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Archive for février, 2018

Mieux vaut prévenir que guérir

Les messages mignons de mon corps

 

Les rdv médicaux se suivent et ne se ressemblent pas. Pas le même médecin, pas la même spécialité, pas les mêmes préoccupations.

Aux médecins hospitaliers qui me suivent de près désormais s’ajoutent ceux, libéraux, qui me suivaient déjà avant. De loin. Une fois par an. La gynéco, l’allergologue, la dermato …

Autant de médecins qu’il faut informer du changement de situation (brutale) qui s’est produit en un an, des nouveaux traitements, des ajustements effectués parfois sur ce qui était théoriquement leur pré carré, voire carrément expliquer cette maladie rare que même eux ne connaissent pas toujours.

Autant de nouvelles réactions à encaisser, de réflexions à gérer, d’attitudes à digérer. La commisération quand elle vient d’un médecin c’est toujours plus compliqué à gérer que quand elle vient d’une personne lambda.

J’en rigole souvent après. Plus ou moins jaune.

J’en parle aussi. Pas mal. Ça me permet de mettre ça à distance, toutes ces choses des autres à (di)gérer.

 

Donc j’en parle à mes proches, en riant ou avec cynisme. Je me lance, pour moi c’est quasiment anodin, et je raconte ce que le médecin m’a dit ou sa réaction ou la mienne. Et j’en rigole.

Et quand j’ai fini … je réalise que je suis la seule à en rire, que mon entourage lui n’en rigole pas du tout. Qu’il semble même plutôt probablement heurté.

 

Il me faut réapprendre la prévenance. Envers eux.

Le bon côté des choses c’est que moi j’ai probablement progressé sur le chemin de l’acceptation pour que tout ceci soit devenu si banal pour moi. Pour que j’arrive si facilement à dire.

Le mauvais … c’est que j’ai oublié que mes proches n’étaient pas moi. Que j’étais probablement mieux armée qu’eux (et que pas mal d’autres personnes) pour comprendre, argumenter, poser les bonnes questions aux médecins et me sentir aux commandes. Parce que je subis ma maladie, c’est certain, mais je me sens néanmoins aux commandes de tout ce qui est fait par rapport à elle. Je me sens en fait comme le capitaine d’un bateau qui essuie des tempêtes, parfois sans les avoir vu venir, mais qui décide toujours de comment l’affronter et y faire face.

Ce qui n’est pas le cas de mes proches …

 

Ils ne viennent pas avec moi à mes rdv médicaux, ils ne peuvent pas poser leurs propres questions sauf à moi et bien souvent ils n’osent pas le faire (et je n’ai pas forcément les réponses). Ils ne comprennent pas les mécanismes de la maladie et donc ces implications et même si j’essaye de le faire ils n’ont pas les connaissances de base pour ça, si bien qu’en général je renonce. Et du coup ils ne comprennent pas forcément pourquoi telle remarque me fait rire.

Sans compter qu’on s’inquiète toujours plus pour les autres que pour soi-même en fait …

 

Il va falloir que je me fasse un journal intime pour raconter les blagues médicales je crois.

Quand le sage désigne la lune …

Lune qui là haut s’allume

 

 

C’est probablement l’un de mes pires défauts, pas le pire mais assurément l’un des pires, je suis souvent prétentieuse.

Prétentieuse concernant mes capacités intellectuelles. Oh je ne me prends pas pour Einstein et je sais qu’il existe nombre de personnes plus intelligentes, plus douées, plus débrouillardes, plus capables, plus tout ce que vous voulez que moi.

Mais quand même, je me sens régulièrement supérieure intellectuellement à des gens que je croise, et il y a un certain mépris chez moi dans la façon dont je les traite (et je ne suis pas très fière de l’écrire).

Et régulièrement aussi, je suis renvoyée au fait que parfois … l’idiot n’est pas celui qu’on croit (et ça remet les idées en place).

 

L’autre jour je discutais de la tentation de dérives sectaires dans nombre de pratiques dites alternatives (magnétisme, reikki, etc) et je me targuais de garder toujours une distance critique par rapport aux discours que pouvaient tenir ces pratiquants, y compris et surtout pendant des moments de faiblesse – quand vous sortez d’une heure de séance vous êtes en position de faiblesse -, même s’il n’y a aucun véritable tentation de dérives sectaires de leur part.

Je n’ai personnellement jamais oublié (ni digéré) cet ostéopathe qui avait essayé de me lessiver le cerveau en me soutenant que si j’avais mal au dos c’était à cause du cancer du sein de ma mère que je n’aurais soi-disant jamais accepté et quand j’avais répondu que à mon avis c’était plutôt lié au coup de poing que j’avais reçu à cet endroit-là, il avait tenu mordicus à le relier au cancer du sein de ma mère (et y était parvenu puisque ce coup de poing avait été reçu pendant que ma mère était en traitement pour son cancer).  Je me souviens surtout à quel point pendant quelques heures son discours m’avait profondément remuée avant que je ne réussisse à prendre de la distance vis à vis de ça et à le remettre à sa juste place.

Je me targuais donc de garder une distance critique vis à vis des discours de ce type et mon interlocuteur probablement étonné de mon assurance n’a pu s’empêcher de me rétorquer que c’était quand on était trop sûr de soi qu’on était le plus fragile.

Il a raison, il a éminemment raison. Je me suis sans doute mal exprimée ce soir là, parce que je sais que je pourrais être une très bonne cible mais paradoxalement, j’ai l’impression que savoir que j’ai des failles qui pourraient être exploitées me rend plus prudente que si je me déclarais forte et insubmersible.

 

Evidemment je l’ai déjà fait de me déclarer inattaquable, forte, supérieure, sur certains sujets.

Evidemment, j’ai déjà été moqueuse voire méprisante face à certaines déclarations que je jugeais stupide. Evidemment j’ai déjà ricané avec d’autres sur des choses que nous jugions collectivement idiots.

Et je le referai probablement encore.

Mais quand même …

 

L’autre jour sur un réseau social bien connu, je vois passer des photos moqueuses d’une bouteille de sirop sur laquelle il est indiqué en gros que dans un verre de sirop il y a 90% d’eau, sachant que la marque conseille plus bas sur la bouteille de mettre 9 volumes d’eau pour 1 volume de sirop … Et tout le monde de ricaner que c’est complètement con, qu’ils ne savent vraiment pas compter, que ça doit être payé bien cher pour être aussi bête.

Sauf que là pour moi les marketeux ne sont ni stupides ni des billes en mathématiques. Un peu à la manière des prestidigitateurs, pendant que tout le monde regarde les 90% d’eau, tout le monde oublie les 10% de sucre quasi pur qui constituent le sirop. Sachant qu’un verre en moyenne fait 150ml, ça nous fait du environ 15g de sucre pas verre de sirop. Allez disons 10g si vous ne remplissez pas votre verre à ras bord … soit environ 2 morceaux de sucre. Par verre. Et actuellement personne n’a trop envie de se dire que son enfant (ou soi-même) boit l’équivalent de 2 morceaux de sucre quand il boit un verre de sirop.

 

Du coup je me dis qu’on devrait plus souvent se demander qui est vraiment l’idiot de l’histoire.

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