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Barcarolle

Apaiser ceux qui restent

End of the game

 

Delphine est morte hier soir.

 

Un an et demi de lutte acharnée contre ce glioblastome et il a fini par l’emporter. Je savais que ça arriverait, je savais depuis le début que ça arriverait, que nous avions remporter des batailles mais que nous ne remporterions jamais la guerre. Au fil des semaines, chaque fois que je la voyais je me disais que c’était un miracle qu’elle soit encore là. Son oncologue m’avait dit penser la même chose chaque fois qu’il la voyait.

Mais on espérait que ce miracle durerait si ce n’est toujours, au moins encore un peu. Toujours un peu plus. Encore une journée, encore une heure. Parce que Delphine était merveilleuse. Tellement merveilleuse. Tellement lumineuse, tellement belle, tellement généreuse, tellement chaleureuse, tellement drôle, j’ai en mémoire des fous rires mémorables avec elle. Elle rendait la vie des autres plus belle, elle rendait la mienne plus belle assurément.

 

Mais voilà, malgré toute la beauté que Delphine apportait au monde, son cancer a gagné.

Et prise dans cette semaine de l’enfer, je n’ai pas pu aller lui faire mes adieux. Pas pu aller lui tenir la main une dernière fois, pas pu lui dire merci.

« Merci pour ce petit bout de chemin parcouru ensemble, merci pour votre joie communicative, merci pour vos rires, merci pour nos échanges. »

Je n’oublierai jamais Delphine. J’oublierai peut-être son prénom – j’en ai tant à retenir – mais je n’oublierai jamais son visage et un grand nombre de moment que nous avons partagé. Je n’oublierai pas non plus ce sentiment si fort d’injustice en apprenant son décès.

 

Quand un patient décède on pourrait croire que notre rôle s’arrête.

Moi je trouve qu’il y a toujours une dernière chose qui est de notre ressort, que nous pouvons faire. Pour ceux qui restent, pour la famille dans le deuil, pour les amis.

Delphine laisse derrière elle un mari et trois enfants, alors je leur ai écrit. Pour leur dire à quel point Delphine était merveilleuse et que je ne l’oublierai jamais. Pour qu’ils sachent ma gratitude de l’avoir connu et accompagné pendant un petit bout de chemin. Ça ne change rien, mais je crois fermement que ça fait du bien de l’entendre.

Discussion

8 Responses to “Apaiser ceux qui restent”

  1. courage à toi et ses proches

    Posted by gael | 10 novembre 2017, 19:05
  2. Que dire, sinon te souhaiter bon courage. Je sais combien tu t’impliques dans ton boulot et ce que ça représente pour toi le décès de cette dame. Bises et soutien.

    Posted by @theFILF | 10 novembre 2017, 20:36
    • C’est gentil mais honnêtement ce n’est pas moi qui en ai besoin, je vais bien. Je me suis autorisée à être vraiment triste quand je l’ai appris comme toujours mais aujourd’hui c’est fini, déjà. Sinon ça serait invivable pour moi 🙂

      Posted by Shaya | 10 novembre 2017, 21:52
  3. C’est vraiment beau de ta part, et un immense cadeau à leur faire, je crois.

    Posted by Anna | 11 novembre 2017, 17:09
  4. ça ne change rien mais ce n’est pas rien, loin de là. #hugs, douce

    Posted by Lizly | 12 novembre 2017, 13:28

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