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Shaya

Shaya has written 552 posts for En Shayalandie

Ce qu’on lègue à nos enfants sans le vouloir

Ma petite sœur va mal.

Et tout le monde met beaucoup d’énergie depuis 6 mois à ne pas le voir alors qu’à défaut d’être capable de le dire, elle l’exprime de toutes les manières possibles. Ou à minimiser les choses. Ou à espérer que ça va s’arranger tout seul.

Voire à tenir des discours à la fois stupides et dangereux qui risquent surtout d’empirer les choses : mon père de dire qu’il va la foutre dehors quand elle aura 18 ans et que ça va l’obliger à apprendre à se contrôler, ma grande sœur de penser que si elle se met un coup de pied au cul ça ira mieux, ma belle-mère de ne surtout rien dire mais d’exploser sans cesse.

Et moi de penser que c’est surtout une bonne prise en charge par un psychiatre avec relais médicamenteux qui s’impose urgemment. Ce que tout le monde s’acharne à considérer le moins possible … sauf ma petite sœur à qui il manque l’indépendance (sur tous les plans puisqu’elle est mineure encore) pour pouvoir se passer de l’accord de ses parents.

Tentation de la tête dans le sable en attendant que la crise passe … d’une façon ou d’une autre.

 

J’essaye de ne pas leur jeter la pierre, de garder à l’esprit que la souffrance psychique est mal connue du commun des mortels (et plus encore) et que ça s’accompagne souvent d’un tas d’idées erronées et de prescriptifs et stupides « yakafokon ».

J’essaye aussi de garder à l’esprit que la perspective d’une prise en charge psy soit éminemment douloureuse pour ses parents et les autres membres de la famille, qu’il soit le symbole d’une remise en cause personnel, qu’il signe un échec individuel et collectif. Qu’il leur faille un peu de temps pour s’habituer à l’idée soit, mais à un moment la souffrance de ma petite sœur ne pourra pas passer après la leur.

 

J’essaye enfin de regarder les choses comme ils les voient, ou plutôt comme ils veulent les voir ?, et de me dire qu’il leur faudra du temps pour comprendre comment nous en sommes arrivés là et … qu’ils n’y arriveront peut-être tout simplement jamais.

Parce que quand on regarde les choses objectivement et avec une certaine distance on ne comprend pas pourquoi ma petite sœur va si mal. Elle est la fille aimée et choyée d’un couple qui s’aime toujours autant malgré les années et qui ne sont ni maltraitants ni toxiques, elle a grandi dans un milieu hyper privilégié sans connaître de grands soucis ou de grandes crises, ses parents sont prêts à (presque) tout pour lui donner les meilleures chances pour l’avenir que ce soit sur un plan financier ou autre.

Pourtant quelque chose dysfonctionne. Ça m’interroge beaucoup personnellement d’ailleurs. Je ne peux pas dire que ça ne soit que la faute de ses parents (parce que le problème se situe quand même surtout là) ou de la famille, ni que ce soit que la faute de ma petite sœur. C’est entre les deux que ça frotte. Les réactions, le caractère et l’attitude de ma petite sœur interagissent mal avec les réactions, le caractère et l’attitude de ses parents. Et vice-versa. Personne ne l’a jamais voulu mais le fait est que c’est là. Et je me dis qu’on peut être les meilleurs parents du monde, vouloir sincèrement le meilleur pour son enfant, ça peut quand même mal se passer, parce que … parce que quoi justement ? Parce que les caractères sont trop forts et ne s’accordent pas ? Parce que l’histoire familiale qu’on se trimballe déteint malgré nous ? Parce qu’on n’a pas la bonne réaction au bon moment ? (sans pour autant avoir eu une mauvaise réaction, juste « pas celle qu’il fallait pour la personne en face ») Parce que l’autre s’enferre dans une façon de faire et d’être dont on ne sait pas le faire sortir ?

 

Après je mentirais si je disais que je suis étonnée. Ma petite sœur a toujours eu une fragilité que je n’ai pas repéré chez les autres membres de notre fratrie, en même temps elle a hérité de la place la plus compliqué, coincée entre deux très grandes sœurs physiquement absentes mais omniprésentes dans l’esprit du père et un petit frère solaire, petit dernier et seul garçon tant désiré dans cette lignée uniquement féminine jusqu’à présent. Un jour une spécialiste de l’enfance m’avait dit que dans une fratrie de 3, c’était souvent l’enfant du milieu qui posait le plus de problème avec une vraie difficulté à trouver sa place. (Nous sommes 4 mais je crois qu’on peut aisément nous réduire ma grande sœur et moi à une même entité dans notre fratrie élargie)

 

Bref ma petite soeur va mal et il serait temps que nous ouvrions les yeux.

 

nb : quand je vois comme c’est douloureux pour moi d’écrire sur ça, je jette encore moins la pierre aux autres de n’avoir pas envie de voir.

 

C’était le temps de l’insouciance

L’hésitation

Il y a une méga private joke dans cette photo

 

C’est une question rituelle. Systématique. Une de celles – nombreuses – que je pose à tous mes patients la première fois où je les vois lors d’un véritable interrogatoire : « vous vivez seul ou en couple? ».

La réponse est importante pour moi, pour bien saisir le contexte de vie de mes patients, pour savoir sur quoi m’appuyer si besoin (ou pas). Mais pas plus que quand je leur demande s’ils vivent en maison ou en appartement, s’ils ont des étages à monter ou pas. Pas moins non plus. Aucun jugement de ma part, c’est une information purement factuelle dont j’ai besoin pour m’occuper d’eux au mieux.

En général j’obtiens une réponse de même nature, purement factuelle, que les gens me délivrent très naturellement qu’ils soient célibataire ou pas. Ça s’inscrit dans la continuité de mes questions sur la variation éventuelle de leur poids et avant celles sur leur activité professionnelle avant la maladie.

Je suis une professionnelle au service de leur santé, tout ça est parfaitement neutre.

 

Pourtant dans de très rares cas, il y a une latence supplémentaire avant que j’ai ma réponse à cette question. Quelque chose d’infime, d’impalpable mais qui se joue uniquement sur cette question là alors que j’en pose au moins cinquante autres. Un battement de cœur supplémentaire, une fraction de seconde qui donne le temps de m’évaluer, un regard sur moi miroir de ce cerveau qui réfléchit à toute allure avant de faire un choix.

J’ai (enfin) fini par mettre le doigt sur ce qui lie tous ces cas et ce que signe cette fraction de seconde.

A chaque fois que j’ai observé ce phénomène, quand la personne me répond elle m’informe qu’elle vit en couple …. avec quelqu’un du même sexe.

Information parfaitement neutre pour moi que je traite comme le fait que la personne soit fumeuse ou pas. Je ne le note même pas dans le dossier me contentant d’un « en couple » comme pour tout le monde (sauf les célibataires :p). Je me contente juste de le noter dans un coin de ma tête pour ne pas faire preuve d’indélicatesse en demandant « comment madame va ? » alors qu’il me faudrait demander « comment monsieur va ? ».

 

Mais surtout – et ça me sert le cœur depuis que je l’ai compris – je sais désormais ce que cette fraction de silence supplémentaire dit, ce que ce regard appuyé sur moi, ce que ce cerveau qui tourne soudain à pleine allure signifie : c’est la décision de la prise de risque. Le moment où cette personne qui ne me connait pas encore puisqu’elle me voit pour la première fois se demande si elle peut me dire la vérité ou si elle s’expose à des regards écœurés et/ou des paroles puantes.

J’aimerais tellement les rassurer mais tout se joue trop vite pour que je le puisse. Néanmoins quelque chose chez moi doit les rassurer assez pour qu’ils osent prendre ce risque puisqu’ils m’ont toujours répondu la vérité.

J’aimerais dire aussi que je ne traite pas ces personnes différemment de mes autres patients, mais ça serait mentir. Il  y a une différence (et une seule) : quand je dois évoquer leur conjoint devant quelqu’un d’autre, je le fais toujours en utilisant des termes très vagues et neutres pour ne pas les mettre en difficulté.

 

L’actualité nous rappelle tristement pourquoi me dire la vérité semble être un tel saut dans l’inconnu pour eux …

2 be 3 (or not to be)

Se mettre à distance

 

L’automne dernier, j’ai traversé la France pour aller voir des amis.

Pendant ce week-end tout doux, j’ai observé qu’alternativement l’un ou l’autre de ce couple d’amis se mettait en retrait pour me permettre d’avoir des conversations en duo au lieu que ce soit systématiquement un échange à trois.

J’avais été surprise sur le moment, c’était la première fois que j’observais ce  phénomène.

Avec le recul je me rends compte à quel point c’était attentionné.

Rare.

Et précieux.

 

→ Au travail, comme n’importe qui j’ai des affinités plus ou moins grandes avec mes collègues.

Il y en a un que j’apprécie beaucoup, et je pense que c’est réciproque, avec qui je n’ai quasiment jamais l’occasion d’échanger tant nos plannings ne nous laissent que rarement l’occasion d’avoir 15mn en commun pour parler. En plus, entre nous, pas de small talk, c’est ce que j’apprécie avec lui, les conversations vraiment pointues et approfondies.

Sauf que … Sauf que chaque fois que par miracle on réussit à avoir un peu de temps pour se parler et qu’on engage une de ces conversations, la secrétaire nous rejoint. Sys-té-ma-ti-que-ment. Même si elle a des choses à faire, même si elle est occupée, elle vient se mêler à la conversation. Et j’avoue qu’à force, j’ai beau l’adorer, ça me donne envie d’hurler parce que ça change forcément la dynamique des échanges : il y a tout ce qu’on ne dit pas parce qu’on ne veut pas qu’elle le sache et/ou parce que certaines choses sont trop personnelles pour être dites à 2 personnes à la fois, il y a les questions qu’elle pose et qui font bifurquer les échanges et/ou les freinent, il y a l’attention qu’elle nous réclame et dont nous privons notre autre interlocuteur. 

Et j’aimerais bien que des fois, juste de temps en temps, elle nous laisse parler rien que nous deux.

 

→ Le week-end dernier j’étais chez le Best Friend.

Je ne vais pas dire que je le connais par cœur (hu hu) mais je le connais suffisamment bien pour que l’huître qu’il est s’ouvre à moi (parfois). Ça ne dure parfois que quelques secondes, parfois beaucoup plus, mais j’ai remarqué qu’il y avait toujours une constante : il faut que nous ne soyons que tous les deux à ce moment là. Si sa femme est là ou si elle nous rejoint, il ne me lâche plus rien.

Ce week-end nous avons eu l’occasion de boire un café rien que tous les deux pendant quelques minutes sur sa terrasse et il a enfin commencé à s’ouvrir à moi sur ses doutes et ses angoisses par rapport à son changement de vie, son nouveau poste professionnel etc … Et ça c’est brutalement arrêté quand sa femme est venue nous rejoindre. J’en aurais hurlé de frustration.

 

Alors je me dis que des fois il faudrait savoir – même dans un couple – se mettre un tout petit peu en retrait pour offrir à l’autre de espaces d’expression privilégiés, savoir parfois ne pas s’imposer.

C’est possible, à l’automne dernier des amis me l’ont prouvé.

Qui nous connaît vraiment ?

Plus un petit garçon mais pas tout à fait un homme encore <3 (c’est une des plus belles photos que j’ai fait de lui je crois)

 

Je ne sais pas vous mais moi souvent dans ma tête je me déroule des scénarios « et si … ? ».

Et si je gagnais à l’Euromillion, je ferais quoi ?

Et si je me faisais enlever par des extraterrestres, comment réagirait ma famille ?

Et si j’épousais le Prince Harry, je m’occuperais comment ?

 

(Oui bon là j’en ai pris des particulièrement farfelus)

Mais parmi tout cela il y en a un « et si je me faisais enlever/tuer, que découvriraient les enquêteurs sur moi ? ».

Et ça m’amuse de me dire qu’ils seraient sans doute surpris au premier abord – mais en fait je pense qu’ils sont habitués, qu’on cache tous sous une surface lisse des choses qui le sont beaucoup moins – et surtout ça m’amuse de me dire que pour avoir une idée de qui je suis, de ce que je pense, de comment je fais les choses, il faudrait vraiment qu’ils parlent à beaucoup de monde parmi ma famille, mes collègues et mes amis.

Parce que personne ne détient la totalité de mon histoire – et surtout des éléments importants qui la composent parce que la dent de lait perdue à 7 ans, ce n’est pas important – ni la totalité de celle que je suis. Il y a des gens qui en ont un plus gros morceaux que d’autres c’est vrai mais même ces gens là dessineraient un portrait tronqué et erroné de moi. Il n’y a qu’en assemblant les dessins de chacun que le portrait serait – presque – fiable.

 

J’ai quelqu’un que j’aime fort qui me dit souvent que je suis celle qui le connait mieux au monde, des fois il dit même que je le connais par cœur mais là je pense qu’il a bu quand il dit ça. Parce que moi j’ai une conscience aiguë qu’à l’image d’un iceberg je ne connais que la surface émergée, 10%, et que la surface immergée, cachée à mes yeux et à mon cerveau est bien bien bien plus importante. 

 

C’est quelque chose que j’essaye de garder en tête constamment quand je rencontre des gens ou même que je parle avec des amis. Quelque soit l’impression que je peux avoir de les connaître « par cœur » et de lire en eux comme dans un livre, c’est faux et je pourrais être terriblement surprise si certaines choses venaient à ma connaissance.

J’essaye surtout de le garder en tête pour ne pas rester sur mes acquis et croire que je sais tout et que je le sais pour toujours, quelque soit l’intensité de mon lien avec cette personne.

 

Une petite anecdote récente m’a rappelé que j’avais raison.

Il y a quelques temps j’ai parlé avec mon Petit Frère de son orientation puisqu’il est à l’âge où la question ne peut plus être éludée comme il le faisait jusque là. Nous avons eu une longue conversation et ce que j’en ai ressorti c’est qu’au delà de l’impression terrifiante (et pas complètement fausse) qu’il engage sa vie par ce choix jusqu’à sa mort, il ne se connait pas assez bien pour savoir ce qui est important pour lui dans son futur travail et surtout il ne s’est jamais posé la question en ces termes. Or j’avais entendu parler d’un livre qui pourrait l’aider à faire le point sur ses qualités naturelles et surtout sur les éléments indispensables à son futur travail (aider les autres semble bien en être un), je le lui ai donc acheté et le lui ai envoyé.

Il se trouve que le jour où il l’a reçu, sa mère m’a appelé pour tout autre chose. Mais en passant elle m’a dit que le livre était bien arrivé même si ça les avait surpris parce que « bon ton frère il n’en a pas besoin, il a déjà très bien réfléchi à ce qu’il veut faire et il sait où il va ». 

Ça m’a étonnée, vu la conversation que j’avais eu avec lui mais un mois s’était écoulé, les choses pouvaient avoir bien bien changé et s’être précisé. 2 jours plus tard, mon petit frère m’a envoyé un message pour me remercier pour le livre et me dire … qu’il espérait grandement que ça allait l’aider … 

 

En même temps, si les enquêteurs n’interrogeaient que mes parents, ils n’auraient pas une idée très fiable de qui je suis vraiment.

L’étiquette

Avis de tempête

 

C’était un de ces matins où j’avais décidé de me rendre à l’aquabike, sautant de mon lit pour entrer dans mon maillot de bain.

Là-bas, en maillot de bain pas sexy, pas maquillée et mal coiffée, une femme m’aborde. Ça n’est pas la première fois que je la croise là, je vois bien qu’à chaque fois elle me dévisage un peu plus que la normale et moi aussi son visage m’évoque vaguement quelque chose mais je n’arrive pas du tout à la remettre.

Et donc là elle se lance et elle m’aborde : « bonjour, excusez moi, vous êtes bien Shaya … ? je suis la maman de F. »

Oulalalala, cette dame, c’est la maman de F. cet ami que je connais depuis le collège ?

 

Cette conversation a été un énorme moment de solitude pour moi de bout en bout.

Déjà parce que je ne l’ai pas reconnu. Je ne l’ai pas vu souvent dans ma vie, peut-être deux ou trois fois, mais quand même. Je suis super physionomiste, vraiment, l’autre jour j’ai aperçu une des nombreuses employées de ma pharmacie pendant que je faisais mes courses et elle elle m’a regardé perplexe mais moi je l’ai tout de suite reconnue et remise, je reconnais les collègues de ma mère que je n’ai pas vu depuis 20 ans et que je n’ai vu qu’une fois ou deux, je reconnais mes patients d’il y a 5 ans quand ils viennent me dire bonjour (oui j’ai des patients qui viennent me faire des coucous quand ils en ont l’occasion même 5 ans après). Mais elle, même après qu’elle m’ait dit qu’elle était la mère de F., je la regardais en me disant « vraiment ? C’est vraiment la mère de F. ? » il n’y avait rien qui me parlait en elle.

 

Ça a ensuite été un grand moment de solitude, parce que cette femme me donne toujours envie de m’enfuir le plus loin possible. D’une part, parce que F. étant mon ami, je sais les turpitudes de leurs relations et qu’à l’instar de mon père et de ma grand-mère, s’il a décidé de mettre 600 kms entre eux, ce n’est pas que parce que son travail l’y obligeait mais bien parce qu’il le voulait. Et j’ai du mal à me détacher de ça quand je la regarde. D’autre part – et surtout – parce que cette femme, même si je l’ai peu souvent croisé, me regarde toujours comme un maquignon évaluerait positivement une pouliche (la pauvre … si elle savait) et semble soupirer très fort intérieurement que son fils et moi ne soyons pas en couple. Et là il me faut vraiment mobiliser tout le vernis social de la politesse pour rester courtoise et ne pas m’enfuir loin.

 

Mais surtout, ça a été un grand moment de solitude par une de ses réflexions. Malgré ma réaction épidermique envers elle, nous avons bien sûr échangé quelques mots. Et il se trouve que ce matin là, ma mère m’accompagnait et qu’elle s’est évidemment présentée rapidement avant de nous laisser échanger. Si bien, que la deuxième ou troisième phrase de la mère de mon ami a été « ça me fait plaisir de voir ta maman, ça veut dire que ça va si elle est là » et j’en suis littéralement restée bouche bée.

C’est exactement le genre de discours qu’on tient d’une personne qu’on sait gravement malade non ? Et c’est bien à ça que cette dame faisait référence, au cancer de ma mère … il y a 16 ans !!!!!! Bien sûr qu’elle sait que ma mère a eu un cancer, j’étais au lycée avec son fils quand c’est arrivé, et quand il a récidivé, j’était à la fac … avec son fils ! Mais c’était il y a 16 et 13 ans et j’ai trouvé ça absolument terrifiant que la première et seule chose qu’elle me dise concernant ma mère soit ça comme si dans sa tête elle l’associait toujours et irrémédiablement à ça. J’aurais compris qu’elle me demande si elle allait bien ou que la voyant elle ne fasse pas de commentaire supplémentaire pour me le demander. J’aurais compris si ça avait été peu de temps après sa maladie. Je comprends aussi que le cancer de ma mère ait pu la marquer à l’époque, elles ont approximativement le même âge, ça a pu forcément la renvoyer à quelque chose pour elle-même. Mais que 15 ans après, ce soit aussi prégnant … Au.Secours.

Mais c’est surtout pour ma mère que j’ai trouvé ça terrifiant.

J’ai réalisé à ce moment là que même 15 ans après (15 ans bon sang!), il y aurait toujours des gens pour la renvoyer à cette maladie. La renvoyer frontalement … brutalement … à cette maladie. Pour la définir d’abord par ça, et ensuite par tout le reste. Bien sûr que cette maladie a eu un impact important sur elle et l’a changé irrémédiablement notamment dans ses priorités de vie (pas qu’elle d’ailleurs, j’en vois des traces chez moi presque quotidiennement) et qu’elle vit avec des séquelles de cette maladie (mais séquelles que personne ne voit ni ne connait sauf moi) mais ce n’est qu’une chose parmi d’autres dans sa vie, elle ne le porte pas en étendard, n’en fait pas un élément central dans son histoire, ne se définit pas prioritairement par ça. C’est une période avec laquelle elle a fait la paix avant de reprendre le cours de sa vie, pas le même qu’avant, un autre mais qui va de l’avant.

Et donc il y aura toujours des gens pour la ramener à CA, même 15 ans après, même probablement 30 ans après. Pas beaucoup j’espère mais ils existent, comme si c’était eux qui étaient restés coincés dans une boucle temporelle. J’espère que ça n’est et que ça ne sera jamais votre cas.

 

Moi maintenant je vais surtout m’attacher à ce que cette femme n’approche jamais de ma mère.

It’s complicated

Souvenirs d’un week-end en Ardèche

J’ai un problème avec mon blog en ce moment.

Enfin pas qu’avec lui mais pour ici on va s’en tenir là aujourd’hui. 

 

J’ai envie d’écrire.

Pourtant rien ne sort du bout de mes doigts sur le clavier.

Le niveau de fatigue atteint ces dernières semaines a coupé des liens  – pas qu’ici et pas que concernant le web mondialement mondial – et les vacances présentes ne les ont pas renoué, je n’ai pas ouvert mon feedly depuis des plombes … oups 78 billets à rattraper … je découvre par hasard le billet d’une copine sur Twitter qui me fait me rappeler que d’autres que moi existent et que j’ai plaisir à les lire si je n’oubliais pas.

Il y a ce que j’ai en tête et que je m’interdis d’écrire ici. Par souci d’anonymat un peu. Parce que ce n’est ni lieu ni le moment aussi. 

 

Il y a tout ce sur quoi mon cerveau achoppe.

J’ai commencé – dans ma tête mais en général c’est déjà un bon début – sur comment je me forçais à dire actuellement et à quel point contrairement à d’habitude ce n’était pas du tout libérateur. Pas du tout du tout du tout. Mais en y réfléchissant j’ai réalisé que je ne disais pas plus les choses, au contraire, je dis juste des choses sur des sujets inhabituels et je tais tout le reste. Au final je crois qu’en fait je dis encore moins qu’avant.

J’ai eu envie aussi – dans un tout autre registre – de vous dire qu’après avoir vanté ma capacité à avoir faussement bonne mine même en ayant en fait une tête atroce, je ne supportais plus de le faire depuis quelques temps. Pourtant Dieu sait que j’ai eu une tête atroce dernièrement mais les quelques fois où j’ai essayé de le cacher je me suis détestée dans la glace. Même en ayant la main aussi légère que d’habitude, même avec mes produits adoubés et expérimentés depuis plus d’un an. Détestée. Je ne comprends pas ce qu’il s’est passé dans ma tête – en même temps j’avoue ne pas trop chercher – mais j’ai remisé tout ça au fond de mes tiroirs. Et puis j’ai trouvé ça tellement superficiel, et sans intérêt, et sans matière.

 

Alors régulièrement j’ouvre mon blog mais les mots ne viennent pas. Ça finira par passer.

Pour l’instant j’ai moins de mal avec les photos.

Jamais aussi simple que l’on croit

Oui c’est mon Bullet journal professionnel … ^^’

 

Je ne sais plus exactement quand j’ai décidé ça.

Dans le courant de l’année dernière ? A la fin ? Au début de celle-ci ? Je n’arrive pas à me souvenir précisément.

Ce n’était pas une « bonne résolution de début d’année » ça c’est sur. Mais bon c’est facile d’en être sûre, je n’en prends jamais.

 

Bref ! Toujours est-il qu’un jour j’ai décidé d’arrêter de travailler le soir et/ou le week-end de chez moi. C’était pas tous les soirs ni tous les week-ends mais régulièrement en période de rush je répondais à un mail, je finissais un document à rendre, j’avançais une présentation que j’avais à faire. Donc un jour, j’ai décidé d’arrêter. D’une part, parce qu’on me disait que ça n’était pas normal – enfin non on ne me le disait pas comme ça frontalement mais j’avais souvent des retours, des remarques qui le sous-entendait -, d’autre part par ce que j’en avais marre de faire des heures « non payées » alors que je suis déjà pas payée cher. Et puis je me disais que j’avais besoin de retrouver du temps pour moi, on me le répétait assez. Sans compter que ramener du travail à la maison, ça n’était peut-être pas très sain.

Alors je me suis débrouillée pour faire tout ce que j’avais à faire sur mes heures de travail officielles et me tenir strictement à « plus jamais rien depuis chez moi ». 

 

Sauf que … 

Sauf que depuis le début de l’année je me retrouve d’un coup à gérer 4 gros projets et à devoir jongler entre chacun. Et bien sûr chaque intervenants sur les différents projets pensent que je ne suis dédiée qu’à lui seul et attend donc je ne me consacre qu’à ça et que je réponde/réagisse instantanément sans tenir compte du temps effectif que j’ai à lui consacrer ni de mes autres impératifs. Et bien sûr la loi de Murphy le voulant, toutes les sollicitations tombent en même temps suivi par d’immenses plages de vide. Ou tout du moins de « moins plein ». Mais je m’en tenais à mon strict « pas de travail depuis chez moi ». Et je voyais mes listes de tâches à faire s’allonger sans fin dans mon Bullet Journal pro, je voyais mes réponses aux mails se décaler d’au moins une semaine, je voyais les choses moins prioritaires traîner jusqu’à devenir ultra-prioritaires.

 

Depuis plusieurs semaines, je dors mal. Souvent je me réveille en pleine nuit le cœur battant. Stress et anxiété. J’ai mis ça sur le compte de tout ça. Mais en rentrant de ce grand week-end de Pâques où j’ai réussi à pleinement déconnecté avec tout et me changer les idées j’ai réalisé aux pensées qui me revenait pendant le voyage du retour au fur et à mesure que je me rapprochais de mon domicile qu’il était un peu facile que je mette tout le compte de mon état de santé.

Différer les choses parce que je n’ai pas eu le temps de les traiter/finir ne me convient pas et m’interdire obstinément de le faire de chez moi ne fait qu’amplifier les choses. J’ai beau les noter dans mon Bullet Journal, je ne les y dépose pas, elles me polluent la tête inconsciemment et me reviennent en mémoire de manière récurrente à la faveur d’une association d’idées ou d’un rappel de mon inconscient, avant que je ne les oblige à reculer en me disant « non ça tu as dit que tu t’en occupais mardi ». Et ce bruit de fond mental finit par générer une anxiété majeure alors que si je règle les choses rapidement, je reste sereine.

 

Donc je vais recommencer à faire ponctuellement certaines choses depuis chez moi. On verra si ça me permet d’être un peu plus sereine. Je sais que le mieux serait que j’arrive à tout faire sur mes heures de travail ou tout du moins sur des heures payées mais pour l’instant l’organisation de mes journées rend ça impossible et j’ai bon espoir que les projets finissent par ne plus en être un jour prochain et par rouler plus ou moins. Ne criez pas au burn-out trop vite.

Schrödinger

Ouvrir grand les yeux pour se rappeler que le beau est là aussi.

 

En ce moment, j’ai envie de dire à mon entourage « s’il vous plait, pour une fois, rien que pour une fois, s’il vous plait ménagez moi ». Non c’est faux, je n’ai pas envie de le dire, j’ai envie de le crier, de le hurler même de toutes mes forces.

J’ai envie qu’ils se sentent bêtes, j’ai envie qu’ils prennent une grosse claque dans la figure, j’ai envie que pour une fois ce soit eux qui prennent un peu sur eux, au lieu que ce soit moi comme trop souvent.

C’est de ma faute en grande partie s’ils ne le font pas, parce que je ne leur hurle pas dessus justement, parce que je donne le change. Je gère. J’en donne l’illusion tout du moins, comme souvent, alors qu’en vérité je vacille sévèrement. Il est vrai que je ne me suis pas écroulée comme cette fois-là, que je n’ai pas la sensation d’avoir plongé dans un gouffre en me demandant si j’arriverai à m’en sortir, que je ne pleure pas tous les soirs. Il est vrai que je continue à rire, à parler, que la vie continue.

Peut-être parce que je suis plus mature, plus endurcie, que les expériences m’ont tanné l’âme. Peut-être parce que je l’ai voulu, que j’ai réclamé qu’on cherche, qu’on fouille et donc qu’on trouve. Peut-être parce que le déroulé des faits c’est effectué sur plusieurs mois, me laissant le temps de m’habituer. Peut-être parce qu’on n’est pas encore arrivé au bout des examens et que j’attends d’avoir l’ensemble pour m’effondrer. Peut-être parce que je n’ai même pas la force de m’effondrer et que la seule chose que j’arrive à faire c’est tenir, encore un jour, puis un autre.

Peut-être tout simplement parce que la peur – primale, celle qui te sert la gorge et s’enroule autour de ta colonne en t’empêchant de respirer – prend le pas sur la peine.

Je me sentais comme un chêne, je me sens désormais comme un roseau qui menace d’être arraché par la pire des tornades …

 

C’est de ma faute aussi, parce qu’en ce moment je ne sais pas ce que je veux des autres.

Je veux qu’ils soient présents et je veux qu’ils me lâchent la grappe. Je veux qu’ils ne fassent pas toute une histoire de tout ça et en même temps je ne veux pas qu’ils traitent ça comme une événement anodin. Je veux qu’ils se tiennent au courant et en même temps je ne veux pas qu’ils me posent de question. Je ne veux pas avoir à gérer leur stress/angoisse/inquiétude/question mais je ne veux pas qu’ils traitent ça froidement. Je veux qu’on me fasse rire et qu’on parle d’autre chose et je ne veux pas qu’ils fuient le sujet. Je veux un câlin et je veux qu’on me laisse seule. Je veux qu’ils me racontent leurs vies et je veux qu’ils m’épargnent leurs émotions trop violentes que je ne peux pas encaisser actuellement. Je veux qu’on me traite comme une petite chose fragile et qu’on ne me traite pas comme une petite chose fragile !

Je veux tout et son contraire et ça m’épuise. Je n’ose pas imaginer si je me laissais aller à le faire subir à mon entourage …

 

 

Dans ma famille (je ne sais pas s’il est partagé par ailleurs, je ne l’ai pas retrouvé sur internet) on a un dicton : « il ne faut pas aller chez le médecin, on en ressort toujours malade ».

J’y pense beaucoup en ce moment, chaque fois qu’une nouvelle consultation, que de nouveaux examens, en entraînent d’autres parce qu’une fois qu’on a commencé à peindre un tableau il faut aller jusqu’au bout et dessiner l’ensemble du motif. Même quand il est beaucoup plus moche et effrayant que ce qu’on avait imaginé – les médecins comme moi – au début.

J’envie aussi beaucoup en ce moment, les gens qui peuvent se réfugier dans une certaine part d’ignorance. Ça « m’amuse » toujours de voir les gens râler que les médecins ne leur ont pas tout dit. Des fois c’est justifié, et des fois …

J’envie cette part d’ignorance qu’ont les autres quand je parle avec mes propres médecins. J’en voudrais tellement quelques miettes, au moins un peu pour me préserver d’en savoir trop. Mais elle m’est interdite. C’est ça de travailler dans le milieu, je connais les silences et les faux fuyants, les implications derrière les mots prononcés. Je sais que quand la secrétaire m’a dit « ne vous inquiétez pas, s’il y avait quelque chose de grave elle vous aurait appelé » elle avait raison et que quand la médecin a appelé… Eh bien… Je sais que quand la médecin m’a dit « ne vous inquiétez pas » elle l’a fait avec toute la meilleure intention du monde, que l’inquiétude empire tout et n’apporte rien, et que c’était ce qu’elle était censée dire. Mais je connais trop bien les rouages du paquebot pour ne pas savoir que si elle s’est occupée elle de m’avoir un rdv avec tel autre médecin en moins d’une semaine ce n’est pas pour mes beaux yeux et ma gentillesse. Je sais que quand le médecin me dit « si vous avez mal quelque part, vous foncez aux urgences et vous leur dites que vous avez ça » elle ne rigole absolument pas et qu’intérieurement elle pense « AVC/infarctus/TVP » (dans l’ordre que vous voulez) même si elle ne le dit pas. Et je sais aussi que pendant l’auscultation si elle teste mes articulations, si elle me pose certaines questions bien particulières, c’est pour éliminer une autre maladie. Et je sais enfin en épluchant mes prises de sang à 180€ l’analyse que les reins vont bien mais que le foie bof et que ya l’air d’avoir une belle anémie cachée.

Et j’aimerais vraiment ne pas savoir tout ça, ma vie serait plus … légère. Comme ça j’aurais juste une maladie auto-immune pas connue au nom bizarre (mon corps qui s’attaque lui-même, je ne sais même pas pourquoi ça me surprend en fait), dont je ne comprendrais rien. Et je ne me scannerais pas constamment en me demandant dès que j’ai mal à la tête si je fais un AVC ou dès que j’ai une douleur dans la poitrine si c’est un infarctus.

Alors oui vous avez le droit de savoir évidemment, de tout savoir, mais le voulez-vous vraiment ?

Moi en tout cas je crois que je dormirais mieux si je ne savais pas tout ça, ou moins.

 

Alors oui j’ai voulu savoir. Et même si là j’ai l’impression de m’enfoncer des aiguilles sous la peau petit à petit, même si je me sens encore plus une fin de lignée déficiente, je sais que c’est une bonne chose, que ça m’évitera peut-être de faire un AVC à 32 ans si on fait tout bien comme il faut avec les médecins et qu’on a de la chance et que ça ne s’aggrave pas, qu’un jour j’arriverai à mettre tout ça au clair dans ma tête, à accepter cette maladie de Schrödinger : à la fois malade et pas malade, et à accepter le traitement lourd à vie qui guérit rien parce qu’on peut pas mais qui évite les pires conséquences (peut-être).

Mais en attendant s’il vous plait, ménagez moi.

Americanah – Chimamanda Ngozi Adichie

Amour, amour, amour !

 

Ça m’amuse toujours beaucoup de retracer a posteriori le parcours d’un livre qui m’a tellement marquée et comment il a atterri un jour dans mes mains pour mon plus grand bonheur.

Pour la 2e fois de manière très improbable, après l’Art de la Joie de Goliarda Sapienza, c’est au détour d’une chronique littéraire complètement enthousiaste (et étrangement enthousiaste, c’est si rare de lire une chronique où l’auteur semble sincèrement euphorique à propos d’un livre) que m’est venue l’envie de lire un livre qui est instantanément rentré dans mon panthéon littéraire personnel (finalement pas si fourni que ça proportionnellement au nombre de livres lus, je lis quand même pas mal en quantité depuis 25 ans et quand j’y réfléchi des livres ou des auteurs qui m’ont marquée durablement il y en a peu).

Pourtant je n’ai pas osé aborder l’oeuvre de Chimamanda Ngozi Adichie par le livre qu’on me vantait avec tant d’ardeur et je me suis d’abord attelée à lire son premier livre, comme si je craignais que derrière cette critique dithyrambique ne se cache qu’une coquille vide.

C’est donc avec l’Hibiscus pourpre que j’ai découvert la plume ciselée de Chimamanda Ngozi Adichie …. et que j’en suis résolument tombée amoureuse. Mais au delà de la plume de l’auteur, l’Hibiscus pourpre a été un livre saisissant. Sous la délicatesse des mots, la violence de cette histoire et sa malheureuse universalité. Un livre riche – pas complètement mature -, des personnages complexes et fouillés, il ne m’en fallait pas plus pour me décider à me lancer enfin dans Americanah. Avec gourmandise qui plus est.

 

Et je n’ai pas été déçue.

Si l’Hibiscus pourpre a été saisissant, Americanah s’est révélé réjouissant, lumineux, foisonnant. Et impossible à résumer sans le trahir je crois bien.

On y dissèque avec précision la question du racisme aux USA et ce mépris condescendant de l’Occident pour l’Afrique vu comme un territoire arriéré et sans talent, on y affronte pleinement la difficulté de l’expatriation et de la solitude dans un pays dont on ne maîtrise pas (encore) les codes, on y parcourt tout à la fois le Nigeria, les USA et l’Angleterre, on y réfléchit, on y ressent, on y aime, on y voyage.

 

J’ai refermé ce livre en me sentant plus riche et plus intelligente, plus ouverte au monde aussi. Nourrie.

Bref, si vous n’aviez qu’un livre à découvrir ces prochaines semaines, ça serait celui-là; et si vous n’aviez qu’une seule auteure – féministe qui plus est puisqu’il y a quelque temps on m’a demandé si je connaissais des auteurs féministes – à découvrir ces prochains mois, ce serait celle-là.

Le temps pour dire

Think ?

J’ai un rapport étrange – et difficile je crois – au « dire » par rapport aux autres personnes pour qui ça a toujours l’air plus simple.

Oh je parle dans la journée, beaucoup même, collègues et patients obligent. Je parle de la météo, de nourriture (beaucoup hin hin hin, ça reste un sujet hyper fédérateur en France), de la dernière expo vue, des fois je fais des blagues (mais souvent de manière involontaire car je suis cette nana qui n’arrive absolument pas à raconter de manière drôle une anecdote humoristique) …

Small talk.

Avec lequel j’ai beaucoup de mal souvent d’ailleurs tant il me pèse et m’agace parfois alors que je préférerais moi y substituer un peu de silence et de mots retenus, mais auquel je me plie, on ne peut pas toujours avoir des conversations profondes et intellectuelles, je n’ai pas forcément toujours les compétences et les connaissances intellectuelles pour ça qui plus est.

(A ce sujet, si vous voulez ambiancer vos small talking je vous conseille d’aller chercher sur ce générateur :D)

 

Mais si je parle beaucoup finalement, je dis peu.

J’ai du mal à dire à la base. Il faut souvent que je m’extirpe de force chaque mot. J’aimerais des fois que les choses soient plus simples, que dire soit facile et évident pour moi. Je me demande toujours comment c’est si naturel et facile aux autres d’imposer pensées et états d’âme à leurs interlocuteurs.

Sans compter les fois où je diffère le moment de dire parce que je juge qu’il n’est pas optimal, que mon interlocuteur est trop fatigué, pas assez réceptif, que j’estime que la lune n’est pas alignée avec Venus en triangulation avec Jupiter. Comme si LE moment optimal existait et qu’il suffisait que je l’attende pour qu’il advienne (nope) … Ça a en plus comme conséquence faucheuse de me faire généralement cracher le morceau au pire moment et de manière assez … brutale et inopportune.

 

Et surtout j’ai une temporalité bien spécifique – et pas forcément adaptée pour mes proches ce qui en fait clairement un de mes gros défauts – dans ma façon de dire. J’ai un temps pour dire les choses. Une fois ce moment passé, il est trop tard, je n’ai plus envie de dire. Mais alors vraiment pas. Je vais même rejeter de toutes mes forces toute tentative pour me faire dire quelque chose que je voulais dire … avant, mais plus maintenant.

Et bien sûr avant le bon moment … ce n’est pas non plus le bon moment.

Autant dire qu’il ne faut pas rater le créneau et que celui-ci est parfois assez court.

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