux !

Je ...

Je …

 

Wahou (1)

Wahou (1)

 

Wahou (2)

Wahou (2)

 

Wahou (3)

Wahou (3)

 

Wahou (4)

Wahou (4)

 

Wahou (5)

Wahou (5)

 

Wahou (6)

Wahou (6)

 

Wahou (6)

Wahou (7)

 

Le "petit" lac de Lagunillas (wahou 17000)

Le « petit » lac de Lagunillas (wahou 17000)

 

Et puis après ça on en a remis une couche avec le lac Titicaca.

Peut-être parce que c’était juste après l’altiplano qui avait été une vraie claque visuelle, peut-être parce que le lac Titicaca est tellement immense (15 fois la taille du lac Léman) qu’on a du mal à en prendre la mesure, peut-être parce que la lumière à 3800m d’altitude est très brute et crue et qu’elle aplati … Bref je n’ai pas eu de coup de coeur immédiat pour le lac Titicaca. Il me faudra le voir sous une lumière différente et plus douce – au coucher du soleil et au lever du soleil – naviguer dessus et prendre un peu de hauteur par rapport à lui, l’encadrer de montagnes lointaines et blanches pour que son attrait apparaisse.

Le coucher du soleil sur le lac Titicaca

Le coucher du soleil sur le lac Titicaca

 

Lever de soleil sur le lac Titicaca

Lever de soleil sur le lac Titicaca

 

Les montagnes au loin au lever du soleil sur le lac Titicaca

Les montagnes au loin au lever du soleil sur le lac Titicaca

 

J'ai adoré cette lumière matinale

J’ai adoré cette lumière matinale

 

Au loin les montagnes boliviennes enneigées

Au loin les montagnes boliviennes enneigées qui domine le lac Titicaca

 

Le lac Titicaca depuis l'île d'Amantani

Un petit bout du lac Titicaca depuis l’île d’Amantani

 

 

les lignes de Nazca

Voilà bien quelque chose que je ne m’attendais pas à aimer autant. J’ai déjà vu des dizaines de reportage télé sur les lignes de Nazca, je savais que je ne les verrais jamais aussi bien que ces images capturées depuis le ciel. Alors j’avoue que dans le programme et en y arrivant je me disais « bwof ». Et puis je suis montée sur ce mirador, c’était la fin de la journée, le soleil était sur le point de se coucher, le lieu était magique tout seul et même si j’ai vu très peu à l’échelle du site qui est immense, voir ces mains dessinées sur le sol, cet arbre à l’envers et ces immenses lignes c’était … incroyable et extrêmement touchant.

Malheureusement j’ai pu faire très peu de photos et très peu de bonne qualité à cause du soleil franchement couchant.

Devant vous un arbre à l'envers et le départ d'un triangle en haut à gauche

Devant vous un arbre à l’envers (oui faut un peu d’imagination) et le départ d’un triangle en haut à gauche

 

Les mains (et en plus des fois j'ai mal cadré ...^^')

Les mains (et en plus des fois j’ai mal cadré …^^’)

 

Les mains bis

Les mains bis

 

 

Macchu Picchu

Ah le Macchu Picchu … Je mentirais si je disais que ce n’était pas le coeur de mon voyage. Ce que je voulais voir avant tout, ce dont j’attendais le plus avant l’Altiplano, le lac Titicaca et tout le reste. Le matin du grand jour, malgré la nuit trop courte, je dansais de joie et d’excitation sur le quai de la gare. Et puis, la fatigue de la fin du voyage, le monde à l’entrée du site (évident ! Je ne m’attendais pas du tout à ce que je sois seule mais c’était vraiment désagréable) (surtout vu le comportement de la plupart « han poussez vous vous gâchez ma photo ! » MAIS TU T’ES VRAIMENT CRU TOUT SEUL CONNARD? Bref) ont fait que je suis rentrée dans le site en me disant que j’attendais trop de cette visite, que j’allais être déçue, que j’allais pas aimé, que le monde allait me gâcher MA visite.

Sauf qu’il n’en a rien été. Malgré le monde (bien bien dilué dans la grandeur du site une fois passé l’accès et limité puisqu’il n’y a que 2500 personnes/jour qui peuvent visiter le Macchu Picchu) et la fatigue, j’ai été complètement SUBJUGUEE par ce site incroyable ! Et je vous présente mes excuses car en dehors des photos panoramiques, je n’ai pas vraiment réussi à en saisir correctement la verticalité. (Nb : j’en reparlerai longuement dans mon billet récapitulatif mais si vous êtes sujets au vertige, réfléchissez vraiment avant de vous engagez dans cette visite – et donc dans ce voyage puisque c’en est vraiment un élément majeur – parce que vraiment c’est vertigineux. Grandiose mais vertigineux. Et je ne souffre pas personnellement du vertige donc si je vous dis ça c’est que vraiment …)

Car ce qui rend si beau ce site, au delà de la forêt luxuriante et de son vert (on est à la frontière avec l’Amazonie) , du blanc des nuages, du site inca en lui même c’est l’à-pic absolu de l’endroit où nous sommes. Aussi bien le lieu où a été construit le site même (on voit très bien la rivière en bas et on se demande comment les incas ont monté les graviers qui ont servi à combler les terrasses de culture qu’ils ont crée) que les montagnes qui l’entourent. Pour vous donner une idée, le Wayna Picchu surplombe le site inca, et dessus a été crée le temple de la Lune. On peut y monter (limité à 400 personnes/jour) mais la pente est de 60% !

Allez assez causé, place aux photos

L'espèce de gros dos d'âne dans le prolongement du site, c'est ça le Wayna Picchu

L’espèce de gros dos d’âne dans le prolongement du site, c’est ça le Wayna Picchu

 

Voilà voilà voilà (celle là vous pouvez cliquer pour la voir en grand)

Voilà voilà voilà (celle là vous pouvez cliquer pour la voir en grand)

 

Triple love

Le Love est total !

 

Coucou les gens tous petits !

Coucou les gens tous petits !

 

Les fameuses terrasses de culture (on voit bien la pente là aussi :D)

Les fameuses terrasses de culture (on voit bien la pente là aussi :D)

 

Une partie des pics qui entourent le site (sur la gauche de la photo)

Une partie des pics qui entourent le site (sur la gauche de la photo)

 

Laissez moi là jusqu'à la fin de ma vie svp

Laissez moi là jusqu’à la fin de ma vie svp

 

Le miroir céleste qui permet d'observer indirectement le soleil (donc sans se cramer les rétines) : donc le soleil et autour les nuages puisqu'on a eu une éclaircie pile à ce moment là

Le miroir céleste qui permet d’observer indirectement le soleil (donc sans se cramer les rétines) : donc le soleil et autour les nuages puisqu’on a eu une éclaircie pile à ce moment là

 

 

les salines de Maras

Va savoir dans quel reportage, j’ai vu ce site un jour. Mais j’avais décidé qu’il n’était pas question que j’aille au Pérou sans le voir tant j’avais trouvé ça beau à la télé. Et pour le coup, ce n’est pas facile de trouver un circuit l’intégrant, au final je n’en ai trouvé que 2. Mais je n’ai pas regretté de m’être « battue » pour le voir.

Là bas des familles andines exploitent l’eau très salée d’une source d’eau chaude (chauffée par un volcan à priori) qu’ils font circuler dans des mini piscines d’argile où l’eau sévapore afin de ne récupérer que le sel. C’est très très beau vraiment. En plus on a eu la chance d’arriver les 1ers sur le site et de l’avoir quasiment que pour nous, ça a rendu ça encore plus magique.

Les salines vues de tout tout là haut

Les salines vues de tout tout là haut

 

En zoomant un peu ...

En zoomant un peu …

 

En zoomant encore un peu plus

En zoomant encore un peu plus

 

J'aime beaucoup cette photo

J’aime beaucoup cette photo

 

Wouuuhhh

Wouuuhhh

 

Pfioulalala je m'en remets pas !

Pfioulalala je m’en remets pas !

 

Le petit tas de sel prêt à être récupéré

Le petit tas de sel prêt à être récupéré

 

Bon ben on va peut-être s’arrêter là pour aujourd’hui ?

Incas et lac Titicaca : préambule

Hello le web mondialement mondial ! Oui ça y est je suis rentrée du Pérou.

Et je vais pas mal vous en parler ces prochains temps (je préviens pour ceux que la revue de mes voyages et de mes albums photos lassent), j’espère bien vous faire rêver devant mes photos de l’Altiplano, des lignes de Nazca, du lac Titicaca et du Macchu Picchu !!!! Et que vous vous mettiez tous à courir en tous sens en hurlant « JE VEUX Y ALLEEEEER ».

Mais avant ça ….

Avant ça je vais vous planter l’envers du décor. Je VEUX vous planter l’envers du décor. Ce qu’on ne voit pas sur les photos idylliques. Le côté pile de la pièce d’or. La face sombre du Pérou. Parce que comme l’a dit dès le début le guide avec beaucoup d’humeur « le Pérou, c’est pas l’Pérou! ». Parce que le Pérou n’est pas un pays facile comme l’était l’Islande. Au contraire. Parce que je veux en dire les défauts et la rudesse avant de vous avoir mis tant d’étoiles dans les yeux que vous ne l’entendrez plus ou que vous ne voudrez plus l’entendre.

 

♣ Le Pérou c’est pauvre.

Je m’y attendais hein. Mais clairement pas autant.

Allez savoir pourquoi, j’imaginais l’Amérique du sud plus riche que ça, le Pérou en tout cas. J’aurais été moins étonnée de trouver ces spectacles là en Bolivie ou en Equateur (surtout après le tremblement de terre) ou au Brésil. Peut-être le vieux mythe de l’or, la construction par les Incas etc… Et pourtant … sur mon échelle de la pauvreté, le Pérou c’est pas l’Inde … mais vraiment pas loin. Pour dire. Elle s’étale un peu moins mais elle suinte tout autant.

Le Pérou c’est donc les bidonvilles, les enfants en costume traditionnel pour réclamer une piécette après une chanson ou une photo, les regards envieux …

Malheureusement de cette pauvreté découle nombre de choses.

Bidonville pris à la volée depuis le car

Bidonville pris à la volée depuis le car

 

♣ Le Pérou c’est dé-gueu-lasse.

C’est assez incroyable mais le pays quasi entier est une décharge à ciel ouvert. Le long des routes s’égrènent un chapelet de bouteilles en plastique et de sacs poubelles déversés. Au loin vous contemplez la beauté incroyable de l’Altiplano et quand vous baissez les yeux, à vos pieds il y a toute la laideur de notre monde. Même dans une réserve nationale censée préservée la nature … Et je trouve ça absolument INCOMPRÉHENSIBLE de bousiller une telle beauté ainsi. A fortiori quand son dernier voyage a été l’Islande, ses paysages tout aussi incroyables et son respect absolu de la nature …. Au début de mon voyage, je me suis dit que nos voyages passés impactaient beaucoup nos voyages futurs, y compris sur l’environnement et le respect de celui-ci.

En même temps, va trouver l’ombre d’une poubelle au Pérou … il n’y a clairement pas de volonté publique et nationale d’améliorer les choses. Probablement même pas le début d’une prise de conscience du problème. Là aussi ça m’a rappelé l’Inde – on se raccroche aux références qu’on a – et ce souvenir de cette femme qui ne comprenait pas qu’avec mon amie nous nous enquiquinions à conserver nos déchets alors qu’il suffisait de les jeter par la fenêtre du train.

 

♣ Le Pérou c’est un Etat défaillant.

Pour vous donner une idée, la Poste péruvienne n’émet plus de timbres depuis 4 mois, personne ne sait vraiment te dire pourquoi mais bon c’est ainsi. Si bien que j’ai été obligée de ramener mes cartes postales pour les envoyer depuis la France. (Bon ben du coup tu relativises drôlement le fonctionnement de notre propre Poste)

A côté de ça, les péruviens te disent par exemple – et en tant que française le choc a été totale – qu’heureusement que les routes sont entretenues par des compagnies privées (qui font payer des péages) parce que si c’était l’Etat qui s’en occupait …. pfioulalalalala ! (Ah … ok …)

Et puis il y a toute la partie corruption et compagnie :ceux qui y vivent (et qui ont un certain recul sur leur pays) le disent mieux que moi et j’ai été éminemment préservée pendant mon voyage de ça. Mais pas complètement en fait, puisque notre car a pris une amende car il s’était garé le long d’une plage et qu’il fallait pas (j’ai jamais vu de panneau l’interdisant mais mettons) … ladite amende correspondait à la moitié de la paye mensuelle du chauffeur ce qui est juste ÉNORME pour s’être simplement garé à un endroit où il ne fallait pas. On a payé. Parce qu’il n’aurait jamais pris cette amende si son car n’avait pas été plein de touristes. Parce qu’à côté de ça, les péruviens grillent allègrement les feux rouges, les interdictions de dépassement et compagnie et les flics n’en ont juste rien à carrer.

 

♣ Le Pérou c’est des problèmes de sécurité. (je n’ai pas su comment formuler ça autrement pour regrouper tout ça)

Alors oui il y a ce à quoi vous allez penser immédiatement, des agressions. Notamment en prenant les taxis qui appellent leurs potes qui viennent vous dépouiller voire pire. Ce sont des quartiers où il est déconseillé d’aller, même la journée. C’est du narcotrafic là où la coca pousse. Ce sont des vols et des regards franchement envieux (la pauvreté, remember ?). Et sans devenir parano, puisque nous n’avons au final jamais eu aucun problème, les deux soirs où une fille avec qui je me suis bien entendue et moi on a voulu sortir faire un tour dans l’une des villes où nous étions, le guide a été clair : c’était non. Et pas un « non » négociable.

Mais au delà de ça, il y a aussi … il y a aussi que le Pérou manque terriblement d’infrastructures, peu de routes ou alors dans un état pas terrible voire en terre, vraiment peu de trains à l’échelle du pays (qui fait 3 fois la taille de la France) et qui coûtent un rein, 170$ (DOLLARS!) pour faire l’aller-retour au Macchu Picchu . Si bien que même la Panamerica – THE route du pays – ressemble plus à une de nos départementales (de montagnes, ça tournicote sec par endroit) qu’à un de nos autoroutes, avec dessus un trafic de dingue vu que c’est l’axe majeur du pays. Et que les péruviens conduisent comme des barbares, doublent dans une côte sans visibilité, zappent les feux rouges etc. Ya qu’en Inde (encore eux!) que j’ai vu un trafic plus chaotique. J’ai passé des jours à me demander comment il n’y avait pas plus d’accidents. Avant d’apprendre dans la douleur qu’il y en avait plein – et pourtant j’avais vu les petites croix/chapelles à la mémoire des défunts qui jalonnent la route – puisque comme je l’ai raconté sur Twitter (mais bon en pleine nuit je ne crois pas que grand monde l’ait vu) sur le seul dernier gros trajet, entre Puno et Cusco, on a vu 3 accidents dont le dernier était mortel et s’est passé juste devant nous. Et dans mes souvenirs du Pérou il y aura pour toujours gravé l’image de cette voiture encastrée sous un camion et de ces 2 corps broyés dans la tôle fracassée pour lesquels il n’y avait plus rien à faire.

 

 

Au delà de tout ça, le Pérou est un voyage physiquement épuisant. Et je pèse mes mots. Ca fait 4  jours que je suis rentrée et je n’ai pas commencé à récupérer. Je pensais qu’après l’Asie en pleine mousson, ces 35° degrés et 90% d’humidité, rien ne surpasserait ça. J’avais tort.

Néanmoins contrairement à pas mal d’autres personnes, je me doutais que ce serait dur. Mais je n’imaginais pas à quel point … En fait c’est impossible à imaginer tant qu’on ne l’a pas vécu Au delà des 12h de vol et des 7h de décalage horaire, on est monté assez brutalement jusqu’à 4500m d’altitude. Presque le sommet du Mont Blanc. Et franchement il faut l’encaisser. Au minimum – comme moi quoi, sans mal des montagnes en plus – vous vous retrouvez à souffler comme un boeuf en montant un étage. Mais quand je dis souffler comme un boeuf, c’est que vous êtes au bout de votre vie. Quand on vous dit qu’il va falloir marcher quelques heures et monter 400-500m de dénivelé, vous avez envie de pleurer et vous pensez ne jamais y arriver (bon finalement j’y suis arrivée)(et ça valait le coup). Alors que chez moi c’est une petite promenade 400-500m de dénivelé. Et s’il est impossible de s’y préparer physiquement sauf à multiplier d’aller en haute altitude avant son départ – et que le mal des montagnes peut frapper indifféremment les jeunes, les vieux, les sportifs, les pas sportifs, ceux qui sont déjà allés en altitude sans être malade etc… – il faut s’y préparer psychologiquement. Parce qu’on prend vraiment un coup sur le casque. (Par contre ça va bien bien m’aider à comprendre ce que vivent et ressentent mes patients BPCO)

Oui c'est haut (et encore on aurait pu faire pire)

Oui c’est haut (et encore on aurait pu faire pire)

 

Bon …. maintenant que je vous ai montré le revers de la médaille, on part rêver ?

La formidable et sublime vue sur le lac Titicaca en haut de cette fameuse "balade" de 500m de dénivelé, à 4300m d'altitude

La formidable et sublime vue sur le lac Titicaca en haut de cette fameuse « balade » de 500m de dénivelé, à 4300m d’altitude

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