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Dans ma tête

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Petit chat dormant dans des bras

Réhabilitation

Petit chat dormant dans des bras
En miaou

C’est étrange comme l’histoire peut se recomposer depuis un an. Elle ne se réécrit pas, les événements sont toujours les mêmes mais ils s’assemblent différemment. Ils se rééquilibrent même en douceur.

Jusqu’à mes 18-20 ans, j’avais 2 grands mères.
Ma grand mère maternelle, que j’adorais, un vrai soutien, un pilier, un refuge, une valeur sûre pour moi et sa disparition m’a longtemps laissé un manque.
Ma grand mère paternelle, qui s’amusait à me faire pleurer aux repas, qui m’humiliait devant le reste de la famille, qui me disait que je marchais comme un éléphant, qui n’arrêtait pas de me trouver trop proche de mon père (mon faible rempart contre elle) et qui se foutait de ma gueule parce que je ne savais pas repassé à 9 ans. Aka Mémé Bourreau (dont je n’ai pas été la seule victime dans la famille loin s’en faut).

Quand Mémé Bourreau est morte, ma belle-mère m’a dit son étonnement de me voir à son enterrement, « avec tout ce qu’elle m’avait fait ». Et c’est vrai que je n’y suis pas du tout allée pour la pleurer elle. Sur le moment, j’aurais dit que j’y allais pour mon père, parce que mon absence aurait été une blessure trop béante à ajouter à celle de la disparition de sa mère. J’aurais aussi probablement dit que j’y allais pour m’assurer qu’elle était bien morte (de manière assez moche) et enterrée. Je crois maintenant que j’y allais aussi pour moi, pour tourner définitivement cette page. J’avais coupé les ponts depuis longtemps avec mes grands parents paternels, je n’avais plus de contacts avec eux même pas téléphoniques, ils n’existaient plus dans ma vie et je leur niais toute influence. A l’exception d’une seule que je reconnaissais à ma grand mère paternelle depuis longtemps : celle de m’avoir appris – dans la douleur – à me défendre y compris contre les adultes, à dire « non », à penser « va te faire foutre », à m’opposer, à m’imposer, à ne pas la fermer.

Au printemps ça a fait 13 ans que Mémé Bourreau est décédée et pendant des années rien de ce qui précède n’a bougé. Ni un ressentiment persistant et tenace, ni un écartement des souvenirs et de ce qu’ils m’avaient « légué » dans ma construction.
Jusqu’à l’année dernière.
Ça a commencé quand j’ai su que j’allais partir en vacances pas très loin de là où ils sont enterrés et où j’ai passé mes vacances d’enfance. « Pas très loin » d’une centaine de kms, ce qui fait toujours moins que les 750 qui me séparent habituellement de ces lieux. Et que j’ai décidé que j’irai fleurir leur tombe, sans que personne ne m’ait rien demandé. Que j’irai voir leur maison, que j’irai parcourir les rues de la ville. Mon père apprenant où j’allais en vacances m’a demandé d’aller fleurir la tombe mais je l’avais déjà décidé avant. Et c’était bien, et j’étais contente de l’avoir fait.

Et depuis les choses continuent doucement à se remettre à leur juste place. J’ai enfin demandé à mon père la recette de ce plat madeleine de Proust de mon enfance, et c’était Mémé Bourreau qui le réalisait et je m’apprête à le refaire quand il fera un peu plus frais.

J’ai aussi réattribué une place, surprenante (vraiment), à Mémé Bourreau dans la genèse de mon féminisme. J’ai toujours considéré que mon féminisme me venait de ma mère – qui ayant divorcé sans hésiter de mon père quand j’avais 4 ans m’avait prouvé quotidiennement qu’on n’avait pas besoin d’un homme pour s’en sortir et pour monter les meubles – et de ma grand mère maternelle – qui n’avait pas hésité elle à mettre mon grand père devenu alcoolique et violent à la porte avec 2 filles à élever dans les années 70, avait passé son permis et trouvé un travail dans la foulée.
J’ai longtemps pensé que Mémé Bourreau n’avait rien à faire dans cette histoire là (comme dans le reste ^^), au contraire. Qu’elle était l’exemple type de la bourgeoise BCBG ayant contrainte sa fille mineure enceinte à se marier pour éviter le scandale.
Et puis l’autre jour ma mère m’a fait remarquer que si mon père prenait en charge chez lui les repas, les courses et le ménage c’était parce qu’il avait grandi avec ce modèle là. Et ça m’a dessillé un peu les yeux.
Ça m’a rappelé que j’avais grandi avec le modèle d’un couple de grands parents où la femme n’était pas soumise (loin s’en faut), où mon grand père prenait largement sa part des tâches quotidiennes (notamment les repas) et dans lequel ma grand mère avait repris un travail rapidement après la naissance de ses enfants. Ce qui n’était somme toute pas si courant que ça dans les années 70.

Ça n’enlève rien au fait que ma grand mère a obligé sa fille mineure enceinte à se marier pour éviter le scandale, ça n’enlève rien à tous les autres dégâts qu’elle a pu faire, ça dit juste que rien n’est jamais aussi tranché qu’on le voudrait et qu’on peut avoir en soi des influences qu’on n’avait pas vu venir.

Calligraphie

L’écriture me manque.
L’écriture manuscrite me manque.
Pour ce qui est de coucher mes mots j’ai la chance d’avoir ce blog et sinon ça me manquerait aussi.

Ce qui me manque c’est le stylo qui court sur le papier, ce sont les lettres tracées par ma main, c’est le poignet qui s’endolorit d’avoir beaucoup écrit. C’est l’odeur du papier, les lignes tracées sur la page pas vraiment blanche de ce fait, l’encre qui inscrit et le blanc pour corriger la phrase quand la pensée s’est égarée ou que l’accord a été mal effectué.

L’école me manque rien que pour ça. J’ai la nostalgie des kilomètres d’écrits notés, de ma trousse remplie de différents stylos. J’adore les stylos, aujourd’hui encore, je suis sensible à la façon dont ils écrivent, à la joliesse qu’ils donnent ou pas à mon écriture.

J’ai la nostalgie des centaines de pages écrites à ma meilleure amie pendant que j’étais à la fac pour lui raconter au jour le jour ma vie. Du stylo plume et du stylo bille, des feutres fins de couleur.
J’ai la nostalgie aussi des écrits qu’on retrouve un jour par hasard en vidant une armoire ou un grenier.

Comme tout le monde je passe beaucoup de temps sur l’ordinateur. J’écris toujours beaucoup mais c’est par le clavier que je le fais. J’envoie des mails, je rédige des documents, je m’escrime sur Excel pour faire des tableaux, et le poignet est douloureux de manier la souris au lieu du stylo.
Pourtant je ne suis pas très douée pour réfléchir sur informatique, régulièrement il me faut revenir au papier pour organiser mes idées, gribouiller et raturer à la main pour savoir ce que je vais dire et écrire et dans quel ordre.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien je pense si le Bullet Journal – son carnet et cette nécessité d’écriture – me convient autant, si j’y prends autant de plaisir malgré les années qui passent, et que je n’ai jamais pu passer aux méthodes d’organisation numériques sur ordinateur ou smartphone.

Mais le Bullet Journal ne comble pas mon envie d’écrire régulièrement un long texte, même pas une belle phrase en fait.
Du coup je me demande si je ne vais pas essayer de m’écrire régulièrement une lettre.

Lac d'Annecy entouré de montagne

On oublie…

Belle fin de journée

J’ai la chance, la grande chance, d’habiter dans un endroit magnifique.
Et des fois je l’oublie.
En fait, souvent je l’oublie.
Prise par le quotidien, la circulation trop dense, les journées tunnel qui ne laissent pas de répit pour relever la tête et réaliser la chance qu’on a (d’être là, d’être heureuse, d’admirer l’arbre face à ma fenêtre et les oiseaux qui nichent dedans), prise par les désagréments de cette ville touristique, à la croissance de population effrénée, prise par la météo grise et froide.

J’oublie d’admirer les superbes montagnes face à ma fenêtre, j’oublie d’admirer la couleur du lac, j’oublie qu’en 1/4 je peux être en pleine nature, j’oublie qu’en sortant du travail je peux aller le baigner, j’oublie la neige qui fait briller la ville l’hiver.

Et puis il suffit d’une étincelle pour que mes yeux se dessillent et que la magie et la mémoire me reviennent.
Le virage d’une route qui m’offre un panorama superbe sur le lac ou le Mont Blanc, l’éclat d’une forêt rousse au soleil de l’automne, le chant des oiseaux ou la rencontre des marmottes lors d’une balade en montagne, les premières neiges qui viennent illuminer les sommets.


C’est pareil avec les gens qu’on aime.
On oublie la chance qu’on a.
Pris dans le quotidien qu’il faut assumer jour après jour, pris dans les habitudes, pris dans les certitudes.
On oublie les rires, les conversations qui font grandir et réfléchir, la complicité, les découvertes. On oublie tout ce qu’ils apportent à notre vie.

Et des fois on ferait bien de s’en souvenir et de retrouver la magie.

une statue du dieu ganesh

Relativité de la saleté

une statue du dieu ganesh
Mon cher Ganesh <3

L’autre jour dans un musée, alors que j’étais assise sur un banc à contempler une oeuvre, une dame est arrivée pour s’asseoir à côté de moi. Il y avait une petite trace sale sur la place libre, que je n’avais pas vu, comme un truc renversé et essuyé mais qui aurait laissé une trace colorée que personne n’aurait frotté vigoureusement pour la faire disparaître. Elle s’est mise à pester vraiment très fort que quand même il pourrait nettoyer dans ce musée et que le monde partait à sa perte et blablabla.

Intérieurement je n’ai pas pu m’empêcher de rigoler. C’était rien et elle en faisait tout un drame. C’était vraiment rien comme saleté, ça ne collait pas, ça n’allait pas tâcher ses habits. Et puisque justement elle avait des habits, ça n’allait pas la souiller elle, ça n’allait pas passer la barrière de sa peau et déclencher une septicémie. Mais je me suis mordue la joue pour ne rien dire et je me suis souvenue …

Il y a eu un temps où je n’acceptais pas de yaourts périmés depuis ne serait-ce qu’un jour (personne ne parlait alors des DLC qu’on peut allègrement dépasser), où je refusais de manger avec les couverts utilisés par quelqu’un d’autre (de très proche hein), où je n’allais pas dans des toilettes à la turc ni dans des chiottes publiques pas absolument impeccables et quand bien même elles étaient propres je ne posais jamais un bout de peau sur la lunette, où je tombais dans les pommes à l’idée de m’asseoir sur un banc un peu sale/vieux. J’exagère … mais à peine et je pense que vous voyez l’idée. J’avais été élevée dans une conception très occidentale de l’hygiène, et la moindre saleté risquait de déclencher une terrible maladie et de me tuer.

Et puis … je suis allée en Inde.
Je me suis levée dans des chambres dans lesquelles il y avait des cafards (et ça ne paraissait rien parce que de l’autre côté de la porte il y avait des rats du coup les cafards c’était bien), je me suis douchée avec un seau et de l’eau de pluie récupérée sur le toit, j’ai été dans des toilettes qui n’était qu’un trou dans un sol et dans d’autres qui étaient un cloaque à ciel ouvert plutôt que des toilettes, je me suis lavée les dents à l’eau purifiée pour ne pas rester à me vider 3 semaines, j’ai marché dans des rues qui n’avaient probablement jamais vu la propreté, j’ai marché dans des rigoles de saleté drainées par l’eau de la mousson, j’ai dormi dans un lit dans un hôtel Hyatt dont les draps avaient gardé des tâches propres (et je me suis dit qu’il n’y avait qu’en Inde qu’on pouvait voir un truc pareil dans un hôtel de ce standing), j’ai acquis des réflexes dont celui de ne JAMAIS boire de l’eau du robinet dont j’ai mis plusieurs jours à me débarrasser à mon retour, j’ai prié pour que le vendeur à la sauvette ait dit vrai et n’ait pas mis de glaçons dans le jus de fruits, j’ai croisé les doigts pour que les plats, les couverts et les verres des restaurants aient été lavés avec au moins un peu de savon.

Et ce voyage en Inde a beaucoup changé mon rapport à la saleté. Ce fameux lâcher-prise qu’on nous enjoint à atteindre souvent et que je recherche parfois, je l’ai acquis là bas concernant l’hygiène. J’ai appris qu’une tâche de saleté ne pouvait pas nous tuer mais que de l’eau contaminée était fatale, qu’on pouvait faire pipi dans à peu près n’importe quelles conditions sans risque sanitaire mais que se retenir entraînerait à coup sûr une cystite bien plus préoccupante, que la peau était une barrière bien solide tant qu’on n’avait pas la moindre plaie.
Depuis que je suis rentrée je mange des yaourts périmés, je pose mes fesses sur la lunette des toilettes et j’utilise les toilettes à la turc sans rechigner, et parfois je consens à utiliser la fourchette de quelqu’un d’autre pour croquer un truc (mais la cuillère je ne peux pas!), je m’assois sur des endroits un peu crade en me disant que la machine à laver fera le reste et que ça n’est pas si crade.
Et je me marre intérieurement quand j’entends mes collègues dirent qu’elles défont TOUT le lit pour voir l’état de la literie quand elles dorment dans un hôtel (en France), ou qu’elles en s’assoient même pas sur la cuvette des toilettes de l’hôtel, ou qu’elles sont scandalisées parce que potentiellement la femme de ménage a utilisé la même lavette pour nettoyer le lavabo et la lunette des toilettes. L’Inde m’a vraiment beaucoup détendue sur ce sujet.

Mais je suis encore plus chiante sur le lavage des mains et sur la désinfection des plaies.


nb : cette article de Marion Montaigne sur la lunette des toilettes (en vidéo ici) m’a bien aidée à me conforter dans ma détente sur le sujet.

Oscillations

De droite à gauche et de gauche à droite

En ce moment j’oscille beaucoup. Voire j’ai la sensation d’osciller en permanence, sans moment stable.
Entre l’impression que je pète la forme et celle que je vais m’effondrer physiquement.
Entre l’impression de beaucoup trop m’écouter et celle que je devrais le faire beaucoup plus.

Cette période de canicule est comme je le redoutais rude physiquement pour moi. Tension dans les chaussettes (enfin elle baissait déjà dans les 15j avant), tachycardie par moment, sensation d’épuisement, jambes qui flageolent et tête qui tourne.
Ça me fait mal de le dire mais peut-être bien que j’ai rejoint le club des « personnes fragiles ».

Mais pas tout le temps.
Il y a des matins où je vais bien, des moments où un brin de fraîcheur me remet en route, il suffit parfois de quelques minutes allongées pour que cette baisse de tension et la faiblesse qu’elle induit ait disparu.

Du coup je ne dis rien à mon entourage. Ou alors juste que « je vais doucement » en ce moment. Alors qu’en fait il y a des moments où je suis vraiment mal, à deux doigts du malaise ou de l’effondrement; et des moments où je vais vraiment bien. Et pas tellement d’entre-deux.

Je ne dis rien parce que dire c’est reconnaître que … Que physiquement je suis tout sauf un roc, qu’il faut qu’ils fassent attention à moi (avec en plus tout le risque de déception autour de ce sujet).
Je ne dis rien parce qu’eux vont dire quoi ? De m’arrêter ? Je travaille dans un lieu climatisé, c’est encore là que je suis le mieux, si je pouvais j’y dormirai mais y être implique, oui, de travailler.
Je ne dis rien parce que … qu’est-ce que ça va changer de le dire justement ? Rien.

Alors autant se taire, courber le dos en silence quand je suis au bord de l’effondrement, en attendant que ça passe.

Rétrospective photo

Vivre là-bas tout l’été

J’aime bien me replonger dans mes photos. Surtout – on ne va pas se mentir – dans celles de mon smartphone ou d’Instagram, accessibles à tout moment et parfois plus représentatives de « moments de vie » que celles faites avec mon APN.
Régulièrement je me fais un petit trip photos des derniers mois/années.

Là je suis tombée sur les photos prises par et avec mon petit frère quand il est venu en février. J’aime tellement revoir ces photos de lui, de nous, de notre complicité. J’aime garder la trace de sa silhouette dégingandée de ces 17 ans. J’aurais plaisir à la regarder plus tard et à me remémorer ces jours et nos rires.
Je regrette d’ailleurs de ne pas avoir plus de photo de lui, de son enfance, des changements qu’il a connu au fil des années. J’en ai fait – j’ai le souvenir d’une photo de lui et de sa bouille de coquin quand il avait 6-7 ans – mais les tirages photos se sont perdus et même si c’est flippant de voir Google être capable de savoir où j’ai pris un certain nombre de photos sans que celles-ci aient été géolocalisées (je supprime toujours la géolocalisation de mes photos) c’est quand même bien pratique aussi cette mémoire numérique qu’il stocke et garde.

Je prends très peu de selfies (et j’en conserve encore moins), je me moque de me voir moi mais j’aime garder la trace des autres et documenter les moments passés ensemble. Souvent je me dis après que j’aurais dû prendre plus de photos … ou moins en supprimer après parce que je trie très souvent et parfois trop sévèrement.
En plus j’ai mis longtemps à prendre ces photos là. Longtemps j’ai préféré les photos sans personne dessus, celles grandioses de paysages ou de villes mythiques – de celles qu’on peut mettre sur Instagram en s’attirant des « wahou » – sans que mes proches apparaissent dessus. Je préférais prendre des portraits volés d’eux mais je n’y pensais pas forcément ou alors je n’étais pas contente du résultat. Je n’aime toujours pas trop les photos posées mais désormais je m’oblige à en faire. Pour garder une trace d’eux, de ce moment vécu ensemble, parce que finalement avec le recul ce sont ces photos là qui comptent le plus au fur et à mesure que les années passent.

Je ne suis absolument pas nostalgique du temps qui passe, j’aime chaque nouvelle journée et les possibles dont elle est la promesse, j’aimais prendre soin de mon petit frère quand il était enfant mais je ne troquerais pour rien au monde notre complicité maintenant qu’il devient adulte. Mais je suis de plus en plus nostalgique que ce temps passé le soit sans avoir laissé de traces, sans souvenirs à regarder, sans photos à comparer, sans rappels à la mémoire.

Alors je commence à documenter le présent pour le futur et pour que les moments passés et les choses faites ensembles ne sombrent pas dans l’oubli.

Couper

Vautour planant dans le ciel

Je suis rentrée de Cuba hier et j’ai tant à dire sur ce pays.

Je ne sais pas bien encore comment je vais rédiger et organiser tout ça, tout ce que j’ai à dire, à montrer, tout ce que ce pays m’a inspiré comme pensées tout au long des 2000kms parcourus sur ces routes (et comme photos puisque j’en ai 1200 à trier). Il faut dire qu’à l’heure actuelle la fatigue (du voyage, du retour, de la nuit en avion), les 6h de décalage horaire, la perte de 20° de température, le jet lag neuronal (je n’ai pas encore sorti le moindre « buenos dias ! » mais ça ne saurait tarder) n’aident pas à la réflexion.

Comme prévu, Cuba a été une formidable déconnexion d’internet. J’ai réussi à publier quelques photos sur Instagram (difficilement) au bout d’une semaine mais pour le reste ça a été la coupure. Je recommande d’ailleurs la destination à tous ceux qui auraient besoin ou voudraient faire une vraie pause internet et réseaux sociaux.

Et ça m’a fait un bien fou …
J’ai d’ailleurs bien du mal et pas envie de m’y remettre.
Ce voyage en général m’a fait un bien fou. Surtout parce que pendant 15j je ne me suis occupée que de moi, je n’ai géré que moi, le monde s’est débrouillé sans moi. Ni mieux ni mal que si je m’étais occupée de lui.

J’ai envie d’écrire que je suis fatiguée des gens, mais je sais que ceux qui vont le prendre pour eux ne seront pas ceux qui me fatiguent mais ceux – pas si nombreux – qui m’ont manqué pendant ces 15j de coupure.

Le fait est surtout que j’ai conscience qu’un certain nombre de réseaux sociaux (Twitter pour ne pas le nommer) me coûtent. Me coûtent beaucoup. D’énergie et d’autres choses. Et que j’ai l’impression d’y rester pour de mauvaises raisons sans savoir comment changer ça sans perdre ou réduire le contact avec un certain nombre de personnes avec qui je ne veux pas perdre ni réduire le contact.

Bref le constat est là, je ne sais pas quoi en faire, encore moins avec mes neurones qui sont toujours en balade quelque part au dessus de l’Atlantique.

Je me fatigue

8 jours – dont 5 avec fièvre – c’est le temps qu’aura duré ce rhume. Enfin ce qui ressemblait à un banal rhume au départ avant de ressembler un temps plutôt à une sinusite.

A posteriori, et si j’avais su que ça durerait aussi longtemps, je me dis que j’aurais dû m’arrêter. Ces derniers jours ont été un vrai calvaire, rajoutant de la fatigue à la fatigue, se lever le matin a été une vraie gageure, assurer les journées un vrai défi.

Je ne l’ai pas fait parce que … parce que ma stagiaire, parce que les 3 semaines de vacances qui arrivent, parce que le week-end qui va suffire, parce que à quoi ça sert de s’arrêter le lundi alors qu’on est malade depuis le mercredi soir ?

J’aurais dû m’arrêter ok …

Mais même en me disant ça et même en sachant que ça aurait été mieux je ne peux empêcher une petite voix triomphale, pleine de fierté, dans ma tête de dire : « Tu l’as fait finalement non ? Tu as tenu ? Alors pourquoi tu aurais dû t’arrêter hein ? »

Dans mes innombrables défauts il y a … l’entêtement.
C’est aussi une qualité qui me sauve souvent je crois. Mais franchement parfois ça me dessert d’une force cette façon que j’ai de ne. jamais. vouloir. rien. lâcher.
Une obstination totale même envers moi même.
Ne jamais réussir à me dire « ok très bien tu n’es pas à l’article de la mort mais tu vas t’arrêter quelques jours quand même » sans le vivre comme un atroce aveu de faiblesse et craindre l’accusation de fainéantise.
Ne pas non plus pouvoir m’empêcher de ressentir une immense fierté a posteriori d’avoir réussi à tout faire et tout tenir alors que franchement sur le moment j’en ai bavé. Comme si j’étais en perpétuel défi contre moi-même.

Je me fatigue.

Vous serait-il possible de la fermer svp ?

Keep calm and breath

Un matin, au réveil, en ouvrant mon flux instagram j’ai découvert cette image de Sketches in Stilness (que j’aime beaucoup d’une manière générale) et ça m’a fait comme une petite révélation : « c’est tellement ça ».

Je suis fatiguée de l’avis des autres. Et je suis fatiguée qu’ils me l’imposent constamment.
Oh je ne dis pas que je suis toujours parfaite en la matière loin de là. Ça doit m’arriver quelque fois, ça m’arrive surement quelque fois. Mais j’essaye d’éviter d’imposer aux autres ce que je pense du gouvernement en place, de celui d’avant, et de tout un tas d’autres sujets moins politiques mais pas moins polémiques … et je ne dois pas trop mal réussir puisqu’une fois, un ami proche, vraiment proche, m’a dit une fois « mais en fait je ne sais même pas pour qui tu votes » (plus beau compliment) alors qu’on avait parlé politique plusieurs fois ensemble (mais sans que je lui impose MON avis manifestement).

Ça ne veut pas dire que je n’en ai pas d’avis. Sur le réchauffement climatique, sur l’église, sur les fonctionnaires. Simplement que je le garde pour moi. Je ne ressens pas le besoin de l’étaler partout, je ne ressens pas le besoin d’en parler partout, ni de le confronter à celui des autres pour le renforcer ou me sentir détentrice de la parole sacrée et chargée de l’imposer.

J’évite aussi d’imposer mes opinions parce je sais qu’on ne m’en fera pas aisément changer. Et qu’on ne parle pas aux murs, pas plus qu’ils ne se parlent entre eux. Je me suis rendue compte récemment que j’étais franchement solide sur mes bases, que je mettais du temps pour construire mais avis mais que je n’en changeais pas facilement : j’ai fait quelques séances d’hypnose, une histoire de sommeil perturbée qui ne s’arrangeait pas comme je voulais depuis qu’une nuit de novembre 2015 je me suis réveillée avec un steak tartare à la place du mollet. Et j’ai raconté tout ça et tout ce qui concernait la Maladie à l’hypnothérapeute. Parce qu’il était évident pour moi que mes rapports compliqués avec le sommeil s’étaient noués là, dans l’abandon de la nuit où la Maladie avait porté sa première banderille. L’hypnothérapeute n’a pas pu s’empêcher de vouloir chercher une cause psychique à la Maladie, une explication, une raison, une trace dans mon histoire qu’il pourrait relier. Et je lui ai gentiment mais fermement fait comprendre qu’il ne fallait pas, qu’il n’en trouverait pas, qu’il n’en trouverait jamais. Que j’avais cherché un temps aussi au fin fond de mon cerveau avant de réaliser comme c’était vain, que ça ne changerait de toute façon rien. Il a fait marche arrière. Lui.

Mes proches apprennent vite que le silence n’est pas un problème pour moi, que je peux me passer de dire et d’exprimer si on ne me donne pas l’espace nécessaire pour ça.
L’autre jour, au café, mes collègues disaient qu’elles trouvaient qu’en réunion on ne s’écoutait pas assez les uns les autres. Je rigolais en me disant qu’il nous faudrait un bâton de parole. Quelques instants plus tard, sur un autre sujet, deux d’entre elles m’ont coupé la parole en forçant le volume de leur voix pour couvrir la mienne et réagir à ce que je venais de dire sans me laisser finir ma phrase. Je ne l’ai jamais fini. Je ne dis pas que mon avis ne peut pas être intéressant, mais il mérite qu’on lui laisse de la place, je ne vais pas forcer à parler plus fort que les autres pour l’imposer.

J’aimerais bien qu’on me rende la pareille parfois.

Créer des liens durables

Carte postale noire sur laquelle il est écrit "il faut donner sans se souvenir et recevoir sans oublier"
Mes patients <3

C’est à eux qu’il faudrait demander évidemment, mais pendant longtemps je n’ai pas été une grande sœur très … impliquée auprès de ma petite sœur et de mon petit frère.

Je leur ai porté un amour fou dès le premier regard, là n’était pas la question. Et la différence d’âge ôtait tout risque de jalousie et tout enjeu de ce côté là. Mais j’ai longtemps eu un peu de mal à trouver ma place : je n’ai jamais vécu avec eux (contrairement à notre grande sœur), ça m’a toujours prodigieusement gonflé de jouer avec eux (ça me gonfle encore adulte de jouer avec un enfant alors ado je ne vous dis pas …), et j’étais une des grandes sœurs mais pas LA grande sœur puisqu’il y en avait une avant moi qui se positionnait en plus très fort sur ce secteur de référence et d’autorité.

Finalement, c’est en les voyant atteindre l’adolescence que j’ai voulu d’une part créer un lien plus fort avec eux en me disant qu’après il risquait d’être trop tard. Et puis j’ai aussi assumé de pouvoir avoir une place de grande sœur sans rien voler à la mienne. Au final je crois que j’ai pas mal réussi pour le moment et ça m’a donné de l’élan et à réfléchir pour d’autres liens …


Il y a eu mon Filleul déjà, fils de mon meilleur ami. Avoir un « statut » officiel m’a aidée à me sentir légitime pour avoir envie de jouer un rôle dans la vie de cet enfant pour qui je ne suis rien à part être l’amie de ses parents. D’autant que j’ai la volonté forte – comme pour les autres même si j’ai un statut différent – de ne pas juste être la marraine qui envoie un cadeau pour Noël et son anniversaire (comme mon parrain l’était). Je lui en envoie évidemment mais je ne veux pas avoir un lien purement « économique » avec lui alors j’essaye de trouver d’autres façons d’exister, ce qui n’est pas forcément évident avec la distance puisqu’on habite loin les uns des autres. Je suis d’ailleurs persuadée que les parents jouent un rôle évident, en me faisant exister auprès de lui …


D’eux même puisqu’au delà de mon Filleul il y a cet enfant de la mer et du soleil, qui m’envoie des cartes postales quand il va dans un musée et qui m’associe aux lacs <3. Et son petit frère à naître. Et le fils de ma meilleure amie qui devrait bientôt pointer le bout de son nez (que des garçons … je veux des filles !). Et j’ai du mal un peu à assumer d’avoir envie d’exister pour eux – j’ai peur d’empiéter et d’être maladroite par rapport aux parents alors que je ne suis rien à part une amie douce -, d’assumer de m’intituler « Tata Shaya » alors que je n’ai pas les liens du sang qui donnent droit théoriquement à ce titre. Mais est-ce qu’on a vraiment besoin des liens du sang pour être « Tata Shaya » ? Est-ce qu’on a vraiment besoin d’un titre pour se sentir légitime ?

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