// archives

Archive for décembre, 2018

Bilan des livres 2018 !

2018 touche à sa fin et il y a eu des livres en 2018 heureusement. Pas assez malheureusement. Jamais assez si vous voulez mon avis …
Mais enfin j’ai été bouleversée par quelques uns de ces livres, dans tous les sens du terme, et j’ai décidé qu’à défaut d’avoir eu le courage d’en parler au long de l’année, j’allais vous en parler maintenant.

(Merci le bullet journal qui permet de retracer tous les livres de l’année)

1_ La Passe-Miroir de Christelle Dabos

(Et je balance que pour le coup c’est la faute à Lizly) (merci ma douce <3)

En plus bim direct je commence à tricher ! Parce qu’en fait c’est une série de livre, et non un seul, que les 3 premiers ont été publiés pour le moment et que j’ai dévoré ces 3 premiers tomes sur le mois de janvier 2018 : Les fiancés de l’hiver, Les disparus de Clairdelune et La mémoire de Babel.
Et je ne vous cache pas que je languis de lire la suite … Je suis éminemment sensible à tout ce qui est du domaine de la fantasy, grande fan de Terry Pratchett et de Harry Potter mais les séries sont souvent décevantes … et celle-ci ne l’est pas.
Je suis toujours très très admirative de ces auteurs qui arrivent à imaginer de toutes pièces tout un univers, qu’il soit à la fois si loin du nôtre et parfaitement cohérent. J’aime en plus les personnages que l’auteure y déploie, leur complexité, leur richesse.

2_ Nuit de Bernard Minier

Je suis une grosse lectrice de polar aussi en plus de la fantasy. Je suis aussi très difficile dans ce domaine. Surtout pour les auteurs qui restent avec des personnages récurrents, je trouve qu’il y a trop souvent une facilité dans la construction de l’intrigue ou des incohérences.
J’avais beaucoup aimé les précédents livres de Bernard Minier (« N’éteins pas la lumière » m’a donné des cauchemars) mais j’ai trouvé « Nuit » vraiment formidable. Je n’ai pas vu arriver les choses jusqu’aux dernières pages (comme avec « Une putain d’histoire »), ce que j’attends d’un bon polar; j’ai adoré retrouver Servaz et changer de pays pour l’enquête; j’ai aimé me faire balader par le bout du nez au fil des pages.

Et du coup pour équilibrer les choses, en fin d’année j’ai lu « Soeurs » du même auteur … qui pour le coup a été une vraie déception. J’ai trouvé la construction de l’histoire fouillis, et pas suffisamment aboutie.

3_ La servante écarlate de Margaret Atwood

Ça faisait un moment que je me tâtais à regarder la série, comme des milliers d’autres personnes et j’ai fini par aborder tout ça par le livre. Et quel livre … je l’ai trouvé suffocant – peut-être parce que je suis une femme et que tout ce qu’elle y écrit est beaucoup trop réaliste pour ne pas me faire peur, peut-être parce que la construction du livre qui tait longtemps ce qu’il veut montrer fait monter l’anxiété – au point de parfois devoir poser le livre quelques heures, quelques jours avant de m’y replonger. J’ai d’ailleurs trouvé le livre beaucoup plus suffocant que la série, que j’ai fini par voir quelques mois après. C’est une véritable claque, un livre puissant.

4_ La couronne du berger de Terry Pratchett

On ne va pas se mentir, ce n’est pas le meilleur des Pratchett. Très probablement parce qu’il n’a pas eu le temps de finir de le retravailler, de le dégrossir complètement, de le polir pour n’en garder que le plus mordant et le plus drôle. Mais si ce n’est pas le meilleur, c’est le dernier et on retrouve bien sa patte si particulière dedans.
A jamais le dernier donc et ça le rend forcément spécial.

5_ Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie de Virginie Grimaldi

Je lisais déjà Virginie quand elle n’était pas encore écrivain et qu’elle me faisait hurler de rire sur son blog. Et quand elle m’a fait pleurer comme rarement un texte m’a fait pleurer aussi.
Depuis qu’elle est publiée je me jette sur chacun de ses livres avec toujours un immense bonheur … sauf celui là. J’ai mis longtemps à le lire, plus d’un an après sa sortie. Car je savais que ce livre là me ferait pleurer comme aucun autre qu’elle avait écrit jusque là. Et j’avais raison, j’ai pleuré comme rarement je l’ai fait en lisant un livre. Mais de tous ceux qu’elle a écrit jusqu’à présent, je crois que c’est vraiment le plus beau. Et assurément l’une de mes plus belles lectures de l’année.

6_ Rêver de Franck Thilliez

Encore un maître du polar que j’aime tant … Et qui ne m’a pas déçue cette fois encore.
Un des trucs que j’aime tellement dans les livres de Thilliez ce sont ces éléments médicaux qui se mêlent, quand il part d’une maladie bien précise et qu’il tisse son intrigue autour de ça. C’est ce qui se passe cette fois encore, et Thilliez qui emmêle le temps et s’amuse à perdre son lecteur dans le temps mais aussi à la frontière entre le réel et l’imaginaire …

7_ La pluie avant qu’elle tombe de Jonathan Coe

J’avais renoué quelques semaines avant avec Jonathan Coe grâce à « La vie très très privé de Mr Sim ». J’avais tellement aimé (et le mot est faible) « Bienvenue au club » et « Le cercle fermé ». Je piaffais donc d’impatience de retrouver sa plume … et quelle déception ça a été que « La vie très très privé de Mr Sim » … je n’y ai rien retrouvé de ce qui me faisait tant aimer Jonathan Coe. Mais j’ai persisté avec « La pluie avant qu’elle tombe » et heu-reu-se-ment. Là j’ai retrouvé le Jonathan Coe que j’aime ! C’est drôle, c’est doux, c’est puissant, c’est mystérieux. Il faut accepter de se laisser emmener sans savoir où. C’est génial.

8_ Le mythe de la virilité d’Olivia Gazalé

Le livre le plus « sérieux » de ma sélection 2018. Et le plus féministe aussi. Mais je l’ai trouvé tellement formidable, précis, éclairant que j’ai failli l’offrir à tout mon entourage pour Noel. (Mais je me suis abstenue, je n’étais pas certaine qu’ils apprécient … et pourtant)
Cette promenade dans l’histoire de la virilité, de la domination masculine sur les femmes et sur les conséquences négatives que ça a autant pour les femmes … que pour les hommes. La plume est vive, drôle, précise.

9_ Le lambeau de Philippe Lançon

J’ai failli mettre ce livre sur ma liste d’envies pour Noel. Et puis ça m’a paru vraiment bizarre vu le sujet …
En plus les louanges innombrables que j’avais lu et entendu autour de ce livre me faisaient craindre qu’elles soient plus dû à notre culpabilité face aux victimes du terrorisme qu’à la qualité du livre. Evidemment il n’en était rien … C’est un livre sublime, une claque immense et une caresse. C’est tout en élégance, en finesse, en pudeur.
Je pense que c’est le livre le plus beau, le plus envoûtant et le plus marquant qu’il m’ait été donné de lire cette année.

10_ Anatomie d’un soldat d’Harry Parker

Je triche un peu pour finir (après avoir triché au début ^^) puisqu’au moment où j’écris je n’ai pas encore tout a fait fini de le lire, il me reste encore une petite centaine de pages (mais que d’ici le 31 à minuit ça devrait être fait).
Ça pourrait être un livre banal ou un livre larmoyant. L’histoire d’un soldat amputé des deux jambes après avoir été blessé par une bombe artisanal lors d’un déploiement dans un pays jamais nommé mais qui ressemble furieusement à l’Afghanistan. Mais l’histoire est racontée par petits bouts par les objets qui croisent la route de ce soldat, le fauteuil roulant sur lequel il entame sa rééducation, le garrot qui sert aux premiers secours, le respirateur qui le maintient en vie, la lettre envoyée par une amie etc… C’est prenant, percutant et formidable.


Eh ben je dois dire que j’ai la lecture éclectique et que ça me réjouit de le constater dans ce billet de blog !

La solitude du malade

Seule

Il y a quelques jours de cela, j’ai passé mon contrôle technique trimestriel à l’hôpital. Même s’il y a toujours un fond d’appréhension à ces rdv (quelles mauvaises nouvelles pourraient tomber ?), j’ai toujours plaisir à retrouver mes médecins. J’ai conscience de la chance que j’ai d’avoir crée une chouette relation de confiance avec elle. A double sens puisque j’ai confiance en elles mais je leur ai montré qu’elles pouvaient avoir confiance en moi également, que j’étais concernée par ce qui se passait et que j’étais capable d’interroger ce qu’elles me disaient mais aussi de comprendre leurs arguments et leur raisonnement et de suivre leurs recommandations et les traitements prescrits sans pour autant me prendre pour une spécialiste du sujet … Preuve en est puisque j’arrive à chaque consultation avec ma petite liste de questions et que j’ai eu un grand moment de solitude à l’automne lors de la vaccination contre la grippe.

C’était une visite sans enjeux. Pour moi tout du moins puisque aucun changement ne s’était profilé depuis la dernière fois et que les résultats des analyses de sang faites en amont indiquaient que tout allait bien (et que je sais les lire). Pour mes médecins il en allait un peu autrement.

Néanmoins ces visites me laissent toujours un goût …. un peu acide. Pas à cause de mes médecins. Mais parce que ça me renvoie violemment au fait que je sois seule face à la maladie. Il y a bien des personnes qui étaient au courant que j’avais ces rdv et qui m’ont demandé comment ça s’était passé mais c’était difficile pour plein de raisons de débriefer avec elles. Et j’aurais vraiment besoin de pouvoir débriefer ces rdv avec quelqu’un. J’aurais besoin d’en parler, d’avoir l’avis de quelqu’un d’autre dessus, de repasser la conversation pour revoir ce que j’aurais pu rater ou mettre en avant les éléments importants selon moi mais en ayant le garde-fou d’un avis extérieur pour ne pas m’emballer pour rien. Après j’ai bien conscience que je demande la lune parce qu’il me faudrait quelqu’un qui connaisse suffisamment les enjeux et l’historique pour suivre ce qui se dit, qui ait suffisamment de connaissances médicales et physiologiques pour être capable de rebondir sur tout ça sans que j’ai à tout réexpliquer et qui se sente un minimum concerné par tout ça.

Quand je suis sortie de mon rdv, j’ai appelé ma mère, qui m’a écouté poliment pendant 5mn sans jamais avoir la moindre réaction, comme si ceci était somme toute très anecdotique. Alors j’ai laissé tomber et j’ai raccroché. Mon père aussi était au courant de ces rdv aussi, il ne m’en a pas touché un mot jusqu’à ce qu’après Noel on s’appelle et qu’il s’étonne que je me sois couchée si tôt le soir du Réveillon et que je lui rappelle que je n’avais pas beaucoup de marge au niveau de la fatigue et pas les moyens de m’offrir une nuit écourtée. Là il a osé me demander comment mes rdv s’étaient déroulés … Je n’ai évidemment pas envie d’être résumée à la Maladie et qu’on m’en parle du soir au matin. Il y a même des jours où on pourrait m’en parler et que je m’y refuse parce que ça ne serait pas le bon moment. Mais qu’on ne m’en parle jamais ça me donne juste l’impression que c’est nié par tout le monde et complètement tabou …


Il y a quelques semaines, longtemps après tout le monde, j’ai enfin lu « Le lambeau » de Philippe Lançon. J’avais tergiversé longtemps avant d’oser me lancer, peu sûre de réussir à encaisser ce qu’il y aurait forcément dans ces pages.
J’avais tort. 

J’ai trouvé ce livre absolument sublime (peut-on vraiment dire cela quand on sait le sujet traité ?), j’ai été envoûtée par l’élégance de l’écriture de Philippe Lançon, par sa finesse, par sa pudeur. Par l’absence de larmoyance (ça ne se dit pas ? Je l’invente!) dans ce récit qui aurait pourtant eu bien des raisons d’en contenir. J’ai admiré le recul qu’il lui a fallu pour écrire ce livre, j’ai aimé ses digressions et ses aller-retours entre l’avant attentat et l’après, les liens qu’il tisse au travers de sa vie.

J’ai dévoré son livre en quelques jours et pourtant j’ai cru à un moment, vers les 3/4, que je n’arriverai pas à le finir. Philippe Lançon y parle très justement tout au long de ces pages de la temporalité du malade au long cours et de cette réalité en marge qui l’habite pleinement et qu’on lui reproche souvent : ne pas se préoccuper de ce qui préoccupe le reste du monde, de son égoïsme/égocentrisme autour de ce sujet – la maladie et les soins qui l’accompagnent – qui dans le fond n’est vraiment important que pour lui, de se complaire dans ce statut, de ne pas vouloir tourner la page (mais comment pourrait-on la tourner quand la maladie ne vous oublie jamais et s’arrange bien souvent pour que vous non plus vous ne puissiez pas l’oublier en constituant vos matins, vos midis, vos soirs et parfois vos nuits ?) …

De manière totalement inattendue, assez désagréable, et déroutante, ce livre me renvoyait à ma propre histoire et à la Maladie. Et me rappelait que dans le fond on est toujours rapidement seul face à celle-ci.

Calendrier de l’Avent 2018 des Gratitudes

Hiiii c’est Noweeel qui approche!

C’est sur Twitter que ça se passe normalement mais j’ai raté le début, pas envie de rattraper, pas envie de le faire là-bas mais bien envie de le faire ici, et puis pas envie d’en faire une par jour mais tout d’un coup. Parce que le calendrier de l’Avent de toute façon, ce n’est pas dans mes coutumes de Noel !

1_ Le Nouveau Boulot …
Il est arrivé quand j’en avais besoin, réellement, comme une bouffée d’oxygène, comme une éclaircie dans un ciel bien sombre depuis le début de l’année.

2_ La famille qu’on se choisit …
Il y a eu des moments vraiment difficiles en 2018 et des gens qui avaient déjà été là lors des moments difficiles des années précédentes se sont avérés tout aussi présents et peut-être encore plus. Parce que ce n’est pas facile d’être présents et compréhensifs dans la durée, quand mon état de santé ne fait que s’aggraver et qu’il n’y aura pas de retour en arrière, quand ça impacte tout le monde en plus de moi.

3_ L’émerveillement encore et toujours …
Devant un beau lever de soleil sur les montagnes, devant l’eau turquoise du lac, devant l’air iodé de la Manche, devant un lever de lune, devant la première chute de neige …

4_ Les moments à soi qui font du bien …
Les temps de lecture, les séances de méditation, les moments seules en pleine nature, les randonnées …

5_ Les moments avec les autres qui font du bien …
Ce pique-nique estival au bord de l’eau à regarder un petit gars s’éclater à décapsuler des bouteilles de bière (vides), ces restos, ces discussions, ces rires, ces échanges.

6_ Cette journée passée en tête à tête avec mon père cet été.
La première depuis …. tellement de temps que je ne m’en souviens pas. C’était calme, mot que je n’associe pas souvent à ma relation avec mon père, c’était doux.

7_ Tous les livres que j’ai réussi à lire cette année.
Pas assez, jamais assez, évidemment. Mais pas un qui ne m’ait déçu je crois, beaucoup qui m’ont amusé, encore plus qui m’ont fait réfléchir même s’ils ont parfois été ardus à lire.

8_ Toutes les fois où j’ai réussi à faire plaisir à quelqu’un.
Souvent avec pas grand chose, un sachet de thé ou un morceau de fromage offert, juste la volonté de faire plaisir, d’arracher un sourire, de donner un peu de réconfort.

9_ Les vadrouilles italiennes, à Turin et dans les Cinque Terre.
Moments doux, si doux, si faciles, si évidents.

10_ Préparer les futures vadrouilles.
Italienne encore mais aussi cubaine (peut-être).

11_ Tous les vernis magnifiques posés.
Les brillants, les pailletés, les changeants, les bleus, les rouges et tous les autres. Toutes ces fois où j’ai pris quelques instants pour admirer mes ongles à la lumière.

12_ Le plaisir de la cuisine que j’ai et qui ne se dément pas même si le temps vient parfois à manquer pour ça.

13_ Les cosmétiques maison.
Je suis loin (très loin même) de faire tous mes cosmétiques moi même mais j’aime beaucoup ajouter de nouvelles recettes chaque année et étendre doucement mais surement mon répertoire.

14_ Ce recul que j’arrive de plus en plus à prendre sur la colère. La mienne un peu mais surtout celle qui ne vient pas de moi, celle qui me « contamine ». Et c’est drôlement apaisant.

15_ Les petites attentions que d’autres m’ont prodigué.
Les liens envoyés en disant « ça m’a fait penser à toi », les photos de sapin de Noel, les cartes postales … 

16_ La « réconciliation » avec mes grands parents paternels.
Mais est-ce qu’on peut vraiment se réconcilier avec des morts ? En tout cas je me suis réconciliée avec un bout de mon passé et certains de mes souvenirs, c’est déjà ça.

17_ Les clins d’œil complices, les câlins réconfortants, les bras aimants qui réchauffent et qui protègent, les discussions qui nourrissent.

18_ Toutes les tasses de thé bues cette année.
Seule ou accompagnée, tous ces parfums humés qui m’ont parfois renversé tellement ils étaient merveilleux, tous ces moments d’émerveillement en prenant la première gorgée d’un nouveau thé qui s’avère absolument délicieux.

19_ Ces rituels de Noel qu’on s’instaure avec mes amies. La Chasse aux sapins de Noel qui n’a démarré que pour me réconforter l’année où Noel s’annonçait mal pour moi, la Ste Shaya du jour où l’on fait le sapin, le Secret Santa …

20_ L’apaisement (peut-être temporaire je ne me fais pas trop trop d’illusion) dans mon rapport avec la Maladie. L’acceptation qui semble se faire. Il faut dire que les traitements médicaux ont bien réduit les symptômes les plus gênants pour le moment. Ça aide.

21_ Les nouvelles collègues avec qui le courant passe tellement bien qu’elles en oublient que ça ne fait même pas un an que je suis là. Les anciens collègues aussi, certains tout du moins, qui te donnent envie de venir tous les jours parce que les rires, les sourires et les conversations qui réconfortent.

22_ Les vadrouilles auxquelles on rêve. Pour dans 2 ans ou pour un peu plus loin. Auxquelles on rêve un peu sérieusement ou franchement pour le fun. 

23_ Tout ce que j’ai appris cette année. De l’anecdote rigolote ou insignifiante à la grande Histoire. De l’information professionnelle confidentielle à celle qui nous concerne tous. Du savoir au savoir-être ou savoir-faire. Tout ce qui m’a fait grandir encore et m’a enrichi un peu plus.

24_ Que les grands drames de cette année nous ait encore épargné moi et ceux que j’aime. Pourvu que ça dure encore longtemps …



Bon ben ça sera déjà pas mal pour cette édition !

Shaya ailleurs …

~ Tumblr : Books and Boobs

~ Tumblr : Point Vernis

L'instagram de Shaya

Previously

décembre 2018
L M M J V S D
« Nov   Jan »
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31