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Cogito

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Petit chat dormant dans des bras

Réhabilitation

Petit chat dormant dans des bras
En miaou

C’est étrange comme l’histoire peut se recomposer depuis un an. Elle ne se réécrit pas, les événements sont toujours les mêmes mais ils s’assemblent différemment. Ils se rééquilibrent même en douceur.

Jusqu’à mes 18-20 ans, j’avais 2 grands mères.
Ma grand mère maternelle, que j’adorais, un vrai soutien, un pilier, un refuge, une valeur sûre pour moi et sa disparition m’a longtemps laissé un manque.
Ma grand mère paternelle, qui s’amusait à me faire pleurer aux repas, qui m’humiliait devant le reste de la famille, qui me disait que je marchais comme un éléphant, qui n’arrêtait pas de me trouver trop proche de mon père (mon faible rempart contre elle) et qui se foutait de ma gueule parce que je ne savais pas repassé à 9 ans. Aka Mémé Bourreau (dont je n’ai pas été la seule victime dans la famille loin s’en faut).

Quand Mémé Bourreau est morte, ma belle-mère m’a dit son étonnement de me voir à son enterrement, « avec tout ce qu’elle m’avait fait ». Et c’est vrai que je n’y suis pas du tout allée pour la pleurer elle. Sur le moment, j’aurais dit que j’y allais pour mon père, parce que mon absence aurait été une blessure trop béante à ajouter à celle de la disparition de sa mère. J’aurais aussi probablement dit que j’y allais pour m’assurer qu’elle était bien morte (de manière assez moche) et enterrée. Je crois maintenant que j’y allais aussi pour moi, pour tourner définitivement cette page. J’avais coupé les ponts depuis longtemps avec mes grands parents paternels, je n’avais plus de contacts avec eux même pas téléphoniques, ils n’existaient plus dans ma vie et je leur niais toute influence. A l’exception d’une seule que je reconnaissais à ma grand mère paternelle depuis longtemps : celle de m’avoir appris – dans la douleur – à me défendre y compris contre les adultes, à dire « non », à penser « va te faire foutre », à m’opposer, à m’imposer, à ne pas la fermer.

Au printemps ça a fait 13 ans que Mémé Bourreau est décédée et pendant des années rien de ce qui précède n’a bougé. Ni un ressentiment persistant et tenace, ni un écartement des souvenirs et de ce qu’ils m’avaient « légué » dans ma construction.
Jusqu’à l’année dernière.
Ça a commencé quand j’ai su que j’allais partir en vacances pas très loin de là où ils sont enterrés et où j’ai passé mes vacances d’enfance. « Pas très loin » d’une centaine de kms, ce qui fait toujours moins que les 750 qui me séparent habituellement de ces lieux. Et que j’ai décidé que j’irai fleurir leur tombe, sans que personne ne m’ait rien demandé. Que j’irai voir leur maison, que j’irai parcourir les rues de la ville. Mon père apprenant où j’allais en vacances m’a demandé d’aller fleurir la tombe mais je l’avais déjà décidé avant. Et c’était bien, et j’étais contente de l’avoir fait.

Et depuis les choses continuent doucement à se remettre à leur juste place. J’ai enfin demandé à mon père la recette de ce plat madeleine de Proust de mon enfance, et c’était Mémé Bourreau qui le réalisait et je m’apprête à le refaire quand il fera un peu plus frais.

J’ai aussi réattribué une place, surprenante (vraiment), à Mémé Bourreau dans la genèse de mon féminisme. J’ai toujours considéré que mon féminisme me venait de ma mère – qui ayant divorcé sans hésiter de mon père quand j’avais 4 ans m’avait prouvé quotidiennement qu’on n’avait pas besoin d’un homme pour s’en sortir et pour monter les meubles – et de ma grand mère maternelle – qui n’avait pas hésité elle à mettre mon grand père devenu alcoolique et violent à la porte avec 2 filles à élever dans les années 70, avait passé son permis et trouvé un travail dans la foulée.
J’ai longtemps pensé que Mémé Bourreau n’avait rien à faire dans cette histoire là (comme dans le reste ^^), au contraire. Qu’elle était l’exemple type de la bourgeoise BCBG ayant contrainte sa fille mineure enceinte à se marier pour éviter le scandale.
Et puis l’autre jour ma mère m’a fait remarquer que si mon père prenait en charge chez lui les repas, les courses et le ménage c’était parce qu’il avait grandi avec ce modèle là. Et ça m’a dessillé un peu les yeux.
Ça m’a rappelé que j’avais grandi avec le modèle d’un couple de grands parents où la femme n’était pas soumise (loin s’en faut), où mon grand père prenait largement sa part des tâches quotidiennes (notamment les repas) et dans lequel ma grand mère avait repris un travail rapidement après la naissance de ses enfants. Ce qui n’était somme toute pas si courant que ça dans les années 70.

Ça n’enlève rien au fait que ma grand mère a obligé sa fille mineure enceinte à se marier pour éviter le scandale, ça n’enlève rien à tous les autres dégâts qu’elle a pu faire, ça dit juste que rien n’est jamais aussi tranché qu’on le voudrait et qu’on peut avoir en soi des influences qu’on n’avait pas vu venir.

Oscillations

De droite à gauche et de gauche à droite

En ce moment j’oscille beaucoup. Voire j’ai la sensation d’osciller en permanence, sans moment stable.
Entre l’impression que je pète la forme et celle que je vais m’effondrer physiquement.
Entre l’impression de beaucoup trop m’écouter et celle que je devrais le faire beaucoup plus.

Cette période de canicule est comme je le redoutais rude physiquement pour moi. Tension dans les chaussettes (enfin elle baissait déjà dans les 15j avant), tachycardie par moment, sensation d’épuisement, jambes qui flageolent et tête qui tourne.
Ça me fait mal de le dire mais peut-être bien que j’ai rejoint le club des « personnes fragiles ».

Mais pas tout le temps.
Il y a des matins où je vais bien, des moments où un brin de fraîcheur me remet en route, il suffit parfois de quelques minutes allongées pour que cette baisse de tension et la faiblesse qu’elle induit ait disparu.

Du coup je ne dis rien à mon entourage. Ou alors juste que « je vais doucement » en ce moment. Alors qu’en fait il y a des moments où je suis vraiment mal, à deux doigts du malaise ou de l’effondrement; et des moments où je vais vraiment bien. Et pas tellement d’entre-deux.

Je ne dis rien parce que dire c’est reconnaître que … Que physiquement je suis tout sauf un roc, qu’il faut qu’ils fassent attention à moi (avec en plus tout le risque de déception autour de ce sujet).
Je ne dis rien parce qu’eux vont dire quoi ? De m’arrêter ? Je travaille dans un lieu climatisé, c’est encore là que je suis le mieux, si je pouvais j’y dormirai mais y être implique, oui, de travailler.
Je ne dis rien parce que … qu’est-ce que ça va changer de le dire justement ? Rien.

Alors autant se taire, courber le dos en silence quand je suis au bord de l’effondrement, en attendant que ça passe.

Raccrocher les fils de l’histoire

bouquets de fleurs fleurissant une tombe
Tout ce qui se cache sous ces pierres tombales

En moins d’un an j’aurais été fleurir beaucoup de tombes décidément …

C’est rigolo ce que la fréquentation des cimetières peut nous apporter comme informations sur notre histoire, sur celle de notre famille tout du moins, ce qu’elle peut déclencher comme réflexions et comme connexions entre brides d’informations que l’on possédait déjà mais que l’on avait pas relié jusque là.

Le week-end dernier je suis allée avec ma mère fleurir la tombe de ma grand-mère. Qui est aussi celle de ses parents (ceux de ma grand-mère). Située dans ce coin perdu de la Nièvre, dans un village vraiment à l’écart, vraiment isolé, et dans lequel notre histoire – ce que j’en connaissais en tout cas – ne s’inscrivait pas du tout.

Ça a été l’occasion de mémoriser l’endroit où se trouve cette tombe pour y revenir seule quand il le faudra. L’occasion de demander aussi le pourquoi de ce lieu, de ce village oublié et difficile d’accès, et donc l’occasion d’ajouter quelques lignes de ma connaissance de cette histoire qui s’est écrite bien avant ma naissance.
L’occasion, enfin, de constater que sur la pierre tombale, ma grand-mère a été enterrée sous son nom de jeune fille. Ultime effacement, ultime négation de son mari, mon grand-père, dans sa vie quand bien même elle a porté son nom de famille jusqu’à sa mort.

Mais du coup ce grand-père que je n’ai jamais connu, qui fait parti de ses morts dont on ne parle jamais, où est-il enterré au fait ? Je n’avais jamais posé la question. Je ne me l’étais jamais posée avant en fait.
A 15 kms de là … avec ses parents. Alors qu’ils étaient originaires d’une toute autre région située à 300kms de là. J’ai passé nombre de vacances dans ce village, je ne suis jamais allée sur leur tombe je crois. Ce sont les morts dont on ne parle pas.

Et puis, dans ce cimetière, sous le chaud soleil de ce week-end, m’est soudain revenu ce souvenir vieux et enfoui. Celui d’une fois où mon père est venu me chercher avec mon grand-père et que nous avons fait un détour par un village situé à une petite dizaine de kilomètres pour que mon grand-père paternel aille se recueillir … sur la tombe de son père qui n’avait pourtant rien à voir avec la Nièvre. C’est là où j’ai réalisé que 5 de mes arrières grands parents étaient enterrés dans un rayon de 20 kms, que ça n’avait absolument aucune cohérence ni aucune logique dans ce que je sais de mon histoire familiale, que je n’ai aucune idée de là où sont enterrés les 3 autres et qu’il allait falloir que je pose des questions pour combler les trous béants de cette histoire familiale tant que j’avais encore des gens qui pourraient donner des réponses.

Je savais qu’il y avait nombre de cadavres dans le placard familial, je n’imaginais juste pas à quel point.

Couper

Vautour planant dans le ciel

Je suis rentrée de Cuba hier et j’ai tant à dire sur ce pays.

Je ne sais pas bien encore comment je vais rédiger et organiser tout ça, tout ce que j’ai à dire, à montrer, tout ce que ce pays m’a inspiré comme pensées tout au long des 2000kms parcourus sur ces routes (et comme photos puisque j’en ai 1200 à trier). Il faut dire qu’à l’heure actuelle la fatigue (du voyage, du retour, de la nuit en avion), les 6h de décalage horaire, la perte de 20° de température, le jet lag neuronal (je n’ai pas encore sorti le moindre « buenos dias ! » mais ça ne saurait tarder) n’aident pas à la réflexion.

Comme prévu, Cuba a été une formidable déconnexion d’internet. J’ai réussi à publier quelques photos sur Instagram (difficilement) au bout d’une semaine mais pour le reste ça a été la coupure. Je recommande d’ailleurs la destination à tous ceux qui auraient besoin ou voudraient faire une vraie pause internet et réseaux sociaux.

Et ça m’a fait un bien fou …
J’ai d’ailleurs bien du mal et pas envie de m’y remettre.
Ce voyage en général m’a fait un bien fou. Surtout parce que pendant 15j je ne me suis occupée que de moi, je n’ai géré que moi, le monde s’est débrouillé sans moi. Ni mieux ni mal que si je m’étais occupée de lui.

J’ai envie d’écrire que je suis fatiguée des gens, mais je sais que ceux qui vont le prendre pour eux ne seront pas ceux qui me fatiguent mais ceux – pas si nombreux – qui m’ont manqué pendant ces 15j de coupure.

Le fait est surtout que j’ai conscience qu’un certain nombre de réseaux sociaux (Twitter pour ne pas le nommer) me coûtent. Me coûtent beaucoup. D’énergie et d’autres choses. Et que j’ai l’impression d’y rester pour de mauvaises raisons sans savoir comment changer ça sans perdre ou réduire le contact avec un certain nombre de personnes avec qui je ne veux pas perdre ni réduire le contact.

Bref le constat est là, je ne sais pas quoi en faire, encore moins avec mes neurones qui sont toujours en balade quelque part au dessus de l’Atlantique.

Vous serait-il possible de la fermer svp ?

Keep calm and breath

Un matin, au réveil, en ouvrant mon flux instagram j’ai découvert cette image de Sketches in Stilness (que j’aime beaucoup d’une manière générale) et ça m’a fait comme une petite révélation : « c’est tellement ça ».

Je suis fatiguée de l’avis des autres. Et je suis fatiguée qu’ils me l’imposent constamment.
Oh je ne dis pas que je suis toujours parfaite en la matière loin de là. Ça doit m’arriver quelque fois, ça m’arrive surement quelque fois. Mais j’essaye d’éviter d’imposer aux autres ce que je pense du gouvernement en place, de celui d’avant, et de tout un tas d’autres sujets moins politiques mais pas moins polémiques … et je ne dois pas trop mal réussir puisqu’une fois, un ami proche, vraiment proche, m’a dit une fois « mais en fait je ne sais même pas pour qui tu votes » (plus beau compliment) alors qu’on avait parlé politique plusieurs fois ensemble (mais sans que je lui impose MON avis manifestement).

Ça ne veut pas dire que je n’en ai pas d’avis. Sur le réchauffement climatique, sur l’église, sur les fonctionnaires. Simplement que je le garde pour moi. Je ne ressens pas le besoin de l’étaler partout, je ne ressens pas le besoin d’en parler partout, ni de le confronter à celui des autres pour le renforcer ou me sentir détentrice de la parole sacrée et chargée de l’imposer.

J’évite aussi d’imposer mes opinions parce je sais qu’on ne m’en fera pas aisément changer. Et qu’on ne parle pas aux murs, pas plus qu’ils ne se parlent entre eux. Je me suis rendue compte récemment que j’étais franchement solide sur mes bases, que je mettais du temps pour construire mais avis mais que je n’en changeais pas facilement : j’ai fait quelques séances d’hypnose, une histoire de sommeil perturbée qui ne s’arrangeait pas comme je voulais depuis qu’une nuit de novembre 2015 je me suis réveillée avec un steak tartare à la place du mollet. Et j’ai raconté tout ça et tout ce qui concernait la Maladie à l’hypnothérapeute. Parce qu’il était évident pour moi que mes rapports compliqués avec le sommeil s’étaient noués là, dans l’abandon de la nuit où la Maladie avait porté sa première banderille. L’hypnothérapeute n’a pas pu s’empêcher de vouloir chercher une cause psychique à la Maladie, une explication, une raison, une trace dans mon histoire qu’il pourrait relier. Et je lui ai gentiment mais fermement fait comprendre qu’il ne fallait pas, qu’il n’en trouverait pas, qu’il n’en trouverait jamais. Que j’avais cherché un temps aussi au fin fond de mon cerveau avant de réaliser comme c’était vain, que ça ne changerait de toute façon rien. Il a fait marche arrière. Lui.

Mes proches apprennent vite que le silence n’est pas un problème pour moi, que je peux me passer de dire et d’exprimer si on ne me donne pas l’espace nécessaire pour ça.
L’autre jour, au café, mes collègues disaient qu’elles trouvaient qu’en réunion on ne s’écoutait pas assez les uns les autres. Je rigolais en me disant qu’il nous faudrait un bâton de parole. Quelques instants plus tard, sur un autre sujet, deux d’entre elles m’ont coupé la parole en forçant le volume de leur voix pour couvrir la mienne et réagir à ce que je venais de dire sans me laisser finir ma phrase. Je ne l’ai jamais fini. Je ne dis pas que mon avis ne peut pas être intéressant, mais il mérite qu’on lui laisse de la place, je ne vais pas forcer à parler plus fort que les autres pour l’imposer.

J’aimerais bien qu’on me rende la pareille parfois.

Créer des liens durables

Carte postale noire sur laquelle il est écrit "il faut donner sans se souvenir et recevoir sans oublier"
Mes patients <3

C’est à eux qu’il faudrait demander évidemment, mais pendant longtemps je n’ai pas été une grande sœur très … impliquée auprès de ma petite sœur et de mon petit frère.

Je leur ai porté un amour fou dès le premier regard, là n’était pas la question. Et la différence d’âge ôtait tout risque de jalousie et tout enjeu de ce côté là. Mais j’ai longtemps eu un peu de mal à trouver ma place : je n’ai jamais vécu avec eux (contrairement à notre grande sœur), ça m’a toujours prodigieusement gonflé de jouer avec eux (ça me gonfle encore adulte de jouer avec un enfant alors ado je ne vous dis pas …), et j’étais une des grandes sœurs mais pas LA grande sœur puisqu’il y en avait une avant moi qui se positionnait en plus très fort sur ce secteur de référence et d’autorité.

Finalement, c’est en les voyant atteindre l’adolescence que j’ai voulu d’une part créer un lien plus fort avec eux en me disant qu’après il risquait d’être trop tard. Et puis j’ai aussi assumé de pouvoir avoir une place de grande sœur sans rien voler à la mienne. Au final je crois que j’ai pas mal réussi pour le moment et ça m’a donné de l’élan et à réfléchir pour d’autres liens …


Il y a eu mon Filleul déjà, fils de mon meilleur ami. Avoir un « statut » officiel m’a aidée à me sentir légitime pour avoir envie de jouer un rôle dans la vie de cet enfant pour qui je ne suis rien à part être l’amie de ses parents. D’autant que j’ai la volonté forte – comme pour les autres même si j’ai un statut différent – de ne pas juste être la marraine qui envoie un cadeau pour Noël et son anniversaire (comme mon parrain l’était). Je lui en envoie évidemment mais je ne veux pas avoir un lien purement « économique » avec lui alors j’essaye de trouver d’autres façons d’exister, ce qui n’est pas forcément évident avec la distance puisqu’on habite loin les uns des autres. Je suis d’ailleurs persuadée que les parents jouent un rôle évident, en me faisant exister auprès de lui …


D’eux même puisqu’au delà de mon Filleul il y a cet enfant de la mer et du soleil, qui m’envoie des cartes postales quand il va dans un musée et qui m’associe aux lacs <3. Et son petit frère à naître. Et le fils de ma meilleure amie qui devrait bientôt pointer le bout de son nez (que des garçons … je veux des filles !). Et j’ai du mal un peu à assumer d’avoir envie d’exister pour eux – j’ai peur d’empiéter et d’être maladroite par rapport aux parents alors que je ne suis rien à part une amie douce -, d’assumer de m’intituler « Tata Shaya » alors que je n’ai pas les liens du sang qui donnent droit théoriquement à ce titre. Mais est-ce qu’on a vraiment besoin des liens du sang pour être « Tata Shaya » ? Est-ce qu’on a vraiment besoin d’un titre pour se sentir légitime ?

Roseau

Au fond des montagnes, au premier plan des roseaux et entre un lac surplombé par quelques nuages blancs

Il aura fallu se faire roseau.
Il le faut encore.
Faire le dos rond, plier mais pas céder et attendre que ça passe, que ça aille mieux pour se redresser.
J’ai progressé sur ce sujet, par rapport à l’an dernier. Je courbe mieux l’échine. Probablement parce que j’ai moins à m’incliner, que la pression est moins forte. Peut-être aussi parce que j’ai appris.
Le contexte aussi est bien différent.

Avec le début de l’année, c’est la Fatigue qui a fait son retour. Insidieusement. Différente de ce que j’avais appris à nommer et à identifier l’an dernier.

Ainsi il semblerait que les débuts d’année se suivent et ne se ressemblent pas sur beaucoup d’aspects sauf qu’ils exigent physiquement leur prix. Et que celui-ci soit élevé. Tous les jours. Mais qu’en plus chaque pas de côté, chaque tentative de changement de rythme soit payé le prix fort. Ainsi ces 4j à Venise – pourtant si merveilleux – m’auront coûté très cher. En énergie. Pendant mais aussi a posteriori.

La tentation d’aller voir mon médecin pour demander à être arrêtée a été présente chaque matin pendant des semaines. Des.Semaines.
Je n’ai jamais osé sauter le pas parce que … parce que le timing vraiment mauvais, parce que l’épidémie de grippe, parce que j’arrivais quand même à me lever, à travailler et à vivre même si ça me coûtait et que ça m’empêchait de m’autoriser à me dire que là vraiment il fallait que je me repose, parce que c’était « moins pire » que l’an dernier (sauf que rien ne peut être pire que l’an dernier) et que si c’était moins pire ça devait aller, parce que je n’arrive pas encore à m’autoriser à penser que la fatigue seule – sans fièvre, sans toux, sans vomissements, sans autres symptômes – puisse être un motif légitime pour m’arrêter malgré des résultats sanguins hyper pourris qui corroboraient de ce que je ressentais et qu’il faudra que je me fasse engueuler en avril prochain comme je vais immanquablement l’être par ma médecin – et peut-être de nombreuses autres fois derrière encore – pour peut-être qu’un jour j’arrive à penser que je peux et surtout que je dois.

Aussi parce que c’est maintenant que l’étau commence à se desserrer (c’est l’impression que j’en ai tout du moins) que je réalise à quel point il m’a étouffé …

J’ai mieux géré que l’an dernier vis à vis de mon entourage. Je me suis moins plainte aussi. Ou alors c’est simplement que la chape était moins lourde (merci les médicaments) (je préfère ne même pas imaginer la même situation sans), difficile à dire.
Difficile aussi de savoir le pourquoi de cette récurrence du début d’année, le froid, l’hiver, le manque de lumière ou une simple coïncidence ? On le saura l’an prochain ..


Ça va mieux, je relève la tête, j’arrive à le dire mais je suis encore fatiguée. J’espère que ça va continuer à s’améliorer.

Réduire mes déchets

On va se bouger pour essayer de sauver tout ça ?

C’est en lisant ce billet de Lizly, qui y évoquait son envie pour 2019 de mettre en place 12 actions pour réduire ses déchets ou ses émissions de CO2, que m’est venue à moi l’envie de vous parler déchets ici.

Parce que c’est un sujet qui m’interroge depuis plusieurs mois. Surtout en fait depuis que j’ai intégré le Nouveau Boulot et que j’ai été confrontée à cette collègue très très pratiquante du zéro déchets. Un peu « trop » pour moi même parce que son exemple au lieu d’être inspirant à tendance à me faire flipper (comme cette fois où nos autres collègues me racontaient qu’elles leur avaient ramené des gâteaux faits avec de la pelure de banane). Mais ça a au moins le mérite de me faire m’interroger sur mes propres pratiques et ce que je pourrais améliorer sans que ça me coûte trop, même je manque un peu d’inspiration justement qui ne nécessite pas de bouleverser tout mon mode de vie d’un coup (quelque chose de progressif m’irait mieux) et qui soit compatible avec une vie en ville et en appartement.


Ça me permet aussi de réaliser ce que j’ai déjà fait depuis quelques années (ou très récemment) :

– Je ne peux pas dire que ça ait été une décision consciente mais j’ai considérablement réduit mes achats depuis plusieurs années. Surtout les achats « kleenex » comme les vêtements qui changent d’une saison à l’autre et qu’on enterre au fond du placard rapidement. Je réfléchis beaucoup plus à l’usage à long terme de ce que j’achète : si je vais le garder longtemps, si je vais pouvoir le remettre, si je ne vais pas m’en lasser rapidement.

– Un des trucs très simple et dont je suis fière c’est d’avoir quasiment réussi à ne plus utiliser de coton à démaquiller : je dis quasiment parce que je n’ai pas encore réussi à m’en débarrasser pour le dissolvant et le vernis et pour les fois où il faut désinfecter une blessure. Néanmoins je suis passée de 4 cotons par jour rien que pour me démaquiller + 1 tous les 3-4j pour ôter mon vernis à juste 1 tous les 3-4j pour le vernis et ça change déjà pas mal les choses.

– Depuis très longtemps j’achète beaucoup de produits en vrac. Pas tout on ne va pas se mentir. Mais le riz, les pâtes (certaines, pas toutes), les lentilles, le sucre, la farine etc… tout ça je l’achète en vrac et je le stocke dans des pots en verre à la maison. Sauf que j’ai beau les acheter en vrac, ce sont des sachets en papier qui me permettent de ramener à la maison pour le moment. Mes magasins ne proposent pas encore de pouvoir amener ses pots. Il y en a bien un qui le fait dans la ville mais il a un choix de produits très (trop) limité, chers, et il est situé à un endroit absolument pas pratique pour m’y rendre régulièrement. Alors on m’a parlé de sac en toiles lavables pour remplacer les sachets papiers mais je n’arrive pas vraiment à me décider.

– Je suis loin de les faire tous, bien loin, mais je fais un certain nombre de mes cosmétiques maison. Chaque année un petit peu plus. Je ne pense pas un jour réussir à ne faire qu’avec des cosmétiques maison mais tout ce que je fais moi c’est autant de déchets en moins ne serait-ce que parce que je réutilise mes contenants. Après, il faut encore que je progresse là dessus car la plupart sont en plastique et j’aimerais les changer pour du verre quand ils seront en bout de course.

– Depuis des années (en fait du plus loin que mes souvenirs remontent) dans ma famille on donne autant de choses que possible : objets encore en bon état, livres, vêtements et je perpétue la tradition … J’avoue que j’aime bien en plus, j’aime trier ce que j’ai chez moi mais pas jeter, par contre donner en me disant que ça servira utilement à quelqu’un d’autre, ça me met en joie.

[edit]
– Depuis plusieurs mois j’utilise cette appli géniale qu’est Too good to go, ça permet de racheter à bas prix les invendus alimentaires des magasins. Et je trouve cette idée vraiment géniale et je suis contente de voir que de plus en plus de magasins participent par chez moi.


Ce que je pourrais envisager de faire :

– En fait ça, c’est plus que d’envisager de le faire, je voudrais le faire. Je voudrais virer tous les tupperwares en plastique de la maison pour les remplacer par du … du plus mieux bien! Du verre je sais pas, c’est lourd et ça casse, ça peut être embêtant. Des tupperwares en bambou ou en fibre de riz dont on vient de me parler ça pourrait si j’arrive à mettre la main dessus.

– Comme j’utilise déjà pour mes cosmétiques de la cire d’abeille, je pense que je ne vais pas tarder à passer le cap de la conception de wraps pour remplacer le film plastique alimentaire. Au moins une fois pour tester et si je suis convaincue et bien roule ma poule !

– Je réfléchis – mais j’en suis encore au stade de la pure réflexion – de peut-être envisager de mettre une bassine sur mon balcon pour y mettre les épluchures de fruits et de légumes afin de les jeter dans un composteur. Il y en a un facilement accessible depuis ma résidence mais … mais autant l’hiver ça ne posera pas de problème d’avoir des épluchures sur le balcon, autant l’été j’ai peur que ça pue et je me demande si je vais gérer la logistique de le sortir régulièrement. Et puis je me demande si ça aurait du sens parce qu’autant mon meilleur ami utilise son compost dans son jardin, autant je me demande si quelqu’un utilise le compost près de ma résidence.

– Je me dis que je devrais réfléchir également à fréquenter les friperies … c’est pas que j’ai du mal à porter des vêtements de seconde main, ça m’est arrivé souvent petite de récupérer des vêtements des enfants des collègues de ma mère qui avaient grandi mais j’ai clairement la flemme, mais alors une flemme de fouiller pendant des plombes dans les stocks pour chercher un truc qui me plairait et à ma taille. C’est comme les gens qui chinent, ya des gens qui adorent ça, moi ça me gonfle mais d’une force … Enfin je pourrais me forcer un peu j’imagine.


Les trucs pour lesquels je ne suis clairement pas prête encore :

– Je ne suis clairement pas prête à réutiliser mes épluchures de légumes. Pas de manière régulière en tout cas (la soupe de fanes de carottes ok), comme ce dont je vous parlais plus haut avec ma collègue qui amène au boulot des gâteaux faits avec des peaux de banane. D’une part parce que ça impliquerait de n’acheter que du bio et qu’à l’heure actuelle j’ai tendance à privilégier le local (raisonné) sur le bio (les deux n’étant pas forcément compatibles actuellement). D’autre part parce que ça demanderait – je trouve – de projeter hyper loin la gestion alimentaire. Clairement la gestion des épluchures par le compostage ça m’irait mieux.

– Je sais qu’il le faudrait mais pour l’instant je n’envisage pas du tout de me passer de tous cosmétiques industriels ni même de les réduire de beaucoup plus que je ne l’ai déjà fait. J’avoue que je suis toujours très agacée de voir la tonne d’emballage (pas que pour les cosmétiques d’ailleurs) mis autour d’un pauvre tube de crème et il me semble que certaines marques travaillent à remplacer le plastique par d’autres matériaux même si pour l’instant ce n’est pas probant (et qu’il y a une question de recyclage de mémoire). J’aimerais que plus de marques se saisissent de ce sujet et réfléchissent aux emballages et aux tonnes de déchets qui pourraient être évitées en changeant les conditionnements.

– La cup, la serviette hygiénique lavable, la culotte lavable pour règles. Pour plein de raisons essentiellement matériels et pratiques. Mais je culpabilise carrément à chaque fois que je jette un tampon dans les toilettes.

– C’est l’objectif ultime … mais pas à court terme : réussir à se passer de plastique. Complètement. L’étape suivante serait après de ne plus avoir de déchets. Mais ça j’en suis encore complètement loin.

Sur une échelle de 0 à 10 …

… 0 signifiant pas du tout et 10 le plus fort que vous puissiez imaginer, vous êtes à combien ?

 

Live and let die

 

Plus le temps passe et plus je suis embêtée quand quelqu’un me demande – sincèrement – comment je vais.

Parce que « ça va » ou « ça ne va pas », ça manque de nuances.

Et que j’ai besoin de nuances.

 

Surtout sur un sujet … toujours le même …. la fatigue !

A la question de savoir comment je vais, j’hésite toujours à répondre franchement sur le sujet de la fatigue.

Parce que je n’aime pas inquiéter mon entourage et que j’aurais envie de toujours répondre « yeah ! Tout va super bien! «  je serais tentée de toujours répondre « je suis fatiguée ». Sauf que je ne suis pas toujours fatiguée de la même façon ou tout du moins pas à la même intensité.

Mon état de base depuis plusieurs mois concernant la fatigue sur une échelle de 0 à 10 c’est 3. Tout le temps. Et manifestement je ne m’y suis pas encore habituée parce que j’ai quand même envie de répondre « je suis fatiguée ».

Actuellement (= au moment où j’écris ces lignes), j’estime ma fatigue autour de 5-6/10. Je sens nettement la différence au quotidien mais ça reste gérable, bien loin du 9/10 atteint l’an dernier pendant les fêtes. Dans tous les cas « je suis fatiguée ». Sauf que ça n’a rien à voir entre les 2, et que la nuance « je suis un peu fatiguée / je suis fatiguée / je suis très fatiguée » je ne suis pas certaine que ça parle suffisamment à mon entourage.

 

Du coup je vais peut-être instituer un nouveau rituel :

_Comment tu vas Shaya?

_Je suis à 5/10 en fatigue mais sinon ça va.

 

Je ne suis pas sûre sûre qu’ils soient prêts.

Perte

New pull d’automne

Alors voilà … j’ai quasiment atteint l’objectif de poids fixé par ma médecin.

Plus ou moins le week-end de 4j en Italie (dont j’espère pouvoir vous parler d’ici la fin du week-end prochain)(se fixer des objectifs réalistes) mais la variation ne sera pas suffisante pour remettre le résultat final en question. 

 

J’ai retrouvé mes repères avec moi-même, avec mon corps et avec mes vêtements. Evidemment il y a au fond de moi une petite étincelle d’auto-satisfaction à enfiler des vêtements et de constater qu’on flotte encore un peu plus dedans que la dernière fois. Mais dans le fond … Je n’ai jamais jamais accepté de maigrir pour des raisons esthétiques, du coup il n’est peut-être pas si étonnant que je me trouve plus moche aujourd’hui quand je me regarde dans la glace qu’il y a 1 an.

Comme si ce poids perdu faisait ressortir certaines choses de mon physique que l’on voyait moins avant. Pardon. Que JE voyais moins avant. Allez on je vais le dire, je vais l’écrire, ce qui cristallise mon attention – et mon agacement – en ce moment, c’est cette putain de poitrine. J’ai perdu 2 tailles de pantalon et 0 taille de bonnet. *soupir*

Je sais bien que j’ai des amies qui perdent elles avant tout de là alors qu’elle voudrait perdre des cuisses et du cul mais moi j’aurais volontiers perdu 2 tailles de pantalon et 2 tailles de bonnet. J’avais envisagé un temps de passer par le bistouri mais je pense (non en fait, j’en suis sûre) que mon état de santé ne me le permet plus.

 

Et puis … et puis je ne me sens pas plus belle, pas plus dans les canons de beauté de notre société, pas plus désirable, pas plus aimée, pas plus intelligente. Je m’y attendais, malgré ce que notre société nous vante, il n’y a pas de déception de ce côté là. Juste un constat … blasé.

Néanmoins soulignons l’aspect éminemment positif de cette affaire, en dehors du fait que ma médecin va être contente et que mes analyses ont évolué dans le bon sens (ce qui devrait la réjouir également) : toute cette affaire s’est faite avec beaucoup de douceur. 

La perte de poids a été lente, pas toujours continue, parfois j’ai repris un peu et j’ai trouvé ça rassurant (comme si j’avais toujours un certain contrôle, surtout les rares fois où l’idée de perdre est devenue obsessionnel), je ne me suis jamais privée de rien du coup il y a une certaine sérénité pour le moment par rapport à tout ça. On verra si ça dure. Et là dessus mon scepticisme ne se dément pas, il faudra du temps pour savoir s’il cédera.

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