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Dans ma tête

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Faire de la place pour ça

I need space

 

L’amie douce m’a envoyé le lien sur le mammouth (ça fait un peu ésotérique comme phrase) en me disant « ça me  fait penser à toi ».

Ça m’a réjouit, ça me réjouit toujours quand mes amis me parlent de quelque chose qui leur a fait penser à moi.

Quand j’ai cliqué ça m’a encore plus réjouit. Tellement que je l’ai imprimé deux fois : une fois pour l’afficher dans mon bureau, une fois pour le coller dans mon Bullet Journal.

 

Ça m’a parlé ? Oui.

Preuve en est que l’amie douce avait raison …

Ça m’a parlé parce que depuis un peu plus d’un an maintenant, je médite c’est vrai. Et j’adore ces moments là, vraiment, c’est mon petit shoot de bien être quotidien. Mais la méditation comme j’entendais quelqu’un le dire il y a peu ça consiste surtout à centrer son attention.

Et le reste du temps … ben le reste du temps il faut penser au boulot et que ça prend beaucoup de place en ce moment, au rdv à tenir ou à prendre, au quotidien à assurer, au repas du soir et au ménage à faire, à la machine qu’il faut lancer et à celles qu’il faut repasser, et à tout ce qu’il FAUT faire/penser/anticiper.

Et quand j’y réfléchis, quel temps reste-t-il à mon esprit pour vadrouiller ? Pour rêvasser, pour suivre le fil de pensées sans lien avec la vie quotidienne, pour se poser des questions existentielles loufoques et incongrues ? Aucun. Et je sens bien mon esprit qui étouffe de ça.

Il faut que je fasse de la place pour ça. Je VEUX faire de la place pour ça, sortir la tête de l’eau, laisser l’esprit sortir la tête du guidon, s’évader du quotidien et monter plus haut. 

Et j’étouffe de ça.

Nommer

Avis de tempête

 

J’avais dit que j’essayerai de ne pas trop en parler ici et je me retiens depuis des mois d’aborder le sujet, mais il faut que je trouve un nouveau mot, un nouveau nom.

(et vous pouvez m’y aider si vous voulez, vos suggestions sont les bienvenues)

 

Jusque là je l’appelais fatigue. Fatigue même, avec la majuscule. Voire FAAAAATIIIIIIIIGUE.

Et ce nom ne convient pas. Parce que quand je dis aux autres que je suis fatiguée, ils voient la fatigue qu’ils connaissent. Celle qu’on expérimente après une nuit trop courte ou qu’on n’a pas eu de vacances depuis trop longtemps. Celle qui consiste en 2-3 bâillements pendant la journée. Celle qui passe avec une (ou deux ou trois) bonnes nuits de sommeil, ou une sieste, voire même une bonne semaine de vacances.

Et ils me disent de me reposer, ils me disent de dormir, ils me disent qu’ils espèrent que ça va passer rapidement. Ils pensent bien faire je le sais, ils se fient à ce qu’ils connaissent, à leur fatigue, à celle qu’ils ont eu l’occasion d’expérimenter dans leur chair, celle qui n’est là qu’occasionnellement et qui passe aussi vite qu’elle est venue … s’ils savaient comme je les hais quand ils font ça.

 

Parce que moi ma fatigue c’est une chape de plomb sur l’ensemble de mon corps dès que je me lève, même après une nuit de 9h de bon sommeil, même après 10 nuits de 9h de bon sommeil. Depuis qu’elle s’est installée, elle est là tout le temps, toute la journée, tous les jours, toutes les heures. Elle ne s’en va jamais, elle ne me laisse aucun répit. Même quand je me repose, même quand je fais la sieste, même quand je suis en vacances depuis 15j. Même quand je fais ça, elle ne s’améliore pas. Elle ne s’améliorera jamais.

Quand je me repose c’est soit pour conserver un peu d’énergie (économiser mes « cuillères« ) pour « après » car il y a autre chose à faire plus tard, soit que je ne peux plus faire autrement parce que je n’ai plus la moindre goutte d’énergie.

Et cette chape de plomb devient de plus en plus pesante au fil des heures de la journée au point que faire à manger le soir est au delà de mes forces, au point que parfois le soir quand je conduis je me dis que je suis un vrai danger tant mes réflexes sont ralentis, au point qu’en fin de journée j’ai l’impression d’avoir perdu 20 points de QI tellement je n’arrive plus à réfléchir ou alors seulement de travers. Cette fatigue me liquéfie le cerveau et me ronge la moelle. Quand je me lève, mon tableau de bord m’indique que je suis déjà sur la réserve question énergie, à la fin de la journée, je suis en panne sèche.

 

Ça fait 5 mois que je la subis cette fatigue, ça commence à faire et ça n’est pas fini … Alors ma fatigue c’est aussi me demander si je vais pouvoir continuer à travailler à temps plein et combien de temps et comment je vais faire quand je ne pourrai plus; c’est prendre sur moi pour ne pas pleurer de fatigue le matin, le soir et aussi tout le reste de la journée parce que c’est la seule chose que j’ai envie de faire mais que ça ne m’aidera pas. Ma fatigue c’est prendre sur moi – et y laisser beaucoup d’énergie – pour ne pas hurler et insulter mon entourage qui n’y est pour rien, tellement je suis fatiguée justement ou parce qu’il me demande un effort mineur… pour eux mais énorme pour moi. C’est trop souvent manquer d’énergie pour les autres et en culpabiliser à mort. C’est être très égocentrée et en culpabiliser tout autant. C’est imposer des choix à son entourage qu’on aurait préféré éviter de leur imposer (et à soi aussi). C’est se demander si on arrivera à remplir ses obligations et ses engagements, savoir qu’on va devoir se plier à certains et qu’on va le payer chèrement. C’est accepter d’aller dîner un soir avec un ami en se demandant si on ne sera par trop fatiguée pour ça et si on ne va pas le planter au dernier moment. C’est y penser et en souffrir tout le temps tout en essayant (vainement en général) de ne pas parler que de ça aux autres et de ne pas que s’en plaindre.

 

Vivre avec cette fatigue c’est comme avoir un budget de 500€ par jour et avoir 700€ d’achats à faire. Parfois il y a des achats que je diffère au lendemain, et parfois je me mets à découvert et j’en paie les conséquences plus tard.

Alors pour peu qu’on y rajoute une mauvaise nuit de sommeil ou un événement fatiguant pour n’importe qui, c’est carrément l’apocalypse.

 

Les médecins appellent ça « asthénie » mais ça ne me va pas, ça ne parle à personne d’autre qu’à eux. Moi je l’appelais « fatigue » mais ça ne me va pas non plus.

Il faut pourtant que je lui trouve un nom, un nom qui dise …

J’infuse … encore et encore

Les messages mignons de mon corps

« Comment tu te sens ? » a été la question incessante et rituelle d’un de mes week-ends.

Et je répondais alors que j’allais bien et c’était vrai, j’allais bien.
Je sortais d’un rdv médical redouté, et d’apprendre que La Maladie – oui j’ai décidé qu’elle porterait ce nom ici et que je n’en donnerais jamais le véritable nom ni de détails pour ne pas être repérée par les moteurs de recherche et que ce blog devienne un lieu de « rencontre » des gens qui la partagent avec moi, on m’a mis en garde contre le fait de me perdre là dedans, je n’en ai pas envie décidément – et d’apprendre donc que La Maladie s’aggravait. Et mon entourage redoutait une explosion, une déflagration, un trébuchement tout au moins de ma part suite à cette annonce.
Et oui j’allais bien. Vraiment, bien.

Parce que j’avais lu les signes annonciateurs, décrypté les analyses … Et cette fatigue collante depuis des mois …….
Je ne suis pas tombée du paquetage, j’ai joué le jeu en étant franche avec ma médecin, en sachant les conclusions qu’elle allait probablement en tirer. Celles que j’avais tiré avant elle. Et les conclusions ont été tirées …
Et je vais toujours bien.

Mais.

Mais je sens que comme souvent, je réagis à contre-temps. En décalage. Que je vais bien mais que sous la surface sereine, des courants profonds s’agitent.
De façon plus ou moins consciente mon esprit travaille. Il cogite. Il essaye d’appréhender cette situation nouvelle et d’en faire le tour, de le délimiter.
Je lis. Au départ je me suis bien demandée pourquoi j’avais acheté ce livre sur la fatigue tant celui-ci me semblait peu répondre à mon propre cas. Et puis finalement, ça a été une vraie claque. Tellement qu’après l’avoir acheté en version numérique je compte le racheter en version papier pour surligner certains passages et les relier souvent. Et en même temps, ça m’aide sans m’aider. Je voudrais qu’on me dise quoi faire, quel chemin suivre, quelles étapes doivent être franchies les unes après les autres …. mais personne ne peut, c’est à moi de le trouver. Et pour le moment j’ai surtout l’impression d’être une souris de laboratoire qui erre dans un labyrinthe en cherchant la sortie et en se cognant au passage à un paquet de murs. Il serait tentant de mettre tout ça sous le tapis, surtout en ce moment où ça va mieux, vraiment mieux, de faire comme si tout ça n’avait été qu’un mauvais moment à passer qui ne recommencera jamais. Sauf que ça reviendra, il ne faut pas que je me leurre. Il faut que j’anticipe ce moment, que je m’adapte en prévision de ce moment … encore et toujours ce mot.
Je tente de mettre à distance. De ne pas envisager forcément le pire. De ne pas m’identifier à ces personnes que je connais ayant la même maladie que moi et dont la qualité de vie est tant altérée au quotidien. De raison garder comme on dit.
J’infuse …

Je vais toujours bien.
Mais je me punis aussi pour ce qui (m’)arrive. Plus ou moins consciemment. J’essaye d’éloigner de moi les gens qui comptent. Je me demande d’ailleurs s’ils s’en sont rendus compte. Oh je me pare de grands principes pour faire ça, je dis que c’est pour eux que je fais ça, pour le protéger de ma décrépitude, de mes pleurnicheries, de mes douleurs récurrentes. Sauf que derrière ça, en vérité, c’est surtout une façon de me punir, moi. De me faire du mal en me privant des gens que j’aime.

Je vais bien oui. Mais.

Permanence et impermanence

C’est le cycle de la vie, le cycle éterneeeel (vous l’avez dans la tête maintenant)

 

Ça fait un (long) moment que j’entends parler de l’impermanence des choses. Probablement depuis que certains de mes amis au lycée se sont fortement intéressés au bouddhisme.

J’ai toujours détesté cette notion. Elle m’angoisse. Elle me terrifie.

 

Je ne comprends pas comment on peut trouver rassurant l’idée que nous perdrons un jour tout ce que nous avons, tout ce que nous chérissons, tout ceux que nous aimons. Probablement parce que je suis une personne d’engagement. Pas d’engagement au sens où je vais aller manifester ou défendre des causes mais dans le sens où quand je ne m’attache pas facilement à quelqu’un et je laisse peu de gens passer mes défenses mais quand je le fais ce n’est pas à moitié.

Et globalement je voudrais que rien ne change, que les gens que j’aime et qui m’aiment ne cessent jamais de le faire. Surtout ça. Je suis terrifiée à l’idée de perdre les gens que j’aime et que plus personne ne m’aime.

Evidemment que j’ai des ami(e)s dont nos chemins ont divergé. Souvent en douceur, sans heurts. Mais les quelques uns avec qui ça n’a pas été le cas restent une blessure à vif pour moi. Évidemment que je sais qu’un jour mes parents vont mourir, et que moi aussi je vais mourir. Mais j’ai déjà un rapport à la mort aigu, conscient, (qui angoisse mon entourage régulièrement d’ailleurs), je n’ai pas envie de vivre avec cette idée en permanence en tête.

 

Donc voilà j’ai toujours eu peur de cette idée.

Mais j’ai découvert il y a peu que comme souvent, il y avait quand même un versant positif à cette notion.

Lors de deux moments un peu difficiles pour moi. Le premier ça a été quand j’ai eu une période de mauvais sommeil. De vrai mauvais sommeil. Qui a duré longtemps. Et pour lequel je me suis appuyée sur un programme de sophrologie lié au sommeil, que j’avais déjà fait, pour m’aider à traverser ce mauvais moment au mieux. Et à la dernière séance, il disait de garder confiance car rien n’est éternel, pas même les troubles du sommeil. Et j’avais – pour une fois – trouvé ça extraordinairement réconfortant.

De même en faisant cette fois-ci un programme de méditation sur la douleur. Quand vous êtes pliée en deux de douleurs, que vous ne rêvez que d’un scalpel qui vous arracherait quelques organes pour qu’enfin la douleur disparaisse, il est bon – et réconfortant une fois encore – de se rappeler que la douleur ne durera pas toujours, qu’elle finira par passer. (Mais ça implique aussi qu’elle reviendra …)

 

Et c’est vrai que ça l’est, réconfortant, de se dire que les mauvaises choses passeront un jour. Sauf que ça s’accompagne du fait que les bonnes passent aussi … Alors je continue à me débattre avec cette idée d’impermanence des choses …

Du temps

Beau

J’ai pris du temps aujourd’hui et ça a fait du bien.

C’était un objectif du jour – oui j’en suis à me fixer comme objectif de « prendre du temps » – et même s’il le fallait, s’il le fallait physiquement,  ça n’était pourtant pas gagné.

D’une part à cause du changement d’heure. Je déteste le passage à l’heure d’été. Particulièrement ce dimanche de bascule où on me vole une heure et où je passe généralement mon temps à courir … après le temps. Cette heure disparue qui me manque et me donne l’impression d’être le lapin blanc d’Alice toute cette journée.

D’autre part parce qu’il se noue pour moi quelque chose autour du temps actuellement. Autour de sa gestion, autour de sa demande … à l’échelle d’une journée oui mais aussi à l’échelle d’un mois, voire de plusieurs mois.

Pas que pour moi d’ailleurs il me semble, j’ai l’impression qu’il y a dans mon entourage des personnes aussi qui se débattent avec le temps.

 

J’ai médité sur ma gestion du temps, l’occasion de prendre conscience d’un certain nombre de choses mais il me faudra me replonger dedans pour approfondir et retravailler ça.

A l’échelle d’une journée … j’ai besoin de ralentir le rythme de mes journées, de libérer du temps pour du repos ou tout du moins de libérer du temps pour plus de repos. La semaine mais aussi, ou surtout, le week-end.

A l’échelle des mois … j’ai besoin de m’accorder le temps de tourner en rond sur certains sujets, le temps d’avancer et que ça ne se fasse pas en un jour justement

 

L’énorme épisode de fatigue de la fin de l’année dernière qui s’est prolongé au début de cette année a laissé des traces. La fatigue reste un sujet prégnant sur lequel je tourne en rond (si je m’écoutais je n’écrirais que sur ça ici). Il me faut du temps pour accepter sa présence permanente à bas bruit, il me faut du temps pour faire des choix conscients et forts pour réorganiser mes journées en intégrant cette donnée impérative, il me faut du temps pour arrêter de ronger cet os, il me faut du temps pour réajuster mes exigences à mon encontre.

Et je me rends compte que je suis assez peu tolérante avec moi-même sur cette nécessité de temps et même de temps long parfois.

Mon entourage fait probablement preuve de plus de tolérance que moi, j’ai l’impression d’embêter tout le monde tout le temps avec cette récurrence de la fatigue dans ma vie et donc dans mon discours. Pourtant personne n’a jamais manifesté le moindre agacement pour l’instant. Je suis la seule qui s’agace de tourner en rond la dessus. La seule en fait à imaginer que mon entourage en souffre parce que mon entourage n’en dit rien (peut-être qu’il n’ose pas…).

Mon entourage aussi a eu besoin de temps. Du temps pour assimiler, du temps pour procéder à quelques ajustements subtiles pour me ménager sans que j’en ai forcément conscience …

 

Alors d’accord, laissons-nous du temps. Accordons-nous le. Prenons le.

On arrêtera de tourner en rond, on passera à autre chose, quand il sera temps de le faire.

Et si le temps n’est pas encore venu ….

Décrépitude

Heureusement la vie est bien belle 🙂

 

J’ai été voir mon ostéopathe. Pour la deuxième fois en 3 mois.

Pour beaucoup ça parait peu, pour moi ça parait beaucoup. C’était la première fois que j’y allais de manière aussi rapprochée sans que ce soit à la demande de l’ostéopathe qui jugeait qu’une seconde séance était nécessaire pour achever le travail de la première.

Et en plus j’en suis ressortie, à l’immeeeeense frustration de mon ostéo, sans que mon problème soit résolu. Comme il y a 3 mois. A son immense frustration mais non à la mienne puisque je n’attendais pas de solution miracle de sa part, je voulais surtout éliminer toute origine mécanique à cette inflammation que je me traîne depuis des mois et qui se balade. Et non il n’y a aucun problème de mobilité, pas de bassin déplacé, pas de genou qui aurait bougé et qui expliquerait cette douleur. Et donc pas de mobilisation à faire pour tout remettre en ordre. D’un côté je me dis que c’est qu’il a bien travaillé – et moi aussi quelque part puisque j’ai fait les corrections qu’il m’avait demandé – puisque jusque là j’avais toujours une vertèbre déplacée pour expliquer ce torticolis ou une cheville en vrac.

Alors voilà, j’ai tous les symptômes d’une tendinite qui se balade, mais rien qui soit retrouvé à l’imagerie (encore faut-il qu’elle ait été bien faite mais ça c’est autre chose …) et dont on ne connait pas la cause ce qui complique singulièrement la possibilité de corriger les choses pour que cette inflammation cesse.

 

Et trop de facteurs nous échappent, je m’en suis rendue compte en échangeant avec mon ostéo.

Je connais les grands principes de la maladie qui m’affectent mais joue-t-elle sur le collagène, entraînant indirectement cette inflammation ? Je n’en sais rien.

Je suis persuadée que les anticoagulants jouent en empêchant (allez ralentissant …) la guérison, je l’ai constaté sur autre chose, restant 5j à 40 de fièvre là où ça n’aurait duré qu’un jour ou deux normalement ; me tapant une étonnante extinction de voix de 10 jours au grand désespoir de mon père qui s’énervait que je ne guérisse pas plus vite. Il me faut du temps, plus de temps, mon corps peine …

J’en viens d’ailleurs à redouter … la grippe …  une bonne grippe qui secoue déjà toute personne en bonne santé, je me demande comment je m’en dépatouillerais alors que des virus plus anodins me mettent déjà terriblement à mal. Avant je me vaccinais pour les autres, maintenant je vais me vacciner pour moi et faire chier les gens qui m’entourent pour qu’ils soient vigilants et me protègent. Heureusement que j’ai la chance de travailler avec des gens déjà vigilants et qui doivent enfiler des masques au moindre doute …

 

En vérité, j’ai l’impression de tomber physiquement en décrépitude depuis 2 ans et que la chute ne connait pas de fin.

Au delà des suivis hospitaliers qui se sont surajoutés, ma « consommation » de soins (en médecine classique ou en médecine douce) augmentent je le vois bien … à mon grand désespoir. RDV chez le médecin généraliste plus souvent (alors qu’il ne fait pas le suivi), radiographies, échographies, séances de kiné, séances d’ostéopathie, magnétisme etc … Tout ça pour essayer de ne pas encore plus partir en miettes en fait. Et pourtant malgré tout ça et tous mes efforts, j’ai l’impression que ça empire, que j’ai continuellement quelque chose de travers, soit je suis fatiguée, soit j’ai mal quelque part, etc etc …

Je me demande quand est-ce que j’ai été 100% au top dernièrement ? 

Quand est-ce que mon entourage n’a pas été obligé d’ajuster subtilement les choses pour me laisser des plages de repos ?

Quand est-ce que je n’ai pas répondu que j’avais mal quelque part ou que j’étais fatiguée à pleurer ?

 

Et ça a des effets … bien au delà de ma santé physique.

J’allais écrire que j’avais toujours eu une nature anxieuse. Mais en fait c’est faux. Je ne suis pas anxieuse au quotidien. Par contre toute situation nouvelle/inconnue m’a toujours inquiétée et j’ai toujours eu tendance à imaginer tous les scénarios possibles pour l’affronter … même les pires … et des fois ça m’a bien aidé.

J’ai réalisé que j’avais tellement perdu confiance en mon corps, en ses capacités à me porter / me supporter / faire ce que j’attends de lui, que j’avais en fait beaucoup perdu confiance … en moi. Parce que j’ai beau parler de lui à la troisième personne, comme si c’était un élément extérieur ou un autre personnage de l’histoire, en vérité mon corps … c’est moi.

Et si je ne me sens pas plus anxieuse qu’avant en fréquence, le fait est que je le suis de plus en plus souvent pour des choses complètement anodines … à me demander avec inquiétude par exemple si je vais être capable … d’ouvrir la porte de mon nouveau boulot alors qu’il s’agit juste de mettre une clé dans une serrure et de la tourner …

C’est dire le niveau de perte de confiance quand même …

 

Ça ne me freine pas heureusement. Ou pas encore tout du moins. Ça ne m’empêche pas de foncer tête baissée dans de nouveaux projets (oh un nouveau boulot!) avant quand même qu’une petite voix ne finisse par me dire que je ne vais pas y arriver, que je n’en suis pas capable ou que je ne vais pas tenir physiquement la distance …

 

« On » va me dire qu’il faut que je corrige ça ou tout du moins que j’évite que ça s’aggrave. Oui je me doute merci, mais tant que mon corps me lâche toujours un peu plus … ça parait compliqué.

Mieux vaut prévenir que guérir

Les messages mignons de mon corps

 

Les rdv médicaux se suivent et ne se ressemblent pas. Pas le même médecin, pas la même spécialité, pas les mêmes préoccupations.

Aux médecins hospitaliers qui me suivent de près désormais s’ajoutent ceux, libéraux, qui me suivaient déjà avant. De loin. Une fois par an. La gynéco, l’allergologue, la dermato …

Autant de médecins qu’il faut informer du changement de situation (brutale) qui s’est produit en un an, des nouveaux traitements, des ajustements effectués parfois sur ce qui était théoriquement leur pré carré, voire carrément expliquer cette maladie rare que même eux ne connaissent pas toujours.

Autant de nouvelles réactions à encaisser, de réflexions à gérer, d’attitudes à digérer. La commisération quand elle vient d’un médecin c’est toujours plus compliqué à gérer que quand elle vient d’une personne lambda.

J’en rigole souvent après. Plus ou moins jaune.

J’en parle aussi. Pas mal. Ça me permet de mettre ça à distance, toutes ces choses des autres à (di)gérer.

 

Donc j’en parle à mes proches, en riant ou avec cynisme. Je me lance, pour moi c’est quasiment anodin, et je raconte ce que le médecin m’a dit ou sa réaction ou la mienne. Et j’en rigole.

Et quand j’ai fini … je réalise que je suis la seule à en rire, que mon entourage lui n’en rigole pas du tout. Qu’il semble même plutôt probablement heurté.

 

Il me faut réapprendre la prévenance. Envers eux.

Le bon côté des choses c’est que moi j’ai probablement progressé sur le chemin de l’acceptation pour que tout ceci soit devenu si banal pour moi. Pour que j’arrive si facilement à dire.

Le mauvais … c’est que j’ai oublié que mes proches n’étaient pas moi. Que j’étais probablement mieux armée qu’eux (et que pas mal d’autres personnes) pour comprendre, argumenter, poser les bonnes questions aux médecins et me sentir aux commandes. Parce que je subis ma maladie, c’est certain, mais je me sens néanmoins aux commandes de tout ce qui est fait par rapport à elle. Je me sens en fait comme le capitaine d’un bateau qui essuie des tempêtes, parfois sans les avoir vu venir, mais qui décide toujours de comment l’affronter et y faire face.

Ce qui n’est pas le cas de mes proches …

 

Ils ne viennent pas avec moi à mes rdv médicaux, ils ne peuvent pas poser leurs propres questions sauf à moi et bien souvent ils n’osent pas le faire (et je n’ai pas forcément les réponses). Ils ne comprennent pas les mécanismes de la maladie et donc ces implications et même si j’essaye de le faire ils n’ont pas les connaissances de base pour ça, si bien qu’en général je renonce. Et du coup ils ne comprennent pas forcément pourquoi telle remarque me fait rire.

Sans compter qu’on s’inquiète toujours plus pour les autres que pour soi-même en fait …

 

Il va falloir que je me fasse un journal intime pour raconter les blagues médicales je crois.

Quand le sage désigne la lune …

Lune qui là haut s’allume

 

 

C’est probablement l’un de mes pires défauts, pas le pire mais assurément l’un des pires, je suis souvent prétentieuse.

Prétentieuse concernant mes capacités intellectuelles. Oh je ne me prends pas pour Einstein et je sais qu’il existe nombre de personnes plus intelligentes, plus douées, plus débrouillardes, plus capables, plus tout ce que vous voulez que moi.

Mais quand même, je me sens régulièrement supérieure intellectuellement à des gens que je croise, et il y a un certain mépris chez moi dans la façon dont je les traite (et je ne suis pas très fière de l’écrire).

Et régulièrement aussi, je suis renvoyée au fait que parfois … l’idiot n’est pas celui qu’on croit (et ça remet les idées en place).

 

L’autre jour je discutais de la tentation de dérives sectaires dans nombre de pratiques dites alternatives (magnétisme, reikki, etc) et je me targuais de garder toujours une distance critique par rapport aux discours que pouvaient tenir ces pratiquants, y compris et surtout pendant des moments de faiblesse – quand vous sortez d’une heure de séance vous êtes en position de faiblesse -, même s’il n’y a aucun véritable tentation de dérives sectaires de leur part.

Je n’ai personnellement jamais oublié (ni digéré) cet ostéopathe qui avait essayé de me lessiver le cerveau en me soutenant que si j’avais mal au dos c’était à cause du cancer du sein de ma mère que je n’aurais soi-disant jamais accepté et quand j’avais répondu que à mon avis c’était plutôt lié au coup de poing que j’avais reçu à cet endroit-là, il avait tenu mordicus à le relier au cancer du sein de ma mère (et y était parvenu puisque ce coup de poing avait été reçu pendant que ma mère était en traitement pour son cancer).  Je me souviens surtout à quel point pendant quelques heures son discours m’avait profondément remuée avant que je ne réussisse à prendre de la distance vis à vis de ça et à le remettre à sa juste place.

Je me targuais donc de garder une distance critique vis à vis des discours de ce type et mon interlocuteur probablement étonné de mon assurance n’a pu s’empêcher de me rétorquer que c’était quand on était trop sûr de soi qu’on était le plus fragile.

Il a raison, il a éminemment raison. Je me suis sans doute mal exprimée ce soir là, parce que je sais que je pourrais être une très bonne cible mais paradoxalement, j’ai l’impression que savoir que j’ai des failles qui pourraient être exploitées me rend plus prudente que si je me déclarais forte et insubmersible.

 

Evidemment je l’ai déjà fait de me déclarer inattaquable, forte, supérieure, sur certains sujets.

Evidemment, j’ai déjà été moqueuse voire méprisante face à certaines déclarations que je jugeais stupide. Evidemment j’ai déjà ricané avec d’autres sur des choses que nous jugions collectivement idiots.

Et je le referai probablement encore.

Mais quand même …

 

L’autre jour sur un réseau social bien connu, je vois passer des photos moqueuses d’une bouteille de sirop sur laquelle il est indiqué en gros que dans un verre de sirop il y a 90% d’eau, sachant que la marque conseille plus bas sur la bouteille de mettre 9 volumes d’eau pour 1 volume de sirop … Et tout le monde de ricaner que c’est complètement con, qu’ils ne savent vraiment pas compter, que ça doit être payé bien cher pour être aussi bête.

Sauf que là pour moi les marketeux ne sont ni stupides ni des billes en mathématiques. Un peu à la manière des prestidigitateurs, pendant que tout le monde regarde les 90% d’eau, tout le monde oublie les 10% de sucre quasi pur qui constituent le sirop. Sachant qu’un verre en moyenne fait 150ml, ça nous fait du environ 15g de sucre pas verre de sirop. Allez disons 10g si vous ne remplissez pas votre verre à ras bord … soit environ 2 morceaux de sucre. Par verre. Et actuellement personne n’a trop envie de se dire que son enfant (ou soi-même) boit l’équivalent de 2 morceaux de sucre quand il boit un verre de sirop.

 

Du coup je me dis qu’on devrait plus souvent se demander qui est vraiment l’idiot de l’histoire.

Perdue avec moi-même

Non ce n’est pas une nouvelle méthode de mesure du tour de cuisse, c’était juste pour montrer mon vernis assorti à mon pantalon

 

J’ai perdu une taille de pantalon.

C’est logique, la concrétisation de ce poids perdu et qui continue à l’être, pourtant je continue à ne pas y croire et à avoir besoin de le dire pour – tenter – de rendre ça concret. Pourtant je ne l’ai pas vu venir. Pas vraiment.

Ça faisait quelques semaines que je me disais que bientôt je pourrais rentrer dans la taille du dessous, les soldes ont été l’occasion d’envisager sérieusement l’achat d’un pantalon à un prix très intéressant dans cette taille, mais que je ne pouvais pas essayer auparavant. Finalement à trop hésiter, celui-là m’aura échappé. Mais une séance d’essayage ultérieure l’aura montré, j’aurais pu l’acheter.

 

Ça devrait me réjouir non ? C’est l’attitude attendue par le reste de la société.

Ce sont des félicitations qu’on m’a adressé quand j’en ai parlé alors que je n’avais rien demandé (comme quand les gens remarquent que j’ai perdu du poids). 

En vérité non. Si j’en parle, si j’en ai parlé c’est parce que je suis perturbée par ce changement de taille. Complètement paumée en vérité. Comme si en perdant une taille de vêtements je n’étais plus vraiment moi. 

Ce n’est pas une question d’image dans la glace, pas une question de chiffre sur la balance ou sur l’étiquette. C’est une question de repère, de ceux qu’on intègre et sur lesquels on se construit.

Il va me falloir un peu de temps pour intégrer ce changement, pour ne plus systématiquement me diriger vers la taille du dessus. Il va me falloir d’autant plus de temps que je perds du poids de partout sauf de la poitrine (je sais, certaines vont être jalouses mais moi j’aurais bien aimé perdre un peu de là) et que si la taille du bas a changé, celle du haut non.

 

Tout ceci m’a fait penser aux personnes qui subissent une chirurgie bariatrique ou une chirurgie esthétique et qui perdent leurs repères en un passage sur le table d’opération. La violence que ça peut être, que ça doit être, même quand on l’a désiré, alors que personnellement il ne s’agit que d’une taille de vêtement …

J’accepte …

Let the sunshine!

 

Il y a quelques temps il m’a dit « tu es comme Don Quichotte, tu préfères te battre contre des moulins à vent que t’adapter au monde qui change ».

J’ai trouvé ça un peu rude.

Je ne suis effectivement pas réputée pour ma souplesse (mentale) (enfin la physique aussi), je déteste les changements de plan de dernière minute, les invitations au débotté, j’aime avoir le temps de planifier, d’anticiper, de me préparer, de me retourner.

Mais s’il me faut du temps pour m’adapter, le fait est que je m’adapte au final. Je suis plus tortue que lièvre. Voire même plus glacier et montagne que caméléon et girouette.

Et je trouve ça vraiment injuste surtout comme remarque avec tout ce que j’ai fait depuis 10 mois.

 

 

Avant hier elle m’a dit « il faut accepter Shaya, ac-cep-ter !!! Il n’y a comme barrières que celles que l’on se met à soi-même. »

Je n’ai rien dit sur le moment, trop assommée. Mais avec le recul cette remarque me met en colère même si je suis en partie d’accord avec ça.

Je ne l’ai pas compris sur le moment mais « l’acceptation » aura sans doute été le mot de mon année 2017. Et très probablement celui de mon année 2018.

Oh oui il faut ACCEPTER ! Je suis au courant merci bien ! Sauf que entre la théorie, que je connais parfaitement, et la pratique il y a ……… un monde,au moins. Et que ce n’est pas parce qu’on me somme d’accepter ce qui m’arrive que miracle des miracles, tadam !, je vais réussir à le faire. 

Par ailleurs, je ne suis pas tout à fait d’accord avec le fait qu’il n’y ait comme barrières que « celles que l’on se met à soi-même ». Evidemment que nous sommes nos propres ennemis mais la vie aussi te met des bonnes grosses barrières dans la gueule parfois, du modèle mur de Berlin, et que si on peut leur grimper dessus pour les dépasser faut arrêter de faire comme si tout le monde en avait forcément les ressources (morales, physiques, financières, familiales, amicales).

Or donc il me faut accepter. Là ! Tout de suite ! Maintenant ! Immédiatement !

L’injonction de le faire est là, la mise en demeure immédiate. Personne pour me dire « tu vas finir par l’accepter mais ça prend un peu de temps c’est normal », aucun délai, aucun temps accordé. Pourtant je suis persuadée que tout ce dont j’ai besoin c’est … de temps. Mais je saoule avec mes demandes de temps, avec mon besoin de temps. Il est vrai que ce n’est pas tellement à la mode dans notre société, le temps long laissé aux choses pour qu’elles se fassent. 

 

 

Et puis … et puis j’aimerais qu’on cesse de m’enjoindre à accepter ce sur quoi je fais encore un blocage en faisant fi de toutes les autres choses que je dois accepter dans le même temps, que ce n’est pas négligeable du tout en quantité, et que je ne peux pas tout gérer en même temps (ou alors mon cerveau va exploser). Ça ne me parait pas démentiel de ne pas avoir encore fait tout le travail en 10 mois.

 

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