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Cogito

A quel âge entre-t-on dans la spirale des régimes?

Je m’interroge depuis plusieurs semaines, du coup je vous interroge parce que bon à plusieurs on réfléchit mieux des fois (des fois pas mais on sait jamais c’est comme le loto).

 

La dernière fois que j’ai vu ma petite soeur de 14 ans, elle m’a vraiment fait flipper.

C’était à l’occasion de l’anniversaire de notre grande soeur, moment donc éminement festif (si on n’a jamais fait la fête avec ma grande soeur on ne peut pas comprendre).

Il se trouve que ma petite soeur a entamé il y a quelques mois un régime (14 ans, l’âge d’entrée dans les régimes? C’est terrible – et rageant – comme les choses se répètent inlassablement) qui lui a fait perdre avec succès plusieurs kilos.

Donc le soir de l’anniversaire de notre grande soeur, je demande à la petite ce qu’elle souhaite boire à l’apéritif. Au choix (étant donné son âge hein faut pas déconner) des jus de fruits ou des sodas. Et elle, elle me répond « de l’eau ». J’insiste un peu quand même et elle reste fixée sur son verre d’eau.

De … l’eau ??? Pour un apéritif d’anniversaire???

 

Je me suis dit qu’elle était entrée dans une phase d’hyper-contrôle alimentaire. Celle où tu ne t’autorises aucun écart pour ne pas risquer de voir tous tes efforts précédents réduits à néant. Celle qui ne te laisse que deux portes de sortie : craquer (et regrossir) ou t’enfermer dans une spirale de contrôle alimentaire permanent.

J’aimerais croire qu’une troisième voie existe. Celle où tu arrives à maintenir dans la durée les choses sans passer ton temps à peser, calculer les calories, t’angoisser d’une reprise de poids. Mais mon expérience et les études scientifiques disent que … non … cette voie-là n’existe pas.

 

Et ça m’a fait flipper de voir ma petite soeur mettre le doigt dans cet engrenage-là. Au moment où j’ai l’impression de laisser complètement ça derrière moi. Et je me demande quoi faire pour l’aider.

Comment intervenir sans rajouter une couche (contre-productive) d’injonctions alimentaires?

J’ai hésité à lui offrir le livre de Zermati pour qu’elle lâche prise, mais je ne suis pas sûre qu’à 14 ans elle soit capable de le lire et de l’accepter.

Et puis peut-être que ma solution n’est pas la sienne…

 

En vérité depuis des semaines que j’y réfléchis, je me sens assez démunie. J’oscille entre l’impuissance de celle qui ne sait pas quoi faire ni même comment bien le faire, et l’envie de la laisser tracer son propre sillon avec tous les risques que ça comporte…

Discussion

21 Responses to “A quel âge entre-t-on dans la spirale des régimes?”

  1. Billet touchant… (en tous cas qui m’a touché)

    Posted by falconhill | 4 novembre 2013, 08:41
  2. Moi je l’ai fait à 17ans!!

    Posted by referencement e-commerce | 4 novembre 2013, 08:45
  3. Oh la vache. Je lis ça et je flippe déjà pour ma fille. Quelle tristesse…

    Posted by Anna Musarde | 4 novembre 2013, 10:35
    • Sinon, je n’ai pas de réponse. C’est un âge où on veut le plus souvent trouver sa propre voie (« sa propre » étant en fait souvent « celle de toutes ses copines et surtout pas ce dont peuvent me parler ces cons d’adultes »). Donc savoir si tu peux faire quelque chose ou si au contraire tu risques de faire pire que mieux dépend de son regard sur toi ; es-tu, pour elle, du côté des parents, ou une alliée potentielle ? Pas facile…

      Posted by Anna Musarde | 4 novembre 2013, 10:40
    • Je pense qu’il faut leur donner (surtout aux filles parce que l’impératif alimentaire pèse surtout sur elles) tôt de bons réflexes : manger à sa faim, savoir se détacher des messages sociaux etc…
      Ma petite soeur paye les manquements de ses parents, c’est terrible. Ma belle-mère a elle-même des problèmes de poids et elle a toujours dit qu’elle ne voudrait pas que ses enfants supportent les mêmes commandements que ceux qu’elle avait subi enfant (fini ton assiette etc) sauf qu’à ne pas vouloir leur imposer quoique ce soit, elle n’a pas donné à ma petite soeur les clés pour écouter son corps. Ma petite soeur ne mangeait rien à table et s’enfilait 2-3 tablettes de chocolat après par exemple. Et il y a quelques années, j’avais passé un week-end avec eux et ma petite soeur passait son temps à dire « j’ai faim, j’ai faim, j’ai faim, j’ai faim » alors qu’on sortait de table. Après en avoir discuté avec elle, en fait elle n’avait pas faim, elle avait envie de manger encore, ce qui n’a rien à voir.
      (Voilà tu flippes encore plus ^^’)

      Posted by Shaya | 4 novembre 2013, 12:53
      • Plutôt moins en fait ; j’essaye d’aider mes enfants (les 2) à comprendre ce qu’ils ressentent le plus possible, ça pourra les aider pour ça aussi ; bonne nouvelle en fait.

        Posted by Anna Musarde | 4 novembre 2013, 13:11
      • J’ai plus peur de la pression sociale en fait. Je vois déjà comme les gens s’intéressent beaucoup plus à l’apparence de ma fille qu’à celle de mon fils ; un garçon au pantalon un peu boueux, c’est pas grave, il a bien joué, une fille avec le même, ça fait négligé.*insérer ici un bruit de tête qui tape contre un mur*

        Posted by Anna Musarde | 4 novembre 2013, 13:15
        • Non prends une masse d’arme pour détruire le mur, c’est mieux que ta tête 😉

          (Sinon pour le reste … pffff et crottes et chiottes) (Je crois que c’est encore plus dur quand on en a un de chaque sexe)

          Posted by Shaya | 4 novembre 2013, 18:38
          • Je ne sais pas si c’est plus dur ; je crois surtout que les différences que les gens font entre un garçon et une fille sautent d’autant plus aux yeux.

            Posted by Anna Musarde | 4 novembre 2013, 18:48
            • Moi je trouve que c’est plus dur, ma petite soeur a toujours été comparée avec mon petit frère (et ça s’est ressenti dans le comportement des parents) alors que moi j’étais tranquille car fille quasi-unique même si je me salissais ou je faisais des trucs « négligés ».

              Posted by Shaya | 4 novembre 2013, 18:50
  4. Quand je suis arrivée sur mon poste, je n’avais rien dans le fonds documentaire sur les régimes. Il y avait déjà de la doc sur la santé avec des parties consacrées à l’équilibre alimentaire mais pas de titres sur ce sujet là.
    J’ai acheté deux documentaires jeunesses dans des collections pas mal fichues. Ils ont tout de suite rencontré beaucoup de succès, lus en douce dans les rayons (comme les livres sur la sexualité) mais aussi comme intérêt assumé puisque empruntés.
    J’ai continué d’alimenter cette partie du fonds. Des fois, je me mords la langue quand je vois une de mes ados fines comme une liane m’emprunter ces bouquins.
    A quel âge on entre dans la spirale ? Je ne sais pas. A quel âge on commence à s’y intéresser, à s’informer ? ça peut commencer dès 11 ans si je me fie à l’exemple de mes élèves…

    Posted by Lizly | 4 novembre 2013, 19:10
  5. D’après ma mère, j’ai été mise au régime par le corps médical vers 10/11 ans, quand j’ai pris 10kg pour 1cm à la puberté, et on lui a bien fait comprendre que c’était sa faute si j’avais grossi donc elle a d’autant plus respecté les périodes de privation/régime prescrites par le médecin de famille. Mais moi j’avais pas du tout envie, d’ailleurs je passais mon temps à tricher, voler dans le frigo la nuit, j’ai toujours eu du mal à supporter la restriction alimentaire. En fait, jusqu’à très tard, je me suis mise au régime juste pour que ma mère me foute la paix avec mon poids, j’ai toujours trouvé plus pénible le régime que le surpoids. Après, c’était un surpoids réel, rien à voir avec une ado mal dans sa peau, qui veut ressembler à un idéal ou qui subit la pression de l’image des corps parfaits qu’on voit partout. J’ai toujours su que j’étais grosse, mais j’ai jamais pensé qu’un régime pouvait me faire maigrir et ressembler aux autres, je pensais que c’était inaccessible pour moi, quels que soient les efforts.

    Posted by poulpynette | 5 novembre 2013, 21:55
  6. Salut, je tombe sur toi au détour de twitter et d’une recherche sur Zermati.
    Et je vois ton article ici…
    Ben moi les régimes c’était à 3 ans. Pas il y a 3 ans, mais quand j’avais 3 ans, c’est écrit sur mon carnet de santé.
    Toute mon enfance j’ai vu des médecins et ado et adulte j’ai fait plein de trucs, pfoui.
    Bon pour ta petite soeur, c’est une vraie question. Importante. Elle sera ptêtre pas prête à t’écouter, mais je crois que je lui dirais ce que je pense, de manière claire et simple. Que tu te fais du souci pour elle, que tu savais pas trop comment lui dire, pour pas lui « lui prendre la tête » et que t’avais peur de passer pour la grande soeur lourdeau mais que voilà etc.
    Et puis ptêtre un livre du docteur Z (mais parfois c’est ardu) ou du docteur Z. Et si elle le lis pas de suite, peut-être plus tard, un jour? Je tiens les pouces !

    Posted by GizGizMooo | 7 novembre 2013, 14:42
    • 3 ans … c’est … les mots me manquent.
      Je crois que tu as raison, qu’il faut que je lui parle franchement. Si elle ne m’entend pas sur le moment, peut-être s’en souviendra-t-elle plus tard.
      Pour le livre, je vais voir avant de lui offrir, le relire moi déjà pour juger si oui ou non c’est accessible pour elle.

      Posted by Shaya | 7 novembre 2013, 18:17

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