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Archive for juillet, 2019

une statue du dieu ganesh

Relativité de la saleté

une statue du dieu ganesh
Mon cher Ganesh <3

L’autre jour dans un musée, alors que j’étais assise sur un banc à contempler une oeuvre, une dame est arrivée pour s’asseoir à côté de moi. Il y avait une petite trace sale sur la place libre, que je n’avais pas vu, comme un truc renversé et essuyé mais qui aurait laissé une trace colorée que personne n’aurait frotté vigoureusement pour la faire disparaître. Elle s’est mise à pester vraiment très fort que quand même il pourrait nettoyer dans ce musée et que le monde partait à sa perte et blablabla.

Intérieurement je n’ai pas pu m’empêcher de rigoler. C’était rien et elle en faisait tout un drame. C’était vraiment rien comme saleté, ça ne collait pas, ça n’allait pas tâcher ses habits. Et puisque justement elle avait des habits, ça n’allait pas la souiller elle, ça n’allait pas passer la barrière de sa peau et déclencher une septicémie. Mais je me suis mordue la joue pour ne rien dire et je me suis souvenue …

Il y a eu un temps où je n’acceptais pas de yaourts périmés depuis ne serait-ce qu’un jour (personne ne parlait alors des DLC qu’on peut allègrement dépasser), où je refusais de manger avec les couverts utilisés par quelqu’un d’autre (de très proche hein), où je n’allais pas dans des toilettes à la turc ni dans des chiottes publiques pas absolument impeccables et quand bien même elles étaient propres je ne posais jamais un bout de peau sur la lunette, où je tombais dans les pommes à l’idée de m’asseoir sur un banc un peu sale/vieux. J’exagère … mais à peine et je pense que vous voyez l’idée. J’avais été élevée dans une conception très occidentale de l’hygiène, et la moindre saleté risquait de déclencher une terrible maladie et de me tuer.

Et puis … je suis allée en Inde.
Je me suis levée dans des chambres dans lesquelles il y avait des cafards (et ça ne paraissait rien parce que de l’autre côté de la porte il y avait des rats du coup les cafards c’était bien), je me suis douchée avec un seau et de l’eau de pluie récupérée sur le toit, j’ai été dans des toilettes qui n’était qu’un trou dans un sol et dans d’autres qui étaient un cloaque à ciel ouvert plutôt que des toilettes, je me suis lavée les dents à l’eau purifiée pour ne pas rester à me vider 3 semaines, j’ai marché dans des rues qui n’avaient probablement jamais vu la propreté, j’ai marché dans des rigoles de saleté drainées par l’eau de la mousson, j’ai dormi dans un lit dans un hôtel Hyatt dont les draps avaient gardé des tâches propres (et je me suis dit qu’il n’y avait qu’en Inde qu’on pouvait voir un truc pareil dans un hôtel de ce standing), j’ai acquis des réflexes dont celui de ne JAMAIS boire de l’eau du robinet dont j’ai mis plusieurs jours à me débarrasser à mon retour, j’ai prié pour que le vendeur à la sauvette ait dit vrai et n’ait pas mis de glaçons dans le jus de fruits, j’ai croisé les doigts pour que les plats, les couverts et les verres des restaurants aient été lavés avec au moins un peu de savon.

Et ce voyage en Inde a beaucoup changé mon rapport à la saleté. Ce fameux lâcher-prise qu’on nous enjoint à atteindre souvent et que je recherche parfois, je l’ai acquis là bas concernant l’hygiène. J’ai appris qu’une tâche de saleté ne pouvait pas nous tuer mais que de l’eau contaminée était fatale, qu’on pouvait faire pipi dans à peu près n’importe quelles conditions sans risque sanitaire mais que se retenir entraînerait à coup sûr une cystite bien plus préoccupante, que la peau était une barrière bien solide tant qu’on n’avait pas la moindre plaie.
Depuis que je suis rentrée je mange des yaourts périmés, je pose mes fesses sur la lunette des toilettes et j’utilise les toilettes à la turc sans rechigner, et parfois je consens à utiliser la fourchette de quelqu’un d’autre pour croquer un truc (mais la cuillère je ne peux pas!), je m’assois sur des endroits un peu crade en me disant que la machine à laver fera le reste et que ça n’est pas si crade.
Et je me marre intérieurement quand j’entends mes collègues dirent qu’elles défont TOUT le lit pour voir l’état de la literie quand elles dorment dans un hôtel (en France), ou qu’elles en s’assoient même pas sur la cuvette des toilettes de l’hôtel, ou qu’elles sont scandalisées parce que potentiellement la femme de ménage a utilisé la même lavette pour nettoyer le lavabo et la lunette des toilettes. L’Inde m’a vraiment beaucoup détendue sur ce sujet.

Mais je suis encore plus chiante sur le lavage des mains et sur la désinfection des plaies.


nb : cette article de Marion Montaigne sur la lunette des toilettes (en vidéo ici) m’a bien aidée à me conforter dans ma détente sur le sujet.

Oscillations

De droite à gauche et de gauche à droite

En ce moment j’oscille beaucoup. Voire j’ai la sensation d’osciller en permanence, sans moment stable.
Entre l’impression que je pète la forme et celle que je vais m’effondrer physiquement.
Entre l’impression de beaucoup trop m’écouter et celle que je devrais le faire beaucoup plus.

Cette période de canicule est comme je le redoutais rude physiquement pour moi. Tension dans les chaussettes (enfin elle baissait déjà dans les 15j avant), tachycardie par moment, sensation d’épuisement, jambes qui flageolent et tête qui tourne.
Ça me fait mal de le dire mais peut-être bien que j’ai rejoint le club des « personnes fragiles ».

Mais pas tout le temps.
Il y a des matins où je vais bien, des moments où un brin de fraîcheur me remet en route, il suffit parfois de quelques minutes allongées pour que cette baisse de tension et la faiblesse qu’elle induit ait disparu.

Du coup je ne dis rien à mon entourage. Ou alors juste que « je vais doucement » en ce moment. Alors qu’en fait il y a des moments où je suis vraiment mal, à deux doigts du malaise ou de l’effondrement; et des moments où je vais vraiment bien. Et pas tellement d’entre-deux.

Je ne dis rien parce que dire c’est reconnaître que … Que physiquement je suis tout sauf un roc, qu’il faut qu’ils fassent attention à moi (avec en plus tout le risque de déception autour de ce sujet).
Je ne dis rien parce qu’eux vont dire quoi ? De m’arrêter ? Je travaille dans un lieu climatisé, c’est encore là que je suis le mieux, si je pouvais j’y dormirai mais y être implique, oui, de travailler.
Je ne dis rien parce que … qu’est-ce que ça va changer de le dire justement ? Rien.

Alors autant se taire, courber le dos en silence quand je suis au bord de l’effondrement, en attendant que ça passe.

Rétrospective photo

Vivre là-bas tout l’été

J’aime bien me replonger dans mes photos. Surtout – on ne va pas se mentir – dans celles de mon smartphone ou d’Instagram, accessibles à tout moment et parfois plus représentatives de « moments de vie » que celles faites avec mon APN.
Régulièrement je me fais un petit trip photos des derniers mois/années.

Là je suis tombée sur les photos prises par et avec mon petit frère quand il est venu en février. J’aime tellement revoir ces photos de lui, de nous, de notre complicité. J’aime garder la trace de sa silhouette dégingandée de ces 17 ans. J’aurais plaisir à la regarder plus tard et à me remémorer ces jours et nos rires.
Je regrette d’ailleurs de ne pas avoir plus de photo de lui, de son enfance, des changements qu’il a connu au fil des années. J’en ai fait – j’ai le souvenir d’une photo de lui et de sa bouille de coquin quand il avait 6-7 ans – mais les tirages photos se sont perdus et même si c’est flippant de voir Google être capable de savoir où j’ai pris un certain nombre de photos sans que celles-ci aient été géolocalisées (je supprime toujours la géolocalisation de mes photos) c’est quand même bien pratique aussi cette mémoire numérique qu’il stocke et garde.

Je prends très peu de selfies (et j’en conserve encore moins), je me moque de me voir moi mais j’aime garder la trace des autres et documenter les moments passés ensemble. Souvent je me dis après que j’aurais dû prendre plus de photos … ou moins en supprimer après parce que je trie très souvent et parfois trop sévèrement.
En plus j’ai mis longtemps à prendre ces photos là. Longtemps j’ai préféré les photos sans personne dessus, celles grandioses de paysages ou de villes mythiques – de celles qu’on peut mettre sur Instagram en s’attirant des « wahou » – sans que mes proches apparaissent dessus. Je préférais prendre des portraits volés d’eux mais je n’y pensais pas forcément ou alors je n’étais pas contente du résultat. Je n’aime toujours pas trop les photos posées mais désormais je m’oblige à en faire. Pour garder une trace d’eux, de ce moment vécu ensemble, parce que finalement avec le recul ce sont ces photos là qui comptent le plus au fur et à mesure que les années passent.

Je ne suis absolument pas nostalgique du temps qui passe, j’aime chaque nouvelle journée et les possibles dont elle est la promesse, j’aimais prendre soin de mon petit frère quand il était enfant mais je ne troquerais pour rien au monde notre complicité maintenant qu’il devient adulte. Mais je suis de plus en plus nostalgique que ce temps passé le soit sans avoir laissé de traces, sans souvenirs à regarder, sans photos à comparer, sans rappels à la mémoire.

Alors je commence à documenter le présent pour le futur et pour que les moments passés et les choses faites ensembles ne sombrent pas dans l’oubli.

Shaya ailleurs …

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