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Cogito

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Jamais aussi simple que l’on croit

Oui c’est mon Bullet journal professionnel … ^^’

 

Je ne sais plus exactement quand j’ai décidé ça.

Dans le courant de l’année dernière ? A la fin ? Au début de celle-ci ? Je n’arrive pas à me souvenir précisément.

Ce n’était pas une « bonne résolution de début d’année » ça c’est sur. Mais bon c’est facile d’en être sûre, je n’en prends jamais.

 

Bref ! Toujours est-il qu’un jour j’ai décidé d’arrêter de travailler le soir et/ou le week-end de chez moi. C’était pas tous les soirs ni tous les week-ends mais régulièrement en période de rush je répondais à un mail, je finissais un document à rendre, j’avançais une présentation que j’avais à faire. Donc un jour, j’ai décidé d’arrêter. D’une part, parce qu’on me disait que ça n’était pas normal – enfin non on ne me le disait pas comme ça frontalement mais j’avais souvent des retours, des remarques qui le sous-entendait -, d’autre part par ce que j’en avais marre de faire des heures « non payées » alors que je suis déjà pas payée cher. Et puis je me disais que j’avais besoin de retrouver du temps pour moi, on me le répétait assez. Sans compter que ramener du travail à la maison, ça n’était peut-être pas très sain.

Alors je me suis débrouillée pour faire tout ce que j’avais à faire sur mes heures de travail officielles et me tenir strictement à « plus jamais rien depuis chez moi ». 

 

Sauf que … 

Sauf que depuis le début de l’année je me retrouve d’un coup à gérer 4 gros projets et à devoir jongler entre chacun. Et bien sûr chaque intervenants sur les différents projets pensent que je ne suis dédiée qu’à lui seul et attend donc je ne me consacre qu’à ça et que je réponde/réagisse instantanément sans tenir compte du temps effectif que j’ai à lui consacrer ni de mes autres impératifs. Et bien sûr la loi de Murphy le voulant, toutes les sollicitations tombent en même temps suivi par d’immenses plages de vide. Ou tout du moins de « moins plein ». Mais je m’en tenais à mon strict « pas de travail depuis chez moi ». Et je voyais mes listes de tâches à faire s’allonger sans fin dans mon Bullet Journal pro, je voyais mes réponses aux mails se décaler d’au moins une semaine, je voyais les choses moins prioritaires traîner jusqu’à devenir ultra-prioritaires.

 

Depuis plusieurs semaines, je dors mal. Souvent je me réveille en pleine nuit le cœur battant. Stress et anxiété. J’ai mis ça sur le compte de tout ça. Mais en rentrant de ce grand week-end de Pâques où j’ai réussi à pleinement déconnecté avec tout et me changer les idées j’ai réalisé aux pensées qui me revenait pendant le voyage du retour au fur et à mesure que je me rapprochais de mon domicile qu’il était un peu facile que je mette tout le compte de mon état de santé.

Différer les choses parce que je n’ai pas eu le temps de les traiter/finir ne me convient pas et m’interdire obstinément de le faire de chez moi ne fait qu’amplifier les choses. J’ai beau les noter dans mon Bullet Journal, je ne les y dépose pas, elles me polluent la tête inconsciemment et me reviennent en mémoire de manière récurrente à la faveur d’une association d’idées ou d’un rappel de mon inconscient, avant que je ne les oblige à reculer en me disant « non ça tu as dit que tu t’en occupais mardi ». Et ce bruit de fond mental finit par générer une anxiété majeure alors que si je règle les choses rapidement, je reste sereine.

 

Donc je vais recommencer à faire ponctuellement certaines choses depuis chez moi. On verra si ça me permet d’être un peu plus sereine. Je sais que le mieux serait que j’arrive à tout faire sur mes heures de travail ou tout du moins sur des heures payées mais pour l’instant l’organisation de mes journées rend ça impossible et j’ai bon espoir que les projets finissent par ne plus en être un jour prochain et par rouler plus ou moins. Ne criez pas au burn-out trop vite.

Schrödinger

Ouvrir grand les yeux pour se rappeler que le beau est là aussi.

 

En ce moment, j’ai envie de dire à mon entourage « s’il vous plait, pour une fois, rien que pour une fois, s’il vous plait ménagez moi ». Non c’est faux, je n’ai pas envie de le dire, j’ai envie de le crier, de le hurler même de toutes mes forces.

J’ai envie qu’ils se sentent bêtes, j’ai envie qu’ils prennent une grosse claque dans la figure, j’ai envie que pour une fois ce soit eux qui prennent un peu sur eux, au lieu que ce soit moi comme trop souvent.

C’est de ma faute en grande partie s’ils ne le font pas, parce que je ne leur hurle pas dessus justement, parce que je donne le change. Je gère. J’en donne l’illusion tout du moins, comme souvent, alors qu’en vérité je vacille sévèrement. Il est vrai que je ne me suis pas écroulée comme cette fois-là, que je n’ai pas la sensation d’avoir plongé dans un gouffre en me demandant si j’arriverai à m’en sortir, que je ne pleure pas tous les soirs. Il est vrai que je continue à rire, à parler, que la vie continue.

Peut-être parce que je suis plus mature, plus endurcie, que les expériences m’ont tanné l’âme. Peut-être parce que je l’ai voulu, que j’ai réclamé qu’on cherche, qu’on fouille et donc qu’on trouve. Peut-être parce que le déroulé des faits c’est effectué sur plusieurs mois, me laissant le temps de m’habituer. Peut-être parce qu’on n’est pas encore arrivé au bout des examens et que j’attends d’avoir l’ensemble pour m’effondrer. Peut-être parce que je n’ai même pas la force de m’effondrer et que la seule chose que j’arrive à faire c’est tenir, encore un jour, puis un autre.

Peut-être tout simplement parce que la peur – primale, celle qui te sert la gorge et s’enroule autour de ta colonne en t’empêchant de respirer – prend le pas sur la peine.

Je me sentais comme un chêne, je me sens désormais comme un roseau qui menace d’être arraché par la pire des tornades …

 

C’est de ma faute aussi, parce qu’en ce moment je ne sais pas ce que je veux des autres.

Je veux qu’ils soient présents et je veux qu’ils me lâchent la grappe. Je veux qu’ils ne fassent pas toute une histoire de tout ça et en même temps je ne veux pas qu’ils traitent ça comme une événement anodin. Je veux qu’ils se tiennent au courant et en même temps je ne veux pas qu’ils me posent de question. Je ne veux pas avoir à gérer leur stress/angoisse/inquiétude/question mais je ne veux pas qu’ils traitent ça froidement. Je veux qu’on me fasse rire et qu’on parle d’autre chose et je ne veux pas qu’ils fuient le sujet. Je veux un câlin et je veux qu’on me laisse seule. Je veux qu’ils me racontent leurs vies et je veux qu’ils m’épargnent leurs émotions trop violentes que je ne peux pas encaisser actuellement. Je veux qu’on me traite comme une petite chose fragile et qu’on ne me traite pas comme une petite chose fragile !

Je veux tout et son contraire et ça m’épuise. Je n’ose pas imaginer si je me laissais aller à le faire subir à mon entourage …

 

 

Dans ma famille (je ne sais pas s’il est partagé par ailleurs, je ne l’ai pas retrouvé sur internet) on a un dicton : « il ne faut pas aller chez le médecin, on en ressort toujours malade ».

J’y pense beaucoup en ce moment, chaque fois qu’une nouvelle consultation, que de nouveaux examens, en entraînent d’autres parce qu’une fois qu’on a commencé à peindre un tableau il faut aller jusqu’au bout et dessiner l’ensemble du motif. Même quand il est beaucoup plus moche et effrayant que ce qu’on avait imaginé – les médecins comme moi – au début.

J’envie aussi beaucoup en ce moment, les gens qui peuvent se réfugier dans une certaine part d’ignorance. Ça « m’amuse » toujours de voir les gens râler que les médecins ne leur ont pas tout dit. Des fois c’est justifié, et des fois …

J’envie cette part d’ignorance qu’ont les autres quand je parle avec mes propres médecins. J’en voudrais tellement quelques miettes, au moins un peu pour me préserver d’en savoir trop. Mais elle m’est interdite. C’est ça de travailler dans le milieu, je connais les silences et les faux fuyants, les implications derrière les mots prononcés. Je sais que quand la secrétaire m’a dit « ne vous inquiétez pas, s’il y avait quelque chose de grave elle vous aurait appelé » elle avait raison et que quand la médecin a appelé… Eh bien… Je sais que quand la médecin m’a dit « ne vous inquiétez pas » elle l’a fait avec toute la meilleure intention du monde, que l’inquiétude empire tout et n’apporte rien, et que c’était ce qu’elle était censée dire. Mais je connais trop bien les rouages du paquebot pour ne pas savoir que si elle s’est occupée elle de m’avoir un rdv avec tel autre médecin en moins d’une semaine ce n’est pas pour mes beaux yeux et ma gentillesse. Je sais que quand le médecin me dit « si vous avez mal quelque part, vous foncez aux urgences et vous leur dites que vous avez ça » elle ne rigole absolument pas et qu’intérieurement elle pense « AVC/infarctus/TVP » (dans l’ordre que vous voulez) même si elle ne le dit pas. Et je sais aussi que pendant l’auscultation si elle teste mes articulations, si elle me pose certaines questions bien particulières, c’est pour éliminer une autre maladie. Et je sais enfin en épluchant mes prises de sang à 180€ l’analyse que les reins vont bien mais que le foie bof et que ya l’air d’avoir une belle anémie cachée.

Et j’aimerais vraiment ne pas savoir tout ça, ma vie serait plus … légère. Comme ça j’aurais juste une maladie auto-immune pas connue au nom bizarre (mon corps qui s’attaque lui-même, je ne sais même pas pourquoi ça me surprend en fait), dont je ne comprendrais rien. Et je ne me scannerais pas constamment en me demandant dès que j’ai mal à la tête si je fais un AVC ou dès que j’ai une douleur dans la poitrine si c’est un infarctus.

Alors oui vous avez le droit de savoir évidemment, de tout savoir, mais le voulez-vous vraiment ?

Moi en tout cas je crois que je dormirais mieux si je ne savais pas tout ça, ou moins.

 

Alors oui j’ai voulu savoir. Et même si là j’ai l’impression de m’enfoncer des aiguilles sous la peau petit à petit, même si je me sens encore plus une fin de lignée déficiente, je sais que c’est une bonne chose, que ça m’évitera peut-être de faire un AVC à 32 ans si on fait tout bien comme il faut avec les médecins et qu’on a de la chance et que ça ne s’aggrave pas, qu’un jour j’arriverai à mettre tout ça au clair dans ma tête, à accepter cette maladie de Schrödinger : à la fois malade et pas malade, et à accepter le traitement lourd à vie qui guérit rien parce qu’on peut pas mais qui évite les pires conséquences (peut-être).

Mais en attendant s’il vous plait, ménagez moi.

Le temps pour dire

Think ?

J’ai un rapport étrange – et difficile je crois – au « dire » par rapport aux autres personnes pour qui ça a toujours l’air plus simple.

Oh je parle dans la journée, beaucoup même, collègues et patients obligent. Je parle de la météo, de nourriture (beaucoup hin hin hin, ça reste un sujet hyper fédérateur en France), de la dernière expo vue, des fois je fais des blagues (mais souvent de manière involontaire car je suis cette nana qui n’arrive absolument pas à raconter de manière drôle une anecdote humoristique) …

Small talk.

Avec lequel j’ai beaucoup de mal souvent d’ailleurs tant il me pèse et m’agace parfois alors que je préférerais moi y substituer un peu de silence et de mots retenus, mais auquel je me plie, on ne peut pas toujours avoir des conversations profondes et intellectuelles, je n’ai pas forcément toujours les compétences et les connaissances intellectuelles pour ça qui plus est.

(A ce sujet, si vous voulez ambiancer vos small talking je vous conseille d’aller chercher sur ce générateur :D)

 

Mais si je parle beaucoup finalement, je dis peu.

J’ai du mal à dire à la base. Il faut souvent que je m’extirpe de force chaque mot. J’aimerais des fois que les choses soient plus simples, que dire soit facile et évident pour moi. Je me demande toujours comment c’est si naturel et facile aux autres d’imposer pensées et états d’âme à leurs interlocuteurs.

Sans compter les fois où je diffère le moment de dire parce que je juge qu’il n’est pas optimal, que mon interlocuteur est trop fatigué, pas assez réceptif, que j’estime que la lune n’est pas alignée avec Venus en triangulation avec Jupiter. Comme si LE moment optimal existait et qu’il suffisait que je l’attende pour qu’il advienne (nope) … Ça a en plus comme conséquence faucheuse de me faire généralement cracher le morceau au pire moment et de manière assez … brutale et inopportune.

 

Et surtout j’ai une temporalité bien spécifique – et pas forcément adaptée pour mes proches ce qui en fait clairement un de mes gros défauts – dans ma façon de dire. J’ai un temps pour dire les choses. Une fois ce moment passé, il est trop tard, je n’ai plus envie de dire. Mais alors vraiment pas. Je vais même rejeter de toutes mes forces toute tentative pour me faire dire quelque chose que je voulais dire … avant, mais plus maintenant.

Et bien sûr avant le bon moment … ce n’est pas non plus le bon moment.

Autant dire qu’il ne faut pas rater le créneau et que celui-ci est parfois assez court.

10 minutes de pause

Moment de beauté

Depuis quelques temps … je médite.

Ça me donne étrangement envie de hurler de rire, et ça donnera sans doute envie de rire à un certain nombre de personne de mon entourage. Et si je continue, c’est que j’aime vraiment bien ça.

Ohhh ça ne fait pas longtemps que je médite, 3 petites semaines seulement que je m’y suis mise. Autant dire qu’il est est difficile d’en tirer la moindre conclusion et surtout si ça durera.

Il faut dire que je n’en attendais rien, que j’y suis venue complètement par hasard, l’occasion d’un essai qui s’est transformé. Je n’attends pas de la méditation que ça change ma vie, ni que ça fasse baisser ma tension, ni que ça m’aide à gérer de l’anxiété, ni que ça guérisse toutes mes maladies. Je n’attends pas que ça change ma vie.

 

Pourtant je m’y tiens.

Essentiellement – et à ma très grande surprise – parce que ces 10 mn de méditation quotidienne m’offre l’occasion d’avoir 10 mn … rien qu’à moi. Si vous m’aviez demandé avant, je vous aurais dit que j’avais la chance d’avoir plein de temps « à moi ». Parce que pas d’enfants, parce que j’organise mon temps relativement comme je veux, parce qu’en dehors du travail j’ai peu de contraintes, parce que si je donne beaucoup aux autres pendant que je travaille j’essaye vraiment de m’accorder des temps où je m’enferme dans ma bulle pour me ressourcer moi, parce que j’adore lire et que j’essaye de prendre du temps pour ça régulièrement, parce que je me tiens à minimum deux séances de sport par semaine, parce que je ne me prive pas d’écrire des mails et des sms à mes amis, parce que …

Sauf que ça n’a rien à voir, c’est ce que je réalise depuis 3 semaines.

 

Déjà parce que me dégager 10 mn, 10 petites minutes, rien qu’à moi, sans risque d’être interrompue, et bien c’est déjà un vrai défi alors qu’au départ je pensais que ça serait hyper facile. Qu’est-ce que c’est 10 minutes ? Pourtant, un certain nombre de fois je me suis retrouvée à faire ma séance de méditation sur mon lit, avant de dormir, parce que je n’avais pas réussi à libérer 10 mn ailleurs.

Et pour moi c’est d’ailleurs tout ce qui se noue autour de cette séance, pas forcément ce qui se noue pendant parce que par ailleurs j’ai réalisé rapidement que « l’exercice » de méditation m’était facile – mon expérience de la sophrologie et mon besoin d’être seule avec moi-même aidant beaucoup – que de réussir à me convaincre d’accepter de prendre 10 mn de « retard » dans mon planning pour m’accorder ses 10 mn de méditation quotidienne.

 

Ce qui change beaucoup aussi par rapport aux autres types de « temps pour moi » c’est qu’il ne peut pas être interrompu. Dans les faits, il peut l’être, évidemment, mais ça m’est arrivé deux fois d’être interrompue en pleine méditation et j’ai trouvé ça vraiment vraiment TRÈS TRÈS TRÈS désagréable. Et ça m’a extrêmement contrariée aussi. Cette sensation qu’on ne peut même pas me foutre la paix 10 mn. Me laisser à moi ces 10 mn sans chercher à me les voler. Et j’ai réalisé que quand je lis ou que je regarde un film ou autre, on peut aisément (et on ne s’en prive pas) me demander d’interrompre (plus ou moins temporairement) cette activité pour faire autre chose censément plus urgent. Qu’il n’est pas audible – même pour moi puisque régulièrement j’interromps de moi-même cette activité – que ce temps de lecture/de podcast/de cuisine/de musique ne soit que ça et que rien ne vienne l’interrompre sur une durée préalablement fixée. Et j’ai réalisé que ce mélange de colère et de frustration que je ressens quand on interrompt une de mes séances de méditation, je la ressens dans une moindre mesure quand je dois interrompre un moment de lecture par exemple, mais que je l’étouffe.

 

Ce qui rend ce moment de pause d’autant plus nécessaire.

Famille de coeur

Quand je me retourne sur cette période de fêtes qui se terminent – pour moi un peu plus tard que pour vous puisque mon anniversaire rallonge cette période et que si c’est le grand désert le reste de l’année, je suis dotée d’une période de presque un mois de fêtes en fin/début d’année – et que je fais le bilan, je me rends compte à quel point je suis aimée, à quel point on me l’a dit et montré … et à quel point je fais partie de ces gens qui ont besoin qu’on le leur montre encore et toujours.

C’était si doux, si gratifiant, si émouvant, j’ai éprouvé tant de gratitude. Je me suis roulée dans cet amour. Je m’en suis gavée, je m’en suis tartinée, je m’y suis plongée de la pointe des pieds jusqu’à la racine des cheveux et j’espère m’en être fait une armure pour les jours gris.

 

Quand je fais le bilan, je me rends compte que quand ma famille de sang se fait défaillante – et Dieu sait que ça leur arrive souvent de leur propre chef ou contraint par la vie – donc quand ma famille de sang se fait défaillante, ma famille de coeur se mobilise pour combler leurs manquements. Pour que j’ai ma dose d’amour et d’attentions et bien plus encore. C’est eux qui ont sauvé mon Noël pour beaucoup, en déposant au pied de mon sapin une foule de cadeaux.

Et ils ont remis ça pour mon anniversaire. Ca partait mal, à la base déjà même si j’appréhende de mieux en mieux cette période, je crains toujours la catastrophe, et puis 4 jours avant la date, mon père – fidèle à lui-même puisqu’il me fait le même coup quasiment tous les ans – m’a appelé pour me dire que bon il ne m’oubliait pas pour mes cadeaux de Noel (toujours pas envoyés) et pour mon cadeau d’anniversaire mais qu’il n’avait pas eu le temps de s’en occuper parce qu’il était dé-bor-dé. C’est vrai que mon anniversaire ne tombe pas tous les ans à la même date ce qui le rend impossible à anticiper … Finalement mon anniversaire a été géniale. J’ai été ensevelie sous les cadeaux, les démonstrations d’affection, les mots doux, les photos de ninja du froid, de drapeaux islandais, les vidéos folles avec des rameurs nus, et j’en oublie sans doute.

 

Mais surtout, quand je regarde tous ces cadeaux, je suis profondément émue de ce qu’ils disent de ceux qui me les ont offert. A quel point chacun d’entre eux est parfaitement choisi pour moi, a quel point chacun d’entre eux signe que celui ou celle qui me l’a offert me connait si bien et fait tant attention à moi, à mes goûts, à ce que je dis.

Et j’éprouve tant de gratitudes pour ces gens qui me tiennent chaud <3

 

Je suis si émue en voyant tout ça

Mon pire défaut

Moi en y repensant

C’est un message reçu pour la nouvelle année (un message très positif hein) qui m’a amenée à me demander quel était mon pire défaut. On s’interroge souvent sur les qualités, les siennes ou celles des autres, mais assez peu sur les défauts. Pourtant ils sont au moins aussi importants, il est rare de rencontrer une personne dénuée de toute qualité mais ce sont les défauts qui nous font/feront fuir.

J’en ai tout un tas hein on ne va pas se mentir; je suis teigneuse, impatiente, autoritaire et rigide et intransigeante et obtuse (tu sens le gros gros défaut ?), abrupte voire acerbe, arrogante, trop souvent intolérante et peu compréhensive, compliquée, frondeuse, orgueilleuse, râleuse, rancunière quand ça me prend, soupçonneuse, susceptible, je doute tellement des autres … et j’en passe. Il faudrait sans doute un bon moment pour tout lister et je suis honteuse de la plupart de mes défauts mais s’il y en a vraiment vraiment un dont je ne suis pas fière (et donc le pire), c’est de très souvent ne pas aller vers les autres.

 

Je disais donc au début que c’est un message le soir de la St Sylvestre qui m’a amené à penser à tout ça.

Pour des histoires de famille et d’héritage, ma mère et ma tante sont brouillées depuis plusieurs années et j’ai moi même perdu tout contact avec ma tante et mes cousins. Or il se trouve que pour la première fois depuis des années ma tante m’a envoyé un message de bonne année, évidemment je me suis demandée mille fois si c’était fait exprès ou une erreur j’y ai même pensé toute la nuit et je me suis rendue compte que je n’aurais jamais fait la démarche inverse. On peut faire toute la psychologie de comptoir qu’on veut sur le pourquoi du comment mais le fait est que si je rebondis toujours quand on me sollicite, je vais peu vers les autres. Je vais rarement lancer la conversation, je ne vais pas chercher à renouer le contact quand il est rompu même quand j’en aurais envie. Et même quand il n’est pas rompu je ne vais pas forcément être celle qui envoie un petit message pour prendre des nouvelles en premier. Et objectivement je trouve ça parfois hyper nul. Typiquement, pour ma tante qu’est-ce que ça m’aurait coûté de lui envoyer moi un petit message il y a déjà plusieurs mois ?

Alors oui parfois je force ma nature, j’ai ainsi renoué avec un ami perdu de vue en osant lui envoyer un sms – en espérant qu’il n’ait pas changé de numéro – après avoir reçu force encouragement de ma meilleure amie … c’est pour dire. Envoyer ce sms m’a donné l’impression de me jeter dans le vide … et pourtant je ne l’ai jamais regretté. Ce n’est pas pour autant que je vais plus facilement vers les autres.

 

Et je n’ai, je l’avoue, à l’heure actuelle aucune envie de changer ça, histoire d’en rajouter dans la honte.

Le Bullet Journal … la suite

Je m’étais promis de ne pas reparler sans cesse de mon Bullet Journal après en avoir déjà fait 2 billets. Même si j’adore en parler quand on m’interroge dessus et en expliquer le fonctionnement, que j’adore chercher des solutions pour ceux qui n’arrivent pas à l’adapter au mieux, je n’avais pas envie de tourner en boucle dessus et de faire un billet de blog tous les mois. Mais … mais à l’aube du démarrage de mon 3e Bullet Journal j’ai terriblement envie de refaire un point.

Parce qu’à deux ans d’utilisation, mon Bullet Journal continue d’évoluer et de s’adapter à mes besoins, et que ma foi si ça peut donner des idées à certaines personnes …

Parce que ces derniers mois les billets de blog se sont multipliés sur le sujet et que plus un sujet devient visible plus il attire les critiques et j’avais envie de remettre quelques points sur les i.

 

[S’il y en a qui n’ont pas lu mon/mes premier(s) billet(s) sur le sujet ou qui ne savent pas ce qu’est un bullet journal je les invite vivement à lire les liens ci dessus sous peine de ne strictement rien piger à la suite ou tout du moins de ne pas pouvoir comparer]

Déjà et avant toute chose : est-ce qu’on peut arrêter de raccourcir Bullet Journal en BuJo svp ???? C’est absolument atroce et stupide comme terme ! J’ai l’impression d’avoir des enfants de 10 ans en face « hi hi hi regarde mon BuJo! Je lui ai peigné sa crinière arc-en-ciel et j’ai remis des paillettes ». Déjà que Bullet Journal c’est assez cryptique comme terme si en plus on parle de BuJo … Ou alors c’est pour se comprendre entre initié et laisser les autres à l’écart ? Quand je veux vraiment raccourcir à l’écrit, j’écris BuJ. A l’oral je dis « Bullet journal » en entier ça n’est pas un effort démentiel. Bref ça n’a strictement aucun intérêt, ARRÊTEZ PUTAIN !

(Punaise j’ai été obligée d’écrire trois fois BuJo (quatre maintenant) je suis à deux doigts de la crise de tétanie tellement je déteste ce terme) (la dernière fois que j’ai autant détesté un truc c’était Shakira qui se trémoussait dans la boue)

 

Alors qu’est-ce que j’ai changé en 2016 à mon Bullet Journal ?

Déjà le format. En 2015 j’utilisais un carnet A6, en 2016 j’étais passée en A5 et je réédite ce format là pour 2017. Il me convient mieux, plus de place pour écrire. L’inconvénient c’est que du coup le carnet est plus gros, plus lourd à trimballer mais comme il m’accompagne rarement dans mon sac à mains, m’attendant sagement à la maison, personnellement ça ne me dérange pas. Si je l’avais sur moi par contre quotidiennement, ça serait un vrai problème et j’aurais rebasculé sur du A6 je pense.

L’organisation de mes pages de début de mois a été pas mal modifiée. Dès le début, l’organisation de base proposée pour le Bullet Journal ne me convenait pas et j’avais réorganisé les choses rapidement. J’ai continué. Désormais j’ai une double page avec mes tâches du mois à faire, un mini section où je note les rdv du mois – j’ai toujours mon agenda mais renoter ces rdv dans mon Bullet Journal me permet de me les remémorer -, une autre mini section où je note les livres lus pendant le mois, une section achat à faire et une autre où je note les dépenses du mois.

Première double page mensuel (cliquer pour agrandir)

Ensuite, sur la double page suivante, j’ai fait une page un peu fouillie sur les pensées/gratitudes et autres du mois et une sur les idées/choses à noter du mois. Je me suis rendue compte que les notes disséminées au fil des jours ne me convenaient pas mais que faire une entrée pour chacune d’entre elles dans mon index non plus. J’ai une mémoire, comment dire, calendaire (?) c’est à dire que je me souviens en général à quelle période j’ai eu telle idée ou j’ai croisé telle information, c’est du coup plus facile pour moi de regarder dans la page du mois (ou des mois de printemps) pour retrouver une information.

Pensées, gratitudes, idées, notes etc …

Par ailleurs au cours de l’année je me suis rendue compte que j’avais besoin d’un espèce de « calendrier à l’année ». Pas pour y noter les futurs rdv – comme beaucoup de gens le font puisque c’est la grosse limite du Bullet journal – étant donné que j’ai toujours mon agenda et que je ne compte pas m’en passer, mais parce que de temps à autre je me retrouve avec des choses futures à faire et nul part où les noter. Par exemple en octobre j’ai vu mon allergologue, il m’a demandé de revenir le voir en mars et pour se faire la secrétaire m’a dit d’appeler en décembre pour prendre le rdv … où est-ce que je pouvais bien noter ça ? Et ça arrive quand même régulièrement. Du coup au début de mon bullet journal de 2017, j’ai crée une double page que j’ai organisé par mois pour y noter ce genre de choses.

(Oh oui choses palpitantes à venir 😉 )

 

 

Enfin – révolution majeure ! – après avoir longtemps infusé cérébralement sur le sujet, j’ai soudain (et enfin) su comment me faire un Bullet Journal professionnel. Qui est complètement différent de mon Bullet Journal personnel. C’est un petit carnet pour l’instant, plus petit qu’un format A6, justement pour pouvoir le trimballer aisément lui pour le coup.

Oui c’est mon Bullet journal professionnel … ^^’

Dedans j’y ai un index et une page de tâches à faire … par mois. Pas de tâches journalières, j’en ai personnellement peu l’usage. Par contre j’ai récupéré de mon Bullet Journal personnel de faire mes listes en partant de la fin de mon Bullet Journal et en les numérotant en chiffres romains. J’ai ainsi noté tous mes projets en cours, pour leur suivi je sais déjà que je vais me régaler.

Donc depuis quelques mois maintenant j’ai deux Bullet Journal : un pro et un perso. J’avais peur de les multiplier, j’avais peur d’y perdre l’intérêt du Bullet Journal. Finalement c’est tout le contraire. Avant j’inscrivais régulièrement des tâches professionnelles dans mon  Bullet Journal majoritairement personnel et ça me donnait l’impression que mon travail s’invitait dans mon temps personnel … et c’est déjà assez souvent le cas sans que je l’y invite via mon Bullet Journal. Là mes tâches pro restent sagement dans leur petit carnet que je ne consulte pas le week-end, pas le soir etc. Génial !

 

Et sinon haters gonna hate ?

Donc depuis quelques mois les billets enthousiasmés sur le Bullet Journal se multiplient sur les blogs francophones. Je peux difficilement jeter la pierre, j’en ai moi-même commis un et en vérité je suis toujours aussi enthousiasmée par le Bullet Journal. La corollaire c’est qu’un beau matin d’automne en ouvrant mon facebook j’ai appris que « le Bullet Journal c’était juste un agenda pour nana qui n’ont que ça à foutre faire de jolis dessins », ça m’a un tout petit peu énervée (un euphémisme c’est glissé dans cette phrase sauras-tu le reconnaître?) de me faire insulter gratuitement par quelqu’un qui manifestement n’avait même pas cherché à comprendre le principe du Bullet Journal.

Alors je suis la première à reconnaître que parfois je trouve le comportement de certains utilisateurs de Bullet Journal … franchement flippant. Que ce soit l’investissement qu’ils mettent dedans ou les tracking hyper pointus utilisés (genre les nanas qui cochent le nombre de verre d’eau qu’elles boivent par jour). Néanmoins si je ne partage pas du tout cette passion d’enjoliver à mort son Bullet Journal, par manque de temps et clairement par manque total de talent artistique, je comprends celles qui le font. Peut-être que si je savais en faire, moi aussi j’écrirais mon titre en faisant du lettering. Parce que visuellement c’est agréable et qu’un visuel agréable ça compte dans l’usage répété d’un Bullet Journal. Même si moi je le limite à utiliser un stylo 4 couleurs et des stabilos pour casser la monotonie d’un truc écrit uniquement en noir. Ah et cette année acheter un joli carnet pour en faire mon Bullet Journal (notons d’ailleurs que la 1ere fois je l’avais recouvert de masking tape pour l’enjoliver, j’en déduis que je suis une nana qui n’a que ça a foutre de coller du masking tape sur une couverture) (d’ailleurs vous noterez sur la photo de la double page du mois de janvier que j’utilise toujours du masking tape pour souligner la tranche de chaque 1ere page du mois) (je suis TROP une meuf vraiment superficielle et qui a du temps à perdre ouhlalala). Au delà de ça, ma foi, j’imagine que ceux qui se font un beau bullet journal sont plus près à le montrer que ceux comme moi qui en ont un moche. Je me souviens très bien quand j’ai pris les photos pour faire mon 1er billet sur le sujet de m’être dit « pffff je peux pas montrer ça c’est moooooche ». Du coup on voit sans doute plus ceux qui dessinent que les autres …

 

Bref intéressez vous au fond plutôt qu’à la forme et on en reparlera.

 

Et au risque de me répéter, personne n’a jamais dit que tout le monde devait adopter le Bullet Journal. Ce n’est pas forcément pour vous, ou pas le moment pour, ou plus le moment pour. C’est juste un outil parmi les autres.

Sortir de sa bulle

ALLEGORIE !

ALLEGORIE !

Le week-end dernier j’étais chez le Best Friend. A cette occasion, j’ai twitté quelques fois.

Essentiellement sur deux sujets : le fait qu’ils regardent TPMP et que la femme du Best Friend se soit ouvert un compte Twitter.  Les deux sujets je les ai majoritairement traités sur le mode de l’ironie ou de la moquerie. Parce que je suis sur Twitter depuis 7 ans et que c’était très drôle de voir la femme du Best Friend m’en expliquer le fonctionnement alors que je crois en connaître toutes les ficelles, toutes les habitudes (bonnes ou mauvaises).

Mais surtout lors de ce week-end, j’ai partagé sur Twitter ce que je ne pouvais pas partager avec eux. Et je n’ai pas du tout partagé sur Twitter ce qui n’appartenait qu’à nous. Je n’ai pas partagé les guillis au Filleul, je n’ai pas partagé comment le petit frère de celui-ci s’approprie ma présence alors que je n’ai pas avec lui le lien formel que j’ai avec son grand frère, je n’ai pas partagé comment il s’assoit sur mes genoux un livre à la main pour bien me faire comprendre qu’il veut que je lui lise, je n’ai pas partagé nos conversations avec le Best Friend et cette confiance entre nous.

Je n’avais vraiment pas envie de partager tout ça sur Twitter et j’ai donné du coup une image extrêmement parcellaire et partielle de ce week-end. Pourtant beaucoup de gens l’ont pris au pied de la lettre, et faisant l’impasse sur les 2 tweets les plus importants du week-end – notamment celui de mon arrivée où j’ai mis une photo des flammes dans le poêle accompagné de la légende « je suis chez le Best Friend. Allégorie » qui signifiait pourtant à mon sens à quel point je me sens bien chez eux, à quel point leur maison m’est chaleureuse et pas qu’au sens physique du terme, à quel point j’aime aller les voir le week-end – m’ont renvoyé deux réactions : mais est-ce que tu les aimes bien (plus particulièrement la femme du Best Friend) ? mais vous êtes tellement dissemblables, c’est la fin de votre amitié non ?

Alors oui j’aime beaucoup la femme du Best Friend. Et c’est vraiment surprenant quand on sait à quel point nous nous sommes haïes.

 

Mais surtout … oui il est vrai que le Best Friend, sa femme et moi nous sommes vraiment différents sur beaucoup de plan, nous pensons différemment, nous avons des opinions différentes. Mais en ce qui me concerne ça ne signe en rien l’arrêt de mort de l’affection que je leur porte. Et c’est en lisant ce billet (entre autre) que j’ai compris que j’avais raison.

Oui je ne comprends pas comment ils peuvent regarder TPMP tous les soirs et être autant à fond sur cette émission que je trouve débile. Oui je m’étouffe quand la femme du Best Friend me dit que les femmes devraient rester à la maison au lieu de travailler et que ça ferait baisser le chômage en France (avant de réaliser que moi je travaille et de se rattraper aux branches comme elle peut). Oui je hurle intérieurement quand j’entends le Best Friend dire à sa femme qu’elle dépense tout l’argent qu’IL a gagné et que je me demande comment elle peut supporter ça.

Mais …. ils sont loin d’être une anomalie. Des gens semblables à eux il en existe. Plein. Et ils me le rappellent.

Et même si je ne comprends pas, et même si je ne partage pas, je leur reconnais le droit de penser ça (ou plutôt comment je pourrais leur interdire de le penser ?). Peut-être que je ne comprendrai jamais comment ils peuvent regarder TPMP et n’avoir strictement aucun recul sur cette émission mais si je me contente juste d’ignorer ces gens là ou de les traiter de débiles (et le Best Friend et sa femme sont loin de l’être) il est certain que je ne comprendrai jamais. Pas plus que si j’arrive armée de toute ma suffisance et que je leur assène que TPMP c’est une émission de merde et que moi je regarde 28mn sur Arte à cette heure là. Pas plus que si j’utilise tout l’argumentaire féministe pour démontrer à la femme du Best Friend que les femmes doivent travailler.

 

Je me rends compte qu’à mon niveau j’ai toujours essayé de lutter contre cet entre-soi, contre cette bulle, contre cette tentation d’ignorer les gens qui sont éloignés – voire parfois très éloignées – de mon propre mode de pensée. Je ne suis pas capable d’endurer tous les discours mais j’ai des amis très croyants et/ou pratiquants, des amis qui votent à l’opposer de ce que je vote, des amis qui ont des convictions ou des priorités bien bien différentes des miens. Ça me permet d’éviter d’imaginer que tout le monde pense comme moi et que je suis la détentrice de la vérité universelle.

Mixité sociale à ma porte

Y en a qui ont repris doucement à le Boulot

Y en a qui ont repris doucement à le Boulot

Quand j’ai commencé à le nouveau Boulot, on m’a dit « ton bureau sera situé là ».

« Là » c’était dans un quartier considéré un peu défavorisé comme on dit. Attention hein, « un peu » et on est en Haute Savoie , on est bien bien loin des pires endroits de Seine Saint Denis ou des quartiers nords de Marseille.

 

Moi quand on m’a dit que j’allais travailler là, je n’ai pas du tout réfléchi à ce que ça signifiait, pas non plus eu d’à priori. C’était un lieu de travail comme un autre, partagé avec d’autres acteurs et puis voilà.

Mais on m’a rapidement fait comprendre que ce lieu n’était pas si anodin que ça, pas autant pour les autres qu’il l’était pour moi en tout cas. Ça a été quasi dès le début des dizaines de remarques perfides et de sous-entendus de mes patients : « vous n’avez pas peur pour votre voiture ? » euh non … bon en plus j’ai pas une audi flambante neuve donc vraiment je n’ai pas peur , « C’est pas très riant comme coin » ah bon ? Pourtant il y a un parc, des arbres, moi je trouve que c’est plutôt sympa au contraire, « Ca ne vous dérange pas de passer vos journées près de … ces gens » ben non pourquoi ? On se dit bonjour, ils se demandent ce que je fais et ils trouvent ça bien alors que ça ne leur apporte rien, etc …

C’est toujours compliqué pour moi de réagir face à ce genre de comportement de mes patients. J’ai pour principe de ne pas parler de politique, de ne pas afficher mes convictions, de ne pas polémiquer. Même si des fois c’est difficile, je suis là pour m’occuper d’eux, de leur santé, pas pour juger leurs opinions voire entrer en conflit avec eux. Néanmoins je fais toujours en sorte qu’ils ne se sentent pas le droit d’exprimer librement leur racisme avec moi mais pas plus.

 

Je me suis demandée comment ça allait tourner tout ça avec certains patients, s’ils n’allaient pas un jour cesser leur prise en charge pour ne plus avoir à venir « là ».

Ca n’est jamais arrivé (pour l’instant) et le temps fait doucement son œuvre sous mon œil amusé. Il y a peu un de ces patients qui me demandaient si ça ne me dérangeait pas de travailler « là » m’a dit qu’il fallait pas dire, que ça se passait toujours bien quand il venait ici. Un autre jour j’ai surpris une dame qui s’inquiétait pour ma voiture discuter tranquillement avec un groupe de jeune sur le parking. Et j’en passe.

Je me suis dit qu’on ne m’avait pas implantée « là » par volonté de mixité sociale, mais simplement parce qu’il y avait de la place disponible, mais que c’était pourtant ce qui se passait en faisant bouger tout doucement certaines mentalités. Et que ça faisait du bien à tout le monde.

Message de service (attention ceci ressemble fortement à une Beuglante)

Ah l'automne ...

Ah l’automne …

Ah l’automne !

Ces jours qui raccourcissent, ces petits matins frais où il faut gratter le pare-brise pour aller travailler (ah non pas vous ?), ces arbres qui prennent de si jolies teintes, cette lumière si particulière, ces pulls qu’il faut ressortir, ce chauffage qu’il faut remettre ….

Et cette campagne présidentielle qui s’impose (déjà) dans le paysage et les conversations, aidée par la primaire de la droite…

*soupir*

 

Et je vois se multiplier autour de moi, dans la « vraie » vie, mais aussi sur les réseaux sociaux, les gens qui assènent péremptoirement à ceux qui oseraient donner leur tendance (et je ne parle pas de moi parce que moi je me méfie de ces gens là justement et je garde soigneusement mes opinions pour moi) pour la future élection présidentielle « NAN MAIS TU VAS PAS VOTER POUR LUI/ELLE ET CAUTIONNER SA POLITIQUE/SES IDÉES !!!! »

(Spoiler alert : ben si !)

Ça me fait toujours halluciner ce genre de remarques. Comme si on n’était pas libre de voter pour qui on veut, comme si les gens qui nous entourent devait cautionner, qu’on devait leur demander l’autorisation. ET PUIS QUOI ENCORE ?

Comme si l’unique détenteur du bon vote c’était lui. Bizarrement jamais ces gens ne s’intéressent à ce qui peut pousser une personne à faire ce vote, jamais ils ne se mettent à la place de l’autre, jamais ils ne se disent que ce qui est la ligne rouge, la proposition inacceptable, la politique insupportable pour certains peut ne pas l’être pour d’autres. Qu’il y a là dedans aussi quelque chose de terriblement intime, parfois absolument inexplicable.

Et que dans tous les cas on fait bien comme on veut, y compris voter pour celui qui a des oreilles en feuilles de chou parce qu’on adore ça. C’est forcément plus bête que de voter pour un programme qui ne sera pas respecté ?

 

Au delà de ça, je suis prodigieusement saoulée qu’on impose ainsi aux autres son opinion politique et qu’on se sente le droit de donner le moindre conseil que personne n’a demandé. A l’heure actuelle, dans le monde il n’y a guère que 4 ou 5 personnes avec qui j’ai envie de parler politique parce que je sais qu’ils vont M’ÉCOUTER et qu’on va vraiment ÉCHANGER – même si on n’a pas les mêmes convictions – et que je n’aurais pas à subir une litanie d’injonctions. 4 ou 5 personnes ça fait vraiment peu et si je ne tolère déjà pas d’avoir à endurer l’avis de ma famille sur ce sujet – alors que bon c’est la famille – ce n’est pas pour supporter que des gens moins proches de moi voire quasi inconnus, me les assènent.

Du coup soit vous devenez militant, pour ce que vous voulez mais au moins on vous identifiera clairement (et on vous fuira), soit vous.fermez.votre.putain.de.bouche. et vous laissez machin voter pour truc sans rien y redire.

En vous remerciant.

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