// archives

Cogito

This category contains 262 posts

Oscillations

De droite à gauche et de gauche à droite

En ce moment j’oscille beaucoup. Voire j’ai la sensation d’osciller en permanence, sans moment stable.
Entre l’impression que je pète la forme et celle que je vais m’effondrer physiquement.
Entre l’impression de beaucoup trop m’écouter et celle que je devrais le faire beaucoup plus.

Cette période de canicule est comme je le redoutais rude physiquement pour moi. Tension dans les chaussettes (enfin elle baissait déjà dans les 15j avant), tachycardie par moment, sensation d’épuisement, jambes qui flageolent et tête qui tourne.
Ça me fait mal de le dire mais peut-être bien que j’ai rejoint le club des « personnes fragiles ».

Mais pas tout le temps.
Il y a des matins où je vais bien, des moments où un brin de fraîcheur me remet en route, il suffit parfois de quelques minutes allongées pour que cette baisse de tension et la faiblesse qu’elle induit ait disparu.

Du coup je ne dis rien à mon entourage. Ou alors juste que « je vais doucement » en ce moment. Alors qu’en fait il y a des moments où je suis vraiment mal, à deux doigts du malaise ou de l’effondrement; et des moments où je vais vraiment bien. Et pas tellement d’entre-deux.

Je ne dis rien parce que dire c’est reconnaître que … Que physiquement je suis tout sauf un roc, qu’il faut qu’ils fassent attention à moi (avec en plus tout le risque de déception autour de ce sujet).
Je ne dis rien parce qu’eux vont dire quoi ? De m’arrêter ? Je travaille dans un lieu climatisé, c’est encore là que je suis le mieux, si je pouvais j’y dormirai mais y être implique, oui, de travailler.
Je ne dis rien parce que … qu’est-ce que ça va changer de le dire justement ? Rien.

Alors autant se taire, courber le dos en silence quand je suis au bord de l’effondrement, en attendant que ça passe.

Raccrocher les fils de l’histoire

bouquets de fleurs fleurissant une tombe
Tout ce qui se cache sous ces pierres tombales

En moins d’un an j’aurais été fleurir beaucoup de tombes décidément …

C’est rigolo ce que la fréquentation des cimetières peut nous apporter comme informations sur notre histoire, sur celle de notre famille tout du moins, ce qu’elle peut déclencher comme réflexions et comme connexions entre brides d’informations que l’on possédait déjà mais que l’on avait pas relié jusque là.

Le week-end dernier je suis allée avec ma mère fleurir la tombe de ma grand-mère. Qui est aussi celle de ses parents (ceux de ma grand-mère). Située dans ce coin perdu de la Nièvre, dans un village vraiment à l’écart, vraiment isolé, et dans lequel notre histoire – ce que j’en connaissais en tout cas – ne s’inscrivait pas du tout.

Ça a été l’occasion de mémoriser l’endroit où se trouve cette tombe pour y revenir seule quand il le faudra. L’occasion de demander aussi le pourquoi de ce lieu, de ce village oublié et difficile d’accès, et donc l’occasion d’ajouter quelques lignes de ma connaissance de cette histoire qui s’est écrite bien avant ma naissance.
L’occasion, enfin, de constater que sur la pierre tombale, ma grand-mère a été enterrée sous son nom de jeune fille. Ultime effacement, ultime négation de son mari, mon grand-père, dans sa vie quand bien même elle a porté son nom de famille jusqu’à sa mort.

Mais du coup ce grand-père que je n’ai jamais connu, qui fait parti de ses morts dont on ne parle jamais, où est-il enterré au fait ? Je n’avais jamais posé la question. Je ne me l’étais jamais posée avant en fait.
A 15 kms de là … avec ses parents. Alors qu’ils étaient originaires d’une toute autre région située à 300kms de là. J’ai passé nombre de vacances dans ce village, je ne suis jamais allée sur leur tombe je crois. Ce sont les morts dont on ne parle pas.

Et puis, dans ce cimetière, sous le chaud soleil de ce week-end, m’est soudain revenu ce souvenir vieux et enfoui. Celui d’une fois où mon père est venu me chercher avec mon grand-père et que nous avons fait un détour par un village situé à une petite dizaine de kilomètres pour que mon grand-père paternel aille se recueillir … sur la tombe de son père qui n’avait pourtant rien à voir avec la Nièvre. C’est là où j’ai réalisé que 5 de mes arrières grands parents étaient enterrés dans un rayon de 20 kms, que ça n’avait absolument aucune cohérence ni aucune logique dans ce que je sais de mon histoire familiale, que je n’ai aucune idée de là où sont enterrés les 3 autres et qu’il allait falloir que je pose des questions pour combler les trous béants de cette histoire familiale tant que j’avais encore des gens qui pourraient donner des réponses.

Je savais qu’il y avait nombre de cadavres dans le placard familial, je n’imaginais juste pas à quel point.

Couper

Vautour planant dans le ciel

Je suis rentrée de Cuba hier et j’ai tant à dire sur ce pays.

Je ne sais pas bien encore comment je vais rédiger et organiser tout ça, tout ce que j’ai à dire, à montrer, tout ce que ce pays m’a inspiré comme pensées tout au long des 2000kms parcourus sur ces routes (et comme photos puisque j’en ai 1200 à trier). Il faut dire qu’à l’heure actuelle la fatigue (du voyage, du retour, de la nuit en avion), les 6h de décalage horaire, la perte de 20° de température, le jet lag neuronal (je n’ai pas encore sorti le moindre « buenos dias ! » mais ça ne saurait tarder) n’aident pas à la réflexion.

Comme prévu, Cuba a été une formidable déconnexion d’internet. J’ai réussi à publier quelques photos sur Instagram (difficilement) au bout d’une semaine mais pour le reste ça a été la coupure. Je recommande d’ailleurs la destination à tous ceux qui auraient besoin ou voudraient faire une vraie pause internet et réseaux sociaux.

Et ça m’a fait un bien fou …
J’ai d’ailleurs bien du mal et pas envie de m’y remettre.
Ce voyage en général m’a fait un bien fou. Surtout parce que pendant 15j je ne me suis occupée que de moi, je n’ai géré que moi, le monde s’est débrouillé sans moi. Ni mieux ni mal que si je m’étais occupée de lui.

J’ai envie d’écrire que je suis fatiguée des gens, mais je sais que ceux qui vont le prendre pour eux ne seront pas ceux qui me fatiguent mais ceux – pas si nombreux – qui m’ont manqué pendant ces 15j de coupure.

Le fait est surtout que j’ai conscience qu’un certain nombre de réseaux sociaux (Twitter pour ne pas le nommer) me coûtent. Me coûtent beaucoup. D’énergie et d’autres choses. Et que j’ai l’impression d’y rester pour de mauvaises raisons sans savoir comment changer ça sans perdre ou réduire le contact avec un certain nombre de personnes avec qui je ne veux pas perdre ni réduire le contact.

Bref le constat est là, je ne sais pas quoi en faire, encore moins avec mes neurones qui sont toujours en balade quelque part au dessus de l’Atlantique.

Vous serait-il possible de la fermer svp ?

Keep calm and breath

Un matin, au réveil, en ouvrant mon flux instagram j’ai découvert cette image de Sketches in Stilness (que j’aime beaucoup d’une manière générale) et ça m’a fait comme une petite révélation : « c’est tellement ça ».

Je suis fatiguée de l’avis des autres. Et je suis fatiguée qu’ils me l’imposent constamment.
Oh je ne dis pas que je suis toujours parfaite en la matière loin de là. Ça doit m’arriver quelque fois, ça m’arrive surement quelque fois. Mais j’essaye d’éviter d’imposer aux autres ce que je pense du gouvernement en place, de celui d’avant, et de tout un tas d’autres sujets moins politiques mais pas moins polémiques … et je ne dois pas trop mal réussir puisqu’une fois, un ami proche, vraiment proche, m’a dit une fois « mais en fait je ne sais même pas pour qui tu votes » (plus beau compliment) alors qu’on avait parlé politique plusieurs fois ensemble (mais sans que je lui impose MON avis manifestement).

Ça ne veut pas dire que je n’en ai pas d’avis. Sur le réchauffement climatique, sur l’église, sur les fonctionnaires. Simplement que je le garde pour moi. Je ne ressens pas le besoin de l’étaler partout, je ne ressens pas le besoin d’en parler partout, ni de le confronter à celui des autres pour le renforcer ou me sentir détentrice de la parole sacrée et chargée de l’imposer.

J’évite aussi d’imposer mes opinions parce je sais qu’on ne m’en fera pas aisément changer. Et qu’on ne parle pas aux murs, pas plus qu’ils ne se parlent entre eux. Je me suis rendue compte récemment que j’étais franchement solide sur mes bases, que je mettais du temps pour construire mais avis mais que je n’en changeais pas facilement : j’ai fait quelques séances d’hypnose, une histoire de sommeil perturbée qui ne s’arrangeait pas comme je voulais depuis qu’une nuit de novembre 2015 je me suis réveillée avec un steak tartare à la place du mollet. Et j’ai raconté tout ça et tout ce qui concernait la Maladie à l’hypnothérapeute. Parce qu’il était évident pour moi que mes rapports compliqués avec le sommeil s’étaient noués là, dans l’abandon de la nuit où la Maladie avait porté sa première banderille. L’hypnothérapeute n’a pas pu s’empêcher de vouloir chercher une cause psychique à la Maladie, une explication, une raison, une trace dans mon histoire qu’il pourrait relier. Et je lui ai gentiment mais fermement fait comprendre qu’il ne fallait pas, qu’il n’en trouverait pas, qu’il n’en trouverait jamais. Que j’avais cherché un temps aussi au fin fond de mon cerveau avant de réaliser comme c’était vain, que ça ne changerait de toute façon rien. Il a fait marche arrière. Lui.

Mes proches apprennent vite que le silence n’est pas un problème pour moi, que je peux me passer de dire et d’exprimer si on ne me donne pas l’espace nécessaire pour ça.
L’autre jour, au café, mes collègues disaient qu’elles trouvaient qu’en réunion on ne s’écoutait pas assez les uns les autres. Je rigolais en me disant qu’il nous faudrait un bâton de parole. Quelques instants plus tard, sur un autre sujet, deux d’entre elles m’ont coupé la parole en forçant le volume de leur voix pour couvrir la mienne et réagir à ce que je venais de dire sans me laisser finir ma phrase. Je ne l’ai jamais fini. Je ne dis pas que mon avis ne peut pas être intéressant, mais il mérite qu’on lui laisse de la place, je ne vais pas forcer à parler plus fort que les autres pour l’imposer.

J’aimerais bien qu’on me rende la pareille parfois.

Créer des liens durables

Carte postale noire sur laquelle il est écrit "il faut donner sans se souvenir et recevoir sans oublier"
Mes patients <3

C’est à eux qu’il faudrait demander évidemment, mais pendant longtemps je n’ai pas été une grande sœur très … impliquée auprès de ma petite sœur et de mon petit frère.

Je leur ai porté un amour fou dès le premier regard, là n’était pas la question. Et la différence d’âge ôtait tout risque de jalousie et tout enjeu de ce côté là. Mais j’ai longtemps eu un peu de mal à trouver ma place : je n’ai jamais vécu avec eux (contrairement à notre grande sœur), ça m’a toujours prodigieusement gonflé de jouer avec eux (ça me gonfle encore adulte de jouer avec un enfant alors ado je ne vous dis pas …), et j’étais une des grandes sœurs mais pas LA grande sœur puisqu’il y en avait une avant moi qui se positionnait en plus très fort sur ce secteur de référence et d’autorité.

Finalement, c’est en les voyant atteindre l’adolescence que j’ai voulu d’une part créer un lien plus fort avec eux en me disant qu’après il risquait d’être trop tard. Et puis j’ai aussi assumé de pouvoir avoir une place de grande sœur sans rien voler à la mienne. Au final je crois que j’ai pas mal réussi pour le moment et ça m’a donné de l’élan et à réfléchir pour d’autres liens …


Il y a eu mon Filleul déjà, fils de mon meilleur ami. Avoir un « statut » officiel m’a aidée à me sentir légitime pour avoir envie de jouer un rôle dans la vie de cet enfant pour qui je ne suis rien à part être l’amie de ses parents. D’autant que j’ai la volonté forte – comme pour les autres même si j’ai un statut différent – de ne pas juste être la marraine qui envoie un cadeau pour Noël et son anniversaire (comme mon parrain l’était). Je lui en envoie évidemment mais je ne veux pas avoir un lien purement « économique » avec lui alors j’essaye de trouver d’autres façons d’exister, ce qui n’est pas forcément évident avec la distance puisqu’on habite loin les uns des autres. Je suis d’ailleurs persuadée que les parents jouent un rôle évident, en me faisant exister auprès de lui …


D’eux même puisqu’au delà de mon Filleul il y a cet enfant de la mer et du soleil, qui m’envoie des cartes postales quand il va dans un musée et qui m’associe aux lacs <3. Et son petit frère à naître. Et le fils de ma meilleure amie qui devrait bientôt pointer le bout de son nez (que des garçons … je veux des filles !). Et j’ai du mal un peu à assumer d’avoir envie d’exister pour eux – j’ai peur d’empiéter et d’être maladroite par rapport aux parents alors que je ne suis rien à part une amie douce -, d’assumer de m’intituler « Tata Shaya » alors que je n’ai pas les liens du sang qui donnent droit théoriquement à ce titre. Mais est-ce qu’on a vraiment besoin des liens du sang pour être « Tata Shaya » ? Est-ce qu’on a vraiment besoin d’un titre pour se sentir légitime ?

Roseau

Au fond des montagnes, au premier plan des roseaux et entre un lac surplombé par quelques nuages blancs

Il aura fallu se faire roseau.
Il le faut encore.
Faire le dos rond, plier mais pas céder et attendre que ça passe, que ça aille mieux pour se redresser.
J’ai progressé sur ce sujet, par rapport à l’an dernier. Je courbe mieux l’échine. Probablement parce que j’ai moins à m’incliner, que la pression est moins forte. Peut-être aussi parce que j’ai appris.
Le contexte aussi est bien différent.

Avec le début de l’année, c’est la Fatigue qui a fait son retour. Insidieusement. Différente de ce que j’avais appris à nommer et à identifier l’an dernier.

Ainsi il semblerait que les débuts d’année se suivent et ne se ressemblent pas sur beaucoup d’aspects sauf qu’ils exigent physiquement leur prix. Et que celui-ci soit élevé. Tous les jours. Mais qu’en plus chaque pas de côté, chaque tentative de changement de rythme soit payé le prix fort. Ainsi ces 4j à Venise – pourtant si merveilleux – m’auront coûté très cher. En énergie. Pendant mais aussi a posteriori.

La tentation d’aller voir mon médecin pour demander à être arrêtée a été présente chaque matin pendant des semaines. Des.Semaines.
Je n’ai jamais osé sauter le pas parce que … parce que le timing vraiment mauvais, parce que l’épidémie de grippe, parce que j’arrivais quand même à me lever, à travailler et à vivre même si ça me coûtait et que ça m’empêchait de m’autoriser à me dire que là vraiment il fallait que je me repose, parce que c’était « moins pire » que l’an dernier (sauf que rien ne peut être pire que l’an dernier) et que si c’était moins pire ça devait aller, parce que je n’arrive pas encore à m’autoriser à penser que la fatigue seule – sans fièvre, sans toux, sans vomissements, sans autres symptômes – puisse être un motif légitime pour m’arrêter malgré des résultats sanguins hyper pourris qui corroboraient de ce que je ressentais et qu’il faudra que je me fasse engueuler en avril prochain comme je vais immanquablement l’être par ma médecin – et peut-être de nombreuses autres fois derrière encore – pour peut-être qu’un jour j’arrive à penser que je peux et surtout que je dois.

Aussi parce que c’est maintenant que l’étau commence à se desserrer (c’est l’impression que j’en ai tout du moins) que je réalise à quel point il m’a étouffé …

J’ai mieux géré que l’an dernier vis à vis de mon entourage. Je me suis moins plainte aussi. Ou alors c’est simplement que la chape était moins lourde (merci les médicaments) (je préfère ne même pas imaginer la même situation sans), difficile à dire.
Difficile aussi de savoir le pourquoi de cette récurrence du début d’année, le froid, l’hiver, le manque de lumière ou une simple coïncidence ? On le saura l’an prochain ..


Ça va mieux, je relève la tête, j’arrive à le dire mais je suis encore fatiguée. J’espère que ça va continuer à s’améliorer.

Réduire mes déchets

On va se bouger pour essayer de sauver tout ça ?

C’est en lisant ce billet de Lizly, qui y évoquait son envie pour 2019 de mettre en place 12 actions pour réduire ses déchets ou ses émissions de CO2, que m’est venue à moi l’envie de vous parler déchets ici.

Parce que c’est un sujet qui m’interroge depuis plusieurs mois. Surtout en fait depuis que j’ai intégré le Nouveau Boulot et que j’ai été confrontée à cette collègue très très pratiquante du zéro déchets. Un peu « trop » pour moi même parce que son exemple au lieu d’être inspirant à tendance à me faire flipper (comme cette fois où nos autres collègues me racontaient qu’elles leur avaient ramené des gâteaux faits avec de la pelure de banane). Mais ça a au moins le mérite de me faire m’interroger sur mes propres pratiques et ce que je pourrais améliorer sans que ça me coûte trop, même je manque un peu d’inspiration justement qui ne nécessite pas de bouleverser tout mon mode de vie d’un coup (quelque chose de progressif m’irait mieux) et qui soit compatible avec une vie en ville et en appartement.


Ça me permet aussi de réaliser ce que j’ai déjà fait depuis quelques années (ou très récemment) :

– Je ne peux pas dire que ça ait été une décision consciente mais j’ai considérablement réduit mes achats depuis plusieurs années. Surtout les achats « kleenex » comme les vêtements qui changent d’une saison à l’autre et qu’on enterre au fond du placard rapidement. Je réfléchis beaucoup plus à l’usage à long terme de ce que j’achète : si je vais le garder longtemps, si je vais pouvoir le remettre, si je ne vais pas m’en lasser rapidement.

– Un des trucs très simple et dont je suis fière c’est d’avoir quasiment réussi à ne plus utiliser de coton à démaquiller : je dis quasiment parce que je n’ai pas encore réussi à m’en débarrasser pour le dissolvant et le vernis et pour les fois où il faut désinfecter une blessure. Néanmoins je suis passée de 4 cotons par jour rien que pour me démaquiller + 1 tous les 3-4j pour ôter mon vernis à juste 1 tous les 3-4j pour le vernis et ça change déjà pas mal les choses.

– Depuis très longtemps j’achète beaucoup de produits en vrac. Pas tout on ne va pas se mentir. Mais le riz, les pâtes (certaines, pas toutes), les lentilles, le sucre, la farine etc… tout ça je l’achète en vrac et je le stocke dans des pots en verre à la maison. Sauf que j’ai beau les acheter en vrac, ce sont des sachets en papier qui me permettent de ramener à la maison pour le moment. Mes magasins ne proposent pas encore de pouvoir amener ses pots. Il y en a bien un qui le fait dans la ville mais il a un choix de produits très (trop) limité, chers, et il est situé à un endroit absolument pas pratique pour m’y rendre régulièrement. Alors on m’a parlé de sac en toiles lavables pour remplacer les sachets papiers mais je n’arrive pas vraiment à me décider.

– Je suis loin de les faire tous, bien loin, mais je fais un certain nombre de mes cosmétiques maison. Chaque année un petit peu plus. Je ne pense pas un jour réussir à ne faire qu’avec des cosmétiques maison mais tout ce que je fais moi c’est autant de déchets en moins ne serait-ce que parce que je réutilise mes contenants. Après, il faut encore que je progresse là dessus car la plupart sont en plastique et j’aimerais les changer pour du verre quand ils seront en bout de course.

– Depuis des années (en fait du plus loin que mes souvenirs remontent) dans ma famille on donne autant de choses que possible : objets encore en bon état, livres, vêtements et je perpétue la tradition … J’avoue que j’aime bien en plus, j’aime trier ce que j’ai chez moi mais pas jeter, par contre donner en me disant que ça servira utilement à quelqu’un d’autre, ça me met en joie.

[edit]
– Depuis plusieurs mois j’utilise cette appli géniale qu’est Too good to go, ça permet de racheter à bas prix les invendus alimentaires des magasins. Et je trouve cette idée vraiment géniale et je suis contente de voir que de plus en plus de magasins participent par chez moi.


Ce que je pourrais envisager de faire :

– En fait ça, c’est plus que d’envisager de le faire, je voudrais le faire. Je voudrais virer tous les tupperwares en plastique de la maison pour les remplacer par du … du plus mieux bien! Du verre je sais pas, c’est lourd et ça casse, ça peut être embêtant. Des tupperwares en bambou ou en fibre de riz dont on vient de me parler ça pourrait si j’arrive à mettre la main dessus.

– Comme j’utilise déjà pour mes cosmétiques de la cire d’abeille, je pense que je ne vais pas tarder à passer le cap de la conception de wraps pour remplacer le film plastique alimentaire. Au moins une fois pour tester et si je suis convaincue et bien roule ma poule !

– Je réfléchis – mais j’en suis encore au stade de la pure réflexion – de peut-être envisager de mettre une bassine sur mon balcon pour y mettre les épluchures de fruits et de légumes afin de les jeter dans un composteur. Il y en a un facilement accessible depuis ma résidence mais … mais autant l’hiver ça ne posera pas de problème d’avoir des épluchures sur le balcon, autant l’été j’ai peur que ça pue et je me demande si je vais gérer la logistique de le sortir régulièrement. Et puis je me demande si ça aurait du sens parce qu’autant mon meilleur ami utilise son compost dans son jardin, autant je me demande si quelqu’un utilise le compost près de ma résidence.

– Je me dis que je devrais réfléchir également à fréquenter les friperies … c’est pas que j’ai du mal à porter des vêtements de seconde main, ça m’est arrivé souvent petite de récupérer des vêtements des enfants des collègues de ma mère qui avaient grandi mais j’ai clairement la flemme, mais alors une flemme de fouiller pendant des plombes dans les stocks pour chercher un truc qui me plairait et à ma taille. C’est comme les gens qui chinent, ya des gens qui adorent ça, moi ça me gonfle mais d’une force … Enfin je pourrais me forcer un peu j’imagine.


Les trucs pour lesquels je ne suis clairement pas prête encore :

– Je ne suis clairement pas prête à réutiliser mes épluchures de légumes. Pas de manière régulière en tout cas (la soupe de fanes de carottes ok), comme ce dont je vous parlais plus haut avec ma collègue qui amène au boulot des gâteaux faits avec des peaux de banane. D’une part parce que ça impliquerait de n’acheter que du bio et qu’à l’heure actuelle j’ai tendance à privilégier le local (raisonné) sur le bio (les deux n’étant pas forcément compatibles actuellement). D’autre part parce que ça demanderait – je trouve – de projeter hyper loin la gestion alimentaire. Clairement la gestion des épluchures par le compostage ça m’irait mieux.

– Je sais qu’il le faudrait mais pour l’instant je n’envisage pas du tout de me passer de tous cosmétiques industriels ni même de les réduire de beaucoup plus que je ne l’ai déjà fait. J’avoue que je suis toujours très agacée de voir la tonne d’emballage (pas que pour les cosmétiques d’ailleurs) mis autour d’un pauvre tube de crème et il me semble que certaines marques travaillent à remplacer le plastique par d’autres matériaux même si pour l’instant ce n’est pas probant (et qu’il y a une question de recyclage de mémoire). J’aimerais que plus de marques se saisissent de ce sujet et réfléchissent aux emballages et aux tonnes de déchets qui pourraient être évitées en changeant les conditionnements.

– La cup, la serviette hygiénique lavable, la culotte lavable pour règles. Pour plein de raisons essentiellement matériels et pratiques. Mais je culpabilise carrément à chaque fois que je jette un tampon dans les toilettes.

– C’est l’objectif ultime … mais pas à court terme : réussir à se passer de plastique. Complètement. L’étape suivante serait après de ne plus avoir de déchets. Mais ça j’en suis encore complètement loin.

Sur une échelle de 0 à 10 …

… 0 signifiant pas du tout et 10 le plus fort que vous puissiez imaginer, vous êtes à combien ?

 

Live and let die

 

Plus le temps passe et plus je suis embêtée quand quelqu’un me demande – sincèrement – comment je vais.

Parce que « ça va » ou « ça ne va pas », ça manque de nuances.

Et que j’ai besoin de nuances.

 

Surtout sur un sujet … toujours le même …. la fatigue !

A la question de savoir comment je vais, j’hésite toujours à répondre franchement sur le sujet de la fatigue.

Parce que je n’aime pas inquiéter mon entourage et que j’aurais envie de toujours répondre « yeah ! Tout va super bien! «  je serais tentée de toujours répondre « je suis fatiguée ». Sauf que je ne suis pas toujours fatiguée de la même façon ou tout du moins pas à la même intensité.

Mon état de base depuis plusieurs mois concernant la fatigue sur une échelle de 0 à 10 c’est 3. Tout le temps. Et manifestement je ne m’y suis pas encore habituée parce que j’ai quand même envie de répondre « je suis fatiguée ».

Actuellement (= au moment où j’écris ces lignes), j’estime ma fatigue autour de 5-6/10. Je sens nettement la différence au quotidien mais ça reste gérable, bien loin du 9/10 atteint l’an dernier pendant les fêtes. Dans tous les cas « je suis fatiguée ». Sauf que ça n’a rien à voir entre les 2, et que la nuance « je suis un peu fatiguée / je suis fatiguée / je suis très fatiguée » je ne suis pas certaine que ça parle suffisamment à mon entourage.

 

Du coup je vais peut-être instituer un nouveau rituel :

_Comment tu vas Shaya?

_Je suis à 5/10 en fatigue mais sinon ça va.

 

Je ne suis pas sûre sûre qu’ils soient prêts.

Perte

New pull d’automne

Alors voilà … j’ai quasiment atteint l’objectif de poids fixé par ma médecin.

Plus ou moins le week-end de 4j en Italie (dont j’espère pouvoir vous parler d’ici la fin du week-end prochain)(se fixer des objectifs réalistes) mais la variation ne sera pas suffisante pour remettre le résultat final en question. 

 

J’ai retrouvé mes repères avec moi-même, avec mon corps et avec mes vêtements. Evidemment il y a au fond de moi une petite étincelle d’auto-satisfaction à enfiler des vêtements et de constater qu’on flotte encore un peu plus dedans que la dernière fois. Mais dans le fond … Je n’ai jamais jamais accepté de maigrir pour des raisons esthétiques, du coup il n’est peut-être pas si étonnant que je me trouve plus moche aujourd’hui quand je me regarde dans la glace qu’il y a 1 an.

Comme si ce poids perdu faisait ressortir certaines choses de mon physique que l’on voyait moins avant. Pardon. Que JE voyais moins avant. Allez on je vais le dire, je vais l’écrire, ce qui cristallise mon attention – et mon agacement – en ce moment, c’est cette putain de poitrine. J’ai perdu 2 tailles de pantalon et 0 taille de bonnet. *soupir*

Je sais bien que j’ai des amies qui perdent elles avant tout de là alors qu’elle voudrait perdre des cuisses et du cul mais moi j’aurais volontiers perdu 2 tailles de pantalon et 2 tailles de bonnet. J’avais envisagé un temps de passer par le bistouri mais je pense (non en fait, j’en suis sûre) que mon état de santé ne me le permet plus.

 

Et puis … et puis je ne me sens pas plus belle, pas plus dans les canons de beauté de notre société, pas plus désirable, pas plus aimée, pas plus intelligente. Je m’y attendais, malgré ce que notre société nous vante, il n’y a pas de déception de ce côté là. Juste un constat … blasé.

Néanmoins soulignons l’aspect éminemment positif de cette affaire, en dehors du fait que ma médecin va être contente et que mes analyses ont évolué dans le bon sens (ce qui devrait la réjouir également) : toute cette affaire s’est faite avec beaucoup de douceur. 

La perte de poids a été lente, pas toujours continue, parfois j’ai repris un peu et j’ai trouvé ça rassurant (comme si j’avais toujours un certain contrôle, surtout les rares fois où l’idée de perdre est devenue obsessionnel), je ne me suis jamais privée de rien du coup il y a une certaine sérénité pour le moment par rapport à tout ça. On verra si ça dure. Et là dessus mon scepticisme ne se dément pas, il faudra du temps pour savoir s’il cédera.

Née sous la bonne balance

Comme le sujet est un peu rude je le sais je vous mets une photo réconfortante

 

Je ne sais pas si c’est parce que je travaille dans le bureau à côté de celui d’un médecin spécialiste du sujet avec lequel j’échange régulièrement sur ses patientes parce que ça fait du bien des fois et que je les vois dans la salle d’attente,

si c’est parce que j’ai travaillé sur le sujet de la grossophobie médicale en particulier – et que j’ai réfléchi à la grossophobie en général, d’ailleurs je vous recommande vivement cet épisode d’Un podcast à soi (et d’une manière générale TOUS les épisodes d’Un podcast à soi) sur le sujet – et aux mécanismes qui mènent à l’obésité et notamment à cet enchaînement délétère régimes-effets yoyo,

si c’est parce que j’ai atteint un âge où les femmes ont suffisamment de recul pour pouvoir en parler – parce que c’était il y a plusieurs années et qu’il y a prescription dans leur tête – et pour pouvoir analyser les raisons qui les ont mené à ça,

 

… bref je ne sais pas à quoi c’est dû mais je trouve que les témoignages d’une relation au minimum malsaine avec la nourriture – voire carrément pathologique avec des troubles du comportement alimentaire – se multiplient autour de moi. Y compris chez des personnes que je n’aurais jamais soupçonné d’avoir vécu ça. Et je suis triste de voir ce qu’on peut s’infliger à cause des représentations sociales autour du poids et de la beauté mais aussi l’influence que la famille peut avoir dans l’apparition de ces troubles. Je suis triste … et je suis en colère contre la société aussi.

 

Bien sûr je sais depuis longtemps que l’anorexie et la boulimie existent. Je me souviens des reportages à la télé quand j’étais jeune qui traitait de ces sujets.

Et puis il y a eu cette connaissance du lycée, retrouvée lors de mon arrivée à la fac et qui deviendra une amie au fil des jours, qui avait sorti le premier jour alors qu’on discutait avec plusieurs personnes « et pis des fois quand tu as trop mangé et bah ça fait du bien d’aller vomir après » et que personne, mais absolument personne, n’avait relevé ni réagi alors que moi ça avait allumé toutes mes alertes internes. Et toute l’année ses troubles s’étaient aggravés, au point qu’elle n’avait plus pu me les cacher et que pour son premier rdv avec un psy je l’avais accompagné.

Et puis il y a toutes ces femmes que je croise, qui ont eu une maladie grave dont elles auraient pu mourir, qui ont eu des traitements hyper violents, et qui ont pris du poids à cause des traitements. Et qui s’inflige de ces choses pour perdre parfois juste 3 kgs, et qu’elles n’ont même pas en trop, qui font 10h de sport hyper intensif par semaine jusqu’à tomber d’épuisement et qui te disent qu’elles se privent de toute vie sociale, qu’elles ne veulent plus sortir de chez elle parce qu’elles sont persuadées que tout le monde les regarde et voient comme elles sont grosses, et qui tiennent un discours tellement haineux sur elle-même et sur leur corps …

Et puis il y a mes collègues. Il y a celle qui ne mange rien sans que sa diététicienne l’y ait autorisée, qui pèse tous ses aliments aux grammes près, qui se bourre parfois tellement de légumes pour ne plus avoir faim sans avoir à manger de féculent que même moi qui aime les légumes je pense que j’en serais dégoutée à sa place, qui parle tout le temps de quand elle était obèse et qui dit que la nourriture occupe 90% de ses pensées … et puis cette autre collègue qui a l’air super bien dans sa peau qui raconte que jeune adulte elle a développé un trouble du comportement alimentaire, qu’elle s’est fait vomir un jour et que c’est rapidement devenu hyper addictif et qu’elle avait cette impression puissante de contrôle, qu’elle a perdu 40kgs en quelques mois et que personne ne s’en est inquiété ni ne s’est demandé comment, qu’elle a été félicité incessamment par tout le monde et que ça a renforcé son trouble du coup, que sa mère un peu ronde qui avait toujours rêvé que sa fille soit mince ne l’avait jamais autant prise en photo qu’à cette période là et qu’aujourd’hui quand elle lui dit qu’elle était malheureuse quand elle était mince sa mère ne veut pas l’entendre et change de sujet, qu’elle s’est fait moins vomir quand elle s’est mise en couple parce que c’était plus compliqué mais sans arrêter complètement et que son conjoint de l’époque n’a jamais rien remarqué alors qu’il travaillait dans un centre pour les troubles du comportement alimentaire et qu’il se vantait de repérer facilement les nanas qui se faisaient vomir, qu’elle n’a complètement arrêté de se faire vomir que quand elle a rencontré son conjoint actuel à qui elle a tout dit et qu’elle a pris 10 kgs depuis qu’elle a arrêté mais qu’elle est 100 fois plus heureuse que quand elle était mince.

 

Je me rends surtout compte à quel point j’ai eu de la chance. Et aussi à quel point de la même façon que le niveau socio-économique de notre famille joue sur notre avenir, le rapport de notre famille a l’alimentation et au poids joue sur nos risques de développer un trouble alimentaire.

Parce que moi j’ai eu la chance que ma famille n’ait jamais jugé mon poids, ne m’ait jamais fait de remarques négatives (sauf Mémé Bourreau mais finalement ça n’a pas tant joué), ne m’ait jamais accordé de l’attention en fonction de ça, ne m’ait jamais incité à faire de régimes (même s’ils ne m’ont pas découragée quand j’en ai fait deux alors que franchement je crois qu’on ne devrait jamais laisser les adolescentes faire un régime). J’ai eu la chance qu’on ne m’interdise jamais de manger du fromage, du chocolat ou des frites. J’ai eu la chance que ma mère n’ait jamais rêvé d’avoir la taille mannequin et n’ait pas projeté ce rêve impossible sur moi. J’ai eu la chance d’être valorisée sur les aspects intellectuels de ma personnalité et pas sur les aspects physiques. J’ai eu la chance même avec 20 kgs de trop de ne jamais être appelée « la grosse », de ne jamais être moquée, humiliée, persécutée, mise à l’écart. J’ai eu la chance que plein d’hommes me disent leur désir quel que soit mon poids, qu’aucun ne m’ait jamais demandé « de maigrir un peu comme ça je serais encore plus belle ». J’ai eu la chance qu’on m’apprenne à manger équilibré, à aimer les légumes, à les cuisiner,. Avec de la crème et du gruyère rapé aussi. J’ai eu la chance de lire des choses qui m’ont fait comprendre que je ne serais pas plus aimée si j’étais mince, pas plus heureuse, pas plus performante.

Et c’est terrible quand on voit les souffrances que ça génère de se dire qu’on a eu de la chance et que tant d’autres ne l’ont pas.

Shaya ailleurs …

~ Tumblr : Books and Boobs

~ Tumblr : Point Vernis

L'instagram de Shaya

Previously

août 2019
L M M J V S D
« Juil    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031