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Dans ma tête

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La solitude du malade

Seule

Il y a quelques jours de cela, j’ai passé mon contrôle technique trimestriel à l’hôpital. Même s’il y a toujours un fond d’appréhension à ces rdv (quelles mauvaises nouvelles pourraient tomber ?), j’ai toujours plaisir à retrouver mes médecins. J’ai conscience de la chance que j’ai d’avoir crée une chouette relation de confiance avec elle. A double sens puisque j’ai confiance en elles mais je leur ai montré qu’elles pouvaient avoir confiance en moi également, que j’étais concernée par ce qui se passait et que j’étais capable d’interroger ce qu’elles me disaient mais aussi de comprendre leurs arguments et leur raisonnement et de suivre leurs recommandations et les traitements prescrits sans pour autant me prendre pour une spécialiste du sujet … Preuve en est puisque j’arrive à chaque consultation avec ma petite liste de questions et que j’ai eu un grand moment de solitude à l’automne lors de la vaccination contre la grippe.

C’était une visite sans enjeux. Pour moi tout du moins puisque aucun changement ne s’était profilé depuis la dernière fois et que les résultats des analyses de sang faites en amont indiquaient que tout allait bien (et que je sais les lire). Pour mes médecins il en allait un peu autrement.

Néanmoins ces visites me laissent toujours un goût …. un peu acide. Pas à cause de mes médecins. Mais parce que ça me renvoie violemment au fait que je sois seule face à la maladie. Il y a bien des personnes qui étaient au courant que j’avais ces rdv et qui m’ont demandé comment ça s’était passé mais c’était difficile pour plein de raisons de débriefer avec elles. Et j’aurais vraiment besoin de pouvoir débriefer ces rdv avec quelqu’un. J’aurais besoin d’en parler, d’avoir l’avis de quelqu’un d’autre dessus, de repasser la conversation pour revoir ce que j’aurais pu rater ou mettre en avant les éléments importants selon moi mais en ayant le garde-fou d’un avis extérieur pour ne pas m’emballer pour rien. Après j’ai bien conscience que je demande la lune parce qu’il me faudrait quelqu’un qui connaisse suffisamment les enjeux et l’historique pour suivre ce qui se dit, qui ait suffisamment de connaissances médicales et physiologiques pour être capable de rebondir sur tout ça sans que j’ai à tout réexpliquer et qui se sente un minimum concerné par tout ça.

Quand je suis sortie de mon rdv, j’ai appelé ma mère, qui m’a écouté poliment pendant 5mn sans jamais avoir la moindre réaction, comme si ceci était somme toute très anecdotique. Alors j’ai laissé tomber et j’ai raccroché. Mon père aussi était au courant de ces rdv aussi, il ne m’en a pas touché un mot jusqu’à ce qu’après Noel on s’appelle et qu’il s’étonne que je me sois couchée si tôt le soir du Réveillon et que je lui rappelle que je n’avais pas beaucoup de marge au niveau de la fatigue et pas les moyens de m’offrir une nuit écourtée. Là il a osé me demander comment mes rdv s’étaient déroulés … Je n’ai évidemment pas envie d’être résumée à la Maladie et qu’on m’en parle du soir au matin. Il y a même des jours où on pourrait m’en parler et que je m’y refuse parce que ça ne serait pas le bon moment. Mais qu’on ne m’en parle jamais ça me donne juste l’impression que c’est nié par tout le monde et complètement tabou …


Il y a quelques semaines, longtemps après tout le monde, j’ai enfin lu « Le lambeau » de Philippe Lançon. J’avais tergiversé longtemps avant d’oser me lancer, peu sûre de réussir à encaisser ce qu’il y aurait forcément dans ces pages.
J’avais tort. 

J’ai trouvé ce livre absolument sublime (peut-on vraiment dire cela quand on sait le sujet traité ?), j’ai été envoûtée par l’élégance de l’écriture de Philippe Lançon, par sa finesse, par sa pudeur. Par l’absence de larmoyance (ça ne se dit pas ? Je l’invente!) dans ce récit qui aurait pourtant eu bien des raisons d’en contenir. J’ai admiré le recul qu’il lui a fallu pour écrire ce livre, j’ai aimé ses digressions et ses aller-retours entre l’avant attentat et l’après, les liens qu’il tisse au travers de sa vie.

J’ai dévoré son livre en quelques jours et pourtant j’ai cru à un moment, vers les 3/4, que je n’arriverai pas à le finir. Philippe Lançon y parle très justement tout au long de ces pages de la temporalité du malade au long cours et de cette réalité en marge qui l’habite pleinement et qu’on lui reproche souvent : ne pas se préoccuper de ce qui préoccupe le reste du monde, de son égoïsme/égocentrisme autour de ce sujet – la maladie et les soins qui l’accompagnent – qui dans le fond n’est vraiment important que pour lui, de se complaire dans ce statut, de ne pas vouloir tourner la page (mais comment pourrait-on la tourner quand la maladie ne vous oublie jamais et s’arrange bien souvent pour que vous non plus vous ne puissiez pas l’oublier en constituant vos matins, vos midis, vos soirs et parfois vos nuits ?) …

De manière totalement inattendue, assez désagréable, et déroutante, ce livre me renvoyait à ma propre histoire et à la Maladie. Et me rappelait que dans le fond on est toujours rapidement seul face à celle-ci.

Calendrier de l’Avent 2018 des Gratitudes

Hiiii c’est Noweeel qui approche!

C’est sur Twitter que ça se passe normalement mais j’ai raté le début, pas envie de rattraper, pas envie de le faire là-bas mais bien envie de le faire ici, et puis pas envie d’en faire une par jour mais tout d’un coup. Parce que le calendrier de l’Avent de toute façon, ce n’est pas dans mes coutumes de Noel !

1_ Le Nouveau Boulot …
Il est arrivé quand j’en avais besoin, réellement, comme une bouffée d’oxygène, comme une éclaircie dans un ciel bien sombre depuis le début de l’année.

2_ La famille qu’on se choisit …
Il y a eu des moments vraiment difficiles en 2018 et des gens qui avaient déjà été là lors des moments difficiles des années précédentes se sont avérés tout aussi présents et peut-être encore plus. Parce que ce n’est pas facile d’être présents et compréhensifs dans la durée, quand mon état de santé ne fait que s’aggraver et qu’il n’y aura pas de retour en arrière, quand ça impacte tout le monde en plus de moi.

3_ L’émerveillement encore et toujours …
Devant un beau lever de soleil sur les montagnes, devant l’eau turquoise du lac, devant l’air iodé de la Manche, devant un lever de lune, devant la première chute de neige …

4_ Les moments à soi qui font du bien …
Les temps de lecture, les séances de méditation, les moments seules en pleine nature, les randonnées …

5_ Les moments avec les autres qui font du bien …
Ce pique-nique estival au bord de l’eau à regarder un petit gars s’éclater à décapsuler des bouteilles de bière (vides), ces restos, ces discussions, ces rires, ces échanges.

6_ Cette journée passée en tête à tête avec mon père cet été.
La première depuis …. tellement de temps que je ne m’en souviens pas. C’était calme, mot que je n’associe pas souvent à ma relation avec mon père, c’était doux.

7_ Tous les livres que j’ai réussi à lire cette année.
Pas assez, jamais assez, évidemment. Mais pas un qui ne m’ait déçu je crois, beaucoup qui m’ont amusé, encore plus qui m’ont fait réfléchir même s’ils ont parfois été ardus à lire.

8_ Toutes les fois où j’ai réussi à faire plaisir à quelqu’un.
Souvent avec pas grand chose, un sachet de thé ou un morceau de fromage offert, juste la volonté de faire plaisir, d’arracher un sourire, de donner un peu de réconfort.

9_ Les vadrouilles italiennes, à Turin et dans les Cinque Terre.
Moments doux, si doux, si faciles, si évidents.

10_ Préparer les futures vadrouilles.
Italienne encore mais aussi cubaine (peut-être).

11_ Tous les vernis magnifiques posés.
Les brillants, les pailletés, les changeants, les bleus, les rouges et tous les autres. Toutes ces fois où j’ai pris quelques instants pour admirer mes ongles à la lumière.

12_ Le plaisir de la cuisine que j’ai et qui ne se dément pas même si le temps vient parfois à manquer pour ça.

13_ Les cosmétiques maison.
Je suis loin (très loin même) de faire tous mes cosmétiques moi même mais j’aime beaucoup ajouter de nouvelles recettes chaque année et étendre doucement mais surement mon répertoire.

14_ Ce recul que j’arrive de plus en plus à prendre sur la colère. La mienne un peu mais surtout celle qui ne vient pas de moi, celle qui me « contamine ». Et c’est drôlement apaisant.

15_ Les petites attentions que d’autres m’ont prodigué.
Les liens envoyés en disant « ça m’a fait penser à toi », les photos de sapin de Noel, les cartes postales … 

16_ La « réconciliation » avec mes grands parents paternels.
Mais est-ce qu’on peut vraiment se réconcilier avec des morts ? En tout cas je me suis réconciliée avec un bout de mon passé et certains de mes souvenirs, c’est déjà ça.

17_ Les clins d’œil complices, les câlins réconfortants, les bras aimants qui réchauffent et qui protègent, les discussions qui nourrissent.

18_ Toutes les tasses de thé bues cette année.
Seule ou accompagnée, tous ces parfums humés qui m’ont parfois renversé tellement ils étaient merveilleux, tous ces moments d’émerveillement en prenant la première gorgée d’un nouveau thé qui s’avère absolument délicieux.

19_ Ces rituels de Noel qu’on s’instaure avec mes amies. La Chasse aux sapins de Noel qui n’a démarré que pour me réconforter l’année où Noel s’annonçait mal pour moi, la Ste Shaya du jour où l’on fait le sapin, le Secret Santa …

20_ L’apaisement (peut-être temporaire je ne me fais pas trop trop d’illusion) dans mon rapport avec la Maladie. L’acceptation qui semble se faire. Il faut dire que les traitements médicaux ont bien réduit les symptômes les plus gênants pour le moment. Ça aide.

21_ Les nouvelles collègues avec qui le courant passe tellement bien qu’elles en oublient que ça ne fait même pas un an que je suis là. Les anciens collègues aussi, certains tout du moins, qui te donnent envie de venir tous les jours parce que les rires, les sourires et les conversations qui réconfortent.

22_ Les vadrouilles auxquelles on rêve. Pour dans 2 ans ou pour un peu plus loin. Auxquelles on rêve un peu sérieusement ou franchement pour le fun. 

23_ Tout ce que j’ai appris cette année. De l’anecdote rigolote ou insignifiante à la grande Histoire. De l’information professionnelle confidentielle à celle qui nous concerne tous. Du savoir au savoir-être ou savoir-faire. Tout ce qui m’a fait grandir encore et m’a enrichi un peu plus.

24_ Que les grands drames de cette année nous ait encore épargné moi et ceux que j’aime. Pourvu que ça dure encore longtemps …



Bon ben ça sera déjà pas mal pour cette édition !

Sur une échelle de 0 à 10 …

… 0 signifiant pas du tout et 10 le plus fort que vous puissiez imaginer, vous êtes à combien ?

 

Live and let die

 

Plus le temps passe et plus je suis embêtée quand quelqu’un me demande – sincèrement – comment je vais.

Parce que « ça va » ou « ça ne va pas », ça manque de nuances.

Et que j’ai besoin de nuances.

 

Surtout sur un sujet … toujours le même …. la fatigue !

A la question de savoir comment je vais, j’hésite toujours à répondre franchement sur le sujet de la fatigue.

Parce que je n’aime pas inquiéter mon entourage et que j’aurais envie de toujours répondre « yeah ! Tout va super bien! «  je serais tentée de toujours répondre « je suis fatiguée ». Sauf que je ne suis pas toujours fatiguée de la même façon ou tout du moins pas à la même intensité.

Mon état de base depuis plusieurs mois concernant la fatigue sur une échelle de 0 à 10 c’est 3. Tout le temps. Et manifestement je ne m’y suis pas encore habituée parce que j’ai quand même envie de répondre « je suis fatiguée ».

Actuellement (= au moment où j’écris ces lignes), j’estime ma fatigue autour de 5-6/10. Je sens nettement la différence au quotidien mais ça reste gérable, bien loin du 9/10 atteint l’an dernier pendant les fêtes. Dans tous les cas « je suis fatiguée ». Sauf que ça n’a rien à voir entre les 2, et que la nuance « je suis un peu fatiguée / je suis fatiguée / je suis très fatiguée » je ne suis pas certaine que ça parle suffisamment à mon entourage.

 

Du coup je vais peut-être instituer un nouveau rituel :

_Comment tu vas Shaya?

_Je suis à 5/10 en fatigue mais sinon ça va.

 

Je ne suis pas sûre sûre qu’ils soient prêts.

Perte

New pull d’automne

Alors voilà … j’ai quasiment atteint l’objectif de poids fixé par ma médecin.

Plus ou moins le week-end de 4j en Italie (dont j’espère pouvoir vous parler d’ici la fin du week-end prochain)(se fixer des objectifs réalistes) mais la variation ne sera pas suffisante pour remettre le résultat final en question. 

 

J’ai retrouvé mes repères avec moi-même, avec mon corps et avec mes vêtements. Evidemment il y a au fond de moi une petite étincelle d’auto-satisfaction à enfiler des vêtements et de constater qu’on flotte encore un peu plus dedans que la dernière fois. Mais dans le fond … Je n’ai jamais jamais accepté de maigrir pour des raisons esthétiques, du coup il n’est peut-être pas si étonnant que je me trouve plus moche aujourd’hui quand je me regarde dans la glace qu’il y a 1 an.

Comme si ce poids perdu faisait ressortir certaines choses de mon physique que l’on voyait moins avant. Pardon. Que JE voyais moins avant. Allez on je vais le dire, je vais l’écrire, ce qui cristallise mon attention – et mon agacement – en ce moment, c’est cette putain de poitrine. J’ai perdu 2 tailles de pantalon et 0 taille de bonnet. *soupir*

Je sais bien que j’ai des amies qui perdent elles avant tout de là alors qu’elle voudrait perdre des cuisses et du cul mais moi j’aurais volontiers perdu 2 tailles de pantalon et 2 tailles de bonnet. J’avais envisagé un temps de passer par le bistouri mais je pense (non en fait, j’en suis sûre) que mon état de santé ne me le permet plus.

 

Et puis … et puis je ne me sens pas plus belle, pas plus dans les canons de beauté de notre société, pas plus désirable, pas plus aimée, pas plus intelligente. Je m’y attendais, malgré ce que notre société nous vante, il n’y a pas de déception de ce côté là. Juste un constat … blasé.

Néanmoins soulignons l’aspect éminemment positif de cette affaire, en dehors du fait que ma médecin va être contente et que mes analyses ont évolué dans le bon sens (ce qui devrait la réjouir également) : toute cette affaire s’est faite avec beaucoup de douceur. 

La perte de poids a été lente, pas toujours continue, parfois j’ai repris un peu et j’ai trouvé ça rassurant (comme si j’avais toujours un certain contrôle, surtout les rares fois où l’idée de perdre est devenue obsessionnel), je ne me suis jamais privée de rien du coup il y a une certaine sérénité pour le moment par rapport à tout ça. On verra si ça dure. Et là dessus mon scepticisme ne se dément pas, il faudra du temps pour savoir s’il cédera.

La liste imaginaire

Mon beau sapinou ! (c’est celui de l’année dernière évidemment,je n’ai pas encore sorti le mien quand même)

 

Est-ce qu’on est que fin octobre et que je commence doucement mais surement à rentrer dans le mode « Noël » ???

Oui parfaitement !

Je commence à réfléchir sérieusement aux cadeaux de Noël que je vais faire aux gens de mon entourage et incidemment je commence à réfléchir aux cadeaux de Noël que je n’oserai jamais réclamer mais qui me ferait plaisir (tout le fameux problème entre « je veux que les cadeaux de mon entourage soient spontanés », surtout que j’ai eu de très très belles surprises à plusieurs reprises, et « oui mais ils ne sont pas télépathes »).

Du coup je la pose là, je crois que ça va devenir un petit rituel de Noël pour moi, et comme il est tôt encore, peut-être que je la complèterai!

 

Cher Papa Noël, j’ai été sage cette année, enfin au moins quelques jours sur les 365 que l’année a compté, et pour Noël je voudrais :

  • ce pull en cachemire, parce que le cachemire c’est la vie (surtout l’hiver), couleur cerise. Je l’ai déjà acheté en deux couleurs (ocre et camel) alors financièrement l’acheter en une 3e couleur ça serait carrément exagéré mais quand même elle est magnifique cette couleur non ?
  • cette encre à lèvre dans la teinte « natural red » parce qu’on a toujours besoin d’un rouge à lèvre confortable et facile à porter non ? (si)
  • Ce livre des photos de Thomas Pesquet. Ou celui là de Virginie Grimaldi qui permet en plus de faire un don à une association.
  • J’adore le vernis mais c’est quand même super risqué de m’en offrir tant j’en ai et je suis devenue difficile, néanmoins je me tâte pour Victoire de Dior depuis des semaines (p’tet que je me l’offrirai pour mon anniversaire …)
  • Dans mes envies carrément folle, il y a de m’acheter une nouvelle étole en pashmina. J’en ai ramené une de mon voyage en Inde, qui est encore impeccable et merveilleuse pendant les mois d’hiver mais j’aurais dû en acheter 78 vu le prix que je l’ai payé (prix déjà élevé mais rien à voir avec le prix que ça coute en France!).
  • Heureusement j’ai aussi des envies un peu moins onéreuses (et que je risque un peu plus de réaliser par moi même) comme cette gelée de nuit anti-âge qui a l’air trop cool (même si j’ai pas besoin de produits anti-âge encore) (je suis hyper bon public pour les textures cosmétiques atypiques, j’ai honte d’ailleurs, mais j’ai toujours hyper envie de tester).
  • Je bave un petit peu sur ce body depuis des mois (bon j’ai jamais porté de body alors c’est peut-être juste un rêve qui s’avérerait moisi dans la réalité).
  • Comme je compte bien aller à Cuba l’an prochain, le guide du routard de Cuba ça serait vachement bien. Et comme le Laos se profile pour l’année d’après, ya moyen d’anticiper 😀
  • Cette photo <3 et celle là <3 <3 et celle lààààààà <3 <3 <3
  • J’hésite toujours à savoir si j’aurais besoin de ce sac pliant là ou pas. Enfin je kiffe la marque. Et ce motif en particulier ^^’ (je pense acheter un panier pour ma mère pour Noël)

 

Wohla! Va falloir que je m’arrête, le papa Noel ne pourra jamais mettre tout ça sous mon sapin !

 

(ça fait du bien de rêver n’empêche)

Le casse-tête de Noel

Prendre son envol

 

A moins que vous me lisiez depuis peu ou pour la première fois, vous le savez sans doute : j’adooooore Noel et la période des fêtes de fin d’année!

Je sens d’ailleurs que l’excitation qui marque pour moi cette période de l’année commence doucement à monter, probablement parce que je commence à mettre en place des choses en rapport avec cette période, que je commence à penser aux cadeaux que je vais faire et à qui.

D’ailleurs rien que de l’écrire là je commence à pousser un « hiiiiii » intérieur et je me contiens pour ne pas me mettre à applaudir des mains de joie.

 

Mais il y a un truc qui me gâche toujours un peu cette période. Ce sont les tiraillements familiaux.

A partir du moment où j’ai eu 18 ans et où la gestion des vacances n’a plus été réglée par le jugement de divorce, ça a toujours été un déchirement de choisir entre mes parents. Mon père l’a bien compris et a décidé d’inviter systématiquement ma mère pour Noel afin de m’épargner ce choix.

Ça aurait dû régler toutes les tensions autour de cette période.

 

Ça l’aurait fait si … s’il n’y avait pas eu la Maladie. S’il n’y avait pas la Maladie.

Peut-être que ça changera avec le temps si tout se passe bien, peut-être que c’est encore frais dans ma tête parce que ça ne date que des dernières fêtes de fin d’année, mais j’ai de plus en plus de mal à m’éloigner de chez moi. Parce qu’en 2015, la première attaque de la Maladie a eu lieu en novembre et elle m’a laissée complètement à bout de force pour les fêtes de fin d’année et il m’a fallu bien ces 15j de congés tranquilles pour m’en remettre. 

Parce qu’en 2017, la deuxième attaque de la Maladie a eu lieu en décembre, une semaine avant mes vacances de Noel et que j’ai bien cru que ces 15j ne suffiraient pas à m’en remettre suffisamment pour reprendre le boulot.

Alors oui, pour moi, la fin de l’année c’est une période que j’adore ET un moment où je sais que je vais être probablement à bout de fatigue et où j’ai immensément besoin de repos. Alors que les fêtes de fin d’année loin de chez moi, surtout quand je dois traverser la France (littéralement) pour aller voir ma famille, c’est surtout beaucoup de fatigue. Ce sont des mauvaises nuits, des moments sans tranquillité et sans repos, des contraintes, du stress. Et je ne peux plus me le permettre. Pas sans le payer au prix fort après. En tout cas c’est l’impression que j’en ai et le besoin de rester au plus près de mon cocon pour limiter les dégâts.

Tout serait tellement plus facile s’ils n’étaient pas aussi loin …

 

Et ça j’ai beaucoup de mal à le faire entendre à mon père.

J’ai aussi beaucoup de mal à le lui dire probablement. D’autant plus quand par ailleurs je n’hésite pas à prévoir de partir 4j en Italie en Novembre et en Janvier… (mais aller en Italie et dans ma famille, c’est pas pareil)

Si bien que plus Noel approche et plus ses demandes se font pressantes pour que je vienne les voir à cette période et plus moi je freine des quatre fers.

Parce qu’on n’est même pas en novembre encore et que je me sens déjà très fatiguée, parce que je sais l’automne toujours très compliqué et chargé professionnellement, parce que je n’aurai pas de vacances avant Noel et que le froid et les épidémies hivernales n’ont même pas encore commencé.

 

Et ça m’agace de sentir cette tension augmenter au fur et à mesure que Noel approche, et mon incapacité à répondre aux attentes de mon père et à assumer clairement de ne pas pouvoir.

L’eau a coulé sous les ponts

Bientôt

 

Quand je me regarde l’année écoulée (oui je sais, qui fait un bilan un 6 octobre ?) (moi) je me dis que j’ai drôlement changé en une année. En même temps, j’ai une impression de continuité, je n’ai pas de sensation de rupture. C’est assez étrange cette sensation contradictoire.

En ce moment je fais des choses que je n’aurais jamais fait avant, au point de ne pas me reconnaître par moment. En même temps, j’étais bien bête de ne pas les faire avant …

Et j’aime que les choses bougent, qu’elles avancent dans un sens ou dans un autre. Là dessus cette année n’aura pas démérité.

 

J’ai l’impression d’être devenue plus dure, plus rugueuse dans mes relations aux autres, plus détachée aussi.

Et d’avoir pris de l’assurance également. Tout ça.

J’ai l’impression de m’élaguer au fil des mois. De me défaire de tout le superflu, tout ce qui n’est pas vraiment important, pour ne garder que l’essentiel.

Peut-être que cette sensation de changement et de flottement me vient aussi de ces kilos perdus – à la fois peu et beaucoup – en ayant l’impression de n’avoir rien fait pour ça, de cette sensation de réappropriation de certains aspects de mon corps, il y a quelques années que je n’ai pas fait ce poids là, je ne sais même plus bien dans quelle taille m’habiller.

 

Je ne pensais pas que je me dirais, en repensant à ces 365 jours écoulés, que cette année était bien. Pourtant aujourd’hui c’est ce que j’en retiens.

Oh oui elle a été rude, terriblement même, j’imagine que c’est probablement ce qui m’a rendue plus dure.

Elle a été étonnante, pleine d’inattendus, de surprises et de rebondissements, pleine de défis aussi. Ou surtout. 

 

Voyons ce que la suite nous réserve … 

Elle flambe

#Cliché

 

Je suis en train de composer son numéro mais j’ai pas envie d’appeler Béatrice.

 

Au fond de moi il y a une petite voix qui me hurle de me passer de ce coup de fil, qu’elle ne m’en voudra pas, que je peux faire l’impasse et que ça ne sera pas grave. Une petite voix égoïste. Parce que je sais que l’état de santé de Béatrice se dégrade, j’ai toujours su que ça arriverait depuis que je l’ai rencontré, elle et son cancer du pancréas-que-c’est-tout-pourri. Et je n’ai pas envie d’entendre qu’elle a des métastases qui ont essaimé un peu partout et qu’elle a de grosses douleurs. Dans le jargon, on dit qu’elle flambe. J’aime pas cette expression, j’imagine mes patients qui prennent feu et j’aime pas. Je crois que ça vient du fait que sur les images des scanners et des IRM on se met à voir plein de tâches rouges qui brillent partout et qu’elles grossissent vite, les métastases. En fait c’est pas elle qui flambe, c’est le cancer, mais il l’emporte dans son brasier.

 

Je n’ai surtout pas envie de devoir affronter la réalité en face, cette mort qui s’approche à grands pas. Non pas Béatrice svp, laissez la moi encore ! Parce que je l’aime bien Béatrice, parce qu’elle m’a touchée, qu’on a bien discuté, qu’on a même rigolé un paquet de fois. J’ai pas envie de me dire que cette conversation est peut-être la dernière, pas envie de l’entendre me remercier pour tout ce que j’ai fait pour elle (alors que j’ai fait si peu), pas envie qu’on se dise sans se le dire que c’est la fin et qu’on est contentes d’avoir pu se connaitre, pas envie de me dire que sa fille de 15 ans va devoir vivre sans elle, pas envie de me demander si elle a compris et pas envie de constater que oui elle a compris.

 

Et puis j’ai cette autre petite voix qui me dit que je ne vais pas y arriver. Que cette boule dans la gorge va finir par trahir mon émotion, qu’elle va monter dans les aigus, s’étrangler ou qu’un sanglot va m’échapper. Que ça ne sera pas professionnel de perdre ainsi ma poker face et qu’il n’est pas question que ce soit elle qui me réconforte, ça serait vraiment le monde à l’envers. Cette petite voix aussi qui me dit que je vais dire une connerie, un truc inapproprié qui va la blesser, que j’ai réussi à ne pas le faire jusque là alors ça serait dommage de commencer maintenant. Vraiment Shaya repose ce téléphone.

 

Evidemment je l’ai appelé.

Et je suis restée très professionnelle, je n’ai pas sangloté, pas gaffé. On a même ri. Elle était vraiment heureuse de me parler, de me dire merci et moi aussi j’étais contente de lui parler.

On n’enterre pas les vivants, même si le chemin qui s’annonce est moche, même si ça pue.

 

Derrière le soignant, il y a l’humain, des fois on a le cœur qui saigne un peu.

Ces étapes qu’il faut franchir

C’était chouette de vous revoir

Il y a eu un moment – dans cette journée douce-amère – où je me suis bien demandée quels embranchements de ma vie j’avais pris pour un jour, aujourd’hui, me retrouver là. Seule, dans ce cimetière, pour déposer ces fleurs.

Il y a une ironie non négligeable à ce que ce soit moi qui sois là, entre tous les membres de leur descendance pas si petite que ça, pour rendre un peu de couleurs à leur tombe et honorer leur mémoire. Comme quoi le vilain petit canard est peut-être celle qui a le plus le sens de la famille …

 

Mais en vérité je sais parfaitement pourquoi je suis là.

Pour mon père déjà, parce que ça lui fait plaisir et ça le réconforte, et ça ça n’a pas de prix.

Mais je suis surtout là pour moi aussi.

 

Des fois je lis les gens parler « d’adulting » en franchissant certaines étapes clés, en regardant les écoles avant d’acheter etc … Moi là j’ai l’impression d’être une adulte. Et de boucler une boucle.

Celle qui me permet de regarder sereinement un passé qui a longtemps été une plaie sensible. Celle qui me permet de faire la part des choses, de reconnaître que cette ville a été le lieu de moments pénibles pour la petite fille que j’étais et qu’ils ont longtemps pris le pas sur le reste mais que j’ai aussi dans ces rues une foule de mes souvenirs d’enfance les plus heureux.

Il y avait cette plage de galets sur laquelle j’ai passé des heures à jouer avec ma grande sœur, aux tomates et aux patates, ces briques rouges et jaunes polies et recrachées par la mer. Il y avait cette route pour aller à la plage, avec ces dos d’ânes que mon père prenait vite pour qu’on saute sur la banquette arrière de la voiture en riant. Il y avait cette pâtisserie sur la route de la plage où mon père s’arrêtait pour s’acheter une part de flan qu’il avalait gloutonnement sur le chemin du retour. Il y avait ce champ derrière la maison où j’allais regarder les étoiles filantes du mois d’août, et je n’ai jamais perdu le goût de ces nuits d’observation. Il y avait ce champ de maïs où nous allions chaparder un épi ou deux qui nous donnait des aphtes. Il y avait ces jours de grosse mer où nous allions nous promener sur la jetée, battue par le vent et les embruns. Il y avait ces deux poiriers dans le jardin, un pour moi et un pour ma grande sœur. Il y avait cette ferme où nous allions acheter le beurre 1/2 sel que mon grand père me tartinait si épais sur mes tartines du matin que je n’arrivais jamais à les manger. Il y avait ce plat de pommes de terre, d’haricots blancs et de crème fraîche, spécialité de ma grand mère (ou de mon grand père) dont j’aimerais tellement retrouver le goût. Il y avait cette boulangerie au bas de la maison où parfois on nous achetait un kinder. Il y avait ces bouquinistes où j’arrivais à me faire offrir un livre d’occasion de temps à autre.

 

Déposer ces fleurs aujourd’hui c’est faire un pas de côté pour examiner avec des yeux d’adulte des souvenirs d’enfant. C’est leur réattribuer une place dans mon histoire, une place juste, alors que j’ai voulu longtemps les en éliminer purement et simplement. Reconnaître qu’il y a une part de moi qui c’est forgé là avec eux et avec ces souvenirs, pas forcément la plus belle mais assurément une part solide, et qu’il faut du feu et des larmes pour que la lame tienne.

Être là c’est – non pas leur pardonner – mais admettre qu’il n’y a plus de colère et de haine dans ce que je garde d’eux, que ces rues que la petite fille à couettes que j’ai été a parcouru ne sont plus celles d’aujourd’hui et que suffisamment de temps à passer pour que les fantômes ne traînent plus sur les pavés. Que la boulangerie a laissé la place à un fleuriste dans lequel je ne suis jamais entrée, que le boucher où j’ai demandé un jour du « jambon mouillé » n’existe plus, qu’un des deux poiriers du jardin a été abattu.

Ici ce n’est plus chez moi, et je suis autorisée à y revenir comme une étrangère. Sereine.

 

Bonjour Pépé et Mémé, c’était chouette de vous revoir.

Faire de la place pour ça

I need space

 

L’amie douce m’a envoyé le lien sur le mammouth (ça fait un peu ésotérique comme phrase) en me disant « ça me  fait penser à toi ».

Ça m’a réjouit, ça me réjouit toujours quand mes amis me parlent de quelque chose qui leur a fait penser à moi.

Quand j’ai cliqué ça m’a encore plus réjouit. Tellement que je l’ai imprimé deux fois : une fois pour l’afficher dans mon bureau, une fois pour le coller dans mon Bullet Journal.

 

Ça m’a parlé ? Oui.

Preuve en est que l’amie douce avait raison …

Ça m’a parlé parce que depuis un peu plus d’un an maintenant, je médite c’est vrai. Et j’adore ces moments là, vraiment, c’est mon petit shoot de bien être quotidien. Mais la méditation comme j’entendais quelqu’un le dire il y a peu ça consiste surtout à centrer son attention.

Et le reste du temps … ben le reste du temps il faut penser au boulot et que ça prend beaucoup de place en ce moment, au rdv à tenir ou à prendre, au quotidien à assurer, au repas du soir et au ménage à faire, à la machine qu’il faut lancer et à celles qu’il faut repasser, et à tout ce qu’il FAUT faire/penser/anticiper.

Et quand j’y réfléchis, quel temps reste-t-il à mon esprit pour vadrouiller ? Pour rêvasser, pour suivre le fil de pensées sans lien avec la vie quotidienne, pour se poser des questions existentielles loufoques et incongrues ? Aucun. Et je sens bien mon esprit qui étouffe de ça.

Il faut que je fasse de la place pour ça. Je VEUX faire de la place pour ça, sortir la tête de l’eau, laisser l’esprit sortir la tête du guidon, s’évader du quotidien et monter plus haut. 

Et j’étouffe de ça.

Shaya ailleurs …

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