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Archive for décembre 2nd, 2019

Tsunami

Montagne surplombant le lac avec quelques nuages dans un ciel bleu
Heureusement il reste toujours le beau <3

Finalement je réalise que je n’ai jamais écrit ici ce nom que je cherchais , pour décrire cette fatigue qui m’avait étouffé, nom que j’avais fini par trouver : le Tsunami.

Je ne l’ai pas écrit ici, mais je l’ai écrit ailleurs et j’ai dit que j’allais l’appeler ainsi car « cette fatigue arrive brutalement, détruit tout et quand elle se retire on pourrait croire qu’il ne s’est rien passé et qu’elle ne reviendra jamais ».

Je me demande si à l’époque, en mai 2018, j’avais réalisé à quel point ce nom était pertinent sur nombre d’aspects. Probablement pas.
Puisque c’est maintenant que le Tsunami est revenu que je le réalise.

Car oui, quasiment deux ans jour pour jour après son premier déferlement, le Tsunami est de retour. Je ne l’ai pas vu arriver, je n’ai pas senti l’eau se retirer sous mes pieds qui allait annoncer la vague monstrueuse. J’ai beau refaire le film des jours qui l’ont précédé, aucun signal ne m’a alerté. J’étais un peu crevée, mais comme je l’ai été de nombreuse fois sans que cela débouche sur un Tsunami. Je l’ai craint pourtant depuis 2 ans, j’ai scruté avec inquiétude les signes qui pouvaient l’annoncer, les moments de fatigue un peu exacerbée, j’ai redouté sa réapparition, j’ai espéré que ça n’arrive jamais. A tort.
Le Tsunami est revenu par surprise, je n’ai pas vu la vague grossir à l’horizon, je n’ai rien pu faire pour l’empêcher de me submerger et de me dévaster.

Je l’ai simplement reconnu tout de suite quand il a été là. Il ne m’a fallu que quelques minutes pour réaliser que c’était un tsunami, que la Fatigue était revenue. Quelques minutes pour renouer avec cette seconde peau qui pèse des tonnes et qui m’étouffe (pour celles et ceux qui auraient lu « Moi en double » de Navie je trouve que c’est très bien illustré, même si là cette double peau était en rapport avec le poids), au point que tenir ma fourchette ce soir-là soit une véritable épreuve physique et que je doive demander à ce qu’on m’épluche ma clémentine le lendemain midi.

Néanmoins il y a du positif dans tout ça et je veux le voir. Un an 1/2 de répit depuis la fin de la précédente attaque, c’était bien plus que ce que j’avais espéré alors.
Et surtout j’ai appris du 1er Tsunami. Appris qu’il y aurait une fin à cette période difficile même si je n’en connais pas la date exacte. Appris à mieux réagir aussi, à me sentir légitime dans ce que je ressens et à savoir que c’est la Maladie qui mord et non moi qui m’écoute trop. Appris une certaine souplesse, à me faire roseau au lieu de me raidir et à lâcher du lest au lieu de ne vouloir céder sur rien.
Appris enfin à dire à mon entourage et à réagir rapidement. J’ai commencé à réorganiser mon agenda, à déléguer certaines choses au niveau professionnel, à alléger la logistique de tous les jours (et tant pis s’il faut manger surgelé pendant 3 mois) et le planning des journées. J’ai aussi prévenu mon entourage proche, que j’étais en situation de fragilité, qu’il allait falloir qu’ils veillent sur moi, que j’allais devoir en faire moins, que ça risquait de durer un moment, qu’il allait leur falloir de la patience et de la tolérance. Appris à ne pas rajouter de l’émotionnel à tout ça pour que ça ne devienne pas une souffrance.

Le Tsunami est là.
La vague me parait un peu moins haute qu’il y a deux ans. Des digues ont été mises pour ça en même temps.
Reste à savoir combien de temps il va falloir pour que l’eau se retire et quelle sera l’étendue des dégâts.

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