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Cogito

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Roseau

Au fond des montagnes, au premier plan des roseaux et entre un lac surplombé par quelques nuages blancs

Il aura fallu se faire roseau.
Il le faut encore.
Faire le dos rond, plier mais pas céder et attendre que ça passe, que ça aille mieux pour se redresser.
J’ai progressé sur ce sujet, par rapport à l’an dernier. Je courbe mieux l’échine. Probablement parce que j’ai moins à m’incliner, que la pression est moins forte. Peut-être aussi parce que j’ai appris.
Le contexte aussi est bien différent.

Avec le début de l’année, c’est la Fatigue qui a fait son retour. Insidieusement. Différente de ce que j’avais appris à nommer et à identifier l’an dernier.

Ainsi il semblerait que les débuts d’année se suivent et ne se ressemblent pas sur beaucoup d’aspects sauf qu’ils exigent physiquement leur prix. Et que celui-ci soit élevé. Tous les jours. Mais qu’en plus chaque pas de côté, chaque tentative de changement de rythme soit payé le prix fort. Ainsi ces 4j à Venise – pourtant si merveilleux – m’auront coûté très cher. En énergie. Pendant mais aussi a posteriori.

La tentation d’aller voir mon médecin pour demander à être arrêtée a été présente chaque matin pendant des semaines. Des.Semaines.
Je n’ai jamais osé sauter le pas parce que … parce que le timing vraiment mauvais, parce que l’épidémie de grippe, parce que j’arrivais quand même à me lever, à travailler et à vivre même si ça me coûtait et que ça m’empêchait de m’autoriser à me dire que là vraiment il fallait que je me repose, parce que c’était « moins pire » que l’an dernier (sauf que rien ne peut être pire que l’an dernier) et que si c’était moins pire ça devait aller, parce que je n’arrive pas encore à m’autoriser à penser que la fatigue seule – sans fièvre, sans toux, sans vomissements, sans autres symptômes – puisse être un motif légitime pour m’arrêter malgré des résultats sanguins hyper pourris qui corroboraient de ce que je ressentais et qu’il faudra que je me fasse engueuler en avril prochain comme je vais immanquablement l’être par ma médecin – et peut-être de nombreuses autres fois derrière encore – pour peut-être qu’un jour j’arrive à penser que je peux et surtout que je dois.

Aussi parce que c’est maintenant que l’étau commence à se desserrer (c’est l’impression que j’en ai tout du moins) que je réalise à quel point il m’a étouffé …

J’ai mieux géré que l’an dernier vis à vis de mon entourage. Je me suis moins plainte aussi. Ou alors c’est simplement que la chape était moins lourde (merci les médicaments) (je préfère ne même pas imaginer la même situation sans), difficile à dire.
Difficile aussi de savoir le pourquoi de cette récurrence du début d’année, le froid, l’hiver, le manque de lumière ou une simple coïncidence ? On le saura l’an prochain ..


Ça va mieux, je relève la tête, j’arrive à le dire mais je suis encore fatiguée. J’espère que ça va continuer à s’améliorer.

Réduire mes déchets

On va se bouger pour essayer de sauver tout ça ?

C’est en lisant ce billet de Lizly, qui y évoquait son envie pour 2019 de mettre en place 12 actions pour réduire ses déchets ou ses émissions de CO2, que m’est venue à moi l’envie de vous parler déchets ici.

Parce que c’est un sujet qui m’interroge depuis plusieurs mois. Surtout en fait depuis que j’ai intégré le Nouveau Boulot et que j’ai été confrontée à cette collègue très très pratiquante du zéro déchets. Un peu « trop » pour moi même parce que son exemple au lieu d’être inspirant à tendance à me faire flipper (comme cette fois où nos autres collègues me racontaient qu’elles leur avaient ramené des gâteaux faits avec de la pelure de banane). Mais ça a au moins le mérite de me faire m’interroger sur mes propres pratiques et ce que je pourrais améliorer sans que ça me coûte trop, même je manque un peu d’inspiration justement qui ne nécessite pas de bouleverser tout mon mode de vie d’un coup (quelque chose de progressif m’irait mieux) et qui soit compatible avec une vie en ville et en appartement.


Ça me permet aussi de réaliser ce que j’ai déjà fait depuis quelques années (ou très récemment) :

– Je ne peux pas dire que ça ait été une décision consciente mais j’ai considérablement réduit mes achats depuis plusieurs années. Surtout les achats « kleenex » comme les vêtements qui changent d’une saison à l’autre et qu’on enterre au fond du placard rapidement. Je réfléchis beaucoup plus à l’usage à long terme de ce que j’achète : si je vais le garder longtemps, si je vais pouvoir le remettre, si je ne vais pas m’en lasser rapidement.

– Un des trucs très simple et dont je suis fière c’est d’avoir quasiment réussi à ne plus utiliser de coton à démaquiller : je dis quasiment parce que je n’ai pas encore réussi à m’en débarrasser pour le dissolvant et le vernis et pour les fois où il faut désinfecter une blessure. Néanmoins je suis passée de 4 cotons par jour rien que pour me démaquiller + 1 tous les 3-4j pour ôter mon vernis à juste 1 tous les 3-4j pour le vernis et ça change déjà pas mal les choses.

– Depuis très longtemps j’achète beaucoup de produits en vrac. Pas tout on ne va pas se mentir. Mais le riz, les pâtes (certaines, pas toutes), les lentilles, le sucre, la farine etc… tout ça je l’achète en vrac et je le stocke dans des pots en verre à la maison. Sauf que j’ai beau les acheter en vrac, ce sont des sachets en papier qui me permettent de ramener à la maison pour le moment. Mes magasins ne proposent pas encore de pouvoir amener ses pots. Il y en a bien un qui le fait dans la ville mais il a un choix de produits très (trop) limité, chers, et il est situé à un endroit absolument pas pratique pour m’y rendre régulièrement. Alors on m’a parlé de sac en toiles lavables pour remplacer les sachets papiers mais je n’arrive pas vraiment à me décider.

– Je suis loin de les faire tous, bien loin, mais je fais un certain nombre de mes cosmétiques maison. Chaque année un petit peu plus. Je ne pense pas un jour réussir à ne faire qu’avec des cosmétiques maison mais tout ce que je fais moi c’est autant de déchets en moins ne serait-ce que parce que je réutilise mes contenants. Après, il faut encore que je progresse là dessus car la plupart sont en plastique et j’aimerais les changer pour du verre quand ils seront en bout de course.

– Depuis des années (en fait du plus loin que mes souvenirs remontent) dans ma famille on donne autant de choses que possible : objets encore en bon état, livres, vêtements et je perpétue la tradition … J’avoue que j’aime bien en plus, j’aime trier ce que j’ai chez moi mais pas jeter, par contre donner en me disant que ça servira utilement à quelqu’un d’autre, ça me met en joie.

[edit]
– Depuis plusieurs mois j’utilise cette appli géniale qu’est Too good to go, ça permet de racheter à bas prix les invendus alimentaires des magasins. Et je trouve cette idée vraiment géniale et je suis contente de voir que de plus en plus de magasins participent par chez moi.


Ce que je pourrais envisager de faire :

– En fait ça, c’est plus que d’envisager de le faire, je voudrais le faire. Je voudrais virer tous les tupperwares en plastique de la maison pour les remplacer par du … du plus mieux bien! Du verre je sais pas, c’est lourd et ça casse, ça peut être embêtant. Des tupperwares en bambou ou en fibre de riz dont on vient de me parler ça pourrait si j’arrive à mettre la main dessus.

– Comme j’utilise déjà pour mes cosmétiques de la cire d’abeille, je pense que je ne vais pas tarder à passer le cap de la conception de wraps pour remplacer le film plastique alimentaire. Au moins une fois pour tester et si je suis convaincue et bien roule ma poule !

– Je réfléchis – mais j’en suis encore au stade de la pure réflexion – de peut-être envisager de mettre une bassine sur mon balcon pour y mettre les épluchures de fruits et de légumes afin de les jeter dans un composteur. Il y en a un facilement accessible depuis ma résidence mais … mais autant l’hiver ça ne posera pas de problème d’avoir des épluchures sur le balcon, autant l’été j’ai peur que ça pue et je me demande si je vais gérer la logistique de le sortir régulièrement. Et puis je me demande si ça aurait du sens parce qu’autant mon meilleur ami utilise son compost dans son jardin, autant je me demande si quelqu’un utilise le compost près de ma résidence.

– Je me dis que je devrais réfléchir également à fréquenter les friperies … c’est pas que j’ai du mal à porter des vêtements de seconde main, ça m’est arrivé souvent petite de récupérer des vêtements des enfants des collègues de ma mère qui avaient grandi mais j’ai clairement la flemme, mais alors une flemme de fouiller pendant des plombes dans les stocks pour chercher un truc qui me plairait et à ma taille. C’est comme les gens qui chinent, ya des gens qui adorent ça, moi ça me gonfle mais d’une force … Enfin je pourrais me forcer un peu j’imagine.


Les trucs pour lesquels je ne suis clairement pas prête encore :

– Je ne suis clairement pas prête à réutiliser mes épluchures de légumes. Pas de manière régulière en tout cas (la soupe de fanes de carottes ok), comme ce dont je vous parlais plus haut avec ma collègue qui amène au boulot des gâteaux faits avec des peaux de banane. D’une part parce que ça impliquerait de n’acheter que du bio et qu’à l’heure actuelle j’ai tendance à privilégier le local (raisonné) sur le bio (les deux n’étant pas forcément compatibles actuellement). D’autre part parce que ça demanderait – je trouve – de projeter hyper loin la gestion alimentaire. Clairement la gestion des épluchures par le compostage ça m’irait mieux.

– Je sais qu’il le faudrait mais pour l’instant je n’envisage pas du tout de me passer de tous cosmétiques industriels ni même de les réduire de beaucoup plus que je ne l’ai déjà fait. J’avoue que je suis toujours très agacée de voir la tonne d’emballage (pas que pour les cosmétiques d’ailleurs) mis autour d’un pauvre tube de crème et il me semble que certaines marques travaillent à remplacer le plastique par d’autres matériaux même si pour l’instant ce n’est pas probant (et qu’il y a une question de recyclage de mémoire). J’aimerais que plus de marques se saisissent de ce sujet et réfléchissent aux emballages et aux tonnes de déchets qui pourraient être évitées en changeant les conditionnements.

– La cup, la serviette hygiénique lavable, la culotte lavable pour règles. Pour plein de raisons essentiellement matériels et pratiques. Mais je culpabilise carrément à chaque fois que je jette un tampon dans les toilettes.

– C’est l’objectif ultime … mais pas à court terme : réussir à se passer de plastique. Complètement. L’étape suivante serait après de ne plus avoir de déchets. Mais ça j’en suis encore complètement loin.

Sur une échelle de 0 à 10 …

… 0 signifiant pas du tout et 10 le plus fort que vous puissiez imaginer, vous êtes à combien ?

 

Live and let die

 

Plus le temps passe et plus je suis embêtée quand quelqu’un me demande – sincèrement – comment je vais.

Parce que « ça va » ou « ça ne va pas », ça manque de nuances.

Et que j’ai besoin de nuances.

 

Surtout sur un sujet … toujours le même …. la fatigue !

A la question de savoir comment je vais, j’hésite toujours à répondre franchement sur le sujet de la fatigue.

Parce que je n’aime pas inquiéter mon entourage et que j’aurais envie de toujours répondre « yeah ! Tout va super bien! «  je serais tentée de toujours répondre « je suis fatiguée ». Sauf que je ne suis pas toujours fatiguée de la même façon ou tout du moins pas à la même intensité.

Mon état de base depuis plusieurs mois concernant la fatigue sur une échelle de 0 à 10 c’est 3. Tout le temps. Et manifestement je ne m’y suis pas encore habituée parce que j’ai quand même envie de répondre « je suis fatiguée ».

Actuellement (= au moment où j’écris ces lignes), j’estime ma fatigue autour de 5-6/10. Je sens nettement la différence au quotidien mais ça reste gérable, bien loin du 9/10 atteint l’an dernier pendant les fêtes. Dans tous les cas « je suis fatiguée ». Sauf que ça n’a rien à voir entre les 2, et que la nuance « je suis un peu fatiguée / je suis fatiguée / je suis très fatiguée » je ne suis pas certaine que ça parle suffisamment à mon entourage.

 

Du coup je vais peut-être instituer un nouveau rituel :

_Comment tu vas Shaya?

_Je suis à 5/10 en fatigue mais sinon ça va.

 

Je ne suis pas sûre sûre qu’ils soient prêts.

Perte

New pull d’automne

Alors voilà … j’ai quasiment atteint l’objectif de poids fixé par ma médecin.

Plus ou moins le week-end de 4j en Italie (dont j’espère pouvoir vous parler d’ici la fin du week-end prochain)(se fixer des objectifs réalistes) mais la variation ne sera pas suffisante pour remettre le résultat final en question. 

 

J’ai retrouvé mes repères avec moi-même, avec mon corps et avec mes vêtements. Evidemment il y a au fond de moi une petite étincelle d’auto-satisfaction à enfiler des vêtements et de constater qu’on flotte encore un peu plus dedans que la dernière fois. Mais dans le fond … Je n’ai jamais jamais accepté de maigrir pour des raisons esthétiques, du coup il n’est peut-être pas si étonnant que je me trouve plus moche aujourd’hui quand je me regarde dans la glace qu’il y a 1 an.

Comme si ce poids perdu faisait ressortir certaines choses de mon physique que l’on voyait moins avant. Pardon. Que JE voyais moins avant. Allez on je vais le dire, je vais l’écrire, ce qui cristallise mon attention – et mon agacement – en ce moment, c’est cette putain de poitrine. J’ai perdu 2 tailles de pantalon et 0 taille de bonnet. *soupir*

Je sais bien que j’ai des amies qui perdent elles avant tout de là alors qu’elle voudrait perdre des cuisses et du cul mais moi j’aurais volontiers perdu 2 tailles de pantalon et 2 tailles de bonnet. J’avais envisagé un temps de passer par le bistouri mais je pense (non en fait, j’en suis sûre) que mon état de santé ne me le permet plus.

 

Et puis … et puis je ne me sens pas plus belle, pas plus dans les canons de beauté de notre société, pas plus désirable, pas plus aimée, pas plus intelligente. Je m’y attendais, malgré ce que notre société nous vante, il n’y a pas de déception de ce côté là. Juste un constat … blasé.

Néanmoins soulignons l’aspect éminemment positif de cette affaire, en dehors du fait que ma médecin va être contente et que mes analyses ont évolué dans le bon sens (ce qui devrait la réjouir également) : toute cette affaire s’est faite avec beaucoup de douceur. 

La perte de poids a été lente, pas toujours continue, parfois j’ai repris un peu et j’ai trouvé ça rassurant (comme si j’avais toujours un certain contrôle, surtout les rares fois où l’idée de perdre est devenue obsessionnel), je ne me suis jamais privée de rien du coup il y a une certaine sérénité pour le moment par rapport à tout ça. On verra si ça dure. Et là dessus mon scepticisme ne se dément pas, il faudra du temps pour savoir s’il cédera.

Née sous la bonne balance

Comme le sujet est un peu rude je le sais je vous mets une photo réconfortante

 

Je ne sais pas si c’est parce que je travaille dans le bureau à côté de celui d’un médecin spécialiste du sujet avec lequel j’échange régulièrement sur ses patientes parce que ça fait du bien des fois et que je les vois dans la salle d’attente,

si c’est parce que j’ai travaillé sur le sujet de la grossophobie médicale en particulier – et que j’ai réfléchi à la grossophobie en général, d’ailleurs je vous recommande vivement cet épisode d’Un podcast à soi (et d’une manière générale TOUS les épisodes d’Un podcast à soi) sur le sujet – et aux mécanismes qui mènent à l’obésité et notamment à cet enchaînement délétère régimes-effets yoyo,

si c’est parce que j’ai atteint un âge où les femmes ont suffisamment de recul pour pouvoir en parler – parce que c’était il y a plusieurs années et qu’il y a prescription dans leur tête – et pour pouvoir analyser les raisons qui les ont mené à ça,

 

… bref je ne sais pas à quoi c’est dû mais je trouve que les témoignages d’une relation au minimum malsaine avec la nourriture – voire carrément pathologique avec des troubles du comportement alimentaire – se multiplient autour de moi. Y compris chez des personnes que je n’aurais jamais soupçonné d’avoir vécu ça. Et je suis triste de voir ce qu’on peut s’infliger à cause des représentations sociales autour du poids et de la beauté mais aussi l’influence que la famille peut avoir dans l’apparition de ces troubles. Je suis triste … et je suis en colère contre la société aussi.

 

Bien sûr je sais depuis longtemps que l’anorexie et la boulimie existent. Je me souviens des reportages à la télé quand j’étais jeune qui traitait de ces sujets.

Et puis il y a eu cette connaissance du lycée, retrouvée lors de mon arrivée à la fac et qui deviendra une amie au fil des jours, qui avait sorti le premier jour alors qu’on discutait avec plusieurs personnes « et pis des fois quand tu as trop mangé et bah ça fait du bien d’aller vomir après » et que personne, mais absolument personne, n’avait relevé ni réagi alors que moi ça avait allumé toutes mes alertes internes. Et toute l’année ses troubles s’étaient aggravés, au point qu’elle n’avait plus pu me les cacher et que pour son premier rdv avec un psy je l’avais accompagné.

Et puis il y a toutes ces femmes que je croise, qui ont eu une maladie grave dont elles auraient pu mourir, qui ont eu des traitements hyper violents, et qui ont pris du poids à cause des traitements. Et qui s’inflige de ces choses pour perdre parfois juste 3 kgs, et qu’elles n’ont même pas en trop, qui font 10h de sport hyper intensif par semaine jusqu’à tomber d’épuisement et qui te disent qu’elles se privent de toute vie sociale, qu’elles ne veulent plus sortir de chez elle parce qu’elles sont persuadées que tout le monde les regarde et voient comme elles sont grosses, et qui tiennent un discours tellement haineux sur elle-même et sur leur corps …

Et puis il y a mes collègues. Il y a celle qui ne mange rien sans que sa diététicienne l’y ait autorisée, qui pèse tous ses aliments aux grammes près, qui se bourre parfois tellement de légumes pour ne plus avoir faim sans avoir à manger de féculent que même moi qui aime les légumes je pense que j’en serais dégoutée à sa place, qui parle tout le temps de quand elle était obèse et qui dit que la nourriture occupe 90% de ses pensées … et puis cette autre collègue qui a l’air super bien dans sa peau qui raconte que jeune adulte elle a développé un trouble du comportement alimentaire, qu’elle s’est fait vomir un jour et que c’est rapidement devenu hyper addictif et qu’elle avait cette impression puissante de contrôle, qu’elle a perdu 40kgs en quelques mois et que personne ne s’en est inquiété ni ne s’est demandé comment, qu’elle a été félicité incessamment par tout le monde et que ça a renforcé son trouble du coup, que sa mère un peu ronde qui avait toujours rêvé que sa fille soit mince ne l’avait jamais autant prise en photo qu’à cette période là et qu’aujourd’hui quand elle lui dit qu’elle était malheureuse quand elle était mince sa mère ne veut pas l’entendre et change de sujet, qu’elle s’est fait moins vomir quand elle s’est mise en couple parce que c’était plus compliqué mais sans arrêter complètement et que son conjoint de l’époque n’a jamais rien remarqué alors qu’il travaillait dans un centre pour les troubles du comportement alimentaire et qu’il se vantait de repérer facilement les nanas qui se faisaient vomir, qu’elle n’a complètement arrêté de se faire vomir que quand elle a rencontré son conjoint actuel à qui elle a tout dit et qu’elle a pris 10 kgs depuis qu’elle a arrêté mais qu’elle est 100 fois plus heureuse que quand elle était mince.

 

Je me rends surtout compte à quel point j’ai eu de la chance. Et aussi à quel point de la même façon que le niveau socio-économique de notre famille joue sur notre avenir, le rapport de notre famille a l’alimentation et au poids joue sur nos risques de développer un trouble alimentaire.

Parce que moi j’ai eu la chance que ma famille n’ait jamais jugé mon poids, ne m’ait jamais fait de remarques négatives (sauf Mémé Bourreau mais finalement ça n’a pas tant joué), ne m’ait jamais accordé de l’attention en fonction de ça, ne m’ait jamais incité à faire de régimes (même s’ils ne m’ont pas découragée quand j’en ai fait deux alors que franchement je crois qu’on ne devrait jamais laisser les adolescentes faire un régime). J’ai eu la chance qu’on ne m’interdise jamais de manger du fromage, du chocolat ou des frites. J’ai eu la chance que ma mère n’ait jamais rêvé d’avoir la taille mannequin et n’ait pas projeté ce rêve impossible sur moi. J’ai eu la chance d’être valorisée sur les aspects intellectuels de ma personnalité et pas sur les aspects physiques. J’ai eu la chance même avec 20 kgs de trop de ne jamais être appelée « la grosse », de ne jamais être moquée, humiliée, persécutée, mise à l’écart. J’ai eu la chance que plein d’hommes me disent leur désir quel que soit mon poids, qu’aucun ne m’ait jamais demandé « de maigrir un peu comme ça je serais encore plus belle ». J’ai eu la chance qu’on m’apprenne à manger équilibré, à aimer les légumes, à les cuisiner,. Avec de la crème et du gruyère rapé aussi. J’ai eu la chance de lire des choses qui m’ont fait comprendre que je ne serais pas plus aimée si j’étais mince, pas plus heureuse, pas plus performante.

Et c’est terrible quand on voit les souffrances que ça génère de se dire qu’on a eu de la chance et que tant d’autres ne l’ont pas.

Question de communication

Quel est le rapport ?

 

Quand je suis arrivée à le Nouveau Boulot ce printemps, il est rapidement ressorti deux choses de ce que mes collègues disaient qui n’allaient pas concernant mon Nouveau Chef.  Je n’étais alors d’accord avec aucune des deux, je ne le suis toujours pas, mais je reste prudente et je garde à l’esprit que je n’ai pas le même recul qu’elles et qu’un nouveau boulot c’est comme un nouvel amoureux, au début c’est tout nouveau tout beau et c’est à l’usage qu’on s’aperçoit des trucs énervants (voire carrément insupportables).

 

Le premier truc c’était que mon Nouveau Chef ne déléguait jamais rien, qu’il voulait s’occuper de tout, tout en ne se positionnant jamais. Bah moi mon Nouveau Chef il me délègue plein de trucs, vraiment plein, et tant mieux parce que j’ai toujours été hyper autonome et indépendante dans mon travail (trop probablement pour certains) et que si j’avais un chef collé à mon cul constamment qui devait valider tous mes mails avant que je les envoie et qui ne me laissait aucune autonomie ni aucune marge de prise de décision, ça me gonflerait vite sévère. Après peut-être que contrairement à mes collègues, mon autonomie je la prends justement en ne lui demandant pas de tout valider. (Et pour ce qui est de se positionner, ben avec moi il s’est toujours positionné en même temps je lui donne toujours le contexte et mon propre avis avant, je ne lui demande pas de se positionner à partir du néant)

 

Le deuxième truc c’était que mon Nouveau Chef était vraiment mauvais en communication, ne communiquait pas ou mal avec l’équipe, etc…

Bon … c’est vrai que mon Nouveau Chef est un taiseux (après je considère aussi qu’il y a des choses qu’un responsable n’a pas à dire à son équipe ou qu’il doit le faire selon son propre tempo). Mais les taiseux j’en ai plein dans mon entourage, on pourrait même me dire que j’en ferais bien partie. Et surtout … et surtout j’ai réalisé en appelant mon père ce soir que si j’ai de mon point de vue si peu de mal à communiquer avec mon Nouveau Chef c’est que j’ai un entrainement de ninja avec mon père, à côté duquel Nouveau Chef est un petit joueur, et que j’applique avec ce dernier la même technique qu’avec mon père : mettre les pieds dans le plat. (Et … ça marche pas mal à priori)

Le week-end dernier, à ma grande surprise, ma petite sœur m’a envoyé spontanément des sms. A ma grande surprise oui mais à ma grande joie aussi, j’y ai vu le signe qu’elle allait mieux. Parce que depuis un an et même plus, c’était moi qui devais constamment la solliciter et qui lui envoyais toujours des sms ou qui l’appelais pour prendre de ses nouvelles. Il faut dire aussi qu’elle avait des choses à me dire, et notamment … qu’elle arrêtait son BTS en alternance avec le soutien de ses parents …

Aussi ce soir, quand j’ai eu mon père au téléphone, j’ai attendu qu’il aborde le sujet (en lançant 2-3 perches savamment placées tout de même) … j’ai attendu … attendu … attendu … jusqu’à ce que je l’aborde frontalement moi du coup ce sujet, parce que je n’ai jamais été patiente de toute façon. Et que je voyais bien que lui ne voulait pas en parler mais que si moi je mets les choses sur la table, il ne peut plus se dérober. Ça s’est avéré des plus intéressants comme discussion. Beaucoup plus que je ne m’y attendais. Parce que mon père semble avoir bien évolué concernant la santé de ma petite sœur depuis l’été dernier …  L’an dernier je prêchais seule dans le désert familial que c’était un problème de santé que ma petite sœur avait et pas un manque de volonté / un caprice / une façon de se faire remarquer. Et toute l’année j’ai eu l’impression que ça ne bougeait pas beaucoup dans leur tête. Surtout dans celle de mon père. Aujourd’hui il s’avère … il s’avère que c’est mon père qui a demandé à ma petite sœur d’interrompre son BTS parce qu’il juge que son état de santé ne le permet plus, qu’elle se met trop en danger de ce point de vue. Heureusement que j’étais assise, je ne m’y attendais pas à cette évolution. C’est toujours compliqué de savoir vraiment ce qui se passe dans la tête de mon père derrière ce qu’il dit. D’ailleurs ma mère n’a pu s’empêcher de me remettre en mémoire un « incident » familial bizarre qui avait eu lieu en février, où mon petit frère et ma belle-mère devaient venir me voir mais pas mon père parce qu’il ne voulait pas laisser ma petite sœur toute seule à la maison alors qu’ils le faisaient quand elle avait 13-14 ans et que ça me rendait dingue. A l’époque j’avais cru que c’était parce qu’il avait peur qu’elle organise une méga fiesta en leur absence, maintenant je me dis qu’il avait peut-être peur qu’elle fasse une connerie …

 

Alors voilà, finalement ce n’est pas compliqué de communiquer : il suffit de mettre les pieds dans le plat sur les sujets soigneusement évités par l’autre 😉

Faire de la place pour ça

I need space

 

L’amie douce m’a envoyé le lien sur le mammouth (ça fait un peu ésotérique comme phrase) en me disant « ça me  fait penser à toi ».

Ça m’a réjouit, ça me réjouit toujours quand mes amis me parlent de quelque chose qui leur a fait penser à moi.

Quand j’ai cliqué ça m’a encore plus réjouit. Tellement que je l’ai imprimé deux fois : une fois pour l’afficher dans mon bureau, une fois pour le coller dans mon Bullet Journal.

 

Ça m’a parlé ? Oui.

Preuve en est que l’amie douce avait raison …

Ça m’a parlé parce que depuis un peu plus d’un an maintenant, je médite c’est vrai. Et j’adore ces moments là, vraiment, c’est mon petit shoot de bien être quotidien. Mais la méditation comme j’entendais quelqu’un le dire il y a peu ça consiste surtout à centrer son attention.

Et le reste du temps … ben le reste du temps il faut penser au boulot et que ça prend beaucoup de place en ce moment, au rdv à tenir ou à prendre, au quotidien à assurer, au repas du soir et au ménage à faire, à la machine qu’il faut lancer et à celles qu’il faut repasser, et à tout ce qu’il FAUT faire/penser/anticiper.

Et quand j’y réfléchis, quel temps reste-t-il à mon esprit pour vadrouiller ? Pour rêvasser, pour suivre le fil de pensées sans lien avec la vie quotidienne, pour se poser des questions existentielles loufoques et incongrues ? Aucun. Et je sens bien mon esprit qui étouffe de ça.

Il faut que je fasse de la place pour ça. Je VEUX faire de la place pour ça, sortir la tête de l’eau, laisser l’esprit sortir la tête du guidon, s’évader du quotidien et monter plus haut. 

Et j’étouffe de ça.

Nommer

Avis de tempête

 

J’avais dit que j’essayerai de ne pas trop en parler ici et je me retiens depuis des mois d’aborder le sujet, mais il faut que je trouve un nouveau mot, un nouveau nom.

(et vous pouvez m’y aider si vous voulez, vos suggestions sont les bienvenues)

 

Jusque là je l’appelais fatigue. Fatigue même, avec la majuscule. Voire FAAAAATIIIIIIIIGUE.

Et ce nom ne convient pas. Parce que quand je dis aux autres que je suis fatiguée, ils voient la fatigue qu’ils connaissent. Celle qu’on expérimente après une nuit trop courte ou qu’on n’a pas eu de vacances depuis trop longtemps. Celle qui consiste en 2-3 bâillements pendant la journée. Celle qui passe avec une (ou deux ou trois) bonnes nuits de sommeil, ou une sieste, voire même une bonne semaine de vacances.

Et ils me disent de me reposer, ils me disent de dormir, ils me disent qu’ils espèrent que ça va passer rapidement. Ils pensent bien faire je le sais, ils se fient à ce qu’ils connaissent, à leur fatigue, à celle qu’ils ont eu l’occasion d’expérimenter dans leur chair, celle qui n’est là qu’occasionnellement et qui passe aussi vite qu’elle est venue … s’ils savaient comme je les hais quand ils font ça.

 

Parce que moi ma fatigue c’est une chape de plomb sur l’ensemble de mon corps dès que je me lève, même après une nuit de 9h de bon sommeil, même après 10 nuits de 9h de bon sommeil. Depuis qu’elle s’est installée, elle est là tout le temps, toute la journée, tous les jours, toutes les heures. Elle ne s’en va jamais, elle ne me laisse aucun répit. Même quand je me repose, même quand je fais la sieste, même quand je suis en vacances depuis 15j. Même quand je fais ça, elle ne s’améliore pas. Elle ne s’améliorera jamais.

Quand je me repose c’est soit pour conserver un peu d’énergie (économiser mes « cuillères« ) pour « après » car il y a autre chose à faire plus tard, soit que je ne peux plus faire autrement parce que je n’ai plus la moindre goutte d’énergie.

Et cette chape de plomb devient de plus en plus pesante au fil des heures de la journée au point que faire à manger le soir est au delà de mes forces, au point que parfois le soir quand je conduis je me dis que je suis un vrai danger tant mes réflexes sont ralentis, au point qu’en fin de journée j’ai l’impression d’avoir perdu 20 points de QI tellement je n’arrive plus à réfléchir ou alors seulement de travers. Cette fatigue me liquéfie le cerveau et me ronge la moelle. Quand je me lève, mon tableau de bord m’indique que je suis déjà sur la réserve question énergie, à la fin de la journée, je suis en panne sèche.

 

Ça fait 5 mois que je la subis cette fatigue, ça commence à faire et ça n’est pas fini … Alors ma fatigue c’est aussi me demander si je vais pouvoir continuer à travailler à temps plein et combien de temps et comment je vais faire quand je ne pourrai plus; c’est prendre sur moi pour ne pas pleurer de fatigue le matin, le soir et aussi tout le reste de la journée parce que c’est la seule chose que j’ai envie de faire mais que ça ne m’aidera pas. Ma fatigue c’est prendre sur moi – et y laisser beaucoup d’énergie – pour ne pas hurler et insulter mon entourage qui n’y est pour rien, tellement je suis fatiguée justement ou parce qu’il me demande un effort mineur… pour eux mais énorme pour moi. C’est trop souvent manquer d’énergie pour les autres et en culpabiliser à mort. C’est être très égocentrée et en culpabiliser tout autant. C’est imposer des choix à son entourage qu’on aurait préféré éviter de leur imposer (et à soi aussi). C’est se demander si on arrivera à remplir ses obligations et ses engagements, savoir qu’on va devoir se plier à certains et qu’on va le payer chèrement. C’est accepter d’aller dîner un soir avec un ami en se demandant si on ne sera par trop fatiguée pour ça et si on ne va pas le planter au dernier moment. C’est y penser et en souffrir tout le temps tout en essayant (vainement en général) de ne pas parler que de ça aux autres et de ne pas que s’en plaindre.

 

Vivre avec cette fatigue c’est comme avoir un budget de 500€ par jour et avoir 700€ d’achats à faire. Parfois il y a des achats que je diffère au lendemain, et parfois je me mets à découvert et j’en paie les conséquences plus tard.

Alors pour peu qu’on y rajoute une mauvaise nuit de sommeil ou un événement fatiguant pour n’importe qui, c’est carrément l’apocalypse.

 

Les médecins appellent ça « asthénie » mais ça ne me va pas, ça ne parle à personne d’autre qu’à eux. Moi je l’appelais « fatigue » mais ça ne me va pas non plus.

Il faut pourtant que je lui trouve un nom, un nom qui dise …

Permanence et impermanence

C’est le cycle de la vie, le cycle éterneeeel (vous l’avez dans la tête maintenant)

 

Ça fait un (long) moment que j’entends parler de l’impermanence des choses. Probablement depuis que certains de mes amis au lycée se sont fortement intéressés au bouddhisme.

J’ai toujours détesté cette notion. Elle m’angoisse. Elle me terrifie.

 

Je ne comprends pas comment on peut trouver rassurant l’idée que nous perdrons un jour tout ce que nous avons, tout ce que nous chérissons, tout ceux que nous aimons. Probablement parce que je suis une personne d’engagement. Pas d’engagement au sens où je vais aller manifester ou défendre des causes mais dans le sens où quand je ne m’attache pas facilement à quelqu’un et je laisse peu de gens passer mes défenses mais quand je le fais ce n’est pas à moitié.

Et globalement je voudrais que rien ne change, que les gens que j’aime et qui m’aiment ne cessent jamais de le faire. Surtout ça. Je suis terrifiée à l’idée de perdre les gens que j’aime et que plus personne ne m’aime.

Evidemment que j’ai des ami(e)s dont nos chemins ont divergé. Souvent en douceur, sans heurts. Mais les quelques uns avec qui ça n’a pas été le cas restent une blessure à vif pour moi. Évidemment que je sais qu’un jour mes parents vont mourir, et que moi aussi je vais mourir. Mais j’ai déjà un rapport à la mort aigu, conscient, (qui angoisse mon entourage régulièrement d’ailleurs), je n’ai pas envie de vivre avec cette idée en permanence en tête.

 

Donc voilà j’ai toujours eu peur de cette idée.

Mais j’ai découvert il y a peu que comme souvent, il y avait quand même un versant positif à cette notion.

Lors de deux moments un peu difficiles pour moi. Le premier ça a été quand j’ai eu une période de mauvais sommeil. De vrai mauvais sommeil. Qui a duré longtemps. Et pour lequel je me suis appuyée sur un programme de sophrologie lié au sommeil, que j’avais déjà fait, pour m’aider à traverser ce mauvais moment au mieux. Et à la dernière séance, il disait de garder confiance car rien n’est éternel, pas même les troubles du sommeil. Et j’avais – pour une fois – trouvé ça extraordinairement réconfortant.

De même en faisant cette fois-ci un programme de méditation sur la douleur. Quand vous êtes pliée en deux de douleurs, que vous ne rêvez que d’un scalpel qui vous arracherait quelques organes pour qu’enfin la douleur disparaisse, il est bon – et réconfortant une fois encore – de se rappeler que la douleur ne durera pas toujours, qu’elle finira par passer. (Mais ça implique aussi qu’elle reviendra …)

 

Et c’est vrai que ça l’est, réconfortant, de se dire que les mauvaises choses passeront un jour. Sauf que ça s’accompagne du fait que les bonnes passent aussi … Alors je continue à me débattre avec cette idée d’impermanence des choses …

Du temps

Beau

J’ai pris du temps aujourd’hui et ça a fait du bien.

C’était un objectif du jour – oui j’en suis à me fixer comme objectif de « prendre du temps » – et même s’il le fallait, s’il le fallait physiquement,  ça n’était pourtant pas gagné.

D’une part à cause du changement d’heure. Je déteste le passage à l’heure d’été. Particulièrement ce dimanche de bascule où on me vole une heure et où je passe généralement mon temps à courir … après le temps. Cette heure disparue qui me manque et me donne l’impression d’être le lapin blanc d’Alice toute cette journée.

D’autre part parce qu’il se noue pour moi quelque chose autour du temps actuellement. Autour de sa gestion, autour de sa demande … à l’échelle d’une journée oui mais aussi à l’échelle d’un mois, voire de plusieurs mois.

Pas que pour moi d’ailleurs il me semble, j’ai l’impression qu’il y a dans mon entourage des personnes aussi qui se débattent avec le temps.

 

J’ai médité sur ma gestion du temps, l’occasion de prendre conscience d’un certain nombre de choses mais il me faudra me replonger dedans pour approfondir et retravailler ça.

A l’échelle d’une journée … j’ai besoin de ralentir le rythme de mes journées, de libérer du temps pour du repos ou tout du moins de libérer du temps pour plus de repos. La semaine mais aussi, ou surtout, le week-end.

A l’échelle des mois … j’ai besoin de m’accorder le temps de tourner en rond sur certains sujets, le temps d’avancer et que ça ne se fasse pas en un jour justement

 

L’énorme épisode de fatigue de la fin de l’année dernière qui s’est prolongé au début de cette année a laissé des traces. La fatigue reste un sujet prégnant sur lequel je tourne en rond (si je m’écoutais je n’écrirais que sur ça ici). Il me faut du temps pour accepter sa présence permanente à bas bruit, il me faut du temps pour faire des choix conscients et forts pour réorganiser mes journées en intégrant cette donnée impérative, il me faut du temps pour arrêter de ronger cet os, il me faut du temps pour réajuster mes exigences à mon encontre.

Et je me rends compte que je suis assez peu tolérante avec moi-même sur cette nécessité de temps et même de temps long parfois.

Mon entourage fait probablement preuve de plus de tolérance que moi, j’ai l’impression d’embêter tout le monde tout le temps avec cette récurrence de la fatigue dans ma vie et donc dans mon discours. Pourtant personne n’a jamais manifesté le moindre agacement pour l’instant. Je suis la seule qui s’agace de tourner en rond la dessus. La seule en fait à imaginer que mon entourage en souffre parce que mon entourage n’en dit rien (peut-être qu’il n’ose pas…).

Mon entourage aussi a eu besoin de temps. Du temps pour assimiler, du temps pour procéder à quelques ajustements subtiles pour me ménager sans que j’en ai forcément conscience …

 

Alors d’accord, laissons-nous du temps. Accordons-nous le. Prenons le.

On arrêtera de tourner en rond, on passera à autre chose, quand il sera temps de le faire.

Et si le temps n’est pas encore venu ….

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