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Cogito

Assistés

Ma mère et ses collègues ont tous le même âge quasiment.

Et tous des enfants du même age. De la même tranche d’âge tout du moins. La mienne.

Et de quoi aiment-ils le plus parler ces chers parents? De leurs (grands) enfants.

 

Je suis un peu effarée de ce que me raconte ma mère sur les enfants de ses collègues. Ces jeunes de mon âge.

Qui plaque tout (bon job etc…) pour aller à l’autre bout de la France ou du Monde carrément. Ou étudier la langue des pygmées.

Sans véritable projet, sans vraie planification, sans point de chute assuré.

Mais ce n’est pas grave … Car papa et maman sont là!

Pour aider à déménager dans un sens … et un mois après dans l’autre. Pour louer l’appartement, payer les frais de scolarité même parfois d’une école dans laquelle on ne terminera pas l’année, envoyer de l’argent, payer la voiture.

 

Je comprends que l’époque est difficile.

Justement. Compter sur ses parents c’est tellement facile. Et tout le monde ne peut pas. Ou ne veut pas.

 

J’étouffe souvent dans ma ville.

Autant elle est vaste et magnifique au niveau de l’environnement, autant elle est étriquée par sa pensée.

Si j’étais une fille superficielle, que mes seules préoccupations étaient des fringues chères et des chaussures de luxe, j’y serais tellement bien.

Je me suis souvent dit que si tous les gens que j’aimais étaient loin de moi c’était parce que je n’étais pas quelqu’un qu’on aimait assez. Et puis l’autre jour, on m’a fait comprendre que c’était peut-être parce qu’ils étaient loin, qu’ils m’apportaient un air frais venu d’ailleurs, une pensée plus large que celle que je dois subir au quotidien, que je les aimais.

Des fois j’aimerais tout plaquer moi aussi.

Me barrer pour en profiter loin pendant 3 ou 6 mois. Ou décider d’aller m’installer à l’autre bout de la France sans avoir trouvé du travail préalablement.

Fuir.

Être irresponsable en me disant que d’autres que moi répareront/payeront/me prendront en charge.

Mais je ne suis pas de ceux-là. Et j’ai trop travaillé, trop donné pour me faire la place (à coups de machette je me la fais ma place un ami m’a dit l’autre jour, c’était un sacré compliment) qui est la mienne aujourd’hui pour pouvoir repartir de zéro comme ça sur un coup de tête.

Surtout … je tiens trop à mon indépendance, ne rien devoir et faire mes choix comme bon me semble.

 

Parfois j’envie ceux qui ont cette insouciance. Trois secondes.

Parce que c’est un comportement d’enfant que de compter (constamment) sur leurs parents.

Shaya ailleurs …

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